L'insurrection populaire de Berlin-Est en 1953
Les 16, 17 et 18 juin 1953, huit ans après la défaite allemande et l'occupation par l'Armée rouge, le prolétariat de Berlin-Est s'insurge contre le pouvoir communiste soutenu par les chars soviétiques.
Berlin 1953
Faut-il voir dans cette révolte un effet de la mort de Staline, survenue le 5 mars de cette même année? Tout commence par la révolte des ouvriers du chantier no 40 de la Stalinallee, qui initièrent le mouvement. Née de l'indignation qui les avait saisis à l'annonce d'une hausse énorme de rendement sans augmentation de salaires, la manifestation de ces 80 prolétaires à travers les rues de Berlin, ce 16 juin, était spontannée. Ils avaient décidé de se rendre ensemble au ministère de la Leipzigerstrasse, par crainte des sanctions qu'encouraient inévitablement de simples délégués. Ces ouvriers n'vaient sûrement pas prévu que toute la ville leur emboîterait le pas, par l'Alexander Platz et l'avenue Under den Linden, au cri incroxable de : Liberté, nous ne voulons plus être des esclaves!

Le mouvement était donné, et la nuit ne suffit pas à l'arrêter. Le 17 juin, les manifestants, au nombre de 12'000 environ, se regroupèrent sur la Straussberger Platz. Cette fois, la Volkspolizei, matraque au poing, puis des troupes soviétiques avec des chards se portèrent à leur rencontre: le premier sang coula. Suffirait-il à endiguer la vague contestataire? La répression, au contraire, porta la colère populaire à son comble. Les locaux des organisations communistes, les magasins d'Etat, les postes de police furent envahis, saccagés, les policiers rossés, parfois forcés - un comble! - de chercher refuge à Berlin-Ouest, les dirigeants communistes conspués
Les ouvriers de l'usine métallurgique de Hennigsdorf, rassemblés sur le stade Walter Ulbricht, rejoignaient le mouvement et en précisaient les revendications: démssion du gouvernement, élections libres, augmentation des salaires et chute des prix. Et d'autres venaient encore, des usines Velten, de Hohenschöpping, de partout! Le mouvement gagnait toute l'Allemagne de l'Est. Au soir du 17 juin, on pouvait parler d'insurrection
Les Soviétiques jugèrent qu'il était temps d'intervenir. Le lendemain, 18 juin, ils lancèrent dans la bagarre 2 divisions de l'Armée rouge, et 700 chars. A une heure, l'état de siège était proclamé, les réunions interdites, le couvre-feu décrété. Bravant les blindés et les miitrailleuses, retrouvant l'ardeur sacrificielle de 1945, les Berlinois ne capitulaient pas pour autant, se battaient à mains nues. Sur le soir, l'insurrection était vaincue. Venait l'heure de la répression. Elle fut brutale. Dans l'histoire allemande et européenne de l'après-guerre, le soulèvement de Berlin, le premier qui dresse des ouvriers contre le communisme, occupe une place à part. Afin d'en commémorer le souvenir le souvenir. la République fédérale en avait fait sa fête nationale.
La répression sous les ordres du président Walter Ulbricht. Bilan: environ 300 morts, 20'000 arrestations et 200 fusillés.