République tchèque, issue de la scission de la Tchécoslovaquie

La soi-disante libération de la Tchécoslovaquie par l'Armée rouge fut en fait le début de l'occupation soviétique qui ne cessa qu'avec la chute du mur de Berlin.

Le printemps de Prague* écrasé le 21 août 1968, le “socialisme à visage humain” avec
* nom donné à la période du 5 janvier au 21 août 1968: de la nomination de Dubcek à l'intervention de l'armée soviétique et du Pacte de Varsovie.

Les accords de Yalta et Potsdam ont accordé, comme le pacte germano-soviétique, de nouveaux territoires à Staline, le dictateur de l'empire soviétique. Alors que le pacte de l'Atlantique imposé à Churchill par Roosevelt interdisait toute prise de territoire à l'issue de la guerre, Roosevelt a cédé sur tous les points à Staline. Selon ces accords, la Tchécoslovaquie, de même que la Hongrie ne devaient pas tomber sous la coupe de l'URSS, la Pologne était trahie à Téhéran déjà. Mais Staline fit semblant de respecter ces clauses tout en trichant: il manoeuvre en usant de la terreur, l'armée rouge et le KGB opérant dans ces pays, et put installer, au moyen du “coup de Prague” un gouvernement fantôche à sa botte.

Gouvernement fantôche, un des thèmes classiques de la propagande communiste et ne s'applique jamais aux gouvernements des démocraties non-populaires de l'Europe de l'est. Ainsi Klement Gottwald avec son maître, fut le chef d'un des ses gouvernements fantôches aux ordres de Moscou, c'est-à-dire de Staline, puis de ses successeurs. Malgré les belle paroles, Khrouchtchev, puis Brejnev ont poursuivi la même politique afin que ces pays, “libérés” par l'armée rouge restent des colonies de l'empire soviétique, et ces dirigeants communistes n'hésitèrent jamais à noyer dans le sang les révoltes contre le joug soviétique!

Le Coup de Prague est le nom donné à la prise de contrôle de la Tchécoslovaquie par le Parti communiste tchécoslovaque. Pendant le communisme, le terme « Février victorieux » était le terme officiellement employé pour décrire les événements qui, du 17 au 25 février 1948, font que le président de la République tchécoslovaque, Edvard Benes, doit céder le pouvoir aux staliniens et à leurs chefs, Klement Gottwald et Rudolf Slansky, après deux semaines de pressions intenses des Soviétiques.

Le coup d’envoi du festival contre le totalitarisme Mene Tekel sera donné le jour anniversaire du Coup de Prague, le 25 février. Raviver la mémoire et mettre en garde contre les nouvelles formes du mal dans les sociétés, tel est l’objectif des plusieurs dizaines d’événements qui se dérouleront à Prague.

prague 1968 char contre peuple

Malgré la terreur et le bourrage de crânes, de nombreux Tchèques ont persisté à lutter pour une véritable indépendance de leur pays. Au printemps 1968, quelques poignées de courageux ont osé affronter l'URSS qui cachait la colonisation de la Tchécoslovaquie sous couvert de relations entre “pays frères”.

L'espoir apporté par la nomination d'Alexandre Dubcek au poste de premier secrétaire du parti communiste tchécoslovaque le 5 janvier 1968 qui a réussi à écarter Novotny, larbin de l'URSS, cet espoir durera le temps d'un printemps. Brejnev, le tsar rouge, craint le mauvais exemple donné par Dubcek voulant démocratiser le pays et aussi le libérer du joug soviétique. Il a fallu arrêter cette menace par le sang et les larmes, les morts, les arrestations, et l'exil forcé! Après des avertissements répétés, l’armée rouge et les troupes de quatre membres du pacte de Varsovie (Hongrie, Pologne, Bulgarie et RDA) envahirent la Tchécoslovaquie dans la nuit du 20 au 21 août 1968 Comme d'habitude depuis octobre 1917, le parti contre le peuple! Bibliographie.

v Comme d'habitude, la répression visible sera poursuivie par l'action du KGB et de sa filiale en Tchécoslovaquie, comme pour Berlin-Est (1953), Budapest (1956), Pologne (mars 1968) et ailleurs. Combien de morts, de blessés, d'arrestations ou de départ forcé en exil? L'URSS va imposer un silence sur le sujet! En 2008, L’Institut pour l’étude des régimes totalitaires a, parmi ses buts, d'estimer le nombre de victimes du printemps de Prague!

La vraie fonction de l'armée rouge, dite des ouvriers et des paysans, en fait contre les ouvriers et les paysans. Une photographie rare car un réseau mondial de complices des crimes communistes participent à cette sanglante imposture depuis octobre 1917.

Alors qu'en France, Cohn-Bendit provoque des émeutes à la Sorbonne pour accéder aux dortoirs des filles, les chars soviétiques écrasaient la jeunesse tchèque. La gauche ne fit rien comme d'habitude quand un peuple est massacré par un régime communiste!

Leonid Ilitch Brejnev (1906-1982) accède au pouvoir en 1964, à la faveur d’une révolution de palais dont est victime Nikita Khrouchtchev et qui met fin à la destalinisation. Jusqu’en août 1968, son régime tolère certains débats et une certaine liberté de création mais, après l’intervention en Tchécoslovaquie, la chape de plomb retombe. En politique extérieur, Brejnev continue pour la détente et le désarmement. Mais, après Prague, il y aura la normalisation sur les “démocraties de l'Est”, l'intervention en Afghanistan pour sauver le régime communiste, les pressions sur la Pologne… et aussi le goulag psychiatrique.


Mars 2008: L’Institut pour l’étude des régimes totalitaires, organisation chargée de mener des recherches sur les périodes du communisme et de l’occupation nazie de la Tchécoslovaquie, a débuté ses activités à Prague.

1968 à l'EST: Texte repris de www.media68.com, intéressant parce qu'il remet les événements de Prague dans le contexte de l'opposition à la colonisation soviétique dans les "démocraties populaires" de l'Est.

22 mai 2002: Un monument en hommage des victimes du communisme

Tchéquie: Enquête sur les Crimes du Communisme

21 mars 2007: Création de l'Institut de la mémoire qui soulève l'opposition des communistes.


Articles correspondants sur le site de http://www.radio.cz/fr:
 
- 6.8.2007 Un appel pour retrouver les proches des victimes d'août 1968
- 1.8.2007 Le parquet a inculpé une ancienne procureur de coresponsabilité dans la condamnation à mort de Milada Horakova
- 21.3.2007 Polémique autour de la création de l'Institut de la mémoire
- 20.2.2007 Le festival Mene Tekel pour compter et peser les crimes du régime communiste
- 20.12.2006 Les grands procès


Bibliographie

BARTOSEK Karel, les aveux des archives, Paris, Seuil, 1996,458p.

DUBCEK Alexandre, Du printemps à l’hiver de Prague, Paris, Fayard, 1970, 236p.

KAPLAN Karel, Dans les archives du comité central, Paris, Albin Michel, 1978, 365p.

MICHEL Bernard, Histoire de Prague, Fayard, 1998, 448p.

PELIKAN Jini, Ici Prague, Paris, Seuil, 1973, 427p.

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