Evgueni Djougachvili, petit fils de Staline, accuse l'Agence fédérale des archives d'avoir publié "de faux documents sur le problème de Katyn" sur son site internet

Difficile pour Evgueni Djougachvili, petit fils de Staline, de devoir admettre que son grand-père était un meurtrier de masse. A signaler que le 22.000 officiers polonais ne constituent que le millième du “grand bourreau des peuples” puisque le total des victimes atteint les vingt millions.

A remarquer que Memorial s'est engagée pour une plainte dénonçant comme illégal le classement de ces archives.


Katyn: le petit-fils de Staline échoue à blanchir son aïeul

Justice | Le petit-fils de Joseph Staline a été débouté mardi dans le procès qu'il avait intenté aux archives nationales russes, qu'il accuse d'avoir falsifié les documents sur l'implication du dictateur dans l'exécution d'officiers polonais à Katyn en 1940.
© KEYSTONE | 22.000 officiers polonais, prisonniers de l'Armée rouge, ont été abattus dans la forêt de Katyn.

http://www.tdg.ch/katyn-petit-fils-staline-echoue-blanchir-aieul-2010-09-21
AFP | 21.09.2010 | 15:51

Le tribunal a débouté Evgueni Djougachvili de sa plainte. Le petit fils de Staline qui porte le véritable nom de famille de Staline, accusait l'Agence fédérale des archives d'avoir publié "de faux documents sur le problème de Katyn" sur son site internet.

Il demandait au tribunal de reconnaître qualifier ces documents montrant l'implication directe du dictateur soviétique dans le massacre de Katyn comme "ne correspondant pas à la réalité".

Le petit-fils de Staline demandait également que l'Agence des archives retire ces documents de son site officiel et lui verse 10 millions de roubles (245.000 euros) pour préjudice moral.

Parmi ces documents, déclassifiés en 1992 et déjà transmis à Varsovie, le plus marquant est une note du chef de la police politique (NKVD), Lavrenti Beria, paraphée par Staline, où il est proposé d'exécuter sommairement les officiers polonais.

La mise en ligne par l'Agence des archives le 28 avril des documents de Katyn avait été annoncée par le président russe, Dmitri Medvedev, dans le cadre d'un rapprochement avec Varsovie.

Nombre d'autres documents sur le massacre restent cependant classés secrets, dénonce l'ONG russe des droits de l'Homme Memorial qui se bat pour l'accès à ces archives.

Mardi, le tribunal municipal de Moscou examinait à huis clos une plainte de Memorial, dénonçant comme illégal le classement de ces archives et exigeant que soit identifiée l'origine de cette décision.

"Il a été établi qui a rendu secrète cette résolution", a dit le président de Memorial Alexandre Gourianov, sans pouvoir en dire plus avant le rendu de la décision de justice.

La prochaine audience aura lieu le 11 octobre.

La reconnaissance par Mikhaïl Gorbatchev

Le rôle de Staline dans la victoire contre les Nazis durant la Deuxième guerre mondiale continue de primer pour beaucoup de Russes sur sa responsabilité dans la déportation et la mort de millions de personnes.

A la suite de l'invasion par l'URSS en septembre 1939 des régions polonaises de l'Est en vertu du pacte germano-soviétique, environ 22.000 officiers polonais, prisonniers de l'Armée rouge, ont été abattus dans la forêt de Katyn et à Mednoïe (Russie), ainsi qu'à Kharkiv (Ukraine).

Pendant des décennies, l'Union soviétique a accusé les nazis d'avoir commis ces assassinats. Ce n'est qu'en avril 1990 que le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a reconnu la responsabilité de son pays dans ces massacres.

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