21 avril 2010: Katyn devient aussi l'«affaire Katyn»

Les blocages impêchant que Katyn devienne l'«affaire Katyn» viennent de sauter, ce qui permet collatéralement à le recherche historique de poursuivre ses travaux bloqués, les accès aux archives étant maintenant possible. Bravo à “Novaïa Gazeta” et à Memorial pour leur courage et leur ténacité!


Russie: La Justice permet la réouverture de "l'affaire Katyn"

Par Sophie Tournon. (Source : Novaïa Gazeta)
Dépêche publiée le 23/04/2010
http://www.regard-est.com/home/breves.php?idp=1313

Les membres de Memorial, l’association russe de défense de la mémoire des crimes de l’Union soviétique, ainsi que l’équipe éditoriale du journal russe Novaïa Gazeta, célèbrent la date du 21 avril 2010 comme une victoire pour toute la Russie.

Dans son numéro daté du 22 avril, Novaïa Gazeta titre sur son site Internet: «Bravo au Haut tribunal!» Ce dernier a en effet levé le secret qui interdisait toute étude du «dossier Katyn», nom donné à l’élimination par l’Armée rouge d’environ 22.000 officiers polonais dans la forêt de Katyn, en 1940. Cette décision pourrait être un premier pas vers la levée des secrets sur les nombreux autres dossiers en attente.

L’histoire du stalinisme et, plus précisément, du rôle de Staline, dans les prises de décisions sur l’élimination, la déportation ou la mise à l’écart d’une manière ou d’une autre des «éléments gênants» devrait désormais être réévaluée sans crainte de procès.

En effet, cette loi du 21 avril est le résultat du procès intenté par le petit-fils de Staline contre Anatoli Iablokov, qui avait affirmé dans un article publié dans Novaïa Gazeta que la mort des officiers polonais était un crime de Staline. M.Djougachvili fut débouté lors du procès, lors duquel M. Iablokov avait demandé au tribunal de lever le secret du «dossier Katyn». M.Iakoblov avait dirigé, de 1992 à 1994, le groupe d’enquête constitué d’historiens et de juristes pour étudier le «dossier Katyn». En 2004, la Procurature militaire avait mis sous scellé le volumineux dossier, stoppant toute enquête menant directement à l’accusation de Staline dans cette affaire.

70 ans après les faits, alors que la commémoration vient de se terminer, et après le drame de l’accident d’avion mortel dans lequel le Président polonais a perdu la vie, «l’affaire Katyn» va enfin pouvoir connaître un dénouement où mémoire, histoire et justice sont liées.


La Cour suprême russe fait un pas vers la réouverture du dossier Katyn

3 mai 2010, par Russie.net, http://www.russie.net/article5332.html

L’arrêt de la Cour suprême casse le jugement du tribunal moscovite qui en 2009 avait approuvé la décision du parquet de ne pas révéler ses motivations pour clore l’enquête.

La Cour suprême russe a infirmé un jugement classant "secrète" la décision de clore l’enquête sur le massacre en 1940 d’officiers polonais à Katyn par la police sécrète soviétique, a annoncé mercredi l’ONG russe Memorial. Cet arrêt permet le renvoi devant la justice du recours déposé par Memorial, ONG active dans les droits de l’Homme, qui demande depuis 2004 l’annulation de la décision du parquet militaire russe de classer secrets ses motifs pour clore son enquête sur cette page sombre de l’Histoire de la Deuxième guerre mondiale.

Memorial s’est réjoui de cette décision, qui semble concrétiser un début d’entente russo-polonaise, alors que les deux pays ont entamé un rapprochement à la suite de la catastrophe aérienne du 10 avril en Russie, qui a coûté la vie au président polonais, Lech Kaczynski. "C’est un bon signe", a commenté l’un des dirigeants de Mémorial, Arseni Roguinski, "cela montre bien entendu qu’il y a un changement d’attitude concernant le dossier Katyn et concernant les relations russo-polonaises".

L’avion du président polonais s’est écrasé près d’un aéroport à proximité de de la ville russe de Smolensk (ouest) où il se rendait pour participer à une cérémonie à la mémoire de plus de 20'000 officiers polonais tués sur ordre de Staline en 1940 dans la forêt de Katyn. Moscou avait longtemps accusé l’Allemagne nazie de ce crime, avant de reconnaître sa responsabilité quelques mois avant la disparition de l’URSS.

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