Professeur François Naville participe à la commission d’enquête sur le massacre de Katyn. Directeur de l’Institut de médecine légale de l’Université de Genève, il est le seul expert vraiment neutre dans cette commission. Fin avril 1943, la commission visite les fosses communes à Katyn et concluent que les exécutions ont eu lieu au printemps 1940, c’est-à-dire dans la période où ce territoire se trouvait sous l’hégémonie soviétique.

«L’affaire de Katyn» et ses répercussions à Genève et à Berne

Le 11 septembre 1946, JeanVincent, député au Grand conseil de Geneève pose une «question sur le rôle joué par le professeur Dr Naville, directeur de l’Institut de médecine légale de Genève, dans une affaire demeurée tristement célèbre sous le nom de «Massacre de Katyn». Le but, une opération d'intimidation pour disqualifier le professeur Naville et forcer la Suisse a adopter le mensonge du coupable soviétique de cet horrible crime de guerre. Le gouvernement genevois ne cède pas à ce chantage malgré le rôle du Conseiller fédéral Petitpierre, qui demande la prudence pour éviter de nuir aux relations entre la Suisse et l'URSS.

Bilan: l'opération de Vincent échoue malgré l'intervention en faveur de l'URSS de Max Petitpierre. Qui est le plus odieux: Vincent ou Petitpierre?

Pour plus d'informations, consulter une étude exhaustive et véridique:

Professeur François Naville (1883 - 1968) Son rôle dans l’enquête sur le massacre de Katyn*

* Texte élargi des conférences du 31 octobre 2002 à l’Université des aînés de langue francaise à Berne (UNAB), ainsi que du 14 novembre 2002 à la Société d’Histoire et d’Archéologie à Genève

du Prof. Dr. med. K. Karbowski, Waldriedstr. 54, CH-3074 Muri b. Berne.
Tél/Fax: +41 31 952 71 21, email: karbowski@freesurf.ch http://www.ssm.lu/pdfs/bssm_04_1_8.pdf.

Quelques extraits et remarques

L'annonce de la découverte des charniers de Katyn, les conclusions de la commission attribuant à l'URSS responsabilité de cet atroce crime de guerre ne décontenança par Staline qui était, évidemment au courant, puisqu'il en était le commanditaire. Avec un aplomb et une absence de vergogne habituels, Staline fait une chantage sur Churchill et rompt les relations diplomatiques avec le gouvernement polonais en exil le 26 avril 1943. La faiblesse des Alliés qui lâchent le gouvernement polonais en exil montre qui est le maître et fait comprendre à Staline qu'il peut faire ce qu'il veut. Dès cet instant, la "libération" de la Pologne ne pourra n'être que sa soumission à l'impérialisme soviétique!

«Suite à la publication du communiqué allemand précité, la Croix-Rouge allemande (7), le gouvernement polonais en exil à Londres (8), ainsi que la Croix-Rouge polonaise de Varsovie (9) ont exigé, indépendamment les uns des autres, qu’un comité d’enquête de la Croix-Rouge internationale (CICR) soit envoyé à Katyn. Il n’y a pas eu de suite à ces démarches, puisque le gouvernement soviétique n’a pas adressé une semblable demande et le CICR n’était pas disposé à prendre en charge une telle mission, sans accord de toutes les parties concernées (10). Dans un article paru 46 ans plus tard, Paul Stauffer, ancien ambassadeur de Suisse en Pologne a précisé que «cette prise de position de la part du CICR pouvait être comprise comme une révérence envers Moscou» (11).

Sous la pression du premier ministre anglais Winston Churchill, qui craignait la mise en péril de l’alliance de guerre avec les Soviétiques, le gouvernement polonais en exil a renoncé plus tard à sa demande d’enquête sur cette affaire par le CICR. Malgré cela le gouvernement soviétique, ayant considéré que la demande d’enquête impartiale sollicitée jadis par les Polonais a constitué un acte d’hostilité de leur part, a rompu les relations diplomatiques avec le gouvernement polonais en exil le 26 avril 1943 (12).»

Extrait de l'étude de K. Karbowski, page 44.


«L’affaire de Katyn» et ses répercussions à Genève et à Berne

Au Grand Conseil de Genève, le député du parti du travail (communiste) M. JeanVincent pose, le 11 septembre 1946, une question sur le rôle joué par le professeur Dr Naville, directeur de l’Institut de médecine légale de Genève, dans une affaire demeurée tristement célèbre sous le nom de «Massacre de Katyn». Il cite les résultats de l’enquête de la commission soviétique, ainsi que les déclarations du docteur Markov devant le Tribunal de Nuremberg et prétend que «le massacre de Katyn, était, incontestablement, l’oeuvre des Allemands.» M. Vincent veut savoir
dans quelles conditions le professeur Naville a accepté la mission que les Allemands lui ont offert à Katyn, «si cette mission a été rémunérée, si le Conseil d’Etat a autorisé le Dr Naville à faire ce voyage et, si oui, qui a touché des honoraires du gouvernement allemand?» En répondant à M. Vincent, M. Albert Picot, vice-président du Conseil d’Etat, constate, que les questions susmentionnées ne concerne que Monsieur Naville auquel elles seront transmises (32).

Le professeur Naville répond le 24 septembre 1946 par une lettre de 13 1/2 pages dactylographiées adressée à «Monsieur le Conseiller d’Etat chargé du Département de l’Instruction publique». Il informe que les critiques formulées par le député Vincent l’oblige «à sortir pour la première fois d’une réserve que je me suis intentionnellement imposée depuis plus de trois ans» et que M. Vincent «sera donc responsable des conséquences de toute nature qui pourraient en résulter, tant sur le plan national que sur le plan international.» Le professeur Naville décrit les

50

«Conditions d’appel et d’acceptation» de sa mission à Katyn et rappelle, qu’il a reçu le 24 avril 1943 une autorisation de partir de la part du ministre Bonna, du Département politique fédéral (33).

Il «rassure» le député Vincent: «Je n’ai ... demandé ni reçu de quiconque ni or, ni argent, ni dons, ni récompense, ni avantages, ni promesses de quelque nature que ce soit. Lorsqu’un pays est dépecé presque simultanément par les armées de deux puissants voisins, qu’il apprend qu’on a assassiné près de 10.000 de ses officiers prisonniers qui n’avaient commis d’autre crime que de défendre leurs pays, qu’il cherche à savoir dans quelles conditions cela a pu se produire, on ne peut décemment pas demander d’honoraires pour se rendre sur les lieux et chercher à lever un coin du voile qui entoure du reste du monde les circonstances d’un acte d’une si odieuse lâcheté et si contraire aux usages de la guerre.»

Le professeur Naville décrit ensuite de la manière très détaillée des conditions de travail et les constatations de la commission d’experts à Katyn et souligne, que - contrairement à une récente affirmation du médecin-légiste bulgare le docteur Markov – «nous avons procédé en toute liberté à nos travaux d’expertise», ainsi qu’à la rédaction du rapport final et que lui-même a «circulé tout à fait librement à Katyn comme à Berlin, sans être en aucune façon accompagné ni surveillé». Il ajoute qu’il ignore si le docteur Markov «a pu subir une contrainte de la part des autorités de son pays, soit avant d’aller à Katyn, soit au moment où il a renié sa signature lorsqu’il a été inculpé de collaborationisme et a déclaré qu’il avait agi par contrainte, mais il n’a certainement subi aucune pression ou contrainte quelconque au cours des travaux de la commission dont il faisait partie».

Le professeur Naville maintient les conclusions d’expertise de 1943 et critique les affirmations et le rapport sur Katyn de la commission d’enquête russe de janvier 1944. Il explique qu’en signant le rapport de 1943, «je n’ai nullement cherché à rendre service aux Allemands, mais exclusivement aux Polonais et à la Vérité». Le professeur Naville rappelle son attitude hostile envers les Allemands et envers des chefs du régime nazi et relate qu’à Katyn il n’a pas caché ce qu’il pensait au sujet «de la responsabilité morale (des Allemands) dans cette affaire, puisque ce
sont eux qui ont déclenché la guerre et envahi les premiers la Pologne, même si nous conluions à leur innocence dans la mort des officiers». Il termine sa lettre de 24 septembre 1946 en soulignant, que les médecins-légistes doivent «chercher avant tout à servir la Vérité... sans égards pour les critiques et l’hostilité de ceux qui gênent parfois notre objectivité et notre impartialité. Puisse notre devise rester toujours celle qui honore certaines tombes: Vitam impendere vero» (Consacrer sa vie à la vérité).

Cet exposé du professeur Naville est détaillé, objectif et intelligible. Cela avec une seule exception. Etrange et non fondée est sa supposition que le massacre de Katyn «a été éxécuté par des subalternes à l’insu des hauts dirigeants politiques et militaires de la Russie, et même de la Direction générale des camps de prisonniers russes.»

51

Craignant des conséquences politiques imprévisibles de son rapport, le professeur Naville suggère, avant de communiquer son texte au Grand Conseil, de prendre contact avec le Département politique fédéral, autorité avec l’assentiment de laquelle il avait participé à l’expertise en question. Le Conseiller d’Etat de Genève Albert Picot consulte alors le Conseiller fédéral Max Petitpierre. La réponse de celui-ci en date du 24 octobre 1946 est décidément négative (34). Il remarque entre autres que:
– «Une discussion publique sur le massacre de Katyn au sein de votre Grand Conseil pourrait avoir les répercussions les plus fâcheuses sur nos relations avec l’URSS et pourrait, dans une certaine mesure, rendre plus difficile notre position internationale, en particulier nos relations avec les Nations unies...»
– ... «je pense que le Conseil d’Etat devrait s’abstenir de lire le rapport du professeur Naville. Une telle lecture, faite par un membre du Conseil d’Etat, pourrait éveiller l’idée que celui-ci couvre de son autorité les conclusions du professeur Naville».
– ... «je serais obligé au Conseil d’Etat de me borner à répondre aux questions précises posées par M. le député Vincent et à donner mon avis sur les griefs formulés contre le Professeur Naville, sans donner connaissance du contenu de son rapport...»

Le Conseil d’Etat de Genève n’a pas pris en considération cet avis du chef du Département politique fédéral. Le 18 janvier 1947, M. Picot, devenu président du Conseil d’Etat et vice-président du Conseil national, donne lecture aux députés de la plus grande partie du rapport du professeur Naville et constate: «Le Conseil d’Etat...n’a aucun reproche à adresser au Dr. François Naville, savant très distingué, excellent médecin légiste... qui n’a manqué à aucune règle de la dignité professionnelle, ni à aucune loi de l’honneur» (35). Deux jours plus tard ce texte est publié dans la Tribune de Genève (36).

La lecture du rapport du professeur Naville a eu des répercussions diverses. C’est tout d’abord le député communiste Vincent, qui lui reproche de nouveau d’avoir accepté de se rendre à Katyn pour procéder à une expertise et qui – s’appuyant sur les sources soviétiques – prétend que, dans l’affaire de Katyn, «il s’agit d’un massacre épouvantable auquel se sont livrés les Allemands dans leur volonté...d’extermination des peuples slaves». Dans sa réplique M. Picot précise, que «c’est une Pologne libre, un gouvernement polonais nommé ... avec des élections faites en toute liberté...qui pourra, un jour, rechercher la vérité» (37).

Sur la demande du Conseiller fédéral Petitpierre, E. de Haller (voir p. 10) lui envoie, le 30 janvier, une note confidentielle sur ses souvenirs des circonstances dans lesquelles le professeur Naville a participé à l’exhumation de Katyn (38). Il critique sa décision d’accepter l’invitation des autorités allemandes à participer à l’enquête et prétend qu’en avril 1943 il était personnellement convaincu de l’in-

52

opportunité de la participation d’un Suisse à l’enquête de Katyn». De Haller passe sous silence l’avis – cité par lui-même en avril 1943 – de Ruegger, du CICR, selon lequel «il serait souhaitable que M. Naville donnât suite à l’invitation du Reich», et rappelle ensuite qu’un médecin suédois et un médecin espagnol se sont dérobés à cette tâche et que finalement le professeur Naville était le seul expert ressortissant d’un pays réellement neutre.

Dans une lettre du 10 février 1947, adressée au Conseil d’Etat de Genève, le Conseiller fédéral Petitpierre exprime son mécontentement à la lecture du rapport du professeur Naville par un membre du Conseil d’Etat, et critique – s’appuyant sur les renseignements de de Haller cités plus haut – la décision du professeur Naville de prendre part, au printemps 1943, à la commission d’enquête sur le massacre de Katyn. Monsieur Petitpierre fait savoir que le ministre plénipotentiare d’URSS, ainsi que le ministre de Pologne, ont vivement protesté à cause des déclarations faites par M. Picot et demande des informations supplémentaires lui permettant de fournir des explications necessaires à ces deux ministres (39).

En répondant, le Conseil d’Etat de Genève envoie le 21 février, au Département Politique Fédéral, le «mémorial» de sa séance du 18 janvier 1947 (40), qui servira ensuite de base pour l’élaboration d’un aide-mémoire à l’intention du ministre plénipotentiaire soviétique M. Koulagenkov (ou Kulazenkov). On lui explique entre autres qu’on «ne saurait prétendre... que le président du gouvernement genevois se soit fait le défenseur de la thèse hitlérienne sur l’affaire de Katyn et ait eu, ce faisant, une attitude hostile à l’égard du gouvernement de l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes» (41). Il semble que le gouvernement soviétique a finalement en silence accepté cette explication.

Extrait de l'étude de K. Karbowski, page 49 à 52.

Le 11 septembre 1946, JeanVincent, agent du Komintern depuis 1932 au moins, membre du parti du travail (stalinien), pose, suite à un ordre de Moscou, une «question sur le rôle joué par le professeur Dr Naville, directeur de l’Institut de médecine légale de Genève, dans une affaire demeurée tristement célèbre sous le nom de «Massacre de Katyn»». Le but, une opération d'intimidation pour disqualifier le professeur Naville et forcer la Suisse a adopter le mensonge du coupable soviétique de cet horrible crime de guerre.

Le gouvernement ne cède pas à ce chantage malgré le rôle du Conseiller fédéral Petitpierre, qui demande la prudence pour éviter de nuir aux relations entre la Suisse et l'URSS.

Bilan: l'opération de Vincent échoue malgré l'intervention en faveur de l'URSS de Max Petitpierre. Qui est le plus odieux: Vincent ou Petitpierre?


Toujours silence complice des crimes soviétiques sous le chantage que cela nuirait aux relations entre la Suisse et l'URSS.

D'une manière générale, le silence, le meilleur allié des complices des régimes assassins! Pour la Pologne en 1940, et le Tibet en 2008, deux victimes de gouvernements socialistes!

Retour