Létrange planète moldave selon Simon Meier, amnésique de l'occupation soviétique de plus de 50 ans
Dans un article du Temps du samedi 28 mars 2009 provoqué par la rencontre de football entre la Suisse et la Moldavie, le journaliste oublie que ce petit pays, suite au pacte germano-soviétique du 23 août 1939, tomba sous a coupe de Staline. Curieux cette histoire du XXe siècle sans Lénine, Staline and Co, sans le communisme!
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Souvenir de la "libération" de la Moldavie par l'armée rouge D'abord, en 1939, puis en 1943! Quant à la république socialiste soviétique, c'était une imposture pour cacher la réalité de l'impitoyable colonisation soviétique. |
Le Temps, Simon Meier, football samedi 28 mars 2009
La Suisse joue samedi soir à Chisinau lors des qualifications pour la Coupe du monde 2010. Au pays le plus pauvre dEurope, tiraillé entre la Russie et la Roumanie, le ballon rond ne suscite quun intérêt modeste. Reportage
A deux heures et demie de Zurich en avion, une autre planète: la Moldavie. Cest là que léquipe de Suisse a rendez-vous, samedi, sur le chemin de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud (lire ci-dessous). Façades délabrées, immeubles inachevés, avenues taillées sur mesure pour les parades militaires dantan, grisaille à gogo et mines soucieuses. Bref, de quoi mettre quelques images sur un chiffre: ici, le salaire mensuel moyen sélève à quelque 200 francs. «La plupart des gens nont aucun contrat, aucun droit», explique Thomas Kugler, coordinateur de la Coopération suisse en Moldavie. Le Zurichois sapprête à rentrer au pays après quatre ans passés à Chisinau, une capitale où sont centralisés pouvoir et ressources. «Cest le monde des extrêmes», poursuit-il. «Dun côté, cest un petit pays perdu, à la recherche de son identité, où tout se traite avec lenteur et amateurisme; de lautre, la vie y est empreinte de douceur et de gentillesse. On a parfois du mal à comprendre pourquoi une terre aussi fertile ne parvient pas à sextraire de cette pauvreté.»
Et le ballon dans tout ça? Il roule cahin-caha, sur des terrains bosselés, devant des tribunes désertes la plupart des rencontres de Divizia Nationala, la catégorie supérieure, nattirent que quelques centaines de spectateurs. Afin de mieux cerner la situation, allons faire un saut du côté de la Federatia Moldoveneasca de Fotbal, sise dans un hôtel particulier du centre-ville. Créée en 1990, soit un an avant lindépendance de la République moldave, la FMF, qui recense 79 clubs et quelque 9000 licenciés dont 521 footballeurs professionnels rame comme elle peut.
Igor Dobrovolski, sélectionneur national depuis décembre 2006: «Après la chute de lURSS, nous étions par terre, au fond du trou. Mais depuis quelques années, des efforts sont entrepris. On se relève grâce à de nouvelles infrastructures. Cest comme partout: la solution passe par la formation de jeunes joueurs et dentraîneurs pour les encadrer. En Suisse aussi, vous avez connu ça
»
Dobrovolski, qui a porté le maillot du Servette FC lors de la saison 1991/92, est par ailleurs président du FC Akademia UTM, un club de bas de tableau. Celui que le public des Charmilles surnommait «le Prince Igor» les jours fastes et «le prince y dort» le reste du temps promet quil est confronté à la même problématique que tous ses homologues européens. «Je travaille avec les joueurs qui sont à ma disposition. Le reste ne mimporte pas.»
Le reste? Une situation pour le moins scabreuse. Car la division politique du pays entre la République de Moldavie, culturellement rattachée à la Roumanie, et celle autoproclamée de Transnitrie, proche de la Russie, rejaillit sur le destin de léquipe nationale. Le coach, sil nie tout tiraillement au sein du groupe, est de facto privé de nombreux joueurs: les meilleurs footballeurs moldaves, nés dans lancienne URSS, sont souvent naturalisés russes pour le bien de leur carrière et de leur porte-monnaie le salaire moyen en Divizia Nationala sélève à 500 dollars par mois. «Nous avons les mains liées, nous ne pouvons rien faire là contre», déplore un fonctionnaire de la FMF.
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Obligés de jongler avec les circonstances, envers et contre tout, Igor Dobrovolski veut bâtir quelque chose. Alors, il mise sur la jeunesse: parmi les vingt-six joueurs rassemblés en vue de la double confrontation face à la Suisse les deux équipes se retrouveront mercredi au Stade de Genève , ils ne sont que six à accuser plus de 25 ans. Seuls deux dentre eux comptent plus de vingt sélections: les défenseurs Serghei Lascencov (30 capes), qui évolue sous le maillot dOlimpik, en Azerbaïdjan, et Alexandru Epureanu (23), pensionnaire du FC Moscou. Unique exilé à «lOuest»: Igor Armas, mercenaire au sein du club suédois de Hammarby.
Pour tout arranger, le sélectionneur regrette au passage un sérieux «manque de coordination et de collaboration» avec les entraîneurs des clubs moldaves. Cerise sur le gâteau: le centre sportif de Vadul-lui-Voda, inauguré à Chisinau en 2005 et dont le financement a été en grande partie assuré par la FIFA, vient dêtre submergé par des inondations, raison pour laquelle les joueurs moldaves nont pu sentraîner quune seule fois ces deux derniers jours
Pas de quoi démoraliser «Dobro»: «A domicile, nous abordons chaque match pour le gagner, avec le devoir dêtre agressifs sur le terrain.»