Nostalgique de l'URSS, la Transnistrie moldave veut rejoindre la Russie
LEMONDE.FR avec AFP | 18.09.06 | 09h00 Mis à jour le 18.09.06 | 09h18
La Transnistrie, région séparatiste pro-russe de Moldavie, a voté à une écrasante majorité, dimanche 18 septembre, en faveur de son rattachement à la Russie. Le "oui" à la Russie l'a emporté avec 97,1 % des suffrages. Le taux de participation s'est élevé à 77,63 %, selon la commission électorale.
La victoire du "oui" ne faisait guère de doute dans ce territoire de 550'000 habitants majoritairement russophone, où la propagande du président Igor Smirnov, aux pratiques héritières de la période soviétique, est omniprésente. La "république" de Transniestrie, autoproclamée indépendante en 1990 sur la rive est du fleuve Dniestr, n'est pas reconnue par la communauté internationale, qui n'a envoyé aucun observateur au référendum. La situation va se compliquer toutefois au plan politique si la Russie, qui soutient la Transnistrie, reconnaît ce résultat, alors que l'Union européenne atteindra bientôt les frontières de la Moldavie avec l'adhésion prévue de la Roumanie en 2007.
1 400 SOLDATS RUSSES
Après l'effondrement de l'URSS en 1991, les usines locales de textile, métallurgie ou machines-outils, totalement tournées vers le marché soviétique, ont périclité ou fermé. L'économie est en grande partie contrôlée par le groupe Sheriff (stations essence, supermarchés..) qui entretient des liens opaques avec le pouvoir. La Transnistrie est considérée comme une plaque tournante de nombreux trafics dans l'est de l'Europe. La Russie, qui ne reconnaît pas non plus la république, y demeure toutefois très influente. Elle y maintient d'ailleurs quelque 1'400 soldats depuis la guerre de 1992 entre Transnistriens et Moldaves.
Elle risque toutefois d'hésiter à reconnaître le résultat du référendum alors qu'elle est elle-même confrontée au séparatisme à l'intérieur de ses frontières, notamment dans le Caucase. En préservant le statu quo en Transnistrie, Moscou conserverait un avant-poste aux frontières de l'Europe, face à l'OTAN, sans bousculer les équilibres de frontières. L'exemple de la Transnistrie va inspirer les deux régions séparatistes pro-russes de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, cette dernière ayant annoncé un référendum d'indépendance pour le 12 novembre.
A Chisinau, capitale de la Moldavie, quelques dizaines de manifestants ont manifesté dimanche contre "l'impérialisme" russe, accusant Moscou d'avoir "organisé le référendum" et de "vouloir faire revenir la Moldavie dans sa zone d'influence".