Toujours le mépris pour les centaines de millions de victimes du communisme

Sur http://www.comlive.net/Falsification-De-L-histoire,122616.htm une critique fondée des détracteurs du "Livre noir du communisme".

Veritable Best Seller des années 90, le Livre noir du communisme ne doit son succès autant à son contenu qui avance un bilan des crimes du communisme qu'il chiffre à 100 millions qu'à sa publicité médiatique, en effet aucun ouvrage historique n'aura autant beneficier des clémences des médias.
Outre son succès sur le public, ce livre est connu pour ses nombreuses polémiques et les accusations provenant parfois des auteurs du livre contre l'auteur principal Stéphane Courtois. Ses accusations portent aussi bien sur la manière de travailler que sur les conclusions avancées.

Ces polémiques sont nombreuses et remettent en question le caractère scientifique du livre :
La moitié des auteurs - Nicolas Werth, Jean-Louis Margolin et Karel Bartosek - ont protesté publiquement contre le résultat final, reprochant à Stéphane Courtois des amalgames et un problème de méthode dans le chapitre introductif, en particulier dans une sorte d'assimilation du nazisme et du communisme faite dans la préface, ainsi que sur le calcul du nombre de victimes (85 millions selon lui). Le livre en lui-même ne faisant aucune étude comparative sur ce sujet.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_noir_du...s_entre_auteurs

C'est moins le nombre de morts causés par les dictatures se réclamant du communisme que la comparaison avec le nazisme qui va susciter une polémique en France. Stéphane Courtois compare ainsi le nombre de victimes de cette idéologie aux morts causés par le nazisme. Le communisme étant pour ses partisans une idéologie égalitaire et humaniste à la différence du nazisme, plusieurs historiens - à commencer par plusieurs auteurs de l'ouvrage - sont en désaccord avec Courtois sur sa méthode et sa conclusion.
http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Courtois

Annette Wieviorka, directrice de recherche au CNRS, écrit dans Le Monde du 27 novembre 1997 que « Stéphane Courtois dresse une comparaison de la prise de conscience du génocide juif et de celle du communisme qui n'est qu'un tissu de contrevérités ou d'approximations »
http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Courtois

Le Mouvement international Maoiste a gagné une victoire partielle lorsque le rédacteur et traducteur du " Livre Noir du Communisme " ont admis avoir mal placés des virgules décimales dans le chapitre sur la Chine écrit par Jean-Louis Margolin. Ces virgules déplacées ont aboutit à une sur-estimation par dix des morts subies par la Chine pendant le Grand Bond en avant. La réponse du MIM mets la pression sur la Presse Universitaire d'Harvard pour faire encore des corrections de leurs erreurs.
http://www.inreallife.be/Articles/THErealp...ommunisme03.php

De son côté, Nicolas Werth reproche à Stéphane Courtois d'avoir changé le total des victimes de l'URSS : lui en compte 15 millions, alors que le directeur de l'ouvrage parle de 20, sans explications.
Jean-Louis Margolin fait remarquer qu'il n'a jamais parlé d'un million de morts au Vietnam, contrairement à ce que prétend Stéphane Courtois dans sa préface. http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Courtois

Alors le "livre noir" rime t-il avec falsicitation de l'histoire ?

Ce message a été modifié par Hadora - vendredi 22 décembre 2006 à 13:23.

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« Nous sommes dans l’inédit et pas seulement dans l’année du rat par danielle Bleitrach.JF Bradford Delong * , dérives financières : le retour de Marx »

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Le « sophisme de Talamon » ou la falsification de l’histoire.

Publié 4 février 2008 Culture , Les laboratoires du changement social

Domenico Losurdo a défini ce qu’il appelle le « sophisme de Talamon ».  C’était à propos du « livre noir du communisme », le démarrage de la campagne de dénigrement et même de falsification historique dans laquelle nous baignons encore. Le philosophe italien énonce ainsi le « sophisme de Talamon » : « Le fait que dans le livre noir comme dans un ensemble immense de publications, les faits et les méfaits du communisme sont mis en comparaison, non  avec les comportements réels du monde que celui-ci veut mettre en discussion (sur lesquels règne le silence le plus rigoureux), mais avec les déclarations de principe du libéralisme, par rapport auxquelles la période commencée avec la révolution bolchevique apparaît dans toute son abjection. Le caractère sophistique d’une telle comparaison entre grandeurs hétérogènes (d’un côté la représentation autoapologétique des penseurs libéraux, de l’autre les comportements réels des dirigeants communistes dans des situations dramatiques) est évident. On pourrait l’appeler « sophisme de talamon », d’après l’éminent spécialiste qui dans les années qui suivent immédiatement la seconde guerre mondiale, condamne la « démocratie totalitaire » (de Rousseau à Staline) y opposant un libéralisme qui selon sa manière de voir aurait toujours abhorré la « coercition et la violence » (1)

Le sophisme de talamon réside donc dans le discours insupportable, hypocrite, faux cul qui compare les « crimes du communisme » aux déclarations de principe de la démocratie libérale. Il y a d’ailleurs sa variante, la déclaration de principe d’un communisme de plus en plus identfié au “démocratisme occidental” qui a renoncé à combattre et se fait une vertu ou prétend se faire une vertu sur la seule dénonciation des méfaits des dictatures du tiers-monde en particulier (mais y en a-t-il d’autres?) si elle défend la souveraineté nationale contre le pillage.

 Nous en sommes hélas encore là et s’il difficile de s’opposer à ce qui est dit et répété sous toutes les formes dans les médias officiels, j’exige que dans l’espace privé de ce blog, il soit au moins admis le vice d’un tel mode de pensée et la nécessité de s’en prémunir.

 Faire accepter aux communistes eux-mêmes le sophisme de Talamon a été la grande œuvre du capital à partir de l’effondrement de l’URSS, alors même pourtant que les faits portaient le témoignage d’une évidence incontournable : à l’inverse du capitalisme toujours prêt à aller au bout des massacres pour maintenir son pouvoir, le socialisme privé de l’appui des masses s’était effondré sur lui-même sans la moindre résistance sanglante comme si la statue du commandeur, le peuple, avait suffit à l’interdire.

Domenico Losurdo propose de retourner le sophisme de Talamon au profit du communisme et pour commencer bien sur il revient sur l’atroce histoire coloniale, en montrant que tout n’a pas débuté avec Hitler.  Etant bien entendu pour les nouveaux idéologues que l’hitlérisme n’est que la réponse nécessaire mais un peu dévoyée à l’instauration du communisme, c’est ça la démonstration: non seulement les révolutions spnt inutiles mais elles engendrent le crime totalitaire.

Si on tente ainsi de faire démarrer l’histoire à Hitler, aux crimes dits « totalitaires » c’est parce qu’on évacue le fait central d’un pays l’Allemagne humilié, réduit a quia par  d’autres prédateurs colonialistes et  qui une idéologie de “revanche” propose  la construction d’ un empire du côté des slaves autre peuple inférieur et ayant choisi le communisme, double tare. C’est-à-dire qu’il faut l’exemplarité de la Shoa pour ne pas mesurer que le crime nazi n’est que la perpétuation du colonialisme et de son action séculaire.

 A près la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis vont devenir le bras armé, le gendarme des peuples au profit des puissants et Dominico Losurdo montre que l’Italie elle-même a été sous leur surveillance mafieuse. Qui peut comprendre l’histoire actuelle de l’Italie, Berlusconi sans cette référence à un passé très recent, celui de la reprise en main devant les risques d’insurrection populaire, alors comme le propse losurdo amusons-nous à utiliser le procédé, comparons les crimes du capitalisme au discours du socialisme: « Ajoutons à cela la longue liste des interventions militaires en Amérique latine souvent en faveur des dictatures militaires féroces. Et maintenant lisons Staline qui, en 1952, invite les communistes à relever « le drapeau des libertés démocratiques bourgeoises » et « le drapeau de l’indépendance nationale » jetés à la mer par la bourgeoisie ».

A la seule différence près que ce discours contre l’arme nucléaire pour la paix, pour les indépendances nationales a des effets pratiques puisque les masses s’en emparent et font l’histoire du XXe siècle.

Que se passe-t-il alors durant ces années où le mouvement communiste international s’engage résolument dans la collecte de signatures contre l’arme nucléaire, pour la paix et le désarmement?  Notons la différence entre la manière dont à la même époque Truman qui veut une victoire totale en Corée inscrit dans ses notes l’idée d’un ultimatum qui aboutirait au fait que tout refus d’obéissance « signifie que Moscou, saint Petesbourg, Moukden, Vladivostock,  Pékin, Shanghai et toutes les implantations industrielles en Chine et en Union Soviétique seraient éliminées ».
 
Il ne s’agit pas d’une menace en l’air le souvenir est encore frais en Asie d’Hiroshima et Nagasaki. Il l’est encore aujourd’hui, pas pour nous mais pour tout ce continent, cette menace est brandie à plusieurs reprises par Truman, le démocrate. L’anéantissement des populations civiles, le bombardement à haute altitude a été la stratégie mise au point par Hitler mais elle a été adoptée avec enthousiasme par les Etats-Unis jusqu’à la bombe nucléaire. Roosvelt a parlé de « castration du peuple allemand  ou le traiter de telles manière qu’il ne puisse vraiment plus continuer à reproduire des gens qui veulent se comporter comme dans le passé » alors que Staline à la même époque opère une distinction « Il serait ridicule d’identifier la clique hitlérienne avec le peuple allemand. Les expériences de l’histoire démontrent que les Hitler vont et viennent, mais que le peuple allemand, l’Etat allemand reste. »

Si on compare seulement ces deux discours en occultant les situations réelles, à savoir que pour les Etats-Unis la deuxième guerre mondiale sera l’occasion d’un essor économique sans précédent et que très rapidement il va falloir organiser les ennemis européens et japonais de hier en alliés contre le communisme, tandis que l’Union Soviétique et la Chine ont été dévastées, massacrée, les peuples ont vécu des sauvageries épouvantables et se retrouvent immédiatement comme nous venons de le voir sous la menace de la guerre nucléaire, on peut cette fois rester dans l’angélisme communiste.

Mais ce qui est fondamental est bien de comparer ce qui est comparable et non hétérogène, à savoir le rôle joué dans la paix et la décolonisation mondiale le mouvement communiste international.

Il faut lire ce livre de Domenico Losurdo qui reprend dès l’origine ou même sur cent cinquante ans les mérites ou les abominations comparée du capitalisme baptisé libéralisme par ses hagiographes et ceux du communisme, en opposant des discours à des discours, et des faits à des faits.

Je propose qu’aujourd’hui encore alors même que nous assistons à une opération de réhabilitation des pires infamies historiques du capitalisme nous regardions ce qui est sous nos yeux en refusant « le sophisme » de Talamon, c’est-à-dire en comparant un idéal démocratique qui n’existe nulle part et surtout pas aux Etats-Unis, où croupissent dans les prisons pour des raisons raciales des milliers voir des dizaines de milliers de gens qui n’auront jamais droit au statut de prisonniers politiques, où encore dans ces zones de non droit comme guantanamo où l’on sous traite la torture, donc la comparaison d’un discours sur la démocratie occidentale à des faits qui sont soumis à l’effet loupe des médias et repris en cœur par des communistes que l’on a convaincu de leur ignominie.

Et s’il n’y avait que la propagande occidentale mais elle a désormais gouverné l’attitude de la gauche et même des communistes. Le principe de Talamon, plus une lâcheté difficilement concevable, aboutit  l’ignominie  de l’attitude de Marie Georges Buffet et de Krivine en 2003, alors que l’Irak est envahi et que Cuba est menacé - le pays le plus menacé de la planète et depuis plus de quarante ans - étranglé par le blocus contre lequel personne ne proteste plus surtout pas ces deux illustrissimes « communistes », donc quand Cuba sous le feu de la principale puissance de la planète arrête à cette époque-là des individus convaincus d’être en intelligence avec l’ennemi en temps de guerre, les deux français dirigeants « communistes  « (sic) font chorus et proclament le droit abstrait à la défense du système de propagande baptisé liberté de la presse. L’humanité, le journal, ira encore plus loin en parrainant un « dissident » sur injonction du stipendié de la CIA, Robert ménard.

Ces deux paltoquets  Krivine et Buffet nous déshonorent de concert et prétendent appliquer à leur profit le principe de Talamon, comparer leur idéal communiste à la réalité d’un communisme toujours dictatorial comme le dit l’adversaire. A partir de là et encore aujourd’hui ils ne cesseront d’agir ainsi, jusqu’à se parer des plumes du héros mort, le Che, en prétendant nier le révolutionnaire réel et sa participation aux combats du siècle.

 Ici dans ce blog nous n’agirons jamais ainsi.

S’agit-il simplement de défendre notre passé, et même la simple honnêteté intellectuelle ? Il s’agit de bien plus que cela. Pendant plus de vingt ans on a fait accepter aux peuples ce sophisme de Talamon pour lui infliger les mesures les plus réactionnaires, pour détruire toutes ses organisations, lui voler toute espérance. Quand il a été bien convaincu de l’inutilité de tout combat puisqu’il n’y a pas d’alternative, on l’a décérebré et ça continue. On l’a rendu inculte, incapable de se situer dans le temps et dans l’espace, à la connaissance on a substitué le reflexe conditionné de l’apeurement.

On a réussi à lui faire opérer un retour à l’idée de « devoir d’ingérence » coloniale sous prétexte de lutter contre des « dictatures ». Et ça continue, l’enjeu de demain est désormais face à la simple concurrence commerciale de peuples émergents, face à la lutte pour les matières premières énergétiques et alimentaires de nous faire accepter l’idée d’une guerre préventive nucléaire.

Jusqu’où iront-ils avec la complicité de ces « âmes nobles » et véritables crétins du « communisme » ? jusqu’à approuver le bombardement nucléaire de Sahanghai? Mais non voyons ils se contenteront après avoir subi en retrait le pilonnage de tous les médias, le discours unanime sur le péril jaune, comme à leur ordinaire de démobiliser la protestation populaire par un ni-ni, ni Bush, ni les Chinois… On s’y croirait. Mieux encore comme ils n’attendent rien de Bush ils oublient de s’y opposer et réservent tous leurs coups à la Chine. Est-elle bien socialiste disent-ils en se pinçant le nez !!!

La question  n’est pas là, elle est de comparer ce qui est comparable, qui est réellement nuisible aujourd’hui à l’humanité et pour le reste vous qui ne savez même pas trouver le chemin de vous rendre utiles au peuple français, ne cherchez plus à vous ériger en donneur de leçon de la pureté révolutionnaire. Comme le dit le proverbe chinois, fermez vos gueules si ce que vous avez à dire vaut moins que le silence.

Contre les faussaires de l’histoire il faut revendiquer l’histoire réelle du capitalisme et la manière dont les massacres du XX e siècle sont nés de l’école du crime qu’a été le colonialisme. Ce renversement de perspective a de profondes conséquences y compris sur la théorie marxiste et l’histoire du communisme. Est-ce un hasard comme on l’a cru qu’au stade de l’impérialisme, le socialisme n’ait pas pu se développer en Europe ou aux Etats-Unis arrivés pourtant au stade d’épanouissement des forces productives envisagé par Marx, mais dans une marche sous développée, la Russie ? Est-ce un hasard si c’est ce socialisme pré-européen qui s’est effondré ? Et que cet effondrement a eu lieu au moment même où il s’occidentalise et prétend renter en compétition avec l’Europe et les Etats-Unis ? Alors que ce seront les pays ex-colonisés qui poursuivent la lutte contre le capitalisme à son stade impérialiste néo-libéral. Ne devons-nous renoncer non pas aux luttes dans le ventre du monstre mais bien à l’illusion que ce serait de nous, de ce ventre immonde toujours engendrant le fascisme que pourrait naître la révolution ? Et arrêter de ce fait de nous considérer comme des donneurs de leçon universelle.

Dans ce petit espace d’un blog il n’y aura jamais l’application du sophisme de Talamon, sera toujours dit ce qui doit être comparé : des faits ou des principes abstraits, les conséquences réelles pour les populations, pour la paix mondiale, pour la vie quotidienne de milliards d’êtres humains ou la vision fantasmée d’une réalité où l’occident continue tellement à jouer le beau rôle que nous ne nous interrogeons jamais sur quelle histoire, quelle action réelle nous nous appuyons pour prétendre être à la fois juges et bourreaux. Ce qui est le propre de toute mafia.

Danielle Bleitrach

(1) Domenico Losurdo. le pèché originel du XXe siècle, éditions Aden 2007

http://socio13.wordpress.com/2008/02/04/e-%C2%AB-sophisme-de-talamon-%C2%BB-ou-la-falsification-de-l%E2%80%99histoire/


4 Réponses vers “Le « sophisme de Talamon » ou la falsification de l’histoire.”

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1Pierre M. Boriliens
5 février 2008 à 9:36

Bonjour,

Je suis un peu étonné que vous n’ayez pas relevé le nom “Talamon”. A mon avis, il s’agit tout bêtement de l’historien Jacob Talmon : Jacob Leib Talmon, né en 1916 en Pologne, mort en 1980, est un professeur d’histoire moderne à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Jacob Talmon est né dans une famille juive orthodoxe. À partir de 1934, il part faire ses études à l’Université hébraïque de Jérusalem, puis en Palestine mandataire (aujourd’hui Israël). Il poursuit ses études en France, mais doit partir à Londres après l’invasion du pays par les Allemands. Il obtient en 1943 un doctorat à la London School of Economics. Il reçoit le Prix Israël en 1957.

Il a principalement étudié la généalogie du totalitarisme, soulignant les ressemblances entre le jacobinisme et le stalinisme. En effet, d’après Jacob Talmon, ce type de « messianisme politique » se situe dans l’héritage de la Révolution française. Il est le premier à avoir employé l’expression « démocratie totalitaire », qui selon lui illustre la position de Jean-Jacques Rousseau sur la démocratie.
Jacob Talmon a été catégorisé comme « penseur de la guerre froide » du fait de l’anti-marxisme fervent qui imprègne ses principaux travaux. Sa vision du libéralisme se rapproche de la pensée politique de Isaiah Berlin, Friedrich August von Hayek et Karl Popper. Il a exercé une influence considérable sur l’historien israélien Zeev Sternhell.(source : Wikipédia)

Avec une grosse “erreur” : si Zeev Sternhell a été influencé par Talmon, il ne cesse pourtant de le dénoncer, par exemple dans

Zeev Sternhell, Les anti-Lumières, Fayard, 2006

Bouquin remarquable que je ne saurais résumer en quelques mots, mais que je conseille vivement. En gros, les Lumières (Locke, Rousseau, Kant… puis les Révolutionnaires français) sont dès leur origine l’objet des attaques les plus virulentes, les plus “tordues”, et ce combat à mort (ce n’est pas une simple métaphore) n’a jamais cessé. La falsification de l’histoire (genre Staline = Hitler = Robespierre = Pol Pot… = héritiers des Lumières) vise autant le Contrat social (=> la souveraineté populaire) que la Raison elle-même (sauf dans une forme dévoyée, purement technique, et au service de ces anti-Lumières). Sternhell suit le long et tortueux parcours entre des Herder et des Burke, jusqu’à des Himmelfarb, Kristol, Furet, Nolte et les néo-conservateurs en passant par les Taine, Barrès, Maurras… Tous sont des anti-Lumières féroces.

Hormis les critiques habituelles que l’on peut toujours faire à toute histoire des idées (et j’en ai), je dois dire que la démonstration de Sternhell est très convaincante. En tous cas extrêmement stimulante…

2socio13
5 février 2008 à 9:48

vous avez parfaitement raison, c’est étrange mais en lisant Losurdo je n’ai pas fait le rapprochement, j’ai simplement repris son intitulé. Pourtant je me souviens bien de la manière dont avait été commenté sa manière de trouver chez Rousseau et d’autres les racines du totalitarisme. Merci de votre analyse.
danielle bleitrach

3Pierre M. Boriliens
5 février 2008 à 11:26

J’allais oublier un personnage important dans la liste, peut-être l’un des plus importants puiqu’il a inspiré beaucoup de monde, mais c’est vrai que je l’ai trouvé ailleurs :
Emmanuel Faye, Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie
A lire absolument !
Voici donc ce qu’écrit ce bon “berger de l’Etre” :

Ce développement [de l’homme individuel] a commencé à la Renaissance, quand l’homme individuel en tant que personne fut érigé en but de tout être, le grand homme, selon les deux idéaux de l’homo universalis et du spécialiste. C’est cette nouvelle volonté de développement de la personnalité qui a engendré cette mutation totale voulant que désormais tout devait n’être là que pour la grande individualité. Toute chose, et donc aussi la politique, est alors insérée dans une sphère au sein de laquelle l’homme a la possibilité et la volonté de vivre à sa guise. C’est ainsi que la politique, l’art, la science, chutent dans des domaines qui relèvent de la volonté individuelle de développement, et cela de manière d’autant plus poussée qu’ils s’y retrouvent élargis et par conséquent spécialisés par de puissantes réalisations. Mais dans les temps qui ont suivi, on a laissé jusqu’à nos jours tous les domaines culturels se séparer les uns des autres de plus en plus, jusqu’à perte de vue ; et la dangerosité de cet affairement est apparue avec une clarté élémentaire dans la ruine de notre Etat.
C’est pourquoi nous avons reconnu comme la tâche urgente de notre époque de faire face à ce danger, en tentant de redonner à la politique le rang qui lui revient, en enseignant à nouveau à la voir comme le caractère fondamental de l’homme philosophant dans l’histoire, et comme cet être dans lequel l’État se déploie, de sorte qu’elle puisse véritablement être appelée le mode d’être d’un peuple.

Je n’ai pas le bouquin de Faye sous les yeux (prêté et pas encore rendu) mais ça date de 1934, environ. Outre le charabia que l’on retrouve chez bien des déconstructeurs ultérieurs (le concept de déconstruction est aussi de Heidegger !), on remarque quand même, entre autres, que “la possibilité et la volonté de vivre à sa guise” est une chute, qui commence à la Renaissance !

Heureusement, tout n’est pas perdu :

Le politique, comme possibilité fondamentale et modalité d’être distinctive de l’homme est [...] le fondement sur lequel l’Etat est. L’être de l’État repose ancré dans l’être politique des hommes qui, en tant que peuple, portent cet État, se décident pour lui. À cette décision politique, c’est-à-dire historiquement destinale, est nécessaire la clarification du lien originel de l’essence du peuple et de l’État. Pour tout homme une compréhension et un savoir de l’essence de l’État et du peuple sont nécessaires. Ce savoir, les concepts et la connaissance relèvent de l’éducation politique, c’est-à-dire de l’introduction (Hineinführung) dans notre être politique propre.
[...]
Cela ne veut pas dire pour autant que tout un chacun qui s’approprie ce savoir puisse agir politiquement et soit autorisé à le faire en tant qu’homme d’Etat ou Führer. Car l’origine de tout agir et de toute Führung politiques n’est pas dans le savoir, mais dans l’être. Tout Führer est Führer, doit être Führer conformément à la forme prégnante de son être, et simultanément, dans le vivant déploiement de son essence propre, il comprend, pense et met en œuvre ce que sont le peuple et l’État.

Simple égarement de jeunesse, disent certains…

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