La solidarité de gauche protège Cesare Battisti! Evidemment, pour Lula, et le forum social mondial, l'Italie est toujours un pays fasciste!


Le Brésil refuse d'extrader Battisti: Rome s'indigne

Le ministre brésilien de la Justice a décidé de lui accorder le statut de réfugié politique. L'ancien membre des Brigades Rouges a été condamné à la prison à vie pour quatre assassinats en Italie, dans les années 70.

Libération, 14 janv. 2009

Cesare Battisti escorté par des policiers brésiliens le 19 mars 2007. (REUTERS)

Le ministère italien des Affaires étrangères a appelé ce mercredi le président brésilien Lula da Silva à revoir la décision de son ministre de la Justice qui a refusé l’extradition en Italie de l’ex-activiste de gauche Cesare Battisti.

«L’Italie adresse un appel au président Lula pour que soient prises toutes les initiatives qui peuvent promouvoir, dans le cadre de la coopération judiciaire internationale dans la lutte contre le terrorisme, une révision de la décision judiciaire adoptée», indique un communiqué du ministère.

Le ministère fait également part de «sa vive surprise et de son profond regret» à la suite de cette décision, estimant que Cesare Battisti est un «terroriste responsable de crimes très graves qui n’ont rien à voir avec le statut de réfugié politique».

«L’existence fondée d’une crainte de persécution»

Le ministre brésilien de la Justice Tarso Genro a décidé d’accorder ce statut à Battisti «en raison de l’existence fondée d’une crainte de persécution» pour ses opinions politiques, selon un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi. Le ministre de la Justice est allé à l’encontre d’une décision du Comité national pour les réfugiés du Brésil, où siègent notamment des représentants du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés, qui avait rejeté le 28 novembre sa demande de réfugié politique, ce qui ouvrait la voie à son extradition.

Jusqu’alors, le Brésil avait toujours refusé les demandes d’extradition vers l’Italie d’anciens activistes italiens, notamment des Brigades Rouges, considérant qu’ils étaient poursuivis pour des délits de nature politique. Mais en avril, le Procureur général de la République, Antonio Fernando Souza, avait rendu un avis favorable à la demande d’extradition de Battisti, refusant de considérer ses crimes comme «politiques». Il avait estimé «qu’ils avaient été marqués par une certaine froideur et un certain mépris pour la vie humaine».
Cesare Battisti a été condamné en 1993 par contumace en Italie à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres dont il se proclame innocent. Il est en fuite depuis août 2004, ayant quitté clandestinement la France, où il avait trouvé refuge en 1981 sous la présidence du président socialiste François Mitterrand, peu avant que la justice française ne donne le feu vert à son extradition, en octobre 2004. Il a ensuite été arrêté à Rio de Janeiro en 2007 et écroué à Brasilia.

«En Italie, je serais l’objet de vengeance. Je serais assassiné»

Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur italien, Alfredo Mantovano, a lui aussi dénoncé comme «grave et offensant» le choix du Brésil d’accorder le statut de réfugié politique «à Cesare Battisti, terroriste et auteur de plusieurs meurtres», selon l’agence Ansa.

«Ce choix est grave car il introduit la possibilité d’une remise en liberté de Battisti, actuellement emprisonné au Brésil. Il est offensant car penser qu’il puisse être considéré en Italie comme un persécuté politique revient à bafouer notre démocratie», a poursuivi Alfredo Mantovano. «Le gouvernement italien ne peut donc pas accepter une telle décision, en particulier en raison du respect dû aux victimes et à leurs familles.»

Dans un entretien publié le week-end dernier dans l’hebdomadaire Epoca, Battisti avait affirmé craindre pour sa vie s’il était extradé. «Je suis certain que si je vais en Italie, je serais l’objet de vengeance. Je serais assassiné», avait-il assuré. Il avait appelé Tarso Genro – «qui a lui-même personnellement souffert de la répression politique quand il était militant» sous la dictature militaire (1964-1985) – à refuser son extradition.
 
(Source AFP)

Vos commentaires

101 commentaires affichés et 0 en attente de modération.
Tereza
Lula et le pays de merveilles
Je suis brésilienne, j'habite São Paulo, et je suis tout à fait d'accord avec les commentaires de Patrick Belém, qui ne se laisse pas tromper par les apparences... Bravo, Monsieur! Vous voyez clairement les choses.
Mercredi 14 janvier à 19h30
Tereza
Tout à fait d'accord
Je suis brésilienne, j'habite São Paulo, et je suis tout à fait d'accord avec les explications de Mordan et de Patrick Belém, qui semble très bien informé de ce qui arrive dans le pays de merveilles de Lula...
Mercredi 14 janvier à 19h26
p__m (15)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
Erreur dans le titre
"Cesare Battisti...l'ancien membre des Brigades Rouges". Une calomnie de plus envers cette organisation: Battisti n'a JAMAIS été membre des Brigades Rouges !
Mercredi 14 janvier à 19h22
mickaelbeauvais
Merci LULA
Heureusement que le Bresil est la pour respecter les engagements de la France de Mitterand.
Mercredi 14 janvier à 18h53
morgan
explication
Tarso Genro est le Ministre de la Justice qui vient de décider de ne pas permettre que Battisti soit jugé en Italie. Genro est un ancien de la IVe Internationale, un artisan des Sommets Altermondialistes. Voilà vous avez tout compris.
Mercredi 14 janvier à 18h34
jimih (3)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
Bravo Lula !
La parole qui avait été donnée par la France (Mitterrand) de ne pas extrader Battisti a été bafouée par l'occupant actuel de l'Elysée (je ne l'appelle pas président volontairement), la justice a donc été rendue à cet homme…
Mercredi 14 janvier à 17h34
Tous les commentaires

Retour