Les élections indiennes s'ouvrent dans le sang: le Parti communiste de lInde-Maoïste (PCI-M), assassine 16 personnes dans lest de lInde.
Les élections indiennes s'ouvrent dans le sang
Alors que les législatives ont commencé dans certains départements en Inde, des attaques de groupes d'insurgés maoïstes ont fait 16 morts dans l'est du pays.
Libération, AFP, 16/04/2009
Des rebelles maoïstes ont tué ce matin dans lest de lInde 16 personnes, dont neuf paramilitaires déployés pour assurer la sécurité des élections législatives qui se déroulent dans ce pays. Une première attaque est survenue dans lEtat reculé et peuplé de tribus du Jharkhand (est), un bastion de linsurrection maoïste, où cinq rebelles et deux soldats avaient déjà péri mercredi dans une fusillade.
Cette fois, les guérilleros dextrême gauche ont fait sauter une mine au passage dun autobus de la Force de sûreté des frontières, puis ont mitraillé le véhicule. Sept paramilitaires et deux civils ont été abattus. Des renforts ont été dépêchés sur place, où les bureaux de vote sont encore ouverts pendant quelques heures pour la première phase des élections législatives qui séchelonneront dans toute lInde jusquau 13 mai, avec des résultats nationaux le 16 mai.
Le Jharkhand doit envoyer 14 députés à lAssemblée du peuple de New Delhi, qui en compte 543. Le scrutin dans cet Etat a été divisé en deux étapes, ce jeudi et le 23 avril. Pour jeudi prochain, le Parti communiste de lInde-Maoïste (PCI-M), clandestin, a appelé au boycottage.
Dans lEtat voisin du Bihar, deux autres paramilitaires ont été tués et un a été blessé. L'attaque est également l'oeuvre d'insurgés maoïstes. Au sud du Jharkhandh, dans lEtat du Chattisgarh, berceau de linsurrection, les rebelles ont fait exploser une Jeep transportant des responsables électoraux : cinq dentre eux y ont perdu la vie. Enfin, dans deux départements de cet Etat reculé et couvert de jungle, des fusillades ont éclaté dès louverture du scrutin.
Au moins 15 des 28 Etats fédérés de lUnion indienne dans le centre, lest et le sud - sont confrontés depuis 1967 à des poches de rébellions maoïstes. Au total, 165 des 600 départements du pays seraient, à des degrés divers, sous linfluence de ces combattants armés, que les Indiens surnomment les «naxalites».
Ils constituent la plus grande menace pour la sécurité nationale, avait averti, en 2006, le Premier ministre Manmohan Singh. En 2007, les violences liées aux insurrections maoïstes ont fait plus de 800 morts en Inde. Les rebelles, quand on peut exceptionnellement les approcher, disent être en lutte armée contre les grands propriétaires terriens et les exploitations de minerais.