*** L'opération de propagande de l'URSS pour, non seulement, cacher le fiasco total du Premier quinquennal mais faire croire que c'était une grande réussite bénéfique pour les ouvriers et les paysans a été un plein succès. Alors qu'une grave récession frappait les démocraties libérales, cette imposture soviétique, recouvrant l'assassinat et la déportation de millions d'être humains a dupé des millions dont Nehru.

** D'où le changement de stratégie des maoïstes!


L'Inde et le marxisme selon Nehru

"La grande crise économique mondiale semblait justifier l'analyse marxiste. Alors que toutes les autres théories tâtonnaient dans le noir, seul le marxisme en offrait une explication à peu près satisfaisante et proposait une vraie solution (...)***.

Il me semblait évident que le nationalisme resterait la force agissante principale tant que l'on n'aurait pas atteint un certain degré d'émancipation politique. Le Congrès, pour cette raison, avait été et demeurait (à part certaines sphères ouvrières) l'organisation d'avant-garde de l'Inde, comme il était la plus puissante. Durant les treize dernières années, sous l'impulsion de Gandhi, il avait provoqué un extraordinaire éveil des masses et, malgré son idéologie vague et bourgeoise, servi une cause révolutionnaire. Il n'avait pas encore fini d'être utile, et ne cesserait probablement de l'être que lorsque la poussée nationaliste ferait place à la poussée sociale. Abandonner le Congrès, c'eût été, me semblait-il, se dissocier de l'aspiration la plus vitale de la nation, émousser notre arme la plus puissante, gaspiller peut-être notre énergie dans de vaines aventures (...).

Les communistes, en Inde, ont lié leur sort à celui des travailleurs de l'industrie citadine. Ils connaissent mal les campagnes, n'ont que peu de contacts avec elles **. Les travailleurs industriels, dont l'importance ne cessera de grandir chez nous, n'en passent pas moins après les paysans, car le grand problème de l'Inde présente reste celui de la paysannerie. Les militants du Congrès, à l'opposé, se sont répandus à travers les campagnes et le Congrès, sur sa lancée actuelle, doit normalement devenir une vaste organisation paysanne. Le paysan persiste rarement dans ses humeurs révolutionnaires, une fois son but immédiat atteint; et, il est vraisemblable que, un jour ou l'autre, l'Inde verra à son tour se poser le problème habituel: ville contre village, ouvrier contre paysan. "

Extrait de Nehru, "Une autobiographie", 1936.
De http://hypo.ge.ch/www/cliotexte//html/inde.independance.html

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