Avec le prétexte des "livres de Sarospatak", Vladimir Poutine vient en mars à Budapest, signifiant ainsi qu'il évitera la commémoration de novembre. "Le chef de l’Etat russe a aussi déposé des gerbes aux monuments aux morts soviétique et hongrois." celui de la Seconde Guerre mondiale ou celui, à construire pour ceux de novembre 1956?

La comédie continue: Le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, a également exprimé sa volonté de tourner la page. "Avec cette visite, c’est la fin du passé. Désormais, la Russie et la Hongrie feront tout pour servir l’avenir de leurs peuples ainsi que la prospérité de leurs pays", a déclaré M. Gyurcsany. Deux ex-apparatchiks communistes veulent tourner la page!!!


Hongrie : Visite de Vladimir Poutine

AFP, 1er mars 2006

BUDAPEST (AFP) - Le président russe, Vladimir Poutine, quittait, mercredi 1er mars 2006, Budapest pour Prague, après des gestes de réconciliation historique avec la Hongrie et des assurances sur les livraisons de gaz russe à ce pays.

Vladimir Poutine a solennellement inauguré, mercredi 1er mars 2006 au matin, une exposition de livres hongrois théologiques du 15e siècle, connus sous le nom de "livres de Sarospatak". Saisie par les troupes soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale, cette collection a été rendue pour une large partie la semaine dernière aux Hongrois. Le chef de l’Etat russe a aussi déposé des gerbes aux monuments aux morts soviétique et hongrois.

Vladimir Poutine en compagnie de Jozsef Borzak

Vladimir Poutine s’était félicité, mardi 28 février 2006, à Budapest, de l’amélioration des relations avec la Hongrie, qui commémore, en 2006, le soulèvement anticommuniste écrasé dans le sang par les Soviétiques, il y a 50 ans. "Il ne faut pas confondre la Russie avec l’Union soviétique, mais nous ressentons une responsabilité morale. Sans oublier le passé, il faut regarder vers l’avenir", a déclaré M. Poutine mardi, en faisant allusion à la révolution anticommuniste hongroise de 1956, écrasée par les chars soviétiques. Ces gestes symboliques pour renouveler ses liens avec un pays aujourd’hui membre de l’Union européenne (UE) mais jadis pays satellites de l’URSS ont été salués par la presse hongroise, mercredi 1er mars 2006. "Budapest réévaluée par Moscou", titre le Nepszabadsag (centre-gauche), selon qui "la russophobie et la russophilie présentes dans la société hongroise ne domineront plus les contacts", désormais tournés vers les affaires.

Des blindés soviétiques à Budapest, en 1956

Le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, a également exprimé sa volonté de tourner la page. "Avec cette visite, c’est la fin du passé. Désormais, la Russie et la Hongrie feront tout pour servir l’avenir de leurs peuples ainsi que la prospérité de leurs pays", a déclaré M. Gyurcsany. M. Poutine a souligné que les liens économiques entre Budapest et Moscou s’étaient améliorés après l’adhésion de la Hongrie à l’OTAN, en 2002, et à l’Union européenne, en 2004, tout comme les relations en général entre la Russie et l’Union européenne.

Laszlo Solyom en compagnie de Vladimir Poutine

L’inquiétude européenne, après les coupures subies dans l’Union européenne, lors de la guerre des prix entre Gazprom et l’Ukraine, en janvier 2006, a été un élément essentiel de la visite. M. Poutine s’est voulu rassurant, déclarant que "personne en Europe ne devait avoir de doutes sur la fiabilité d’approvisionnement des sources d’énergie russes aux pays d’Europe". "Nous allons commencer dès cette année d’élaborer un projet selon lequel le gaz russe pourrait venir de la Hongrie depuis le Sud, et notre pays pourrait devenir un centre pour la distribution européenne du gaz", a déclaré Ferenc Gyurcsany, M. Poutine a appuyé cette idée, en ajoutant que le gaz, en passant par la Turquie, pourrait desservir des pays comme l’Autriche, la Grèce ou l’Italie. La Hongrie a par ailleurs évoqué, au début 2006, "l’idée d’un système alternatif" pour réduire sa dépendance, un gazoduc alternatif de gaz venant d’Afrique du Nord et du Moyen Orient, via l’Adriatique. Enfin, les deux délégations ont discuté d’un projet hongrois de construction de réserve stratégique pour le gaz naturel d’environ 600 millions d’euros à la frontière avec l’Ukraine.

Agence France Presse

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