Exercice: deviner la couleur politique de ce Petros Markaris, soi-disant célébre écrivain. Et bravo au Temps qui n'hésite jamais à donner la parole à des marxistes, sans critiquer leur point de vue.


«Corruption et avenir incertain, les jeunes Grecs ont la rage»

GRECE. L'écrivain Petros Markaris donne son avis sur la vague de violence.

Le Temps, Angélique Kourounis, Mardi 9 décembre 2008

Pour le célèbre écrivain Petros Markaris, la corruption du monde politique et l'incertitude sur leur avenir expliquent les violences des jeunes.

Le Temps: Est-ce qu'on pouvait s'attendre à une telle explosion de colère?

Petros Markaris: L'affrontement avec la police était prévisible. Ce qui c'est passé samedi soir arrive tous les jours. Dans le centre d'Athènes, où j'habite, dès qu'une voiture de police passe, un groupe de jeunes l'insulte et lui lance des bouteilles d'eau. Samedi soir, les jeunes sont tombés sur des Rambo, il n'y a pas d'autres mots pour qualifier ces policiers, qui ont assassiné le jeune adolescent de sang-froid. Cette situation d'affrontement et de tension est le fait du précédent ministre de l'Intérieur, Viron Polidoras, qui a voulu nettoyer le quartier d'Exarchia (ndlr: très politisé). Il a ainsi créé un état de confrontation permanent entre la police et les anarchistes. Ceux-ci ont alors commencé leur vendetta.

- Pourquoi la jeunesse grecque est-elle tellement en colère?

- Les jeunes ont une énorme rage parce qu'ils se posent beaucoup de questions quant à leurs études, bouleversées par de multiples réformes, et leur avenir professionnel. Cette rage se traduit par des occupations régulières chaque année des écoles, des universités, et par les violences dans les stades.

- Cela arrive dans d'autres pays.

- Oui, mais ici, les jeunes pensent que le monde politique est gangrené par la corruption, les intrigues et les magouilles. Ils voient que toute la fange politique s'enrichit sans que cette richesse profite à la société. Ils sont persuadés que tous les scandales ne seront jamais punis. Leur mot d'ordre est «tous pourris». D'où leur violence.

- Comment s'en sortir?

- Je ne vois pas. Ce qui arrive en ce moment à la Grèce est la pire des choses qui pouvait arriver au pays. Mais s'il faut commencer par une chose je dirais, qu'il faudrait s'attaquer à la corruption. Mais je ne sais pas s'il existe une volonté politique dans ce sens.

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