La Georgie 1918-1921, de la tentative d'une indépendance nationale reconnue à l'occupation soviétique suite l'agression de l'armée rouge

Excellent résumé de la tentative de la Georgie de profiter de la chute de l'empire des Romanov qui l'a annexée en 1800. Trois années d'alliances, de retournement d'alliances incluant l'empire ottaman, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, n'empêchent pas la Georgie d'être reconnue. De plus, le représentant de la République Socialiste Fédérative Soviétique Russe, Lev Karakhan, et celui de la République Démocratique Géorgienne, Gricha Ouratadzé, signent le 7 mai 1920, à Moscou, un traité de reconnaissance de l'indépendance géorgienne, mentionnant l'interdiction faite à la Géorgie d'accueillir des armées étrangères et la légalité d'un parti communiste géorgien.

Le 27 janvier 1921, Aristide Briand, ministre français des Affaires étrangères envoie une dépêche à Evguéni Guéguétchkori pour l'informer que le Conseil suprême de Versailles reconnaît de jure l'indépendance de la Géorgie reconnue de fait jusqu'alors."

Mais cette accord du 7 mai 1920, il n'était qu'un chiffon de papier pour Lénine qui, dissimulé derrière des tonnes de belles promesses sur la nouvelle Russie, poursuit sa politique de reconstruction de l'empire russe et envoie l'armée rouge, le 11 février 1921, forte de 50'000 hommes, pour attaquer la Géorgie sur plusieurs fronts. Le combat est inégal, la Georgie est occupée et son gouvernement légitime forcé à l'exil. Début mars 1921, la Georgie devient une colonie de la Russie soviétique et le restera jusqu'en 1991. A noter, qu'au même moment, d'autres troupes de l'armée attaque Kronstat pour liquider son soviet (1'000 morts et 10'000 déportés). En décembre 1920, au Xe Congrès du parti bochevik, impose de manière dissimulée la dictature du Politburo, c'est-à-dire lui-même, car il tient la Tchéka à ses ordres. Et en 1921, la colonisation de la Georgie, le protectorat sur la Mongolie étende son empire et enfin, il met au pas les soviets en liquidant le dernier qui lui tenait tête. Dans le sang, et aux mépris de ses promesses, fin mars 1921, Lénine tient en son pouvoir, le parti bochevik, l'état, la Tchéka, l'armée rouge et impose la colonisation de la Georgie et de la Mongolie. En 1924, à la fondation de l'URRS, nom qui est une totale imposture, car les territoires comme l'Ukraine, la Géorgie, n'ont qu'une indépendance de façade, l'empire de Romanov est reconstitué à l'Est et au Sud. Le pacte Hitler-Staline permettra de reprendre les territoires manquants à l'Ouest. Le Tsar est mort, assassiné par son successeur, le Tsar rouge, chef du Politburo du PCUS.


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La Ière République de Géorgie (1918-1921)
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE GÉORGIENNE

samedi 15 mars 2008, par Mirian Méloua

Les racines de la Ière République de Géorgie sont profondes. Elles prennent naissance dans l'annexion unilatérale du pays par la Russie tsariste. Elles se développent ensuite avec l'oppression sociale exercée quotidiennement et avec les tentatives maladroites de russification.

La divergence des intérêts nationaux arméniens, azéris et géorgiens font éclater le rêve d'une Transcaucasie démocratique à partir de laquelle la reconquête de la Russie bolchévique et l'instauration d'une démocratie russe auraient été possibles.

L'épilogue sera sanglant. La Russie bolchévique aura le dernier mot grâce à son Armée rouge. L'immense espérance suscitée par les représentants des Alliés sera déçue. La Grande-Bretagne et la France, à peine remises de leur victoire à la Première Guerre mondiale, resteront passives.

L'Empire russe et les Géorgiens (1801-1917)

Le décret d'annexion de la Géorgie signé le 22 décembre 1800 par le tsar Paul Ier ne signifie pas la conquête du pays par la Russie. Les différentes provinces et principautés résistent : la Kakhétie, la Kartlie et l'Imérétie jusqu'en 1813 (traité de Gvilistan avec la Perse), la Gourie jusqu'en 1829 (traité d'Andrinople avec l'Empire ottoman), la Samtskhé Djavakhétie jusqu'en 1834 (traité de Berlin en 1878), la Mingrélie et la Svanétie jusqu'en 1857, l'Abkhazie jusqu'en 1864.

Les mouvements de pensée qui balaient l'Europe, réveil des nationalités et émancipation sociale, n'épargent pas la Transcaucasie. Ils sont engagés en Géorgie dès les années 1860 par des intellectuels. Ilia Tchavchavadzé, Niko Nikoladzé et Egnaté Ninochvili les cristallisent dans leurs groupes de réflexion, "Pirvéli, Méoré et Messamé Dassi".

En 1905, différents mécontentements populaires se manifestent en Russie tsariste, souvent réprimés dans le sang. Nicolas II est amené à promettre l'élection d'une assemblée parlementaire siégeant à Saint Pétersbourg, la "Douma". La Géorgie élit ses représentants au même titre que les autres provinces.

A Saint Pétersbourg, les sociaux-démocrates géorgiens tentent d'animer une opposition parlementaire de type réformiste. Mal leur en prend, Noé Jordania, élu à la 1ère Douma en 1906, doit fuir pour échapper à l'arrestation. Irakli Tsérétéli, élu à la 2ème Douma en 1907, connaît la déportation en Sibérie. Nicolas Cheidzé, élu à la 3ème Douma également en 1907 et à la 4ème Douma en 1912, y échappe de peu.

En 1914, naît à Berlin un Comité pour l'Indépendance de la Géorgie : il avait été précédé, en 1910 à Genève et en 1908 à Constantinople, de comités semblables animés par des étudiants géorgiens. Mikheïl Tsérétéli (professeur associé à l'Université de Berlin) et les frères Kéressélidzé en sont les leaders. Ils préconisent l'indépendance de la Géorgie, avec l'aide de l'Empire allemand et de l'Empire ottoman : ils fondent une Légion géorgienne qui se bat aux côtés de l'armée ottomane ("ligne politique dite germanophile" selon certains observateurs de l'époque).

En février 1917, Nicolas Cheidzé est élu à la présidence du soviet de Petrograd (nouveau nom de Saint Pétersbourg depuis 1914), Irakli Tsérétéli à celle du soviet d'Irkoutsk (en Sibérie) et Noé Jordania à celle du soviet de Tiflis. Ils préconisent une Russie parlementaire, dans laquelle les nationalités s'exprimeraient et la justice sociale s'établirait ("ligne politique dite russophile").

En octobre 1917, les bolchéviques Lénine et Trotski prennent le pouvoir à Pétrograd. En janvier 1918, ils dissolvent l'Assemblée constituante russe fraichement élue : la majorité ne leur était pas favorable. Nicolas Cheidzé et Irakli Tsérétéli (revenu entre temps à Pétrograd pour occuper un poste de ministre dans le gouvernement provisoire) doivent fuir.  

La Transcaucasie (1917-1918)

Le gouvernement provisoire russe avait créé un Haut Commissariat à la Transcaucasie (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) basé à Tiflis: Evguéni Guéguétchkori en avait été nommé président. Ce Haut Commissariat ne reconnaît pas l'autorité bolchévique.

Le 10 février, une Assemblée provisoire transcaucasienne (la SEÏM) (1) est constituée à Tiflis sous la présidence de Nicolas Cheïdzé: Evguéni Guéguétchkori est reconduit à la tête de l'éxécutif. Elle ne reconnait pas, elle non plus, l'autorité bolchévique mais marque son attachement à la "ligne politique dite russophile".

Le traité de paix séparée entre la Russie bolchévique et l'Empire allemand

Le traité de paix séparée signé à Brest-Litovsk entre la Russie bolchévique et l'Empire allemand entraîne le retour du front turc des soldats de l'ex-armée tsariste et crée le désordre en Transcaucasie (2). L'Empire ottoman demande à la SEÏM l'application de ses clauses, en particulier l'évacuation des districts géorgiens d'Ardahan, d'Artvin et de Batoumi et du district arménien de Kars : l'assemblée transcaucasienne refuse.

Le 26 mars, le délégué de la SEÏM à la conférence de Trébizonde, Akaki Tchenkéli, donne son accord en contradiction avec le mandat qui lui a été confié : les représentants allemands lui ont discrètement expliqué que l'Empire allemand encourage la Transcaucasie à se détacher de la Russie et qu'il garantit en contrepartie son indépendance selon la "ligne politique dite germanophile", à laquelle adhèrent déjà certains nationalistes géorgiens.

Le 31 mars, la SEÏM déjuge son délégué. Le 1er avril, l'armée ottomane s'avance et prend Batoumi. Le 9 avril, la SEÏM (dont la majorité a été retournée (3)) proclame l'indépendance de la Fédération de Transcaucasie : Akaki Tchenkéli est nommé chef de l'éxécutif.

Les intérêts arméniens, azéris et géorgiens divergents

Les négociations avec l'Empire ottoman reprennent à Batoumi. Afin de se protéger de tout mouvement armé hostile, les représentants ottomans revendiquent le contrôle du chemin de fer d'Alexandropol à Djoufla et celui des districts d'Alexandropol, d'Akhalkalaki et d'Akhaltsikhé. La délégation transcaucasienne se divise : les intérêts des musulmans azéris (sensibles aux positions ottomanes), ceux des représentants arméniens (profondément hostiles à l'Empire ottoman qui occupe leur territoire) et ceux des représentants géorgiens (trouvant auprès de l'Empire allemand un protecteur vis-à-vis de l'Empire ottoman) divergent.

La Fédération de Transcaucasie n'y survit pas. Lors de la dernière séance de la SEÏM, en réponse à la question du député russe constitutionnel-démocrate Semenov, Irakli Tsérétéli répond que "si une grande nation comme le peuple russe peut survivre, quoique bien affaiblie, à une crise bolchéviste, un petit peuple risque d'en périr, et que, pour les petites nations surtout, l'intérêt national est primordial". C'est l'abandon de la "ligne politique dite russophile", évolution qui déterminera l'histoire moderne du peuple géorgien.  

La Ière République de Géorgie (1918-1921)

Le 28 mai 1918, le porte parole du Conseil National de Géorgie (organisation accueillant toutes les tendances politiques), Noé Jordania, restaure l'indépendance nationale et proclame l'avènement d'une Ière République, la République Démocratique Géorgienne. L'Empire allemand et l'Empire ottoman reconnaissent immédiatement ce nouvel Etat.

Le parlementarisme

Nicolas Cheïdzé est élu président du Parlement provisoire (Conseil National renommé en octobre 1918), puis de l'Assemblée Constituante géorgienne élue en février 1919 (4) (renommée Parlement en février 1921).

L'Assemblée constituante établira une Constitution donnant le pouvoir législatif à un Parlement élu au suffrage universel et le pouvoir exécutif à un Président de Conseil des ministres, Président de Gouvernement, élu par le Parlement dans la limite de deux mandats consécutifs.

Plus d'une centaine de lois seront votées concernant les droits civiques (vote des femmes et des hommes de plus de 20 ans, de toutes nationalités, instruction publique, les droits judiciaires, les droits économiques (propriété de la terre cultivée aux paysans), les droits sociaux (journée de travail limitée à 8 heures) et la défense nationale (Garde nationale sous contrôle du Parlement, conscription des jeunes classes).

Les gouvernements

Noé Ramichvili forme le premier gouvernement d'union nationale, avec des représentants sociaux-démocrates, nationaux-démocrates et sociaux-fédéralistes. Parmi les ministres sociaux-démocrates, on trouve Grigol Guiorgadzé (Défense) et Akaki Tchenkéli (Affaires étrangères), nationaux-démocrates Guiorgui Jourouli (Finances, Commerce et Industrie) et Ivané Lordkipanidzé (Communications et Chemins de Fer), sociaux-fédéralistes Guiorgui Laskhichvili (Instruction publique) et Chalva Meskhichvili (Justice).

Noé Jordania forme les deuxième et troisième gouvernements géorgiens : ce dernier sera homogène social-démocrate. Il est composé de Rajden Arsénidzé (Justice), Guiorgui Eradzé (Travail), Evguéni Guéguétchkori (Affaires étrangères), Constantiné Kandélaki (Finances, Commerce et Industrie), Noé Khomériki (Agriculture), Noé Ramichvili (Intérieur, Instruction publique et Défense), Akaki Tchenkéli et Irakli Tsérétéli (ministres plénipotentiaires).

Le bilan intérieur

Sur le plan intérieur, ces gouvernements suivent une orientation réformiste, notamment établissement de la langue nationale géorgienne et alphabétisation, création de l'Université de Tiflis, séparation de l'Eglise et de l'Etat, mise en place d'un pouvoir judiciaire, abolition de la peine de mort, mise en place de pouvoirs locaux, réforme agraire, nationalisation des mines de manganèse.

Le bilan extérieur

Sur le plan extérieur, si les gouvernements souhaitent afficher une neutralité diplomatique tant vis-à-vis des Russies blanches et rouges que vis-à-vis de l'Alliance germano-turque et de l'Entente franco-britannique, ils donnent de fait un rôle privilégié à l'Empire allemand jusqu'en novembre 1918.

Dès la proclamation de l'indépendance, des troupes régulières bavaroises débarquent par le port de Poti. Elles se déplacent jusqu'à la frontière turco-géorgienne afin de bloquer toute velléité d'invasion ottomane: la bannière allemande n'est pas parfois suffisante, à plusieurs reprises des coups de feu sont échangés. Des généraux allemands sont acueillis à Tiflis. Des experts allemands mettent en place des moyens radio-télégraphiques et s'intéressent à la vie économique, comme les filières d'exportations.

Après la défaite de l'Alliance germano-turque, l'armée britannique débarque à son tour à Batoumi, le 23 novembre 1918: elle trouve le matériel et l'artillerie laissés par l'armée allemande lors de son évacuation précipitée. Elle joue à son tour les médiateurs : la question des districts de Bortchalo, Djavakhétie et Lori a déclenché une guerre arméno-géorgienne. La Grande-Bretagne en négocie la fin. Les districts de Bortchalo et de Djavakhétie resteront géorgiens.

Nicolas Cheïdzé et Irakli Tsérétéli, dont les antécédents en faveur du maintien de la Russie aux côtés des Alliés dans la guerre sont connus, conduisent la délégation géorgienne à la Conférence de la Paix de Paris en 1919.

Nicolas Cheïdzé est porteur d'un document, connu de lui seul et du Président du Conseil des ministres, Noé Jordania, "la Géorgie serait prête à accepter un protectorat de la Grande-Bretagne, ou de la France, à la condition que sa souveraineté soit reconnue sur ses affaires intérieures". Une "nouvelle ligne politique dite anglophile" (ou "francophile selon") a été ainsi imaginée.

Lloyd George et Clémenceau pardonnent difficilement à la Géorgie son alliance avec l'Empire allemand et la reconnaissance internationale de jure viendra tardivement. Néanmoins, afin de pénaliser l'Empire ottoman vaincu, les districts d'Ardahan, d'Artvin et de Batoumi sont réattribués à la Géorgie. Les districts de Rizé et d'Hopa, de l'Est du Lazistan reviennent même à la Géorgie au traité de Sèvres du 10 août 1920. Les "Jeunes Turcs" de l'Empire ottoman ne l'acceptent pas : ils obtiendront l'abrogation de ces dispositions internationales auprès de la Russie soviétique en 1923 (5), en conformité avec le traité de Brest-Litovsk.

Après le départ de l'armée britannique, un mandat italien est un temps envisagé, sans suite. La question militaire demeure.

A l'Ouest, l'Abkhazie constitue un passage pour les armées blanches de Denikine qui cherchent à conserver une partie du territoire de l'Empire russe : l'Armée et la Garde Nationale géorgiennes interviennent jusqu'à Sotchi, ville qui fut abkhaze jusqu'au XVème siècle.

Au Nord la situation est encore plus délicate car l'Armée rouge prend le pas sur les armées blanches : elle a déjà envahi l'Azerbaïdjan. Les "bolcheviques géorgiens" procédent à des coups de main comme celui du 3 mai 1920, à l'Ecole Militaire de Tiflis, repoussé par les élèves officiers du général Kvinitadzé. Le représentant de la République Socialiste Fédérative Soviétique Russe, Lev Karakhan, et celui de la République Démocratique Géorgienne, Gricha Ouratadzé, signent le 7 mai, à Moscou, un traité de reconnaissance de l'indépendance géorgienne, mentionnant l'interdiction faite à la Géorgie d'accueillir des armées étrangères et la légalité d'un parti communiste géorgien.

Le 27 janvier 1921, Aristide Briand, ministre français des Affaires étrangères envoie une dépêche à Evguéni Guéguétchkori pour l'informer que le Conseil suprême de Versailles reconnaît de jure l'indépendance de la Géorgie reconnue de fait jusqu'alors : "... qu'après avoir pris connaissance de la décision par laquelle le Conseil suprême, à la date du 26 janvier 1921, a résolu de reconnaître de jure l'indépendance de la Géorgie ... les puissance alliées sont heureuses de pouvoir témoigner à nouveau la sympathie avec laquelle elles ont suivi les efforts du peuple géorgien vers l'indépendance et de l'admiration que leur inspire l'oeuvre déjà accomplie".

L'invasion par l'Armée rouge et l'exil de la classe politique

Le 11 février 1921, l'armée de la RSFSR, dite Armée rouge et forte de 50'000 hommes, attaque la Géorgie sur plusieurs fronts, au Sud à partir de Karakilis en Arménie, à l'Est à partir de Zakalata (16 février), au Nord à partir de Grozny (21 février) et de Vladikavkaz (28 février), à l'Ouest le long de la mer Noire à partir de Sotchi (23 février). L'Armée géorgienne sous le commandement du général Kvinitadzé et la Garde Nationale sous le commandement de Valiko Djouguéli, fortes d'à peine 15'000 hommes, résistent deux semaines: en l'absence d'approvisionnement en armes et munitions promis par la Grande-Bretagne et la France, elles cessent les combats. De leur côté, les armées ottomanes engagent leurs mouvements, le 7 mars vers Akhalkalaki et Akhaltsikhé, le 11 mars vers Batoumi.

Le 16 mars l'Assemblée Constituante (renommée Parlement), repliée à Batoumi, donne instruction au gouvernement Jordania de poursuivre la résistance de l'extérieur du pays.

Installé un temps à Constantinople, et délogé par les autorités turques qui ne souhaitent pas déplaire aux autorités soviétiques, il bénéficie de l'asile politique accordé par les autorités françaises. Des représentants de la classe politique géorgienne, majorité et opposition, quelques militaires, des membres de l'intelligentsia et des simples citoyens ont suivi. L'exil concerne un millier de personnes.

Notes:

(1) La SEÏM transcaucasienne est composée à partir des résultats obtenus en Transcaucasie aux élections de l'Assemblée constituante russe (novembre 1917) : elle comporte 44 députés musulmans à dominante azérie (41 du Moussavat nationaliste et 3 sociaux-démocrates), 29 Géorgiens (24 sociaux-démocrates, 3 sociaux-révolutionnaires et 1 nationaliste), 24 députés arméniens (21 du Dachnaksoutioun nationaliste, 2 sociaux-révolutionnaires et 1 social-démocrate) et 3 députés russes (1 constitutionnel-démocrate, 1 social-démocrate et 1 social-révolutionnaire).

(2) Souvenir (d'après le journal d'un émigré géorgien : "Contentes d'échapper à la guerre, sans ravitaillement et sans munition, des hordes de soldats "russes" abandonnent positions, armes et bagages sur le territoire ottoman. Elles s'en retournent à leurs foyers, pillant et assassinant au passage, portant le désordre sur tout le Sud de l'ex-Empire russe. L'ancienne administration tsariste s'est évanouie dans la nature. Les chemins de fer ne fonctionnent plus, les rails sont souvent arrachés. Les routes ne sont plus entretenues, elles se défoncent. Les ponts se délabrent. La Transcaucasie post-tsariste s'isole et sombre dans l'anarchie".

(3) La fracture est réelle au sein des sociaux-démocrates transcaucasiens. Les uns emmenés par Nicolas Cheïdzé et Irakli Tsérétéli souhaiteraient rester fidèles à la stratégie de la "ligne politique dite russophile". Les autres emmenés par Akaki Tchenkéli voient dans la "ligne politique dite germanophile", le moyen tactique de résister à l'Empire ottoman, rejoignant ainsi certains mouvements nationalistes : le président du groupe social-démocrate à la SEÏM, Noé Jordania, et sa majorité laisseront faire Akaki Tchenkéli, espérant que la situation se retournera en Russie bolchévique.

(4) Les élections parlementaires de février 1919 réunissent 67% des électeurs inscrits. Elles conduisent aux résultats suivants : Parti Social-Démocrate 408 541 voix et 109 élus, Parti Social-Fédéraliste 22 630 voix et 8 élus, Parti National-Démocrate 30 128 voix et 8 élus, Parti Social-Révolutionnaire 21 453 voix et 5 élus, Radicaux 3 107 voix, Parti Dachnak (Arméniens) 2 353 voix, Autres 2 000 voix.

(5) Le 23 octobre 1923, à Kars, les représentants de Mustapha Kémal obtiendront de ceux de Lénine l'abrogation des dispositions frontalières prises par l'Entente franco-britannique : les districts d'Ardahan, d'Artvin, d'Hopa et de Rizé sont attribués à la Turquie, celui de Batoumi à la Géorgie soviétique.

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