La volonté de la Géorgie de demeurer indépendante sapée par la Russie qui veut que ce pays reste sous sa coupe

L'URSS a fait faillite en 1991, la Géorgie retrouve son indépendance après 70 ans de colonisation soviétique cachée sous la forme d'une république socialiste bidon, mais Moscou refuse à nouveau…

Après une période de 10 ans durant laquelle la reconstruction de la Russie lui a laissé sa liberté, une stratégie visant à remettre la Géorgie sous la coupe de Moscou redémarre. Incidents à la frontière, ennuis aux Géorgiens désireux d'aller en Russie, puis, ces représailles étant insuffisantes, blocage des exportations géorgiennes en Russie, puis le conflit armé. Le chantage sur le pétrole n'est pas possible car la Géorgie ne dépend pas de la Russie pour son approvisionnement!

Trop de Russes, abusés soutiennent le chauvinisme et se font complices d'une épuration ethnique. Pendant que l'armée russe occupe le pays et semble inactive, des bandes armées de miliciens ossètes, peut-être des troupes spéciales russes, assassinent, brûlent les villages afin que cette terreur entraîne la fuite des Georgiens habitants.l'Ossétie du Sud.


Parti pugnace à Moscou, revient la queue entre les jambes en affirmant que ce qu'il a obtenu, le départ dans un mois de l'armée russe, serait le minimum de ses objectifs. Mais, un mois, pour autant que la Russie obtempère, cela laisse le temps d'effacer les traces d'un nettoyage ethnique.

L'Europe est en mauvaise posture dans le conflit russo-géorgien, car ce qu'elle reproche à la Russie, la reconnaissance unilatérale de l'indépendance de l'Ossétie du Sud, elle a fait de même pour le Kosovo, alors que la résolution 1244 de 1999 garantissait que cette région faisait partie de la Serbie. Analogie va plus loin, car la Minuk (la force de l'ONU rejointe par la Swisscoy), chargée de protéger les minorités du Kosovo a fermé les yeux et s'est faite complice des exactions commises par l'UÇK qui firent fuir plus de 250'000 Serbes.


En Géorgie, le retrait russe attendra

CRISE. Les forces russes se retireront complètement du territoire géorgien, hors Ossétie du Sud et Abkhazie, dans un mois, a déclaré lundi près de Moscou le président en exercice de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy. Des discussions internationales sur les deux républiques séparatistes s'ouvriront à Genève le 15 octobre.

Le Temps, Lundi 8 septembre 2008 17:20, Richard Werly, Bruxelles

Il faudra encore attendre. A l'issue de sa visite à Moscou en compagnie du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy n'a pas obtenu le retour immédiat des forces russes stationnées en Géorgie sur leurs positions d'avant le 7 août dernier. Le président russe Dimitri Medvedev a toutefois promis d'effectuer ce retrait d'ici au 1er octobre. Le document signé par les deux chefs de l'Etat prévoit également le déploiement de 200 observateurs de l'Union européenne à partir de cette date, aux côtés de la centaine d'observateurs prévus de l'OSCE (Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe). Seuls une vingtaine d'observateurs de l'OSCE se trouvent actuellement sur place. Sur le papier, cette concession est de taille. Juste avant le sommet, un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères avait affirmé que son pays s'opposerait à un tel déploiement.

Discussions internationales à Genève

Ce nouveau calendrier - que José Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy doivent maintenant aller présenter en soirée à Tbilissi -, prévoit aussi l'ouverture, le 15 octobre, de discussions internationales à Genève sur les deux républiques séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, dont l'indépendance a été reconnue unilatéralement par Moscou le 26 août. Ces discussions sur les modalités de sécurité et de stabilité dans la région du Caucase, prévues par le cessez-le-feu du 12 août, promettent toutefois de buter sur l'intransigeance du Kremlin: «Pour nous, cette décision est irrévocable», a asséné le président Medvedev tandis que Nicolas Sarkozy, lui, a esquivé: «L'UE a condamné la reconnaissance unilatérale. Cela demeure un point de désaccord avec la Russie. Mais si discussions il y a, c'est qu'il y quelque chose à discuter. Laissons donc ces pourparlers s'ouvrir pour juger...»

L'accord sur un nouveau calendrier de retrait a été présenté par Nicolas Sarkozy comme un succès pour l'UE. Laquelle pourrait, s'il est appliqué, reprendre les discussions en vue d'un partenariat stratégique avec la Russie. «Si ce document entre en vigueur, nous n'aurons plus aucune raison pour ne pas reprendre nos réunions, sans doute courant octobre», a précisé le président français, en affirmant que «lorsque l'Europe veut, elle peut être un facteur de paix». Le butin diplomatique ramené de Moscou demeure toutefois au conditionnel. «La Russie, consciente des convulsions que son attitude a provoqué sur les marchés financiers, veut calmer le jeu juge un diplomate à Bruxelles. Mais toutes les raisons seront bonnes pour retarder les échéances.» «La balle est chez nos partenaires européens», a pour sa part conclu Dimitri Medvedev.


Tbilissi accuse Moscou de «nettoyage ethnique» en Géorgie

CAUCASE. La Géorgie a accusé lundi la Russie de «nettoyage ethnique» en Ossétie du Sud et en Abkhazie, à l'ouverture de l'audience de la Cour internationale de justice (CIJ). Tbilissi a demandé à la Cour d'ordonner d'urgence à Moscou d'y mettre fin.

AFP Lundi 8 septembre 2008 18:00

La Géorgie a demandé lundi à la Cour internationale de justice (CIJ) d'ordonner d'urgence à la Russie de cesser le "nettoyage ethnique" en Ossétie du Sud et en Abkhazie ainsi que dans dans les zones géorgiennes occupées, alors que la Russie a estimé la Cour incompétente dans ce dossier.

"Ce cas est celui du nettoyage ethnique de Géorgiens et d'autres minorités ethniques sur le territoire géorgien", a estimé le professeur James Crawford, intervenant pour Tbilissi, à l'ouverture de l'audience, prévue jusqu'à mercredi. Tbilissi fonde se requête sur la "Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965".

La Géorgie estime à 150'000 le nombre total de Géorgiens --toutes régions occupées confondues-- déplacés depuis l'intervention militaire russe en Ossétie du sud le 8 août, en riposte à une tentative ratée de Tbilissi de reprendre le contrôle de ce territoire séparatiste.

«Accusations absurdes»

Mais, selon le professeur Alain Pellet, représentant la Russie, "le différend ne porte pas sur la Convention de 1965", n'étant pas de nature ethnique. "La Russie veut régler le problème, mais pas devant la Cour", a assuré M. Pellet : "la requête géorgienne ne peut qu'être rayée du rôle à ce stade".

Le représentant de Moscou devant la CIJ Roman Kolodkin a qualifié d'"absurdes" les accusations de nettoyage ethnique développées par la Georgie lundi matin devant les juges. Selon lui, "la Russie n'a eu d'autre choix que d'être impliquée" dans le conflit en occupant l'Ossétie du Sud et l'Abkazie.

L'armée russe est entrée en Ossétie du Sud le 8 août, après une tentative des troupes géorgiennes d'y renforcer l'autorité de Tbilissi. Elle a ensuite poursuivi son avancée en territoire géorgien en établissant une zone tampon à proximité de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, autre région séparatiste pro-russe.

D'importants déplacements de population se sont produits en Géorgie même, où des villages proches des régions séparatistes ont été livrés aux milices ossètes pro-russes, provoquant la fuite des habitants.

10% de la population expulsée

Au total, "450'000 Géorgiens, 10% de la population, ont été expulsés et forcés de trouver refuge" depuis le début des années 90, a déclaré la vice-ministre de la Justice géorgienne Tina Burjaliani. (Des milliers de réfugiés géorgiens - 250'000 selon Tbilissi - avaient été chassés d'Abkhazie en 1991-92, à la suite d'un conflit armé).

En attendant un jugement sur le fond de sa plainte, déposée le 12 août, la Géorgie a demandé à la Cour d'ordonner en urgence à Moscou d'arrêter "la purification ethnique" et de permettre aux déplacés de retourner dans ces deux région, rebelles à l'autorité de Tbilissi, d'où ils ont été chassés.

Une décision sur le fond peut prendre plusieurs mois ou années, alors que les mesures d'urgence, dites "conservatoires", peuvent être décidées en quelques semaines. Plus haute instance judiciaire des Nations unies, la CIJ juge les différends entre les Etats. Ses arrêts sont contraignants et sans appel.


«Les Européens doivent garantir que Mikhaïl Saakachvili ne recommencera pas»

CAUCASE. Pour Dmitri Rogozine, ambassadeur de Russie auprès de l'OTAN, Nicolas Sarkozy doit apporter, lors de sa visite à Moscou, la preuve que l'Union européenne et les Etats-Unis ne soutiennent pas les visées agressives du président géorgien.

Le Temps, Richard Werly, Bruxelles, Lundi 8 septembre 2008

Sans surprise, le très nationaliste Dmitri Rogozine enfonce le clou. Alors que le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner a affirmé ce week-end que l'UE devra être «plus ferme» avec Moscou si la crise se poursuit après la visite de Nicolas Sarkozy aujourd'hui à Moscou et Tbilissi, l'ambassadeur russe auprès de l'OTAN tire à boulets rouges sur le pouvoir Géorgien. Preuve que pour le Kremlin, le départ de Mikhaïl Saakachvili demeure une priorité.

Le fait d'omettre délibérément, le mot «guerre froide» montre toutefois que Moscou garde ouvertes les portes du dialogue. La Russie a d'ailleurs confirmé, la semaine dernière, l'envoi d'hélicoptères pour la force européenne au Tchad. Chaque terme de ce dialogue sera en revanche désormais calibré «à la virgule près». Tout comme le respect du cessez-le-feu signé le 12 août, dont les Russes défendent pied à pied leur interprétation.

Le Temps: Nicolas Sarkozy est attendu ce lundi à Moscou avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le haut représentant de l'UE, Javier Solana. Ils exigent un retrait des troupes russes conformément au cessez-le-feu. La Russie va-t-elle tenir parole?

Dmitri Rogozine: Il faudrait d'abord savoir de quel cessez-le-feu on parle. Celui signé le 12 août par notre président? Le document amendé par Mikhaïl Saakachvili? Ou celui corrigé par Condoleezza Rice? Pour nous, un seul texte fait foi et doit être étudié minutieusement, chaque virgule comprise: celui conclu entre Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev. C'est celui que nous entendons respecter. Soyons donc clairs: 400 soldats russes sont positionnés en Géorgie, à la limite de la zone démilitarisée qui ceinture l'Abkhazie et l'Ossétie du Nord, avec 19 points de contrôle. Or ces troupes resteront jusqu'à ce qu'elles puissent être remplacés par des observateurs internationaux de l'OSCE (l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) en coopération avec nous. Alors seulement, nos soldats retourneront sur leurs positions d'avant le 8 août. A condition, bien sûr, d'avoir la garantie que Saakachvili ne recommencera pas...

- Le maintien en place du pouvoir géorgien demeure pour vous inacceptable?

- Ce qui est inacceptable, c'est l'attitude des Européens et des Américains envers le régime agresseur de Saakachvili, dont l'armée menace toujours l'Ossétie du Sud. La visite à Tbilissi, les 15 et 16 septembre, du Conseil de l'Atlantique Nord est absolument inappropriée. Si l'OTAN n'avait pas promis en avril à la Géorgie une accession prochaine, il n'y aurait pas eu d'agression! L'alliance se lave donc les mains du sang qui a coulé. Ce que la Russie ne peut accepter. Il va de soi que si l'OTAN accorde à la Géorgie un plan en vue de l'adhésion, nous annulerons toute forme de coopération. La Russie a toujours été claire sur le fait que l'élargissement de l'OTAN à l'Est est contre-productif et dangereux.

- Deux autres sujets inquiètent les Européens: la situation en Ukraine et la sécurité de leur approvisionnement énergétique à l'approche de l'hiver...

- La situation en Ukraine illustre le drame du Caucase. Beaucoup d'Ukrainiens s'inquiètent aujourd'hui du danger que fait courir à leur sécurité l'attitude du président Iouchtchenko, qui a fourni la Géorgie en armement. Personne ne doit par ailleurs oublier que l'Ukraine est le berceau de la civilisation russe. Un peu comme la mère de la Russie. Or mère et fille ne peuvent être séparées. Pour le gaz, je ne comprends pas. Jamais la Russie n'a évoqué une coupure du gaz à qui que ce soit. Vous savez, notre pays a tenu bon dans deux domaines malgré les convulsions consécutives à la chute de l'URSS. Nous avons toujours fourni de l'énergie à nos partenaires. Et nous avons toujours maintenu en état nos systèmes de missiles, pour être sûrs de répondre aux menaces...

- Le sommet UE-Ukraine a lieu le 9 septembre. Que pensez-vous d'un partenariat renforcé entre les Vingt-Sept et les pays bordant la mer Noire?

- La coopération économique est bienvenue. La Russie est favorable à tout ce qui peut éviter une approche «bloc contre bloc». Nous avons besoin de mieux coopérer ensemble. Il nous faut un système qui garantisse notre sécurité commune, pas celle de certains Etats au détriment des autres. Je le répète: la Russie veut de bonnes relations avec l'Europe. Nous avons des liens historiques et économiques profonds et il serait regrettable que cette guerre vienne détruire tous les efforts récents. C'est à cause de cette amitié que notre émotion est si grande. Nous n'attendions pas, à propos de la Géorgie, une telle hypocrisie de la part des Européens.

- Mais l'idée selon laquelle la Russie défendra désormais les minorités russes fait peur...

- Nous n'allons pas agir comme les Américains qui sont intervenus en Irak en prétextant les excuses les plus comiques. La Russie, cela dit, continuera à renforcer sa sécurité nationale. Nous devons augmenter nos dépenses de défense pour mieux répondre aux conflits. Tout en travaillant avec l'Europe pour une paix et une stabilité durable. Sur les minorités, ne cédons pas aux spéculations. Mais il est aussi crucial que nos compatriotes russes jouissent de bonnes conditions de vies. Lorsque ceux-ci sont privés de leurs droits dans les Etats baltes, nous le déplorons, car ils ont eux aussi traditionnellement vécu sur cette terre. Attention enfin à ne pas se méprendre: la Russie est intervenue en Ossétie pour empêcher l'extermination d'une nation sur laquelle l'Occident a fermé les yeux. Plusieurs années durant, Saakachvili a été armé par les Etats-Unis. Il a déstabilisé le Caucase. La Géorgie était une sorte de jouet pour Washington, Or maintenant ce jouet est cassé.

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