Revivre les méthodes du KGB
Une troupe de théâtre de Lituanie fait revivre les méthodes de répression du KGB utilisée pour que la population ses soumette à la colonisation soviétique.
Une cure de KGB pour nostalgiques du communisme en Lituanie
19 juillet 2009, par Russie.net
http://www.russie.net/article4295.html
Pour la jeune génération, qui a déjà oublié lépoque du communisme, un groupe de théâtre lituanien a produit un spectacle où les spectateurs sont transformés durant trois heures en prisonniers du KGB.
"Ces quelques heures doivent être la quintessence de lépoque soviétique", explique la productrice Ruta Vanagaite, qui a monté le spectacle, censé se dérouler en 1984, dans un ancien bunker à Naujasode, à 25 km de Vilnius, la capitale lituanienne. Le bunker abritait les émetteurs de secours de la radio et télévision soviétiques du temps de lURSS.
Avant de plonger à quatre mètres de profondeur, le visiteur avale un café bouillant et enfile une foufaïka, grosse veste de coton ouatée, arme indispensable contre les rigueurs du froid sibérien.
Dès lors, le visiteur nest plus quun homo sovieticus qui ne peut répondre que de deux manières aux injonctions en tout genre : "tak totchna" (oui, bien sûr) ou "nikak niet" (non, pas du tout).
Tout commence par le salut au drapeau de lURSS et une série dexercices physiques. Un officier du KGB, un acteur professionnel, et son berger allemand surveillent la cadence des génuflexions. Les ordres se mettent à pleuvoir, en russe uniquement.
Le camarade-prisonnier doit écouter les discours officiels du 1er mai, à la gloire du communisme mondial et rendre un hommage aux ouvriers métallurgistes et au glorieux peuple cubain.
Linterrogatoire est la séance la plus éprouvante. Tout le groupe est face au mur, les mains en lair. Un des prisonniers est choisi au hasard. Lofficier du KGB arrive sans problème à lui faire avouer quil a volé des produits dans lusine où il travaille.
Gare à celui qui serait tenté de se rebeller ! Le bunker dispose de son propre cachot. "La moitié de la population du pays (qui en totalise 3,4 millions) regrette lépoque soviétique et près dun demi-million de jeunes Lituaniens nont jamais connu cette époque", explique Ruta Vanagaite pour justifier ce spectacle.
"Au terme de la visite, ils doivent sentir quon est rien dans un tel régime autoritaire, ils doivent se rendre compte du chemin parcouru depuis dix-sept ans", ajoute-t-elle.
Les écoliers, très nombreux à venir, nont droit quà une version édulcorée. Les visiteurs adultes, eux, doivent signer une décharge, leur notifiant quils sexposent à des brimades.
A la fin, les spectateurs ont droit à un collation toute soviétique : du boeuf en conserve et un verre de vodka.
Dans le labyrinthe du bunker, linstinct grégaire des visiteurs prend le dessus. "Cest justement ce que je veux montrer aux jeunes, quà cette époque, eux aussi auraient suivi le mouvement et ne se seraient pas comportés autrement que leurs parents", explique Ruta Vanagaite.