En Estonie, comme en Ukraine, Carélie, Moldavie
la 5e colonne de l'empire soviétique demeure un grave problème!
Le but de Lénine était d'ériger son empire, dans lequel les Russes ont joué à la fois la fonction de bourreaux et des victimes. La première était de prendre le pouvoir par un coup d'état dirigé pas contre la tsar, mais de noyer dans le sang, par la terreur le printemps démocratique de 1917. Cette immonde tâche a pu être effectuée grâce à l'argent de l'Allemagne impériale qui permis d'organiser des gangs d'émeutiers, de provocateurs et de tueurs contre le gouvernement Kerensky et l'Assemblée constituante, tous deux légitimes. Si l'appareil de répression a été officiellement créé en décembre 1917, les cadres et les agents qui le constituent opéraient déjà depuis des semaines. Ces individus étaient pour la plupart pas russes, il y avait des Polonais comme Djerzinski, des Baltes et des Juifs, dont certains émigrés rentrèrent à Petrograd (St-Petersbourg) attirés par de l'argent et la haine des Romanov.
Staline qui repris l'oeuvre de Lénine, après 5 ans consacré à sa montée au pouvoir en éliminant en plusieurs étapes, ces rivaux, chaque étape rendue possible par une coalition provisoire, le temps d'éliminer la cible, puis étant cassée puisque les membres deviennent des ennemis. Alors que Staline n'a joué aucun rôle dans le coup d'état d'octobre, sachant que Lénine est l'homme fort, il le suit et le sert. Trotski mis sur la touche, démis de ses fonctions, Zinoviev, puis Boukharine,
Par cette sorte de noce à thomas, non seulement Staline élimine, étape par étape, ses rivaux qui étaient tous beaucoup plus importants que lui, mais il étend son réseau d'obligés et surtout son équipe de lieutenants qui lui seront fidèles jusqu'à sa mort, et après: Lazare Kaganovitch, Klement Vorochilov, Molotov, Kalinine, Manouilski, etc
individus à qui Staline montre, de temps à autres, qu'il est le maître en faisant tuer ou déporter des membres de leurs familles; une sorte de piqûre de rappel.
En 1928, tenant le parti, son Politburo, le GPU (Djerzinski mort en 1926 naturelle?), le Komintern, et tous les apparats, il reprend le plan de Lénine en imposant un esclave plus fort aux ouvriers et un nouvreau servage aux paysans. Masquée par la dékoukakisation, tous les paysans perdent leurs biens et deviennent des fonctionnaires d'entreprises d'état. En 1930, le parti-état possède tout sauf quelques peignes, des habits, des babiolles, queques biens personnels:
, et il devient l'unique capitaliste!
Ce très bref résume pour arriver à la Grande famine de 1932-33, et plus précisemment à son organisation et son application en Ukraine, pseudo république socialiste soviétique, tromperie pour masquer la réalité d'une colonie. Staline avait, comme d'habitude le projet de faire d'une pierre plusieurs coups: exporter des millions de tonnes de blé, de minerais de fer, tous ce qu'il pouvait vendre à l'étranger à la fois pour payer la dette très importante de l'URSS (2,5 milliards de marks en 1932) et pour régler son compte aux Ukrainiens, pas dupes de la RSS d'Ukraine et continuant à vouloir garder leur identité et leurs biens, une crime pour Staline. Holodmor, opération réussie si on se place du point de vue d'un monstre comme Staline et son équipe de lieutenants, des millions d'hectares de terres vides
comblés par une immigrations de Russes, comme ce fut le cas pour le Kazakhstan et autres régions de l'empire soviétique. Ces arrivants, qui doivent à Staline et à son immonde crime contre l'humanité, cette famine de 1932-33 - et à d'autres méga-crimes, l'accès à une terre, ces colons font, souvent à l'insu de leur plein et de leur conscience, devenir et rester au service de la Russie contre l'Ukraine, les Etats baltes. Ces immigrants russes, regardent de haut les autochtones, et servent ainsi de 5e colonne de l'impérialisme soviétique. A signaler que ce n'est pas nouveau, Jules César fit de même avec la Gaule vaincue!
C'est incroyable le nombre d'individus qui croient rouler pour eux, alors qu'ils ne sont que des marionnettes de celui qui tirent leurs ficelles!
Piotr Smolar, dans un article exhaustif, relate honnêtement l'histoire des patriotes estoniens, pris dans l'étau du pacte germano-soviétique, un de ces territoires, tombés par la force sous la coupe de l'URSS, qui fit le nécessaire pour détruire toutes oppositions sociales et nationalistes. Mais cette opération fut interrompue par l'invasion allemande, vue dans ce contexte comme une libération, et les Estoniens déchantèrent vite, le temps que l'armée rouge revienne, pour un 2e conditionnement, reprise du premier, enfin pour les survivants, les autres étant morts, engagés volontaires ou de force dans la Wehrmacht, exilés, prisonniers, etc. L'Estonie attendre 44 ans pour profiter de l'agonie de l'URSS, la chute du mur étant un des faits visibles de la faillite du régime, pour lutter encore une fois pour son indépendance, cette fois-ci avec succès. Mais, la 5e colonne de l'empire soviétique demeure un grave problème! comme en Ukraine, Carélie, Moldavie
d'autant plus qu'elle continue à servir la Russie. état voulant maintenir son empire, en usant, entre autres, de la dépendance en gaz et pétrole.
Servir l'envahisseur du pays qui vous colonise en espérant obtenir ainsi l'indépendance et la survie de son peuple, est un calcul vieux comme le monde. Ainsi, en 1940, une partie de Bretons tentèrent en vain de redevenir un état indépendant.
POST-COMMUNISME
La guerre des mémoires en Estonie
Le Temps, Piotr Smolar, mardi 20 octobre 2009,
La croix de la liberté. (AFP)
Des manuels scolaires à lédification des monuments aux morts, la lecture de lHistoire fait lobjet dâpres conflits entre les populations estonienne et russophone
Les liens
A Narva, îlot russe, les habitants ont un «patriotisme local»
LEstonie sur la carte
En pénétrant dans le Musée de loccupation à Tallinn, la première chose que lon découvre, cest un alignement de vieilles valises cabossées, mal fermées, au cuir lacéré. Au fond de la salle sont dressées des vitrines, qui racontent lhistoire de lEstonie entre 1940 et 1991 la «guerre de cinquante ans», comme on dit parfois ici au travers dobjets ordinaires: assiettes, téléphones à cadran, paquets de cigarettes, bouteilles dalcool, billets de banque, uniformes militaires, documents administratifs. Les visiteurs peuvent photographier des portes de prison, des plaques de bâtiments officiels dépoque et des bustes de Lénine. Ils se retrouvent aussi nez à nez avec deux locomotives jumelles. Lune porte létoile rouge, lautre la croix gammée. Première stupeur.
La deuxième arrive. Il faut lire les panneaux dexplication. On y découvre des faits, mais aussi beaucoup de commentaires. «Pour lEstonie, ce fut un demi-siècle divisé et schizophrène dans tous les aspects de notre existence.» Ou encore cette phrase, factuellement exacte mais insupportable pour un Russe: «Du point de vue du nombre de vies perdues et de lintensité de loppression dont le peuple a souffert, loccupation allemande na pas été aussi dure, en réalité, que loccupation soviétique qui a précédé et celle qui a suivi.»
Lhistoire, en Estonie, nest pas une simple matière scolaire ou un objet de colloque pour chercheurs aux bonnes manières. Cest un combat. Une reconquête, un affranchissement, lié de façon étroite à la nouvelle indépendance, acquise en 1991. Nouvelle, car lEstonie avait déjà existé en tant que tel, entre 1918 et 1939, avant que le pays ne devienne la victime du pacte de non-agression signé entre lUnion soviétique et lAllemagne nazie. En juin 1940, les troupes soviétiques occupent le pays, incorporé sous peu dans lURSS. Près de 8000 «ennemis du peuple» sont arrêtés. Près de 30 000 hommes sont enrôlés de force dans les rangs de lArmée rouge.
A lété 1941, les Allemands envahissent à leur tour lEstonie. Cest difficile à admettre, vu de louest du continent européen, mais nombreux sont ceux qui accueillent les nazis favorablement. Près de 40 000 personnes se portent volontaires pour combattre dans la Waffen-SS. Ils ne sont pas mus par une conviction idéologique, mais par lidée de porter un coup décisif à loppresseur soviétique. On trouve donc des Estoniens dans chaque camp totalitaire, de gré ou de force.
«Le passé nazi, cest quatre ans. Le passé communiste, cest cinquante ans, rappelle Marek Tamm, jeune et brillant historien. Pendant des siècles, lennemi historique a été lAllemagne. Lidentité estonienne sest construite contre elle. Mais, en une année doccupation soviétique, en 1940, lennemi a été remplacé. Du coup, larrivée des nazis a été souvent vécue comme une libération. Ce régime avait des ennemis très ciblés, les juifs. Contrairement aux communistes, ils ne voulaient pas tuer toutes les élites estoniennes.»
Après la guerre, la répression soviétique est terrible. En quelques jours, en mars 1949, plus de 20'000 Estoniens sont déportés en Sibérie. Trois mille meurent en route. Larrivée massive de travailleurs dURSS, vrais «Homo sovieticus» croyant aux vertus du prolétariat international, modifie la composition ethnique du pays. En 1945, plus de 90% de la population était estonienne; ce pourcentage va tomber à 62% au cours des décennies suivantes.
Cette histoire tourmentée inspire au peuple un sentiment de menace permanente et lincite à définir son identité en opposition à dautres. Aujourdhui, près de 30% de la population (1,35 million dhabitants) est dite de langue russe. Selon le gouvernement, le nombre de personnes sans nationalité a heureusement chuté de 32% en 1992 à 8,2%, signe dune intégration progressive, au moins dun point de vue administratif. Ce groupe dispose dun statut à part, égal à un permis de résidence, qui lui permet de voyager librement dans lUnion européenne comme en Russie.
Deux populations, estonienne et russe, vivent donc côte à côte, pacifiquement, malgré quelques poussées de fièvre. Le visiteur étranger ne sent ni tension ni animosité. «Mais on peut parler de mondes parallèles, souligne Raivo Vetik, professeur dethnosociologie à lUniversité de Tallinn. Le premier facteur est géographique: les Russes se concentrent dans certains quartiers de la capitale et dans le nord-est, autour de la ville de Narva. Ensuite, il y a le facteur éducatif: chacun fréquente ses écoles. Sur le marché de lemploi, de nombreuses sociétés nembauchent quau sein dune seule communauté. Nos enquêtes montrent que les interactions sont faibles. Par exemple, on compte seulement 3% ou 4% de mariages mixtes.»
Ces deux communautés nont même pas un passé en partage. Chacun sa vision, ses dogmes, ses légendes. Pour les Russes, larrivée de lArmée rouge en 1944 a été une «libération»; pour les Estoniens, une nouvelle «occupation illégale». La transformation de lhistoire en récit dune lutte héroïque pour lindépendance à travers les âges conduit à arracher les pages sombres, à gommer les aspérités et les ambiguïtés. Lhistoire devient un outil pour cimenter la nation, pour se compter. Même lart est revisité à cette aune. «On a inauguré il y a quelques mois une exposition de tableaux des années 1970 et 1980, raconte la ministre de la Culture, Laïne Janes. On y a découvert que les artistes se servaient de lhistoire de façon détournée. Par exemple, ils utilisaient les couleurs du pays, sans dessiner de drapeau.»
Les vétérans qui ont combattu aux côtés des nazis se surnomment «combattants de la liberté». Après lindépendance, en 1991, ils sont sortis de lombre et ont commencé à revendiquer leur place dans lhistoire nationale. En 2002, ils ont érigé un monument dans la commune de Parnü, représentant un soldat estonien en uniforme de la Waffen-SS, dédié à tous ceux tombés «pour la liberté» pendant la guerre. Face au tollé international, il a été retiré
avant de réapparaître dans la ville de Lihula, le 20 août 2004, devant 2000 personnes. Les télévisions russes, présentes ce jour-là, ont fait assaut de commentaires outragés pour dénoncer le retour du fascisme en Estonie.
Malgré le retrait immédiat de ce nouvel affront de pierre à Lihula, la guerre mémorielle était déclarée. Dautres monuments, dédiés aux combattants de lArmée rouge, étaient vandalisés, jusquau pic de la crise. Le 26 avril 2007, conformément à une promesse électorale faite quelques semaines plus tôt, le gouvernement dAndrus Ansip passait à laction pour déplacer du centre de Tallinn le monument commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Située sur la place Tonismagi, où les vétérans de lArmée rouge avaient pris lhabitude de venir se recueillir tous les 9 mai, cette statue de bronze dun soldat soviétique, inaugurée en 1947, devait être transportée vers un cimetière militaire.
Mais ce transfert a donné lieu à des scènes démeute inédites dans les rues de la paisible Tallinn, relayées avec gourmandise par les chaînes russes. En première ligne sont apparus les militants de Notchnoï Dozor («ronde de nuit»). Créée un an plus tôt pour surveiller les abords de la statue, quelle estimait menacée par des nationalistes estoniens, cette organisation rassemble une poignée de jeunes Russes hostiles à toute politique destonisation du pays. Selon eux, la communauté russe serait systématiquement humiliée. Cet état desprit est résumé avec humour par le professeur de droit international Evhen Tsyboulenko, Ukrainien vivant dans le pays depuis 2003: «Un alcoolique estonien ne se cherche pas dexcuse. Un alcoolique russe a toujours une bonne raison de boire: on le discrimine!»
Dans un bar à bière du centre de Tallinn, Maksim Reva, 34 ans, expose un point de vue inverse. Il raconte posément son engagement au sein de Notchnoï Dozor. «Je me considère comme Russe. Ce nest pas une nationalité, mais une civilisation», dit-il en préambule. Il estime défendre les droits de la minorité silencieuse, brimée. «Nous nous sommes réveillés un beau jour à létranger, il y a dix-huit ans, alors que nous étions nés dans ce pays et y avions toujours vécu. Nous nétions plus des citoyens égaux.» Il manque un mot, le plus lourd, le plus connoté, dont les Russes abusent au point de le vider de son sens. Il arrive, après une gorgée de bière au miel.
«Nous avons été victimes dun lent génocide.»
Maksim Reva explique que de nombreux Russes dEstonie «se sont secoués» à loccasion de laffaire du soldat de bronze. «On leur demandait de renier leurs ancêtres. Cest comme dire à un juif que lHolocauste na pas existé.» Fin 2007, au moment des émeutes, il est arrêté à Tallinn pour «trouble massif à lordre public» et passe sept mois en prison. A la sortie, il prend la tête du mouvement des citoyens russes et demande la nationalité à lambassade. Il écrit aussi régulièrement des éditoriaux dans la revue Le Monde baltique, financée par le Ministère russe des affaires étrangères à destination de ses concitoyens dans la région. Avec lui, on ne sort pas de limpasse mémorielle, comme en témoigne ce dialogue:
»On a le droit de choisir la langue dans laquelle on parle, dit-il. LEstonie nest pas une terre purement estonienne. Les Allemands et les Russes ont vécu ici.
Savez-vous combien dEstoniens ont été déportés en 1949 par les Soviétiques?
20 243, récite-t-il sans hésitation, et vous savez combien de personnes ont été fusillées par Staline en 1937-1938? 700 000!
Et alors? Et alors, les répressions staliniennes ont eu lieu partout, pas seulement contre les Estoniens. Ce sont les Russes qui en ont été les principales victimes.»
Le même argument est utilisé vis-à-vis des Ukrainiens, dans la grande polémique historiographique sur lHolodomor, lextermination par la famine de 1932-1933. Là aussi, les Russes saccrochent au fait que les millions de morts étaient de toutes nationalités, comme sils étaient terrassés par un virus, plutôt que victimes dune planification politique dont il faudrait identifier les auteurs, au sommet du régime stalinien.
Le gouvernement estonien nuvre pas toujours à lapaisement des esprits. Dernier épisode en date: linauguration fin juin, à 300 mètres de lancien emplacement du soldat de bronze, dun nouveau monument dédié à la guerre de lindépendance en 1918. Il sagit de la croix de la liberté, qui comporte en son cur un symbole sulfureux, un bras, surmonté de la lettre E, tenant un glaive: autrefois imaginé pour les combattants de lindépendance (1918-1920), il avait été repris par les Estoniens engagés dans la Waffen-SS. «Cest un symbole très ambigu. Je regrette quau début du XXIe siècle on érige des monuments selon une esthétique totalitaire, explique lhistorien Marek Tamm, qui a beaucoup écrit sur la construction dune mémoire nationale. On ne bâtit pas un monument pour célébrer une victoire contre quelquun, mais de façon plus abstraite, à la mémoire des victimes.»
Le nouveau monument, outre son esthétique indigeste, témoigne dune certaine idée de lidentité estonienne, pure, qui aurait traversé les âges et les occupations successives. Or, depuis 2004, lEstonie est membre de lUnion européenne; elle doit dessiner les contours dune réconciliation, dune société multiethnique dans laquelle Estoniens et Russes ne se défient pas du regard, mais se tournent vers un horizon commun.
Depuis quelques années toutefois, le gouvernement a entrepris un travail de fond dans un domaine-clé pour forger la citoyenneté nouvelle et en finir avec la ségrégation: léducation. Lidée est dimposer progressivement des matières en estonien dans les écoles russes (où sont inscrits 19% des élèves). Lancée il y a deux ans, la réforme prévoit quen 2011-2012 tous les lycéens suivront obligatoirement 60% des cours en estonien. On a aussi lancé une expérimentation qui rencontre un vif succès: le programme dimmersion. Il consiste à faire lapprentissage de la langue, dès lécole primaire, de façon ludique. «Cette méthode est centrée sur lélève, qui ne fait pas quapprendre. Il simbibe des mots par le travail de groupe, les jeux, les observations», explique Irene Käosaar, chef du département déducation générale au Ministère de léducation.
Reste que les enseignants manquent, dans les zones à population russe. De plus, la question des manuels dhistoire, traduits littéralement de lestonien au russe, suscite de vives poléúmiques. «Cest vrai que certains passages des manuels, sur la Seconde Guerre mondiale, sont très discutés, reconnaît Irene Käosaar. On prépare un nouveau programme pour la rentrée 2010, où ces questions seront abordées sans émotion particulière, de façon objective.»
Le meilleur allié est le temps qui passe. Déjà la nouvelle génération, qui na pas vécu les traumatismes de ses aînés, pense différemment. Elle voyage, fourmille de projets, veut senrichir. Elle raisonne en termes dintérêt personnel, et non de cause nationale à défendre.
On a même rencontré un homme daffaires russe parfaitement heureux en Estonie. Igor Bourlakov, 42 ans, est arrivé en 1992, pour étudier lindustrie de la pêche à la demande de sociétés tchèques. Né au Turkménistan, ayant passé plusieurs années en Ukraine, il a découvert en Estonie un havre de paix, propice aux affaires. En 2001, il a fondé un site internet de services, puis dinformations, appelé le «Portail russe».
Se présentant comme «un véritable Européen», Igor Bourlakov dit ne pas souffrir de sa méconnaissance de la langue estonienne. «Je ne pourrais plus vivre en Russie, dit-il. Là-bas, il faut payer des pots-de-vin, employer des gens pas forcément compétents, parler à des bandits.» Lambassade russe à Tallinn a cessé de linviter après laffaire du soldat de bronze. «On avait publié un article pour dénoncer lattitude des hommes politiques et des médias russes, qui envoyaient les jeunes sur les barricades», sourit-il. En 2008, Igor Bourlakov a bénéficié dun rare privilège: il a reçu la nationalité estonienne pour «mérites exceptionnels».