Les coulisses de la guerre d'espagne: l'épuration commencée le 16 juin 1937, la tentative de putsch du Komintern


Repris de : HISTOIRE, ©1998PRICOLIB, lucaarg@club-internet.fr
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La guerre d'espagne

Le Front populaire réussit à gagner les élections en Espagne, en février 1936, et en France en mai 1936. Le 18 juillet 1936 commence, en Espagne, la révolte des militaires menée par FRANCO. Commence ainsi la guerre civile espagnole qui se conclura le 28 mars 1939 avec la chute de Madrid, même si, en réalité, le gouvernement de FRANCO fut reconnu par Paris dès le 27 février 1939.

Les forces en action qui s'affrontèrent pendant la guerre civile étaient équilibrées et l'issue incertaine. Mais, à la différence des franquistes qui étaient unis, le mouvement républicain était divisé. Le parti communiste, comme d'habitude, avait des désirs hégémoniques dans la coalition républicaine, même s'il y était décidément minoritaire. L'adversaire le plus important des communistes, dans la coalition républicaine, était le POUM.

Le POUM, en effet, était un des mouvements les mieux organisés et ses composants étaient en grande partie des anarchistes et des socialistes, contraires aux méthodes communistes.

Déjà en décembre 1936, la presse soviétique préconise l'élimination du POUM.

Les dirigeants communistes du KOMINTERN n'avaient pas un réel intérêt à aider les républicains, parce qu'ils étaient surs, qu'une fois les franquistes vaincus, le parti communiste espagnol serait de toute façon resté en minorité, dans la coalition républicaine.

L'hypothèse selon laquelle les communistes auraient eu intérêt à sauvegarder la démocratie en Espagne, ne tient pas compte du fait que le communisme n'est pas une idéologie démocratique, mais totalitaire, et que comme telle, elle ne prévoit pas le partage du pouvoir.

Alors, ou la victoire des républicains, sous la domination et la prévalence stratégique communiste, ou la défaite. D'autant plus qu'une éventuelle victoire des franquistes, aurait isolé la France démocratique face aux trois dictateurs, FRANCO, MUSSOLINI et HITLER et, dans l'éventualité d'une guerre, la France ainsi isolée aurait été la victime idéale pour HITLER.

Le témoignage de l'attitude des communistes en Espagne, est l'épisode du 3 mai 1937, a à peine six mois de la création des brigades internationales. La centrale téléphonique de Barcelone, point névralgique pour les communications militaires, et contrôlée par les républicains, est attaquée par les communistes. Après quatre jours de combat et un millier de morts, les communistes s'emparent de la centrale.

Le 15 mai 1937, une semaine après, Largo Caballero, Premier ministre du gouvernement républicain, refuse de dissoudre officiellement le POUM, comme l'exigeaient les ministres communistes.

Au cours d'une réunion à laquelle assistaient, entre autres, TOGLIATTI, secrétaire du PCI et dirigeant du KOMINTERN, STALINE fit transmettre au politburo espagnol l'ordre de destituer Largo CABALLERO, trop autonome, en faveur de Juan NEGRIN, bien plus malléable. NEGRIN, ministre des finances de CABALLERO, sur la suggestion de STALINE, fit transférer la réserve d'or de l'Espagne, une des plus importantes du monde, à Moscou, "pour la mettre en lieu sur". Bien évidemment de cet or, une fois à Moscou, les Espagnols en perdirent la trace pour toujours.

CABALLERO est destitué par les communistes et simultanément commence l'épuration. Toutes les forces capables de s'opposer au putsch des communistes furent systématiquement éliminées et déclarées officiellement "traîtres du peuple" et "espions franquistes". Les communistes étant une minorité, il est évident, donc, que la campagne d'arrestations et de terreur affaiblirent considérablement la capacité de résistance des républicains.

Ce furent TOGLIATTI et la "Pasionaria" Dolores Ibarruri qui, en donnant l'ordre d'arrêter les dirigeants du POUM, donnèrent automatiquement le départ au lancement de l'épuration. Le 16 juin 1937, ANDRES NIN, secrétaire politique du POUM, fut arrêté et confié aux soins de ORLOV, chef des services secrets soviétiques en Espagne, et à VIDALI, un communiste italien agent du KOMINTERN, qui, quelque temps après, sera impliqué dans l'assassinat de TROTSKY. Probablement ANDRES NIN mourut pendant l'interrogatoire.

Les soldats soviétiques installés en Espagne et contraires à ces méthodes, une fois rapatriés, furent exécutés.

Le 28 mars 1939, avec la conquête de Madrid et la victoire de Franco, la guerre civile espagnole s'achève. 6'000 Espagnols, parmi lesquels 2'000 enfants, se réfugient à Moscou. En 1948, seulement 1500 étaient encore en vie. Mais ils ne furent pas les seuls à subir les attentions du pouvoir communiste soviétique. En effet, la majeure partie des dirigeants et des militants du communisme international, réfugiés en Union soviétique, furent déportés ou tués par les Soviétiques. Les membres du PC allemand qui avaient réussi à s'enfuir des prisons nazistes, après l'accord germano-soviétique d'août 1939, furent remis à Hitler et finirent dans des camps de concentration allemands. Parmi les rares survivants, la communiste allemande Margarete BUBER-NEUMANN. Emprisonnée par STALINE au camp de concentration communiste de Karaganda, après avoir été accusée de "déviationnisme", c'est-à-dire de s'être éloignée de la ligne officielle du parti. Elle fut ensuite remise aux nazis, qui l'internèrent dans le camp de concentration de femmes de Ravensbrück. 610 communistes allemands furent internés dans les prisons de Moscou ; parmi eux des juifs qui furent remis à la Gestapo.

L'épuration concerne pratiquement toute la communauté des réfugiés communistes en Union soviétique, à l'exception des britanniques et des américains, probablement pour la crainte des réactions possibles de l'opinion publique de ces pays.

TOGLIATTI, que les communistes italiens ont surnommé "le Meilleur", fut de la partie, mais pas en tant que victime, mais plutôt comme bourreau ; en effet, il accusa de trahison Hermann Schubert, réfugié à Moscou pour échapper à la répression naziste, lequel, sur les accusations de TOGLIATTI, fut arrêté et déporté dans un camp de concentration communiste. Mais TOGLIATTI fit pire encore, en laissant massacrer, sans réagir, 200 communistes italiens réfugiés à Moscou. Un des rares survivants fut Paolo Robotti, beau-frère de TOGLIATTI, arrêté en 1937 par les Soviétiques et auquel les agents du NKVD brisèrent la colonne vertébrale. Quand ROBOTTI rentra en Italie, à la fin de la guerre, il tut la véritable nature du régime communiste en contribuant, par son silence, à la perpétuation du système. Un vrai héros communiste.

Aujourd'hui en Italie, dans beaucoup de villes, il est possible de trouver des rues et des places dédiées à TOGLIATTI, le "glorieux" père du communisme italien.

Passons maintenant à la deuxième guerre mondiale et à l'attitude des communistes à l'égard de la Pologne, de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie.

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