Les brigades internationales selon Loly Bolay-Cruz
La prise de position de Loly Bolay-Cruz, membre du parti socialiste genevois, un parti stalinien durant les années 1930, constitue une anthologie de la falsification de l'histoire espagnole et suisse!
Evidemment soutenir Staline dont le but était de prendre le pouvoir par le sang sur le gouvernement républicain, but atteint en main 1937, est oublié pour rendre hommage aux «800 Suisses, ces hommes et ces femmes qui ont personnifié l'honneur et le respect des valeurs démocratiques qui constituent le fondement de notre société moderne.» Les limites de l'honnêté bien franchies, cette socialiste affirme que la Suisse de l'époque aurait la plus dure contre ces "combattants de la liberté" parmi les états démocratiques. Ainsi, on oublie l'URSS, état négation de la démocratie depuis octobre 1917, où la plupart de ceux qui ont servi en Espagne ont été fusillés, sort qui s'abattit également sur les réfugiés espagnols dès 1940.
Alors affirmer que ces «idiots utiles» qui ont servi l'ennemi du peuple Staline aient aussi servi à, je cite, l'indépendance espagnole, tout cela est une double imposture avec, comme toujours, l'oubli et l'abandon des millions de victimes du régime soviétique, en majorité des ouvriers et des paysans!
La Suisse va enfin rendre justice aux brigadistes
L'invitée «La Suisse officielle de lépoque sest montrée impitoyable! Aucun autre Etat démocratique ne nest montré aussi dur! »
Tribune de Genève, Loly Bolay-Cruz député au Grand Conseil | 29 Avril 2008 | 00h00
Enfin les brigadistes suisses seront peut-être réhabilités! La commission du Conseil national vient en effet de prendre la décision de les réhabiliter. Cette décision devra être ratifiée par le plénum, mais un pas décisif vient d'être accompli.
Après plus de soixante ans, et de nombreuses démarches législatives auprès du Conseil fédéral, dont toutes ont été refusées, le temps est venu de faire un geste envers ces hommes et ces femmes, dont beaucoup ont donné leur vie pour la liberté et la démocratie,
40'000 brigadistes du monde entier sont partis défendre la jeune république espagnole, dont environ 800 Suisses, ces hommes et ces femmes qui ont personnifié l'honneur et le respect des valeurs démocratiques qui constituent le fondement de notre société moderne.
Nombreux d'entre eux y ont laissé leur vie. Les autres, de retour en Suisse, ont été condamnés injustement par les tribunaux militaires pour atteinte à la puissance défensive du pays. La grande majorité d'entre eux furent condamnés à des lourdes peines d'emprisonnement.
Cinq-cents-cinquante procès, quatre-cents-vingt jugements définitifs, des peines de prison allant de un à huit mois, la suppression des droits civiques pour des périodes allant de deux à cinq ans: la Suisse officielle de l'époque s'est montrée impitoyable! Aucun autre Etat démocratique ne n'est montré aussi dur!
Depuis 1978, une série d'interventions parlementaires ont demandé au Conseil fédéral de prononcer la réhabilitation des combattants suisses.
Le 17 décembre 1992, le Conseil national a même accepté un postulat du conseiller national Massimo Pini demandant au Conseil fédéral d'accorder, en vertu de l'article 85 de la Constitution fédérale, une amnistie générale en faveur des combattants suisses, afin de redonner officiellement une dignité morale et civique à ces concitoyens, dont certains vivaient encore.
L'Espagne vient d'adopter «La Ley de Memoria Historica», qui reconnaît et prend des mesures en faveur de ceux qui ont été persécutés ou qui ont subi de violences pendant la guerre civile espagnole et la dictature.
Elle vient aussi d'accorder la nationalité espagnole aux brigadistes qui ont lutté pour la démocratie et la liberté, sans qu'ils doivent renoncer à leur propre nationalité.
Il est donc grand temps que la Suisse accomplisse enfin ce devoir de dignité qu'elle a envers l'Histoire!
Même si cette probable réhabilitation arrive bien trop tard, car la grande majorité des brigadistes n'est plus là aujourd'hui, cette reconnaissance est également importante pour leur famille et leurs descendants.
Merci à Eolo Morenzoni, Marcel Borloz, Arthur Friedli, Joseph Marbacher, Henri Oberson, Ernest Pierrehumbert, Walter Graber, Delicado Humziter, Hans Kamber, Otto Hafner, Eduard Ruchti, Herman Alt, Hans Hutter Brunner, Martha Kummerer, Paul Tross, et à tous les autres!
Nous, Suisses qui avons été forgés au feu de la lutte d'indépendance espagnole, ne demandons ni compassion, ni pardon. Nous sommes fiers de ce que nous avons fait.
Nous n'avons fait que notre devoir et défendu l'héritage le plus sacré de nos pères: la liberté!