Cesare Battisti, un lâche?

Mitterrand a accordé asile à des “repentis" sous le prétexte qu'ils n'avaient pas commis de crimes de sang. Cela ne devait pas mettre le leader des “prolétaires armés pour le communisme” à l'abri puisque des innocents avaient été abattus. Mais, les victimes sont oubliées par lui et ses fans, car c'était, soi-disant, pour la bonne cause, la lutte contre le fascisme! En photo avec Guevara, autre criminel!

Décembre 2009: Cesare Battisti, nouveau Dreyfus ou assassin?
Emmanuel Gehrig (AFP)
Le refus du Brésil d’extrader le terroriste de gauche vers l’Italie déchire les intellectuels français et transalpins
Archives. Affaire Battisti: l’Italie unie et indignée (Le Temps 03.01.2011)
Au dernier jour de son mandat le 31 décembre dernier, le président brésilien Lula avait annoncé qu’il n’extraderait pas Cesare Battisti vers l’Italie, déclenchant une tempête d’indignation quasi unanime dans ce pays (lire LT du 03.01.2011). L’ancien terroriste d’extrême gauche y avait été condamné par contumace pour plusieurs assassinats. Tout au long du mois de janvier, détracteurs et partisans de Battisti se sont affrontés à coups d’articles dans la presse française et italienne. Une des premières salves a été tirée par l’écrivain et essayiste Antonio Tabucchi dans Le Monde le 15 janvier. Il dénonce alors «le groupuscule de leaders d’opinion qui a soutenu le terroriste», reprochant au gouvernement et aux intellectuels français Bernard-Henri Lévy (BHL), Philippe Sollers et Fred Vargas de faire preuve d’une complaisance éhontée.

Brouiller la réalité des faits: Un sociopathe narcissique qui se prend pour la classe ouvrière. Il abat 4 innocents pour leur voler de l'argent afin que lui et ses acolytes puissent continuer leurs exactions et leur vie de parasites sociaux.

La désinformation:
Les 4 innocents assassinés sont des redoutables fascistes, le gouvernement italien est fasciste; et Cesare Battisti une pauvre victime d'une erreur judiciaire qui est traqué en représailles de sa lutte pour le prolétariat mondial.

Le réseau de soutien à Battisti

Le 18 février 2004, le Bureau national d’Attac apporte son soutien à Cesare Battisti. Et avec aussi le PS, LCR, CNT, Les Verts, le Syndicat de la Magistrature, la Ligue des Droits de l'Homme, SUD, FSU, etc… qui, de facto, soutiennent le terrorisme de gauche.

Bernard-Henri Lévy, Fred Vargas, François Hollande qui lui a rendu visite à la Santé, Dominique Strauss-Khan, Yves Cochet, tous qui ont davantage de solidarité avec Battisti qu'avec ses victimes: Antonio Santoro (6 juin 1978) Pierluigi Torregiani et Lino Sabbadin (16 février 1979) ainsi que Andrea Campagna (19 avril 1979).

François Bayrou proteste contre l'arrestation de ce criminel au Brésil le 18 mars 2007. «Quelle que soit l'horreur que m'inspire cette période, l'horreur que m'inspirent ces actes, dont je ne sais pas s'il est coupable ou pas, notre droit français, européen, occidental, c'est qu'un homme a droit à un procès en sa présence.» Battisti en s'enfuyant de la prison a renoncé de lui-même à ce droit.


Le Brésil refuse d'extrader Battisti: Rome s'indigne. Libération, 14 janvier 2009. La solidarité de gauche protège Cesare Battisti! Evidemment, pour Lula, et le forum social mondial, l'Italie est toujours un pays fasciste!

Dépêche de l'AFP du 10 décembre 2009, un fait troublant: “Battisti réaffirme que des agents français l'ont aidé à fuir au BrésilIl a précisé que ce passeport lui avait été remis "par un agent du gouvernement français (du président Jacques) Chirac, mais que cet agent était lié au gouvernement de (François) Mitterrand"


Cesare Battisti bientôt extradé en Italie?
Le statut de réfugié politique a été refusé à l'ex-militant italien d'extrême gauche par les autorités brésiliennes. Il lui reste quinze jours pour faire appel auprès du ministre de la Justice.

Libération (Source AFP) 29 novembre 2008

Le Comité national pour les réfugiés du Brésil a réjeté vendredi la demande de statut de réfugié politique faite par l'ex-militant italien d'extrême gauche, Cesare Battisti, ce qui ouvre la voie à son extradition vers l'Italie. La décision a été adoptée par la "majorité des membres" du comité, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué. Ce comité comprend des représentants du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés ainsi que de l'ONG Caritas.

Battisti aura quinze jours pour faire appel de cette décision auprès du ministre de la Justice, Tarso Genro.
Condamné à la prison à perpétuité par contumace dans son pays pour l'assassinat de quatre personnes entre 1977 et 1979, Battisti avait été arrêté à Rio de Janeiro en 2007 et écroué à Brasilia, dans l'attente d'une décision de la justice brésilienne sur la demande d'extradition déposée par l'Italie.

Battisti, qui nie avoir participé aux quatre homicides dont il est accusé, était en fuite depuis août 2004. Il avait quitté clandestinement la France, où il s'était réfugié, peu avant que la justice française ne donne le feu vert à son extradition vers l'Italie en octobre 2004.
Jusqu'à présent, le Brésil a toujours refusé les demandes d'extradition vers l'Italie d'anciens activistes italiens notamment des Brigades Rouges, considérant qu'ils étaient poursuivis pour des délits de nature politique. Mais en avril, le Procureur général de la République, Antonio Fernando Souza, avait rendu un avis favorable à la demande d'extradition de Battisti, refusant de considérer ses crimes comme "politiques". Il avait estimé "qu'ils avaient été marqués par une certaine froideur et un certain mépris pour la vie humaine".
Le 25 juillet, la Cour suprême avait décidé de faire examiner le cas Battisti par le Comité national des réfugiés. Il lui appartient maintenant de dire si Battisti peut être extradé mais la décision finale revient à l'exécutif.


Cesare Battisti n'est pas Jean Valjean

La république des livres. L'actualité littéraire, par Pierre Assouline. 25 novembre 2005
http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/2005/11/cesare_battisti.html

La qualité d'écrivain exonère-t-elle de la responsabilité de crimes de sang ? Quand on a à l'esprit l'exceptionnelle solidarité d'un grand nombre d'intellectuels et d'artistes français avec Cesare Battisti, on peut se poser la question. De ce seul point de vue, il y eut une véritable affaire dans l’affaire, et il n’y pas trop de deux livres pour essayer de la comprendre.

Le premier, paru en mai 2004 sous la signature de la romancière Fred Vargas, s’intitulait La vérité sur Cesare Battisti. Un dossier à décharge concocté par une proche. Le second vient sortir sous le titre Génération Battisti (205 pages, 18 euros, Plon). Son auteur Guillaume Perrault est journaliste au Figaro. Il présente son texte comme une enquête, en complément de celles qu’il avait déjà faites dans son journal en France et en Italie. Un dossier à charge concocté par un lointain.

Rappelons les faits : Battisti, né en 1954, a disparu l’an dernier quelque part en France au moment où la justice française s’apprêtait à l’extrader vers l’Italie. Cet ancien braqueur au casier chargé (vols, cambriolages, hold-up) s’était reconverti au temps des années de plomb dans « les expropriations prolétariennes » avec un groupe terroriste d’extrême-gauche « Les prolétaires armés pour le communisme ». Il exécuta d’une balle dans le dos le surveillant-chef de la prison d’Udine le 6 juin 1978, achevé à terre de deux balles tirées presque à bout portant. Le 16 février 1979, à Mestre, il participe sans faire lui-même usage de son arme au meurtre d’un bijoutier. Deux mois après à Milan, il tire à cinq reprises sur un policier  mais l’arme s’enraye. Arrêté le 26 juin avec ses complices, il est condamné à douze ans de détention. Grâce à l’aide d’un commando, il réussit à s’évader de prison au bout de sept mois. A la suite de nouveaux éléments dans l’enquête, il sera alors condamné à la prison à vie par contumace.

Battisti se réfugia au Mexique puis en France, jouant avec d’autres sur le double langage du président Mitterrand, favorable ou hostile à l’extradition selon qu’il recevait Bettino Craxi à l’Elysée ou qu’il s’adressait à la Ligue des droits de l’homme. Cesare Battisti devient un auteur de polar à succès, dans la prestigieuse Série noire de Gallimard: Les habits d’ombre, L’ombre rouge, Dernières cartouches, Jamais plus sans fusil… Comme le dit Jean Tulard avec un sens certain de la litote, dans son Dictionnaire du roman policier qui vient de paraître chez Fayard : « Il connaît son sujet » Maintes fois interrogé par les médias sur son passé, il revendique la légitime défense et considère que la Démocratie chrétienne était simplement le nouveau nom du parti fasciste.

    L’enquête de Guillaume Perrault est sobre et complète, autant qu’on puisse en juger. Une fois qu’on l’a lue, on a envie d’évacuer le cas de Battisti pour se pencher sur cette névrose très française: non seulement couvrir un terroriste au passé douteux, au motif inavoué que son aura littéraire le rachète, mais surtout rester sourd, totalement sourd et aveugle, aux appels de l’intelligensia italienne dans sa totalité (jusqu’à ceux qui frayent avec Refondation communiste et Attac-Italie) exhortant les Français ( BHL et Philippe Sollers en tête, suivis par François Hollande, Bertrand Delanoë, Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui, Guy Bedos, Jacques Higelin, Patrick Besson…) à mettre un peu leur nez dans le dossier avant de prendre fait et cause pour un criminel dont les livres expriment de la fierté plutôt que le moindre remords pour son action passée. On aurait pu penser que les injonctions d’Antonio Tabucchi et de tant d’autres écrivains, professeurs et journalistes vraiment pas suspects de compromission avec le berlusconisme, la droite et même le centre les auraient à tout le moins ébranlés, quand ils ne les auraient pas plongés dans le doute, mais non, rien. Exactement comme le dit le sous-titre du livre: ils ne voulaient pas savoir. « Les seniors se sentent le devoir de monter la garde autour de Mai 68 comme s’il s’agissait d’une église menacée de profanation, Battisti a été englobé dans cette cause sacrée » écrit Guillaume Perrault. C’est d’autant plus vrai qu’en France, à une petite exception près (Action Directe), les gauchistes ultra n’ont pas basculé dans le terrorisme, l’Union de la gauche leur ayant offert des perspectives politiques.

Dans la préface qu’il a écrite ès-qualités, en homme de gauche et en ancien ambassadeur de France en Italie, Gilles Martinet insiste sur le fait que nombre de ses amis pétitionnaires ont crû sincèrement que l’accusation reposait sur la seule dénonciation d’un repenti; il souligne le romantisme nostalgique des anciens gauchistes français (les Castro, Weber, Cambadélis etc) toujours prompts à montrer qu’ils n’ont pas renié leur idéal de jeunesse malgré les apparences de leur réussite, et en dépit de la sagesse de leurs convictions politiques. Et puis quoi : » Les Français seront toujours du côté de Jean Valjean que poursuit Javert ! » A une nuance près, qu’il ne se prive pas de rappeler: Valjean a été envoyé au bagne pour le vol d’un quignon de paix (pardon : de pain), lui.


Satisfaction en Italie après l'arrestation de Battisti

LEMONDE.FR avec AFP | 18.03.07 | 18h22

Le ministre de la justice italien s'est félicité de "la brillante opération conduite par la police italienne en coopération avec les policiers brésiliens et français" qui a abouti à la capture au Brésil de Cesare Battisti.

Clemente Mastella, cité par l'agence Ansa, a exprimé son espoir "que les procédures d'extradition puissent conduire rapidement au retour en Italie de Battisti condamné définitivement pour quatre homicides et d'autres délits graves."  Le chef du gouvernement Romano Prodi a salué dans un communiqué sa "satisfaction" et adressé "ses félicitations aux forces de l'ordre italienne qui en coopération avec celles du Brésil et de la France ont permis que le brigadiste en fuite soit déféré en justice".

Pietro Forno, substitut du procureur général de Turin et l'un des juges ayant poursuivi Battisti, a exprimé lui aussi sa satisfaction estimant que l'ancien activiste était aussi dangereux aujourd'hui qu'à l'époque où il avait été condamné pour homicide par la justice italienne. "Je note qu'aucun élément ne peut faire penser qu'il ait changé en termes de dangerosité", a indiqué le juge à l'agence Ansa.

M. Forno a rappelé qu'il avait été l'objet "d'attaques féroces" dans les années 80 pour avoir poursuivi Cesare Battisti et qualifié de "permissivité" l'attitude à l'époque des autorités françaises "qui pendant longtemps ont considéré que des gens comme Cesare Battisti étaient victimes de procès sans preuves et de persécutions politiques".

Retour