Kim Il-sung obtient tout au moyen du sang du peuple coréen

Un ancien agent du dictateur meurtrier de masse, raconte en 2010 comment il faisait les achats pour son maître Kim Il-sung. Kim Jong ryul vivait dans le luxe en récompence de ses loyaux et efficaces services, et achetait tout, des petites Rolex aux chars d'assauts, alors que la République démocratique de Corée était sous embargo.

Encore une preuve que le communisme profite à 1%, le dictateur et ses proches larbins; quant au peuple, il se contente de la misère et de la terreur! L'expoitation capitaliste est parfois dure, mais c'est une plaisanterie en comparaison de l'expoitation socialiste! Et quand on pense qu'il y a encore des millions d'«idiots utiles» croyant que le communisme c'est le «paradis des travailleurs» et que des millions de crapules continuent à le faire croire!

Et encore bravo aux services secrets suisses! Par contre le KGB était forcémment au courant, ce genre de trafic ne pouvant se faire qu'avec l'accord du secrétaire du parti communiste de l'Union soviétique!


Quand Kim Il-sung faisait faire son shopping à Genève

CORÉE DU NORD | Pendant deux décennies, un espion a acheté en Suisse des biens sous embargo. Des produits «interdits», acheminés en Autriche par ses intermédiaires, d’où ils partaient ensuite vers Pyongyang.

© ap | Kim Jong ryul. il nous recevait dans leur villa d’Artensee, dans des hôtels de luxe au Tyrol, à Salzbourg. Ils nous offraient même des Rolex!»

®` *Im Dienst des Diktator, («Au service du dictateur»), avec Ingrid Steiner-Gashi et Dardan Gashi, éd. Ueberreuter, Vienne, mars 2010

Tribune de Genève, Blaise Gauquelin, 22.04.2010 | 00:03
http://www.tdg.ch/actu/monde/kim-sung-faisait-faire-shopping-geneve-2010-04-21

«J’allais souvent sur les bords du Lac.» Kim Jong ryul distille ses révélations au compte-gouttes. Même les plus anodines. Il savoure. Le vieux général est âgé de 75 ans. Il a passé les quinze premières années de sa retraite à se faire oublier, au fond d’un meublé minuscule de la banlieue de Linz, en Autriche, puis dans les alentours d’un village de fermiers, à 50 km de Vienne. Des secrets, cet ancien haut dignitaire du régime le plus isolé du monde, en délicatesse avec ses anciens maîtres, il en connaît par milliers*.?

Embargo contourné

Or, aujourd’hui, Kim Jong ryul se souvient justement très volontiers… de son shopping helvétique. Pendant 20 ans, jusqu’en 1994, l’espion a allègrement contourné l’embargo mondial contre son pays, la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Depuis la capitale autrichienne, qui lui servait de centrale, il a acheté du matériel d’espionnage dernier cri, des armes sophistiquées, des avions, des chars d’assaut, de l’équipement de surveillance, des téléphones à brouillage… Bref, tous les produits qui n’auraient jamais dû atterrir entre les mains du dictateur Kim Il sung.

La «brèche» autrichienne

Ancien membre éminent du Parti du travail de Corée, il a voyagé des deux côtés du Liechtenstein sans jamais être inquiété. Doté d’un passeport diplomatique, il entrait et sortait avec des armes à feu ou des attachés-cases bourrés de dollars.

Selon lui, l’Autriche, «c’est la brèche». «On stockait tout à l’ambassade, sur les hauteurs boisées de Vienne. Quand on avait l’ensemble des objets inscrits sur la liste qui nous était donnée, on transportait alors les biens, avec des camions, jusqu’à Bratislava. A la frontière, en vingt ans, les douanes n’ont jamais éventré un seul carton.»

Dans la capitale du jeune Etat slovaque, les chargements étaient ensuite embarqués sur des trains, pour un long voyage intercontinental de plusieurs semaines, en direction de Pyongyang. Parfois, des avions en fin de course étaient même affrétés.

Si Genève était appréciée, c’était pour ses produits de luxe et les armes sophistiquées qu’on y trouvait. Les biens sous embargo étaient achetés par des intermédiaires basés sur le sol autrichien. «Ils changeaient les emballages et les factures, puis ils établissaient de fausses listes de contenu», décrit Kim Jong ryul. Un service facturé 30% du prix de l’objet commandé. Sourire compris.

En fait d’intermédiaires, les services secrets nord-coréens faisaient affaire avec de respectables commerçants ayant pignon sur rue, dans les artères les plus prestigieuses de l’ancienne capitale impériale, comme la Kärntnerstrasse, qui débouche directement sur la cathédrale Saint-Étienne. Ces détaillants n’employaient jamais plus de deux salariés; ils étaient contactés directement par le ministère nord-coréen du commerce, grâce à une société écran basée à Vienne, la Korea Machinery General Company.

Grand banditisme

Plus rarement, l’espion faisait également appel au grand banditisme international. Comme par exemple à son ami roumain Valeria U., officiellement gérant d’une boutique du si tranquille et bourgeois VIIIe arrondissement de Vienne, servant, elle aussi, de société écran aux douteux services secrets de Bucarest. «Pour tous ces gens-là, le commerce était juteux», ironise Kim Jong ryul. «Ils nous recevaient dans leur villa d’Artensee, dans des hôtels de luxe au Tyrol, à Salzbourg. Ils nous offraient même des Rolex!»

Aujourd’hui pourtant, personne ne risque plus rien: avant de déballer afin de mourir, dit-il, «en paix» - et de pouvoir demander l’asile - Kim Jong ryul a scrupuleusement attendu que les faits soient prescrits.

Espionnage: Vienne et Genève complémentaires

Selon un ancien chef des services secrets autrichiens, interrogé par la Tribune de Genève, Vienne n’a jamais été en concurrence avec Genève. La ligne aérienne reliant les métropoles serait d’ailleurs «bourrée d’espions». Les deux villes, qui profitent depuis des décennies des activités d’espionnage international sur leur sol, sont complémentaires.

Protéger leurs intérêts vitaux

«Les Suisses sont très ouverts quand il s’agit d’argent à placer», croit savoir cette source, qui admet un vrai savoir-faire bancaire helvétique.

«Mais au niveau politique, ils n’assument pas l’ouverture d’esprit que nous avons, ils ne discutent pas avec tous les régimes, quelle que soit leur nature» pour ramener des contrats.

L’homme affirme que les Autrichiens ont appris, sous la monarchie, pays alors composé de plusieurs peuples, à coopérer avec des personnes de culture très opposées, et ce afin de protéger leurs intérêts vitaux. Il lui semble que la vieille démocratie suisse n’a pas les coudées aussi franches. Un seul exemple: entre la République d’Autriche et la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, les relations sont… au beau fixe! (bg)

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