Exemple de la logorrhée habituelle à tous régimes communistes avec comme but le cirage des pompes du "le camarade Enver Hoxha", qui a raison, toujours raison
car tous ceux qui disent le contraire sont éliminés. La Star'Ac avec meurtres.
Toujours le mensonge et l'imposture!
Létude que nous reproduisons ensuite est sorti dans le no 1 de 1984 de la revue Etudes politiques et sociales, publiée en albanais à Tirana, République Populaire dAlbanie, par lInstitut des Etudes Marxistes-Léninistes près le Comité Central du Parti du Travail dAlbanie. Pour cette édition, nous avons utilisé la version française sortie dans le Bulletin International, no 79, premier trimestre de 1985, publié, sous la direction de Patrick Kessel, par la Librairie Internationale Nouveau Bureau dEditions (2, rue Boulard 75014 Paris).
Nous, c'est le "PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE (MARXISTE-LENINISTE)", qui se prétend nouvelle génération du communisme qui, cette fois-ci, va apporter le bonheur à tous sans l'horreur. C'est promis!
LE PARTI DU TRAVAIL DALBANIE ET LA IIIe INTERNATIONALE COMMUNISTE
L'importance historique de la IIIe Internationale Communiste et la dénonciation des élucubrations révisionnistes sur son rôle et sa place dans l'histoire.
(1984)
Shyqri Ballvora
La IIIe Internationale Communiste (Komintern) fondée en un temps »où une nouvelle époque s'était ouverte dans l'histoire mondiale» (Lénine) n'est pas un simple événement historique qui appartient au passé. Elle est toujours un brillant exemple à suivre par les générations révolutionnaires actuelles, unies et organisées dans les nouveaux Partis Communistes marxistes-léninistes, en ce qu'elle leur montre ce que doit faire l'avant-garde du prolétariat pour préparer la révolution socialiste, les luttes et les révolutions de libération nationale. Elle demeurera à jamais un grand exemple de la lutte menée pour la défense de la pureté du marxisme-léninisme et son application créatrice, du combat de principe livré avec esprit de suite contre lopportunisme de droite de "gauche".
«En son temps, le Komintern souligne le camarade Enver Hoxha a mené une vaste activité trèsbénéfique pour lorganisation et la trempe des Partis Communistes. Il fut créé à une époque où il était indispensable de faire pénétrer profondément le marxisme-léninisme comme théorie scientifique dans la masse du prolétariat mondial... En formant les jeunes partis marxistes-léninistes et ouvriers dans le monde, le Komintern sefforçait de les aider à devenir indépendants par rapport aux partis bourgeois, et de les engager dans la lutte contre ces partis et contre les patrons capitalistes. Ainsi, à lépoque de Lénine et de Staline, des partis marxistes-léninistes ont été formés et consolidés, qui sont passés dun stade en quelque sorte infantile à un stade plus élevé de maturité et dorganisation révolutionnaire... »
«Mais à cette époque poursuit le camarade Enver Hoxha le Komintern était un organisme indispensable et il a apporté une contribution importante à la consolidation de la révolution, à la victoire du socialisme (1).»
La IIIe Internationale a prêté un précieux concours à la création des Partis Communistes dans la plupart des pays et à leur consolidation en tant que partis révolutionnaires conséquents du prolétariat. En sa qualité de centre dirigeant des Partis Communistes des divers pays du monde, la IIIe Internationale jeta les fondements dun puissant mouvement organisé, le mouvement communiste international, qui devint non seulement le porteur des idéaux les plus progressistes, les plus révolutionnaires de lépoque, les idéaux marxistes-léninistes, mais aussi la force dirigeante des forces révolutionnaires sociales, du prolétariat, de la paysannerie et des autres forces démocratiques, dans leur lutte pour la libération sociale et nationale, aussi bien dans les pays capitalistes développés et semi-développés que dans les pays coloniaux où les peuples livraient bataille pour secouer le joug, lourd et féroce, des puissances impérialistes.
«La IIIe Internationale Communiste a souligné Lénine a joué dans le monde un rôle historique important. Cest elle qui a commencé à mettre en uvre le plus important des mots dordre de Marx, celui qui dresse le bilan du développement séculaire du socialisme et du mouvement ouvrier, et qui est exprimé par la notion de dictature du prolétariat (2).»
En alliance avec les masses travailleuses opprimées et exploitées et les peuples des pays coloniaux, conduite par son avant-garde, les Partis Communistes, unis en tant que force politique et mus par des objectifs et buts communs, la classe ouvrière des divers pays devait, sous la direction de la IIIe Internationale Communiste, avancer dans la voie frayée par la Grande Révolution Socialiste dOctobre, combattre pour le renversement du système impérialiste, pour le triomphe des révolutions de libération nationale dans les pays coloniaux et opprimés ainsi que des révolutions prolétariennes dans les pays capitalistes développés.
Dans la situation historique créée après le triomphe de la Révolution dOctobre et la fondation du premier Etatsocialiste dans un grand pays, la transformation révolutionnaire du monde était mise à lordre du jour comme la seule alternative capable de sauver lhumanité de la grave crise générale sociale, politique et économique qui tenaillait le système impérialiste, et de libérer les masses travailleuses et les peuples opprimés du joug capitaliste et impérialiste.
Le capitalisme mondial, qui réunissait en un système unique le monde entier, à lexception de lEtat où avait triomphé la révolution prolétarienne, était rongé de contradictions de classe et nationales inconciliables et antagonistes. Seule la lutte révolutionnaire du prolétariat en alliance avec les masses travailleuses des pays capitalistes développés et des peuples opprimés par limpérialisme pouvait détruire complètement et définitivement ce système.
La théorie léniniste définit le triomphe de la révolution et labolition du système capitaliste mondial, non pas comme une action nécessairement simultanée dans tous les pays. Daprès cette théorie, le processus révolutionnaire dans le monde est un processus unique et la prise du pouvoir par les forces révolutionnaires, avec à leur tête la classe ouvrière, pouvait se réaliser si dans un pays ou dans un certain nombre de pays les conditions objectives et subjectives étaient m&Mac251;res pour le triomphe de la révolution. La possibilité de voir triompher la révolution dans un ou plusieurs pays avait comme prémisse fondamentale le fait objectif quà lépoque de limpérialisme, et particulièrement après le triomphe de la Révolution dOctobre, les conditions étaient réunies pour que, dans le système capitaliste, la révolution éclate et triomphe au plus faible maillon de la chaîne impérialiste.
«Il faut parler maintenant soulignait Staline de la révolution prolétarienne mondiale, car les différents fronts nationaux du Capital sont devenus les anneaux dune chaîne unique, appelée front mondial de limpérialisme, et à laquelle doit être opposé le front commun du mouvement révolutionnaire de tous les pays... Il faut maintenant considérer la révolution prolétarienne avant tout comme le résultat du développement des contradictions dans le système mondial de limpérialisme, comme le résultat de la rupture de la chaÓne du front impérialiste dans tel ou tel pays (3).»
Dans ces conditions historiques, lélaboration dune stratégie internationale du mouvement communiste constituait une t&Mac226;che de premier ordre et revêtait une importance décisive. Le Komintern, sappuyant sur la doctrine marxiste-léniniste et tenant compte de la nouvelle époque où sétait engagé le monde après la Révolution dOctobre, a su parfaitement combiner les tâches qui incombaient, sur le plan international, au prolétariat de chaque pays avec les tâches quil devait résoudre sur le plan national. Loin dêtre en opposition entre elles, ces tâches se complétaient, la solution de lune aidant à la solution de lautre. Les tâches et les objectifs stratégiques quélabora le Komintern navaient rien dabstrait et ne constituaient pas la quintessence des «illusions révolutionnaires (4)» du prolétariat, comme le prétendent les révisionnistes modernes, qui cherchent à minimiser et à dénigrer le grand rôle historique du Komintern. Le schéma stratégique élaboré par le Komintern dès sa fondation et condensé dans la pensée de Lénine comme quoi la IIIe Internationale a commencé à mettre en uvre le plus important des mots dordre de Marx, celui de linstauration de la dictature du prolétariat, était laboutissement logique de lanalyse profonde et générale que la IIIe Internationale, Lénine en tête, avait faite des nouvelles conditions historiques de la nouvelle époque où sétait engagée lhumanité. Ce schéma stratégique universel, le même, quant au fond, au cours de la période pendant laquelle le Komintern déploya son activité, est allé se perfectionnant dans toutes ses composantes, et ce conformément aux étapes de la réalisation du but stratégique fixé suivant les circonstances historiques crées par intervalles dans le monde. De lanalyse des documents du Komintern et de létude de toute son activité depuis son Ier Congrès jusquà sa dissolution (en 1943), il ressort que lInternationale Communiste na jamais donné aux Partis Communistes ni recettes toutes faites ni directives dune valeur absolue pour tous ces partis, leur permettant de résoudre leurs problèmes concrets sans égard aux circonstances et aux conditions historiques dans lesquelles ils menaient leur action révolutionnaire. Les orientations stratégiques générales étaient élaborées après débats libres et détaillés menés par les Partis Communistes aux instances dirigeantes du Komintern, dans les congrès, les plénums élargis du Comité Exécutif de lInternationale Communiste (C.E.I.C.), du Présidium du C.E.I.C. et dans dautres réunions oùtout parti exprimait librement ses vues : ce nest quaprès de tels débats quétaient adoptées les décisions requises, qui, en tant quorientations générales, étaient obligatoires pour tous les partis. Les orientations générales et les principaux objectifs stratégiques du Komintern reposaient sur les principes de base du marxisme-léninisme et reflétaient le contenu fondamental de la nouvelle époque. Quant aux Partis Communistes, sappuyant sur ces orientations générales et tenant bien compte des conditions concrètes de leurs pays, du rapport des forces de classe, du niveau de développement économique et social, de la situation politique générale et dautres facteurs, ils définissaient leurs t&Mac226;ches stratégiques et tactiques, les voies et les étapes par o&Mac249; devait passer la révolution, les méthodes de leur lutte et les formes de son organisation. Mais, dans bien des cas, les réunions communes du Komintern ont porté aussi sur la définition des t&Mac226;ches de tel ou tel parti et, à la lumière de lexpérience mutuelle échangée, y étaient formulées dans les grandes lignes les t&Mac226;ches qui incombaient à ce parti, étant entendu quil était toujours permis de prendre des initiatives ou de manuvrer sur le plan tactique, en fonctiondes situations politiques créées dans son pays.
Au cours de toute son activité politique, le Komintern, en sa qualité dorgane dirigeant du mouvement communiste international, sen tint avec esprit de suite et fermeté au principe léniniste selon lequel la stratégie politique générale de ce mouvement, fruit dune élaboration collective dans le cadre de lInternationale Communiste, devait être appliquée par les divers partis suivant les conditions historiques concrètes de chaque pays.
«Il faut bien se rendre compte écrivait Lénine en 1920 quun pareil centre de direction ne peut, en aucun cas, bâtir son activité sur le stéréotypage, le nivellement mécanique, lidentification des règles tactiques de lutte. Aussi longtemps que des distinctions nationales et politiques existent entre les peuples et les pays, distinctions qui subsisteront longtemps, très longtemps, même après létablissement de la dictature du prolétariat à léchelle mondiale, lunité de tactique internationale du mouvement ouvrier communiste de tous les pays veut, non pas leffacement de toute diversité, non pas la suppression des distinctions nationales (à lheure actuelle cest un rêve insensé), mais une application des principes fondamentaux du communisme (pouvoir des Soviets et dictature du prolétariat), qui modifie correctement ces principes dans les questions de détail, les adapte et les ajuste comme il convient aux particularités nationales et politiques. Rechercher, étudier, découvrir, deviner, saisir ce quil y a de particulièrement national, de spécifiquement national dans la manière concrète dont chaque pays accorde la solution du problème international, le même pour tous : vaincre lopportunisme et le dogmatisme de gauche au sein du mouvement ouvrier, renverser la bourgeoisie, instaurer la Républiques de Soviets et la dictature du prolétariat, telle est, au moment historique que nous traversons, la tâche principale assignée à tous les pays avancés (et pas seulement avancés) (5).»
Dans ses documents à valeur de programme, lInternationale Communiste refléta dune façon complète les exigences fondamentales du développement objectif de lhumanité, les intérêts des larges masses prolétariennes, des travailleurs de tous les pays et peuples qui souffraient sous la domination impérialiste. Elle se tint à la tête du prolétariat mondial, des masses travailleuses de tous les pays et leur enseigna quil ny a quune voie pour réaliser les idéaux suprêmes de la paix, de la démocratie et du socialisme, celle des puissantes actions révolutionnaires quil faut mener jusquau bout, jusquà labolition définitive du système capitaliste et impérialiste, oppresseur et exploiteur, celle de la révolution prolétarienne violente, qui conduit à linstauration de la dictature du prolétariat. Dans le Manifeste de lInternationale Communiste, approuvé à son Ier Congrès, le Komintern se définissait en tant qu«Internationale des actions de masse ouvertes, Internationale des réalisations révolutionnaires, Internationale daction (6)».
La IIIe Internationale devint le promoteur et le dirigeant des grands mouvements de masse, comme celui pour le front ouvrier unique, pour la création dun large front anti-impérialiste, pour le maintient de la paix et contre la guerre impérialiste, pour la défense des libertés démocratiques contre le danger fasciste, pour la libération nationale des peuples opprimés, pour le triomphe de la révolution socialiste et linstauration de la dictature du prolétariat.
Sous la direction de la IIIe Internationale Communiste, le mouvement ouvrier international sest mué en un mouvement social et politique très puissant, qui donnait le ton à toute la vie politique et sociale dans le monde. Cétait précisément la classe ouvrière dirigée par les Partis Communistes, membres de la IIIe Internationale, qui empêcha lavènement du fascisme dans nombre de pays dEurope et du monde.
Au cours de sa lutte pour diriger les mouvements de masse prolétariens dans divers pays et à léchelle mondiale, la IIIe Internationale a recouru à une tactique très souple, elle a mis à profit des formes dorganisation et des méthodes de combat très variées. Faisant preuve desprit créateur et dinitiative, elle na cessé denrichir larsenal de ses méthodes de combat et de ses formes dorganisation en sen tenant toujours aux principes marxistes-léninistes. En cela, elle a toujours tenu compte de lorientation de Lénine selon laquelle le passage de la lutte dune phase à une autre demande aussi que soient suivies des formes dorganisation et des méthodes de combat variées, que soient modifiées les tactiques de lutte, en fonction de la situation concrète qui varie et se développe constamment. Aussi les tactiques utilisées par le prolétariat dans sa lutte doivent-elles, une fois enrichies, varier conformément aux situations concrètes qui se font jour au cours du processus de la lutte révolutionnaire.
LInternationale Communiste devint le promoteur et le dirigeant de puissantes organisations internationales de masse, telles que lInternationale Rouge des Syndicats et lInternationale Communiste de la Jeunesse, qui ont joué un rôle très important dans la formation politique des ouvriers et de la jeunesse, en leur inculquant lesprit du combat révolutionnaire et de linternationalisme prolétarien.
La IIIe Internationale a apporté une contribution extrêmement importante à lorganisation des mouvements de masse des ouvriers, de la solidarité internationaliste, de laide et du soutien réciproques des prolétaires de divers pays. Aux travailleurs de tous les pays, elle enseignait à ne pas rester indifférents à leur sort mutuel, mais à se soutenir dans leur lutte de toutes les forces et par tous les moyens, à être solidaires sur toute la ligne, car cest ainsi quils pourraient déjouer les plans de la réaction et de limpérialisme mondial.
Lhistoire du mouvement ouvrier international de lentre-deux-guerres est marquée par bien des actions de masse, et par lactivité révolutionnaire qua déployée le prolétariat de divers pays en se solidarisant avec les ouvriers et les masses travailleuses qui, dans leurs pays, sétaient dressés ouvertement contre la réaction impérialiste et le fascisme. Cela apparut surtout dans lactivité révolutionnaire et les actions quil a menées pour défendre la Russie soviétique en tant que premier Etat socialiste du monde, dans lappui direct quil a accordé à la classe ouvrière et aux masses travailleuses en Espagne, qui se battaient contre la féroce réaction fasciste du pays, dans les puissantes actions des prolétaires des pays dEurope en soutien à la classe ouvrière et aux masses travailleuses dAllemagne dans leur lutte contre la dictature fasciste, etc.
La IIIe Internationale Communiste a le grand mérite historique davoir créé des liens étroits entre le mouvement ouvrier des pays capitalistes développés et celui des pays exploités et coloniaux. Elle a également le grand mérite historique davoir fondu ces mouvements en un seul processus révolutionnaire et anti-impérialiste mondial, et davoir combiné de façon organique leurs t&Mac226;ches révolutionnaires. Cest un fait notoire que les prolétaires dEurope ont aidé et soutenu par des actions puissantes, les mouvements révolutionnaires de libération en Chine, en Inde, en Afrique et en Amérique latine. La IIIe Internationale a apporté en outre une très précieuse contribution à la sauvegarde de la pureté de la doctrine marxiste-léniniste ainsi quà son développement et à son application créatrice, en dénonçant et liquidant courants et tendances opportunistes, ouvertement anti-marxistes, anarchistes et dextrême "gauche". Elle sest par ailleurs montrée intransigeante avec les courants anti-marxistes partout ù ils apparaissaient, au-dedans comme au-dehors de ses rangs. Elle a démasqué sur tous les plans la social-démocratie européenne et en particulier celle de Kautsky, en démontrant quelles avaient rejoint complètement et définitivement les positions de la bourgeoisie impérialiste, quelles étaient devenues son officine, et par là même le principal point dappui du capital monopoliste dans ses efforts pour maintenir sous son joug la classe ouvrière et les masses travailleuses.
La IIIe Internationale a dénoncé et annihilé politiquement et idéologiquement les tendances et les courants anti-léninistes, tels que le brandlérisme et les extrémistes allemands de "gauche", les trotskistes et les boukhariniens, ces renégats et ennemis les plus dangereux au sein du Parti bolchevique et dans ses propres rangs, les renégats et les fractionnistes dans divers Partis Communistes, comme le français, lItalien, le polonais, le yougoslave, langlais et laméricain, en les chassant des rangs du mouvement communiste de la IIIe Internationale en tant quennemis jurés de la révolution et du socialisme.
Par sa lutte conséquente et résolue contre lopportunisme de droite et de "gauche", menée au-dedans comme au-dehors de ses rangs, la IIIe Internationale est devenue une source dinspiration et, dans ce sens, elle sest acquis une très grande expérience de porté historique qui témoigne que la lutte ferme et de principe contre lopportunisme de toute couleur est, pour les Partis Communistes, détachements révolutionnaires davant-garde du prolétariat et du mouvement communiste international, un facteur décisif de la trempe et du renforcement de leur unité marxiste-léniniste.
Dans la lutte pour dénoncer et démanteler les courants et les tendances opportunistes de droite et de "gauche" au sein de la IIIe Internationale, un mérite particulier revient à Staline, qui, en tant que disciple et continuateur de luvre de Lénine, a apporté une très importante contribution à la sauvegarde de la pureté de la doctrine marxiste-léniniste face aux attaques de divers opportunistes, comme Trotski, Brandler, Zinoviev et Boukharine, qui, de concert ou séparément, ont tenté de dénigrer le léninisme et de faire dévier le mouvement prolétarien de la voie de la révolution. Dans nombre de ses écrits, Staline a su non seulement dénoncer et écraser idéologiquement et politiquement les opportunistes de tout acabit, mais aussi concrétiser et enrichir la doctrine léniniste de conclusions et thèses nouvelles, en faisant la synthèse de lexpérience de la lutte révolutionnaire dans le monde et de celle de lédification socialiste en Union soviétique.
A la différence de la IIe Internationale qui fit faillite, vaincue par lopportunisme, la IIIe Internationale se consolida et saguerrit dans les luttes continues contre les groupes et les fractions opportunistes et révisionnistes. Dans le feu de cette lutte, elle élabora la stratégie et les tactiques du mouvement communiste et ouvrier international, formula les objectifs du programme de ce mouvement, fit avancer la cause de la consolidation et de la bolchevisation des partis du prolétariat, la cause de la révolution et des luttes de libération des peuples opprimés et asservis, elle trempa et raffermit le mouvement communiste et ouvrier international, et laffirma comme la force dirigeante la plus conséquente et la plus résolue de la révolution et des luttes de libération des peuples, pour abolir le système capitaliste exploiteur par la voie révolutionnaire et faire triompher la révolution et le socialisme.
Cest pour jeter bas ces résultats que lhistoriographie révisionniste en général, fondée sur les directives des partis révisionnistes, a entrepris depuis longtemps une attaque éhontée contre la IIIe Internationale Communiste.
"Les révisionnistes souligne le camarade Enver Hoxha attaquent férocement la grande uvre du Komintern, précisément parce quil a créé et développé dans le monde les Partis Communistes, qui ont éduqué des millions de prolétaires à lutter contre la bourgeoisie de leur pays pour lempêcher de perpétuer sa domination 7."
Lhistoriographie mondiale comporte un nombre relativement important douvrages sur la IIIe Internationale en général, sur ses problèmes et ses divers congrès et plénums en particulier. Une place assez importante revient ici aux auteurs révisionnistes qui ont publié des mémoires et des ouvrages historiques à ce sujet.
* * *
Plusieurs militants et dirigeants du Komintern comme Dimitrov, Kroupskaïa, Marcel Cachin, Yaroslavski, Wilhelm Pieck, Clara Zetkin et Sen Katajama, ont relaté dans leurs mémoires et dautres écrits, avec objectivité et esprit de parti, la grande activité révolutionnaire, dune extrême importance historique, qua déployée le Komintern afin de tremper le mouvement communiste international, délaborer une stratégie révolutionnaire et de justes tactiques, conformément aux conditions concrètes. Ils ont mis en relief la lutte résolue et intransigeante quil a menée contre tous les courants et les déviations opportunistes de droite et de "gauche", ils ont fait ressortir le grand rôle qua joué Lénine en tant quorganisateur et dirigeant de cet organe principal du mouvement communiste international et, après sa mort, lapport de Staline au démantèlement des courants opportunistes apparus au sein du Komintern, comme le trotskisme, lextrémisme de gauche allemand, le brandlérisme et le boukharinisme. Ils ont aussi relevé les traits léninistes de lactivité organisationnelle des organes dirigeants du Komintern et de son appareil en tant quorganisation internationale réunissant tous les Partis Communistes du monde, et ont souligné que toute son activité organisationnelle se fondait sur les principes marxistes-léninistes du centralisme démocratique.
Les mémoires de militants et de dirigeants éminents de la IIIe Internationale, à lexception, bien entendu, des renégats révisionnistes, revêtent une importance particulière si lon veut présenter objectivement lactivité déployée par le Komintern et létudier scientifiquement, car cest à travers ces souvenirs que lon peut combler ce vide si sensible dans la connaissance de nombreux aspects de lactivité du Komintern, qui, pour diverses raisons, nont pas été traités dans ses documents ou, même quand ils lont été, ne sont pas accessibles aux chercheurs, parce quenfermés dans des archives et non encore publiés.
Les historiens et les mémorialistes soviétiques, indépendamment de leurs attitudes et de leurs angles de vision souvent différents dans le traitement des problèmes relatifs au Komintern, se rejoignent tous dans un objectif unique, celui de dénigrer lInternationale Communiste. Cest ainsi que dans leurs écrits et leurs souvenirs, les cadres et les fonctionnaires du Komintern qui ont trahi le prolétariat et le marxisme-léninisme, présentent lactivité révolutionnaire du Komintern sous un faux jour. Ils considèrent les événements quils ont vécus eux-mêmes, et dont parfois ils ont été les protagonistes, sous un angle qui convient à leurs prises de position politiques opportunistes au moment de la rédaction de leurs mémoires.
Cest à partir de positions foncièrement révisionnistes que des renégats du mouvement communiste international, comme Otto Kuusinen et Palmiro Togliatti entre autres, décrivent et analysent nombre dévénements qui se rattachent à lactivité du Komintern sans pour autant ménager leurs critiques à son égard.
¿ les en croire, les erreurs et les déviations dogmatiques et sectaires, soi-disant fort nombreuses, constatées après la mort de Lénine dans lactivité du Komintern jusquà son VIIe Congrès, étaient dues à ce que lInternationale Communiste résolvait, selon eux, tous les problèmes politiques fondamentaux suivant les schémas exposés par Staline, elles se rattacheraient à la propagation de son culte, au prétendu diktat que Staline aurait imposé au Komintern tout au long de son existence.
Dans leurs mémoires et leurs écrits, ces renégats et traÓtres au prolétariat et au mouvement communiste sont pris dans un engrenage de contradictions et, par leurs attitudes anti-léninistes et anti-prolétariennes, par leurs falsifications et leurs déformations, ils sécartent à jamais de la vérité historique, ils sèment le désarroi et rejoignent complètement les positions de lhistoriographie bourgeoise réactionnaire. ¿ court darguments, les auteurs révisionnistes abondent en absurdités et se couvrent ainsi de ridicule. Ils ne sont point en mesure de montrer en quoi résident les prétendues erreurs dogmatiques et sectaires du Komintern après la mort de Lénine. Togliatti, par exemple, affirme que le Komintern, sous linfluence du culte de Staline, sest permis nombre derreurs sectaires et dogmatiques, voulant dire par là que ces erreurs ont dominé pendant longtemps dans la ligne politique du Komintern. Après quoi, il se demande comment le Komintern a pu se permettre ces "graves erreurs" (sic), alors que sa politique était juste.
´ La question dit-il se pose de savoir [cest-à-dire que lon ne saurait expliquer Sh.B.] comment elles [les prétendues erreurs du Komintern après son VIIe Congrès sous linfluence du soi-disant culte de Staline Sh.B.] pouvaient coexister avec laction politique, si vaste, si ouverte et si juste menée par lInternationale Communiste précisément en ces années-là, et à la définition de laquelle participa aussi Staline 8. ª
Cette attitude de Togliatti, extrêmement contradictoire, découvre le vrai visage de ce renégat, son hypocrisie et son cynisme. Lorsquil parle derreurs, il ne pense naturellement pas aux simples erreurs commises dans le cadre dune politique juste dans lensemble, mais il entend une ligne politique erronée qui a prétendument coexisté avec les actions politiques, en général plutôt justes, du Komintern. Togliatti rend Staline responsable de cette ligne politique soi-disant erronée du Komintern, alors que le mérite des justes actions politiques de la IIIe Internationale, comme ce charlatan politique le laisse entendre, reviendrait à dautres et sans nul doute à lui-même. La manipulation et la falsification atteignent ainsi un point tel que tout masque de justification tombe et Togliatti apparaÓt comme un mystificateur politique à la Kautsky.
Les mémoires et les écrits des auteurs révisionnistes publiés après la mort de Staline, ont un caractère subjectif et conjoncturel. Sils considèrent les problèmes, la ligne politique et lactivité du Komintern à partir de positions profondément opportunistes, cest parce quils sévertuent à ´ trouver ª même dans le passé du mouvement communiste un appui pour justifier lactuelle politique anti-léniniste et révisionniste de leurs partis. Dans nombre de mémoires des renégats révisionnistes, les événements et les problèmes analysés par le Komintern, en particulier après la mort de Lénine, font lobjet dune interprétation qui diffère en tout de celle que leur réalité impose. Ces auteurs, tout en chur, suivant la baguette du chef dorchestre, expliquent les ´ erreurs ª, le ´ sectarisme ª, le ´ dogmatisme ª, etc., de la IIIe Internationale, par le prétendu régime dictatorial que Staline aurait instauré au sein du Komintern.
* * *
Dans lhistoriographie soviétique sur la IIIe Internationale on distingue clairement deux étapes, lune datant davant lavènement du groupe renégat de Khrouchtchev et de Brejnev, et lautre, daprès son accession au pouvoir.
Les premiers ouvrages sur le Komintern, naturellement sans prétentions hautement scientifiques, sont certains des livres et brochures consacrés aux différents congrès de la IIIe Internationale, ou des travaux qui en font une étude comparative avec la IIe Internationale.
Des études complètes sur lactivité du Komintern ont été entreprises dans les années 30 et 40. Une place importante y est réservée aux écrits publiés dans la revue LInternationale Communiste à loccasion des 15e et 20e anniversaires de la fondation du Komintern, ou à certaines monographies, comme La lutte menée par Lénine et Staline pour la fondation de la IIIe Internationale (1940), V. Lénine et J. Staline à propos des relations internationales du Komintern (1939) et La fondation de lInternationale Communiste (1940). Ces écrits analysent plusieurs aspects de lactivité du Komintern, sa lutte contre lopportunisme au-dedans comme au-dehors de ses rangs, et ils mettent en relief la contribution apportée par Lénine et Staline au traitement des problèmes théoriques de la stratégie et de la tactique révolutionnaires de la IIIe Internationale et des Partis Communistes.
Afin de noircir la juste politique du Parti bolchévik et notamment la figure de Staline, en tant que dirigeant du Parti bolchévik et éducateur du prolétariat mondial, les historiens révisionnistes modernes ont sorti la thèse selon laquelle, comme nous le disent eux-mêmes ouvertement,
" ... les ouvrages publiés dans la seconde moitié des années 30 et en particulier des années 40 sur Lénine et le Komintern portent le sceau du culte de la personnalité de Staline. Des brochures de vulgarisation et des articles consacrés à lhistoire du Komintern surestiment le rôle joué par Staline dans sa fondation, dans lélaboration des problèmes théoriques et tactiques, ils comportent, sous linfluence de Staline, certaines appréciations erronées sur les questions de la stratégie et de la tactique du mouvement communiste. "
"Linfluence de son culte de la personnalité empêchait, donc toujours selon eux , lanalyse scientifique des problèmes de lhistoire de la théorie et de la tactique de lInternationale Communiste 9."
Cest là un exemple typique qui montre la façon dont les révisionnistes soviétiques traitent ce problème en vue de noircir la figure de Staline. Il convient aussi dindiquer que si lhistoriographie soviétique actuelle a tendance à dénigrer lactivité du Komintern, ses principes et sa pratique, cest parce que ceux-ci sont diamétralement opposées à lactivité révisionniste du P.C.U.S. menée depuis le XXe jusquau XXVIe Congrès de ce parti.
Toute la littérature historique actuelle en Union soviétique et les mémoires de certaines gens qui ont travaillé au Komintern, de Kuusinen antre autres, sont truffés dattaques contre Staline, quils rendent responsable de toutes les graves erreurs (sic) que le Komintern aurait commises après la mort de Lénine.
Les prises de positions de lhistoriographie soviétique concernant le rôle de Staline au Komintern sont plus que tendancieuses, son objectif étant de falsifier et de déformer ouvertement les faits objectifs, les événements, les orientations et les décisions du Komintern de la période davant et daprès la mort de Lénine.
Lhistoriographie révisionniste soviétique, fondée sur les orientations de la direction renégate soviétique, sest toujours efforcée dignorer et de dénigrer la grande contribution apportée par Staline au renforcement de lunité du Komintern et, en particulier, le rôle extrêmement important quil a joué dans la dénonciation et le démantèlement de lopportunisme de droite et de ´ gauche ª au sein du mouvement communiste et ouvrier international.
Togliatti, faisant chorus avec eux, lance les mêmes accusations. Il a été lun des premiers à diviser, en réalité, lhistoire du Komintern en deux périodes, la période du vivant de Lénine, o&Mac249; la IIIe Internationale, selon lui, t&Mac226;chait, malgré ses flottements, de corriger ses erreurs (çest là une thèse typiquement révisionniste apparue au lendemain du XXe Congrès du P.C.U.S. lorsquon dénigrait luvre de Staline en lopposant à celle de Lénine), et lautre période, celle après la mort de Lénine, durant laquelle, toujours au dire de Togliatti, on releva de nombreuses erreurs.
´ [Après la mort de Lénine] écrit Togliatti les hommes changèrent, et changèrent aussi nombre de méthodes de direction et de travail, les analyses et la solidité des conclusions devinrent moins profondes 10. ª
Togliatti considère lattitude intransigeante du Komintern envers la social-démocratie comme lerreur la plus grave et la plus fatale :
´ Je pense écrit Togliatti quil y a eu des hésitations et des erreurs qui se sont traduites essentiellement par une appréciation incomplète et tardive du danger fasciste et, partant, par une façon erronée de poser le problème de lunité daction et de la conduite à adopter envers les partis social-démocrates 11. ª
Lactuelle historiographie révisionniste soviétique, cest-à-dire celle du lendemain du XXe Congrès de triste mémoire, se fonde, comme on vient de le dire, sur les directives révisionnistes des sept derniers congrès du P.C.U.S., sur les écrits de Brejnev, Souslov, Ponomariev et dautres dirigeants du parti révisionniste soviétique, qui, à partir de positions anti-léninistes, ont porté leurs jugements sur le Komintern en général et sur la période postérieure à la mort de Lénine en particulier. Prenant pour point de départ leurs directives, divers hommes détudes soviétiques ont cherché à minimiser le rôle du Komintern en tant que centre du mouvement communiste international et ils déforment et faussent la véritable action de celle-ci dans lesprit de la ligne révisionniste du P.C.U.S., contraire en tous points à la politique, à la stratégie et à la tactique de la IIIe Internationale.
Des hommes détudes et historiens soviétiques, et, dans leur sillage, des historiens dautres pays o&Mac249; les révisionnistes sont au pouvoir, semblent fonder leurs écrits sur les uvres de Lénine, et nhésitent pas parfois à citer force passages, mais une analyse attentive de la façon dont ils manipulent les écrits de Lénine, les citations quils en extraient, fait ressortir leur tendance à la mystification, leur volonté dutiliser les citations de Lénine dans lesprit de la politique et de la ligne opportuniste du parti révisionniste soviétique. Sils citent souvent Lénine, cest juste pour la forme, pour convaincre le lecteur quils se fondent soi-disant sur ses écrits. Ces auteurs mutilent les citations à leur guise en les détachant de leur contexte, afin de dénaturer ainsi les idées de Lénine dans lensemble et de les manipuler à des fins déterminées pour que le lecteur ne tire pas les conclusions logiques quimpose en fait la lecture des écrits de Lénine.
Un des dirigeants de lactuelle clique brejnevienne, Ponomarev, membre suppléant du Bureau politique du Comité central du P.C.U.S., nous offre un exemple typique et significatif de falsification éhontée de Lénine lorsquil affirme :
´ Le Komintern a non seulement regroupé les meilleures forces internationalistes du mouvement ouvrier, mais, dès les premiers jours de son existence, à linitiative de Lénine, il uvra à coordonner laction des courants communistes et social-démocrates du mouvement ouvrier 12. ª
On connaÓt publiquement lattitude intransigeante, conséquente et de principe de Lénine à légard de la social-démocratie (des centaines de citations pourraient être extraites de ses uvres à ce sujet), sa thèse suivant laquelle sans tracer une ligne de démarcation claire et nette entre les vrais communistes et les sociaux-démocrates, entre le communisme et la social-démocratie en tant que courant politique et idéologique, il ne pourrait être question dun mouvement communiste conséquent, ni de la création des Partis Communistes dans divers pays et de lInternationale Communiste comme centre dirigeant du mouvement communiste international.
Lorsque, après la Première Guerre mondiale, les opportunistes social-chauvins ranimèrent la IIe Internationale à la Conférence de Berne (février 1919), Lénine sexprima en ces termes :
´ LInternationale "de Berne" est en réalité, de par son rôle historique et politique véritable, ... une organisation dagents de limpérialisme international, qui agissent à lintérieur du mouvement ouvrier, et font pénétrer dans ce mouvement linfluence bourgeoise, les idées bourgeoises, le mensonge bourgeois et la corruption bourgeoise 13. ª
Quant au Ier Congrès du Komintern, son congrès fondateur, il définissait ainsi son attitude envers la social-démocratie européenne en tant que courant et parti politiques :
´ Malgré la lutte toujours plus dure menée jusquici par les communistes contre la plupart des sociaux-démocrates européens, les ouvriers nont pas encore pris conscience comme il se doit du danger que présentent ces traÓtres pour le prolétariat international. Dessiller les yeux aux ouvriers afin quils se rendent compte de ce travail de Judas des social-chauvins et annihiler dune puissante action armée ce parti contre-révolutionnaire, voilà une des t&Mac226;ches les plus importantes de la révolution mondiale 14. ª
Cest là la vérité et, en dépit des efforts des révisionnistes soviétiques pour la falsifier, elle ne peut être dissimulée ni oubliée, parce quon connaÓt bien lattitude ferme et la lutte de principe menée par Lénine contre la social-démocratie et le social-démocratisme.
Ce genre de spéculations utilisées à grande échelle par lactuelle historiographie révisionniste soviétique constitue lune des manifestations les plus typiques de la démagogie révisionniste et en même temps lun des moyens les plus raffinés dont elle se sert pour mettre à profit le nom et lautorité de Lénine.
Togliatti, non plus, ne considère pas comme juste lattitude adoptée par la IIIe Internationale dès le début à lendroit des partis social-démocrates et socialistes de droite et centristes. Dune manière vague et équivoque, il l&Mac226;cha les mots suivants :
´ ... il était plus facile de rompre avec les dirigeants sociaux-démocrates que de se libérer du social-démocratisme... 15 ª
Cette phrase, prise dans le contexte politique des vues révisionnistes de Togliatti, laisse entendre quil ne jugeait pas juste cette distanciation totale par rapport aux partis social-démocrates, comme le recommandait le Komintern et lenseignait Lénine, parce que, à len croire, cela a engendré des manifestations dogmatiques et sectaires prononcées au sein du Komintern et de certains Partis Communistes.
´ La rupture davec lopportunisme écrivait Togliatti conduisait facilement à des formes de sectarisme qui isolaient les communistes, souvent peu nombreux, des larges masses organisées ou non dans des syndicats : il y avait même de ceux qui échafaudaient des théories sur cet isolement, en affirmant quil sagissait dattendre que les masses "viennent à nous" et, finalement, on ne manqua pas de créer aussi une doctrine de l"offensive", selon laquelle même une petite minorité, bien quisolée des larges masses, pouvait prendre dassaut le bastion du pouvoir 16. ª
En fait, Togliatti partage ainsi entièrement le point de vue répandu dans lhistoriographie réformiste, social-démocrate, selon lequel le Komintern, par ses attitudes intransigeantes envers les partis sociaux-démocrates et socialistes, a provoqué lui-même la division au sein du mouvement ouvrier international et la encore aggravée par la suite. Togliatti voit ici une grave erreur de lInternationale Communiste, aussi met-il davantage laccent sur la lutte qua menée le Komintern contre lextrémisme du vivant de Lénine. ¿ des fins mystificatrices, il passe sous silence le fait que cest justement Lénine qui était le promoteur de la politique intransigeante du Komintern en vue de démasquer politiquement et idéologiquement les partis sociaux-démocrates et socialistes, de droite et centristes, que cétait lui qui les a toujours stigmatisés en des termes très violents, les considérant comme des ennemis farouches du prolétariat et des peuples, des agents de la bourgeoisie impérialiste, le soutien principal de limpérialisme et de la réaction mondiale, visant à perpétuer loppression et lexploitation colonialiste, sociale et nationale, du capitalisme.
Au cours de toute son existence de vingt-quatre années, le Komintern a en fait observé une attitude léniniste, conséquente, nette et tranchante à légard des partis sociaux-démocrates, il a toujours considéré le social-démocratisme comme une variante de lidéologie bourgeoise et les partis sociaux-démocrates comme des partis ouvriers bourgeois, lappui principal du capital monopoliste pour maintenir les masses travailleuses sous le joug. Partant des enseignements de Lénine et de lexpérience du mouvement ouvrier international, lInternationale Communiste a mis clairement en lumière les objectifs politiques de la social-démocratie en tant que porteuse de linfluence bourgeoise au sein du mouvement ouvrier, objectifs qui visaient à détourner le prolétariat de sa lutte révolutionnaire, à saboter la révolution prolétarienne et à empêcher à tout prix linstauration de la dictature du prolétariat. Depuis le début jusquà la fin de son activité, le Komintern sen est tenu toujours avec esprit de suite à sa juste ligne marxiste-léniniste. Même quand ont été envisagées des actions coordonnées avec les partis sociaux-démocrates sur divers problèmes, à différentes périodes, il ne sagissait point de nier cette ligne fondamentale, mais duvrer dans son cadre dans le seul but de trouver les moyens et les voies adéquates pour éviter la scission dans le mouvement ouvrier, et cela sans fouler aux pieds les principes, mais en les défendant jusquau bout. Il ne sagissait donc pas de réhabiliter idéologiquement et politiquement la social-démocratie, comme les révisionnistes veulent le faire croire et comme ils le font actuellement dans la pratique. Cest bien ainsi qua été posée la question par le VIIe Congrès du Komintern également. Son appel à mener des actions communes avec les partis sociaux-démocrates dans la lutte contre le fascisme, contre lassaut du capital et le danger de guerre ne signifiait nullement la réhabilitation politique et idéologique de la social-démocratie, ce nétait là quune action tactique, conditionnée par certaines circonstances historiques concrètes, qui devait aller dans le sens du renforcement de lunité du mouvement ouvrier, sans sacrifier nullement les principes léninistes révolutionnaires ni sen écarter tant soit peu.
´ Il est indispensable de ne pas perdre de vue soulignait Dimitrov au VIIe Congrès du Komintern que la tactique du front unique est une méthode qui tend à convaincre dans la pratique les ouvriers sociaux-démocrates du bien-fondé de la politique communiste et de la fausseté de la politique réformiste, ce nest pas une réconciliation avec lidéologie et la pratique social-démocrates 17. ª
Les divers révisionnistes, togliattiens et titistes, soviétiques et eurocommunistes, considèrent cette attitude léniniste conséquente et résolue du Komintern à légard de la social-démocratie comme lune de ses plus graves erreurs et cela parce que, selon eux, ´ cette attitude dogmatique ª (sic) a soi-disant gravement nui à lunité du mouvement ouvrier à léchelle internationale et dans tel ou tel pays. Sur cette question, ces renégats partagent entièrement le même avis que les sociaux-démocrates, qui se sont toujours efforcés de rejeter sur le Komintern la responsabilité de la scission au sein du mouvement ouvrier dans la période comprise entre les deux guerres mondiales, alors queux et eux seuls en étaient les responsables.
Les révisionnistes modernes, eurocommunistes ou soviétiques, cherchent par là à justifier, entre autres, leur politique de large collaboration non seulement avec les partis sociaux-démocrates et socialistes, devenus actuellement plus que jamais le principal appui du capital monopoliste, mais aussi avec les partis bourgeois, et cela pour sauvegarder les libertés démocratiques bourgeoises et pour réaliser des objectifs stratégiques à long terme, en se livrant à des comparaisons et à des parallélismes avec les directives qua soi-disant données le VIIe Congrès du Komintern. Cest ainsi, par exemple, que les révisionnistes t&Mac226;chent de prouver que lidée de pluralisme politique, lidée que lon peut passer au socialisme sans la direction dun parti unique de la classe ouvrière, remonterait, selon eux, aux décisions du VIIe Congrès du Komintern.
De même que Dimitrov dans son rapport, la résolution afférente adoptée au VIIe Congrès ne laisse pas subsister la moindre équivoque sur la dite idée de pluralisme politique. Le VIIe Congrès du Komintern ne mit pas en question ni en doute lidée léniniste du rôle dirigeant du prolétariat et de son parti révolutionnaire communiste marxiste-léniniste dans la révolution et dans lédification du socialisme. Au contraire, il souligna avec force que le passage du capitalisme au socialisme ne peut aucunement être réalisé en alliance avec diverses couches de la bourgeoisie et leurs partis politiques, fussent-ils sociaux-démocrates, mais dans une lutte à outrance contre leur idéologie et leur activité politique, jusquà leur liquidation définitive sur les plans politique, organisationnel et étatique également. Ce passage ne pouvait donc pas être réalisé sans que soient renversés du sommet du pouvoir politique tous les partis bourgeois déclarés, radicaux ou sociaux-démocrates, à travers la révolution prolétarienne violente et linstauration de la dictature du prolétariat.
´ Il faut faire clairement comprendre aux ouvriers soulignait le VIIe Congrès du Komintern dans ses décisions quil est impossible de réaliser le socialisme tant que le pouvoir sera entre les mains de la bourgeoisie. ª
Aussi lassertion des révisionnistes selon laquelle le VIIe Congrès du Komintern a soi-disant soulevé la question de la collaboration des Partis Communistes et de la IIIe Internationale avec les partis sociaux-démocrates et socialistes, sur la base dune nouvelle stratégie globale du communisme international, nest que duperie et spéculation. La coordination des actions contre le fascisme et le danger de guerre impérialiste, à laquelle le VIIe Congrès du Komintern appelait les partis sociaux-démocrates, se situait exclusivement sur le plan tactique et, comme nous lavons déjà évoqué, le Komintern savait fort bien que cette coordination des actions ne deviendrait jamais une base pour la réalisation des t&Mac226;ches stratégiques du mouvement ouvrier international. Cette coordination napporta et ne pouvait apporter aucune contribution valable à la lutte des ouvriers. Et le Komintern ne sétait bercé dillusions à cet égard. Cest ce que démontrent les documents à valeur de programme approuvés par ses instances suprêmes, cest ce quatteste aussi toute son activité pratique. Mais cette tactique était importante parce que les ouvriers, qui étaient encore sous lemprise des influences social-démocrates, devaient prendre conscience dans la pratique de la lutte politique de tous les jours des agissements anti-ouvriers et pro-bourgeois des dirigeants sociaux-démocrates.
Ce que les révisionnistes soviétiques disent à mi-voix est traduit dans les faits par les révisionnistes italiens et français qui ont déclaré ouvertement que le VIIe Congrès du Komintern, considéré à la lumière des nouvelles situations, leur a offert la possibilité daborder de façon exhaustive certaines idées qui avaient été à peine effleurées ou mal interprétées dans ses décisions, ou qui, pire encore, navaient pas été appliquées, du fait du prétendu culte de Staline.
Selon les historiens soviétiques, le Komintern aurait adopté en général, après la mort de Lénine, une ligne politique caractérisée par des déviations et de graves erreurs sectaires et dogmatiques, ses décisions auraient reflété les conceptions erronées (sic) de Staline sur les problèmes de la stratégie et de la tactique révolutionnaires du mouvement communiste international et de chaque Parti Communiste pris à part, aboutissant ainsi à la conclusion que de son Ve Congrès (1924) à son VIIe Congrès (1935) la ligne politique du Komintern aurait été surtout marquée par des erreurs de ´ gauche ª, dogmatiques, extrémistes. Ils ignorent à dessein la lutte résolue et rigoureusement conforme aux principes menée à cette époque par le Komintern contre lopportunisme de droite et de ´ gauche ª, en vue de liquider le trotskisme et lextrémisme allemand de gauche, le brandlérisme, le boukharinisme, etc., le fait étant que Staline y a joué un rôle déterminant.
¿ en croire les historiens révisionnistes soviétiques, le schéma universel de la stratégie élaborée par le Komintern après son Ve Congrès aurait été erroné, stéréotypé et dogmatique ; il aurait été modifié, en opérant par là, à leur sens, un véritable tournant radical dans toute la ligne politique de la IIIe Internationale, par son VIIe Congrès, dont les décisions auraient, toujours selon eux, été adoptées contre le gré de Staline 18.
Tout dabord il faut indiquer quaprès la mort de Lénine, le Komintern nélabora aucun ´ nouveau schéma stratégique universel ª à lintention du mouvement communiste international. La ligne stratégique de lInternationale Communiste demeura celle qui fut élaborée dans ses congrès précédents sous la conduite directe de Lénine. Sa ligne politique également ne subit aucun changement et il nest point question dun quelconque tournant radical dans cette ligne après la mort de Lénine. Le Komintern poursuivit fidèlement cette ligne politique élaborée sous la direction de Lénine en appliquant, naturellement dans les nouvelles conditions créées après 1924, des tactiques, des méthodes de lutte et des formes dorganisation plus variées et plus souples dans le combat quotidien du prolétariat, afin dattirer autour de celui-ci les larges masses pauvres des campagnes et des villes.
Quant à lhistoriographie révisionniste soviétique, elle ne fait que dénaturer et falsifier sans scrupules et à des fins déterminées les faits lorsquelle prétend que, par les décisions de son VIIe Congrès, le Komintern aurait modifié, bien quavec du retard, sa ligne stratégique.
Daprès las révisionnistes soviétiques, le Komintern sen serait tenu, jusquà son VIIe Congrès, dune façon erronée et trop strictement à la directive selon laquelle
´ après la révolution bourgeoise, létape stratégique du mouvement ouvrier ne peut avoir quun seul objectif direct, la lutte pour linstauration de la dictature du prolétariat 19 ª.
De lanalyse des documents et de lactivité du Komintern, il ressort quil na jamais donné de recettes toutes faites et des directives également valables pour tous les Partis Communistes, quil na pas ignoré les conditions historiques et les circonstances dans lesquelles ces partis déployaient leur activité révolutionnaire. Les directives générales formulées par le Komintern se fondaient sur les principes de base de la doctrine marxiste-léniniste. En outre, la IIIe Internationale a toujours tenu compte, lors de lélaboration de sa ligne politique, du contenu fondamental de lépoque nouvelle créée au lendemain du triomphe de la Grande Révolution Socialiste dOctobre et des conditions historiques propres aux divers pays, o&Mac249; les masses prolétariennes, dirigées par leurs Partis Communistes, menaient leur combat.
Le fait que le VIIe Congrès du Komintern ait recommandé à chaque Parti Communiste de mettre à lordre du jour la lutte pour la paix et contre le danger fasciste comme une t&Mac226;che immédiate, ne signifie point, comme le prétendent les historiens révisionnistes soviétiques et autres, que le Komintern a renvoyé aux calendes grecques la préparation de la révolution prolétarienne. Ils posent la question comme si le Komintern, après son VIIe Congrès, a considéré la lutte pour la paix et contre le danger fasciste comme une étape particulière du développement du mouvement révolutionnaire, indispensable à chaque pays, fut-il développé ou arriéré, indépendamment de son niveau de développement social et économique, du niveau de développement politique et organisationnel du prolétariat et de son parti davant-garde, le Parti Communiste. Les révisionnistes réduisent en effet toute lutte de classe à une lutte pour la paix et la démocratie parce que, à leur avis, seule la lutte pour la paix et la démocratie ouvre la voie au socialisme.
´ Limportance de ce tournant effectuée par le Congrès affirment les historiens soviétiques réside entre autres dans le fait que cétait bien un tournant par rapport aux schémas et aux illusions révolutionnaires, dans lanalyse des conditions réelles et des conclusions révolutionnaires qui en découlent 20. ª
Les historiens révisionnistes considèrent toute lactivité antérieure du Komintern, les directives quil a données, comme des schémas abstraits et rigides, comme des illusions révolutionnaires, sans faire aucune distinction dans le temps, mais en laissant entendre quil en aurait été ainsi avant comme après la mort de Lénine.
Cette ´ confusion théorique ª des hommes détudes révisionnistes est aussi démagogique que contre-révolutionnaire. La lutte pour la paix et la démocratie est, certes, une t&Mac226;che importante qui incombe à la classe ouvrière. Elle a toujours été et sera contre les guerres impérialistes de rapine, contre les régimes dictatoriaux fascistes du grand capital, elle na cessé de combattre pour la défense et la sauvegarde des libertés démocratiques. Mais cela na été ni ne sera jamais un but en soi. Même quand la classe ouvrière lutte contre le danger de guerre impérialiste, contre les forces fascistes et pour la défense des libertés démocratiques, elle nignore aucunement ses intérêts de classe, elle ne perd jamais de vue ses objectifs de libération sociale en luttant contre loppression et lexploitation capitalistes.
"Chacun sait quà lépoque de limpérialisme souligne le camarade Enver Hoxha il ne peut jamais y avoir, dans le cadre de la société bourgeoise, un développement progressif des libertés et de la démocratie pour les masses. Ce qui croît et saccentue au contraire au cours de cette période, ce sont les forces de la réaction, la militarisation de la production et des autres aspects de la vie, loppression du prolétariat et des nations, pour en arriver à la forme la plus féroce et la plus barbare, celle du fascisme. Seule la révolution violente et linstauration de la dictature du prolétariat assurent les conditions nécessaires pour lépanouissement de la liberté et de la démocratie pour les larges masses populaires 21."
Contrairement à ce que prétendent les hommes détudes révisionnistes, le Komintern na jamais souscrit à lidée quil faut brûler les étapes, il a toujours posé la question dune façon claire, à savoir que la définition des tâches et des objectifs stratégiques est fonction de la situation concrète, du niveau de développement économique, social et politique de tel ou tel pays, des t&Mac226;ches que la révolution devait y résoudre historiquement et objectivement. Le Komintern définissait clairement les étapes du développement de la révolution et, en conséquence, il en fixait les objectifs stratégiques, en faisant la distinction entre létape démocratique et létape socialiste.
Fidèle à cette ligne dès sa fondation, le Komintern la suivie jusquau bout. Cette ligne a été confirmée aussi dans le programme du Komintern approuvé par son VIe Congrès (1928) ainsi que dans les décisions de son VIIe Congrès (1935).
Le programme approuvé au VIe Congrès du Komintern concevait le processus révolutionnaire mondial comme une combinaison de divers types de révolutions, chacune delles devant résoudre ses propres t&Mac226;ches dans des pays dun niveau de développement social, économique et politique différent. Il soulignait que la diversité des conditions économiques, sociales et politiques suivant les différents pays rend historiquement indispensable dans nombre dEtats le passage de la révolution par certaines étapes, lesquelles devaient en fin de compte aboutir à linstauration de la dictature du prolétariat. Aussi les révolutions dans divers pays pouvaient-elles être de différents types : révolutions prolétariennes, révolutions démocratiques bourgeoises qui se transforment en révolutions prolétariennes, luttes de libération nationale, révolutions coloniales 22. Plus loin, le programme divisait les pays et les zones au monde selon le niveau de leur développement économique, social et politique, en assignant, conformément à ce niveau, les t&Mac226;ches que devait mener à bien la révolution ainsi que les étapes quelle devait traverser. La tâche fondamentale définie dans le programme révolutionnaire du prolétariat des pays capitalistes développés à système politique démocratique bourgeois, était linstauration de la dictature du prolétariat. Alors que dans les pays dun niveau de développement capitaliste moyen, comme lEspagne, le Portugal, la Pologne, la Hongrie et les Etats des Balkans, où "les survivances semi-féodales dans lagriculture étaient encore prononcées, mais où il existait encore un minimum de conditions matérielles indispensables pour entreprendre lédification socialiste bien que les transformations démocratico-bourgeoises ny eussent pas encore été réalisées (23)", la révolution allait connaître plusieurs étapes, dabord létape de la révolution démocratique bourgeoise, puis létape de la révolution prolétarienne. Ce passage, comme on vient de le dire, serait conditionné par le niveau de développement social, économique et politique du pays, le niveau dorganisation de la classe ouvrière et la capacité de son parti de se mettre à la tête du mouvement révolutionnaire. Les pays coloniaux et semi-coloniaux, comme la Chine et lInde, ou encore les pays dépendants, comme lArgentine et le Brésil, constituaient un troisième groupe. Cétaient des pays qui étaient, eux aussi, caractérisés par un développement industriel réduit, par des rapports féodaux moyen&Mac226;geux dominants dans leur économie comme dans leur superstructure politique, ainsi que par la concentration des branches principales de leur économie et de leurs finances aux mains des groupes impérialistes.
"Dans ces pays était-il énoncé dans le programme du Komintern , la lutte contre le féodalisme et contre les formes dexploitation pré-capitalistes, ainsi que la révolution agraire de la paysannerie appliquée de façon conséquente, dune part, et la lutte menée contre limpérialisme étranger et pour lindépendance nationale, de lautre, revêtent une importance primordiale."
"En règle générale soulignait ce programme , le passage à la dictature du prolétariat dans ces pays nest possible quà travers quelques échelons préparatoires, en tant que résultat de toute une période de la transformation de la révolution démocratique bourgeoise en révolution socialiste 24."
Quant à des pays très arriérés, comme ceux de quelques régions dAfrique, par exemple, où la classe ouvrière était quasi inexistante, où la majorité de la population vivait à létat tribal et où limpérialisme étranger jouait le rôle doccupant militaire, leur première tâche à résoudre cétait de se libérer de loppression et de la domination impérialiste.
Le VIIe Congrès du Komintern également, dans lesprit du programme approuvé au VIe Congrès, a défini le problème du développement du mouvement révolutionnaire prolétarien comme un mouvement qui, compte tenu des conditions et des circonstances, peut traverser plusieurs étapes, en définissant clairement leurs limites, le rapport des forces sociales et le rôle dirigeant du prolétariat dans la lutte révolutionnaire quil doit mener avec esprit de suite afin dassurer le passage de la révolution de la première à la seconde étape. Dans cet esprit Dimitrov a déclaré au VIIe Congrès du Komintern :
«Les opportunistes de droite ont cherché à délimiter "un stade démocratique intermédiaire" particulier entre la dictature de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat en vue de créer chez les ouvriers lillusion dune promenade pacifique parlementaire dune dictature à lautre. Ce "stade intermédiaire" illusoire, ils lont appelé aussi "forme transitoire", et pour ce faire, ils se sont référés même à Lénine ! Mais il nest pas difficile de voir ce que cache ce tour de passe-passe. Certes, Lénine a parlé de la forme dorganisation de la "révolution prolétarienne" et de son passage direct au renversement de la dictature bourgeoise et non pas de telle ou telle forme de passage de la dictature de la bourgeoisie à celle du prolétariat 25.»
Les jugements de Togliatti sur le VIIe Congrès du Komintern, quil considère comme un événement à part, quasi détaché de tout le contexte de la ligne politique et de lactivité antérieure du Komintern, ne sont que pure falsification. Dénaturant et faussant les décisions de ce congrès, il est parmi les premiers à avoir lancé lidée que ces décisions marquent soi-disant un véritable tournant de portée internationale dans la ligne stratégique du Komintern.
«Cela affirme ce falsificateur de Togliatti, se référant toujours aux décisions de ce congrès a ouvert la voie aux alliances et à la collaboration, à condition toutefois de ne pas mettre dans le même sac tous les sociaux-démocrates et les politiciens de la bourgeoisie, mais de faire une différenciation entre eux... »
«Cette orientation toujours daprès Togliatti nétait plus une simple orientation tactique, mais stratégique 26. »
Ainsi, Togliatti créa les prémisses dune interprétation opportuniste, révisionniste, des décisions du VIIe Congrès du Komintern, prémisses qui sont à la base des positions anti-léninistes des divers partis révisionnistes eurocommunistes sur ce sujet.
Par la duperie et des falsifications, Togliatti cherche à écarter le prolétariat de la voie révolutionnaire. Cest également le but de son assertion comme quoi nombre didées fondamentales formulées par le XXe Congrès du P.C.U.S., quil a lui-même partagées dès le début, ont soi-disant été énoncées à lorigine par le VIIe Congrès du Komintern. Selon lui, ses décisions concernaient non seulement le problème de la sauvegarde de la paix, qui ne se présentait plus comme en 1914 (pour lui, à partir de ce moment-là, la question de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile ne se posait plus) et le problème de la participation des communistes aux gouvernements du front unique, auxquels Togliatti confère une valeur universelle et permanente, en dépit des conditions concrètes, mais elles concernaient aussi la voie démocratique au socialisme (cest-à-dire le passage au socialisme par la voie pacifique) qui est portée à labsolu et, en complète opposition avec ce qua décidé te VIIe Congrès du Komintern, présentée par Togliatti et tous les révisionnistes modernes comme un postulat éternel.
Les spéculations et les falsifications des hommes détudes révisionnistes soviétiques et eurocommunistes, leurs efforts pour donner une toute autre interprétation des décisions du VIIe Congrès du Komintern, quils considèrent comme un ´ tournant dans la politique et la stratégie du Komintern ª, atteignent leur comble lorsquils affirment que ces décisions contiendraient à létat embryonnaire lidée de lévolution pacifique de la révolution.
En totale opposition avec la vérité historique, déformant sans scrupules les décisions du VIIe Congrès du Komintern et les interprétant dans lesprit profondément révisionniste du XXe Congrès du P.C.U.S. et en général dans lesprit de toute sa politique anti-léniniste, lhistoriographie soviétique tâche de «découvrir» et de fabriquer de prétendus points de rencontre entre les décisions du VIIe Congrès de lInternationale Communiste et celles du XXe Congrès du P.C.U.S.
«Il est aisé de constater déclarent les historiens mystificateurs et falsificateurs révisionnistes qui sedisent des scientifiques que nombre de ces problèmes, en particulier les problèmes fondamentaux [cest-à-dire ceux qui sont posés et résolus sur des bases foncièrement révisionnistes par le XXe Congrès du P.C.U.S. Sh.B.], étaient traités sous une forme ou sous une autre par le VIIe Congrès du Komintern. Et si 30 ans après ce Congrès, ce sont les mêmes problèmes qui sont au centre de lattention du mouvement communiste international, cela, loin de montrer que le mouvement na pas avancé, témoigne que le VIIe Congrès du Komintern a affronté non seulement des problèmes conjoncturels particuliers, mais encore des questions fondamentales, importantes pour la période de la lutte, pour le triomphe du socialisme a léchelle mondiale 27. »
Lhistoriographie soviétique vise à dénigrer la IIIe Internationale, sa politique, sa stratégie, ses tactiques, en cherchant à isoler le VIIe Congrès dont les décisions sont déformées et falsifiées à des fins politiques déterminéespour être opposées à la ligne politique antérieure du Komintern.
Le VIIe Congrès du Komintern, contrairement à ce que prétendent actuellement les révisionnistes de tout acabit, a souligné avec force, sans le moindre équivoque, que le passage au socialisme ne peut être réalisé quà travers la révolution prolétarienne violente, qui doit annihiler la domination de la bourgeoisie et instaurer la dictature du prolétariat.
«Lexpérience de la Grande Révolution Socialiste dOctobre, dune part soulignait Dimitrov au VIIe Congrès du Komintern , et les leçons amères tirées des événements dAllemagne, dAutriche et dEspagne pendant laprès-guerre, de lautre, ont confirmé une fois de plus que la victoire du prolétariat nest possible quà travers le renversement révolutionnaire de la bourgeoisie, car la bourgeoisie noierait le mouvement ouvrier dans le sang et ne permettrait pas au prolétariat dinstaurer le socialisme par la voie pacifique.»
«Lexpérience de la Révolution dOctobre poursuivait Dimitrov a montré clairement que le contenu essentiel de la révolution prolétarienne est la question de la dictature du prolétariat qui a pour tâche de réprimer la résistance des exploiteurs renversés, darmer la révolution pour combattre limpérialisme et de la mener jusquau triomphe complet du socialisme 28.»
Depuis cette époque jusquà nos jours, on a beaucoup spéculé sur les thèses du Komintern concernant le front unique ouvrier, présentées à son IIIe Congrès et jusquau VIIe. Les éléments et les fractionnistes à tendances droitières, à commencer par Brandler, Browder et autres révisionnistes, qui servent dexemple aux révisionnistes modernes, se sont efforcés dexploiter ces thèses au profit de leurs spéculations. Afin dimposer une ligne opportuniste aux partis révolutionnaires du prolétariat, ils déclarent indispensable de collaborer avec les partis sociaux-démocrates et socialistes de droite et centristes cherchant par là à infléchir la stratégie et la tactique des Partis Communistes et à les conformer à la stratégie et à la tactique réformistes des partis ouvriers opportunistes centristes déclarés.
Dans ses thèses, le Komintern exprimait clairement et sans aucune équivoque sa prise de position sur ce problème, et soulignait que :
«Par front ouvrier unique il faut entendre lunité de tous les ouvriers qui doivent combattre le capitalisme 29.»
Le front ouvrier unique était donc conçu par le Komintern comme un front militant en action, qui avait avant tout pour t&Mac226;che de mobiliser et de dresser les larges masses ouvrières dans la lutte contre le fascisme et le danger de guerre, de leur faire prendre conscience du contenu dexploitation et doppression du régime capitaliste ainsi que de la nécessité de sunir et dentreprendre des actions communes à léchelle nationale et internationale. Cela émanait de la logique même de la lutte à livrer par la classe ouvrière et des grandes tâches historiques, quil lui incombait de mener à bien dans des pays distincts comme dans le monde entier.
«Le problème clé dans les pays capitalistes souligne le camarade Enver Hoxha au VIIIe Congrès du P.T.A. a été et demeure lunité du prolétariat... Lunité de la classe ouvrière se réalise à travers la lutte et des actions révolutionnaires concrètes pour la satisfaction des revendications économiques et politiques du prolétariat (30).»
Soucieux davoir le champ libre et de justifier leur ligne de rapprochement et de collaboration avec les actuels partis sociaux-démocrates et socialistes de droite, les historiens révisionnistes soviétiques, eurocommunistes, titistes et autres interprètent la directive du Komintern en vue de la création dun front ouvrier unique, surtout et avant tout comme un désir et une tentative de sa part de collaborer avec les partis sociaux-démocrates centristes et de droite, ignorant ainsi lessence de cette tactique, la lutte menée pour engager les masses ouvrières dans des actions et dans le combat révolutionnaires. Les révisionnistes modernes vont jusquà affirmer que la tactique du front ouvrier unique sous-entendait aussi la modification de la stratégie des Partis Communistes, qui devaient chercher, pour passer au socialisme, dautres voies, différentes de celles définies dans les documents programme du Komintern.
«Lapplication de la politique du front ouvrier unique par les Partis Communistes de lOccident confirme un historien soviétique se rattache étroitement à la découverte dans ces pays de nouvelles formes de traitement de la révolution socialiste à travers la lutte pour la satisfaction des revendications générales et démocratiques (31).»
Selon la conception des révisionnistes modernes, la réalisation des tâches générales démocratiques par la coalition communiste et social-démocrate créera les conditions nécessaires au passage progressif et pacifique au socialisme. Cest là une position social-démocrate réformiste qui na rien à voir avec la tactique léniniste de la IIIe Internationale.
Tout au long de ses 24 années dexistence, le Komintern sen est tenu jusquau bout à sa ligne politique générale, sans jamais renoncer à sa stratégie globale de la lutte pour la révolution prolétarienne et linstauration de la dictature du prolétariat ; il a considéré cette lutte, nous venons de le souligner, comme un processus révolutionnaire entier, tout en tenant compte, selon les conditions et les circonstances, du fait que le mouvement révolutionnaire peut traverser des étapes données, conformément aux tâches fondamentales que la révolution doit mener à bien dans lune ou lautre étape, dans tel ou tel pays.
Les déformations et les spéculations anti-léninistes de lhistoriographie révisionniste actuelle sur la question de la collaboration avec les partis sociaux-démocrates et socialistes ne sont quun aspect des nombreuses tentatives des révisionnistes modernes pour justifier leur politique de trahison et de collaboration avec la bourgeoisie à léchelle nationale et internationale, politique qui tend à entraver la différenciation des forces révolutionnaires conséquentes, la consolidation du mouvement communiste marxiste-léniniste en tant quunique avant-garde révolutionnaire du prolétariat, qui combat pour la réalisation de sa mission historique, pour labolition du système capitaliste exploiteur, à travers la révolution prolétarienne et linstauration de la dictature du prolétariat.
Comment se pose aujourdhui la question de la collaboration des nouveaux Partis Communistes marxistes-léninistes avec les autres partis dits de la classe ouvrière, partis sociaux-démocrates ou socialistes, révisionnistes ou trotskistes ?
Dans les conditions historiques actuelles, les partis sociaux-démocrates et socialistes ont versé toujours plus dans un opportunisme extrême. Ils sont devenus encore plus les défenseurs résolus du capital financier de limpérialisme et de la réaction. Historiquement et pratiquement, toute opposition anti-monopoliste et anti-impérialiste des partis sociaux-démocrates et socialistes est consumée. Lexpérience historique du Komintern et sa tactique en vue dactions communes dans la lutte contre le fascisme et le danger de guerre ont été, historiquement, la plus récente et la meilleure des preuves quà lavenir, il ne faut nourrir aucune illusion sur des actions menées de concert avec la social-démocratie. Bien que la démagogie des partis social-démcrates exerce encore son influence sur quelques couches douvriers, en particulier dans un certain nombre de pays capitalistes développés, cela ne signifie nullement quil faille collaborer avec eux. Au contraire, les Partis Communistes marxistes-léninistes se doivent de démasquer et darracher le masque à la démagogie des partis sociaux-démocrates et socialistes qui se font passer pour des partis ouvriers, de les présenter sous un vrai jour, en tant que partis qui soutiennent le grand capital monopoliste. Par voie de conséquence, la moindre collaboration avec eux ne peut être qualifiée que de trahison des intérêts de la classe ouvrière, car elle fait renaître des illusions réformistes et opportunistes, en un temps où la lutte contre ces partis est devenue plus que jamais une nécessité impérieuse pour la consolidation du mouvement ouvrier sur des bases révolutionnaires, marxistes-léninistes saines, à léchelle nationale et internationale.
Quant à lattitude à adopter à légard des partis révisionnistes, le problème est clair. Il ny a pas et il ne faut pas quil y ait le moindre doute à ce sujet.
«Un véritable parti marxiste-léniniste écrit le camarade Enver Hoxha se caractérise par lattitude nette et résolue quil observe à légard du révisionnisme moderne, du khrouchtchévisme, du titisme, de la pensée Mao Tsé-toung, de leurocommunisme, etc. Etablir une nette ligne de démarcation en cette matière revêt une grande importance de principe.»
«Si un parti poursuit-il permet à ses membres de se faire des illusions et de penser, par exemple, qu"en Union Soviétique, sans égard à lidéologie khrouchtchévienne, on construit le socialisme", que dans la direction du Parti Communiste de lUnion Soviétique existent des "bureaucrates", mais quy existent aussi des "révolutionnaires et marxistes-léninistes", alors, bon gré, mal gré, un tel parti ne se tient plus sur des positions marxistes-léninistes, il sest écarté de la stratégie et de la tactique révolutionnaires, et, sinon ouvertement du moins indirectement, il sest converti en un parti pro-soviétique, même si en paroles il soppose aux thèses du XXe Congrès du Parti Communiste de lUnion Soviétique et au khrouchtchévisme. Lexpérience révolutionnaire a démontré quon ne combat pas le khrouchtchévisme, si lon ne combat pas aussi la politique hégémoniste, chauvine et social-impérialiste poursuivie par les dirigeants de lactuelle Union Soviétique capitaliste et impérialiste, Brejnev, Souslov et consorts.»
De la même nature et tout aussi néfastes sont les vues de ceux qui distinguent la ligne réactionnaire et la politique pro-impérialiste de la présente direction chinoise de la ligne et de la politique de Mao Tsé-toung, de la pensée Mao Tsé-toung. On ne peut combattre ni dénoncer les prises de position contre-révolutionnaires de Deng Xiao-ping et de Hua Kuo-feng si lon ne combat ni lon ne dénonce la base idéologique de leurs menées, qui est précisément la pensée Mao Tsé-toung (32).»
Lactuelle historiographie révisionniste soviétique, eurocommuniste, etc., juge erronées les vues qui considèrent les décisions du VIIe Congrès du Komintern comme un simple tournant tactique dans la lutte contre le danger fasciste et la guerre impérialiste.
«Limportance permanente des conclusions du VIIe Congrès du Komintern affirment les historiens révisionnistes soviétiques consiste en quelles apportaient non seulement des changements sur le plan tactique, mais affirmaient aussi une nouvelle stratégie dans le mouvement communiste international (33).»
Cette nouvelle stratégie, daprès eux, a été élaborée plus tard de façon exhaustive au XXe Congrès du parti révisionniste soviétique ainsi que dans les décisions des divers partis, et en particulier des partis révisionnistes dItalie et de France.
«La grande impulsion vivifiante que le VIIe Congrès de lInternationale Communiste a donnée au mouvement ouvrier et communiste international écrit Togliatti ne connut pas un nouvel essor après la guerre, comme cela devait se produire. La tentative de ranimer sous une forme masquée cette organisation internationale centralisée, qui cessa dexister précisément pour affirmer la nécessité du développement indépendant de chaque parti dans la lutte pour la démocratie et le socialisme, était erronée. Ce fut une période de marasme [ce qui nest pas du tout vrai, du moment que durant cette période le socialisme lemporta dans les démocraties populaires, le grand et puissant camp socialiste fut créé, le mouvement des masses populaires prit des proportions inouïes dans le monde entier, notamment dans les pays dépendants et coloniaux, le mouvement ouvrier sétendit et fut porté à un degré supérieur, et le mouvement communiste international se consolida Sh. B.], qui pouvait se convertir en une période de gel si le XXe Congrès du Parti Communiste de lUnion Soviétique navait pas porté un coup décisif au dogmatisme et au schématisme, si ce congrès navait pas considéré ni posé correctement et dans une nouvelle optique ces problèmes qui ne pouvaient plus être reportés ni passés sous silence (34).»
Partant de la plate-forme essentiellement opportuniste, anti-léniniste du XXe Congrès du P.C.U.S., les partis révisionnistes ont élaboré tout un système de thèses sur la dite «troisième» voie, la voie européenne, du passage au socialisme, axée sur le pluralisme politique. Pour ces partis ce passage est une simple évolution sociale qui se réalise gr&Mac226;ce au jeu des alliances et de létroite collaboration entre divers partis politiques, y compris les partis bourgeois.
«Jestime écrit Togliatti que même la définition de la politique communiste comme une politique de "classe contre classe" [Dans la lutte pour le socialisme, la classe ouvrière soppose un tant que classe à la classe de la bourgeoisie. Cette définition a été formulée par le VIe Congrès du Komintern tenu en 1928 Sh. B.] était dans son essence erronée et constituait une source de dangereux isolements sectaires.»
«Notre politique poursuit Togliatti est la politique de la classe ouvrière en lutte pour la démocratie et le socialisme, mais la capacité du Parti Communiste consiste à savoir isoler, au sein même de la classe bourgeoise, les groupements les plus réactionnaires à travers un système élargi et souple dalliances, de convergences, de neutralisations et ainsi de suite (35).»
Cest justement une telle interprétation anti-léniniste, essentiellement réformiste des voies de passage au socialisme qui a amené Berlinguer à lancer son slogan tristement célèbre du «compromis historique», cest-à-dire de lalliance du parti révisionniste italien avec le parti démocrate-chrétien, alliance qui est devenue le pivot de toute la ligne politique révisionniste anti-marxiste du Parti Communiste italien.
En opposition avec les décisions du Komintern et dans le prolongement du cours profondément anti-léniniste du XXe Congrès du P.C.U.S., le parti révisionniste français a lui aussi nié ouvertement et sans réserves rôle dirigeant du parti révolutionnaire du prolétariat dans sa lutte pour le passage du capitalisme au socialisme. Ainsi, à leur XXIIe Congrès, les révisionnistes français, comme lindique le camarade Enver Hoxha, ont jeté bas tous leurs masques, ils ont déclaré publiquement quils abandonnaient la révolution et la dictature du prolétariat, et que laccession à leur socialisme se réalisera sans lutte de classes, sans que saffirme nécessairement le rôle dirigeant du parti prolétarien et en alliance avec dautres partis. En cette question, les révisionnistes français ont à lesprit non seulement le parti socialiste quils considèrent comme un parti ouvrier, mais encore dautres partis bourgeois et petits-bourgeois, qui, dans leur prétendu combat contre loppression et la domination du grand capital, sintéressent au passage graduel au socialisme par la voie démocratique, parlementaire.
´ Selon Marchais souligne le camarade Enver Hoxha , on accédera au socialisme à travers le développement de la démocratie et des libertés bourgeoises. Sous ce socialisme, tous vivront en paix, les loups comme les brebis. Soutenir la thèse de la démocratie et des libertés bourgeoises, en tant que voie vers le socialisme, cest mystifier les masses, cest donner comme un lustre à la société capitaliste 36. ª
Analysant lactivité des Partis Communistes dEurope occidentale après le VIIe Congrès du Komintern, en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale et dans les premières années qui la suivirent, le camarade Enver Hoxha souligne que ces partis navaient pas compris et appliqué convenablement ses orientations.
«Dans les pays dEurope centrale et sud-orientale écrit le camarade Enver Hoxha , les Partis Communistes surent relier leurs t&Mac226;ches de la lutte pour lindépendance et la démocratie à la lutte pour le socialisme. Ils élaborèrent et mirent en uvre une politique qui conduisit à linstauration des régimes de démocratie nouvelle, populaire. Par ailleurs, les Partis Communistes dEurope occidentale ne se montrèrent pas capables de mettre à profit les situations favorables créées à la suite de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire sur le fascisme. Cela prouvait quils navaient pas compris et appliqué correctement les orientations du VIIe Congrès de lInternationale Communiste. Ce congrès recommandait aux partis de créer, dans des conditions données, tout en sopposant au fascisme et en le combattant, les possibilités pour la mise sur pied de gouvernements dun front unique, qui seraient tout à fait différents des gouvernements sociaux-démocrates. Ils devaient servir à passer de létape de la lutte contre le fascisme à létape de la lutte pour la démocratie et le socialisme. Mais en France et en Italie la lutte contre le fascisme ne conduisit pas à la création de gouvernements du type recommandé par le Komintern. La guerre finie, on vit accéder au pouvoir des gouvernements de type bourgeois. La participation des communistes à ces gouvernements nen modifia pas le caractère. Le Parti Communiste français lui-même, qui, dans lensemble, jusquà la fin de la Seconde Guerre mondiale, avait eu une ligne juste, ne put corriger et dépasser les erreurs, les faiblesses et les déviations qui sétaient manifestées sur des problèmes déterminés, et qui étaient imputables entre autres à labsence danalyses réalistes des situations intérieures et extérieures (37).»
Un autre courant, comportant quelques traits particuliers, dans la littérature historique sur le Komintern, cest le courant eurocommuniste.
Ce courant se fonde sur les vues et les considérations de Togliatti, qui, dans son article intitulé "Sur certains problèmes de lhistoire de lInternationale Communiste ", publié dans la revue Rinascita dans lété de 1959 38, a été lun des premiers à lancer lidée de la révision de toute lhistoire du Komintern à partir de positions révisionnistes opportunistes.
«On ne peut nier déclarait Togliatti que nombre de prises de position du Komintern ont été erronées et ne correspondaient pas aux situations sociales et politiques créées, quil y a eu des oscillations, des retards et souvent beaucoup dexagérations sur le plan de la propagande, qui exigent toujours selon Togliatti un jugement critique.»
Togliatti, un des représentants les plus en vogue du révisionnisme moderne, cherchait par là à discréditer toute la ligne politique du Komintern.
Or, tout en étant une ligne unique, conséquente et très conforme aux principes, la ligne politique de la IIIe Internationale était une ligne dynamique, qui évoluait et senrichissait, se concrétisait et se perfectionnait en fonction du développement social et politique de la lutte révolutionnaire de classe du prolétariat et de lextension des luttes de libération nationale.
En spéculateur politique bourgeois, Togliatti se cramponne à quelques formules ou prises de position que le Komintern a lui-même modifiées suivant les conditions créées, et il les considère comme des erreurs typiques de toute lexistence du Komintern, comme des erreurs qui ont pesé lourd sur tout le mouvement communiste international et lont empêché délaborer une stratégie et une tactique souples ; il nhésite pas à lancer même lidée que tout ce qui se rattache à lactivité du Komintern doit être revu dans lesprit du XXe Congrès du P.C.U.S.
«Quil me soit permis dajouter écrit-il que les critiques formulées au XXe Congrès du P.C.U.S. contre toute lactivité de Staline, bien quil nait jamais été directement responsable de lactivité de lInternationale Communiste, demandent certainement, en ce qui concerne tant les jugements portés sur de hautes personnalités et des groupes dirigeants de divers partis que la justesse et lopportunité des décisions et des actions principales du Komintern, une nouvelle appréciation attentive, afin de pouvoir présenter les hommes et les choses sous leur vrai jour (39).»
En outre, certains auteurs eurocommunistes occidentaux, dans leurs ouvrages sur le Komintern, suivant les orientations de leurs partis, considèrent, de manière alambiquée, lexpérience historique du Komintern comme une expérience anarchiste qui, en définitive, a fait plus de mal que de bien. Faisant une appréciation de lactivité du Komintern, ils sévertuent à dénigrer non seulement la stratégie et la tactique léninistes élaborées par le Komintern, les considérant comme anachroniques, mais aussi ses formes de lutte et ses modes dorganisation, en accusant davoir jeté les fondements dune pratique erronée, celle de la création dun centre dirigeant et dun centralisme extrêmes. Lorsque lhistoriographie eurocommuniste critique le Komintern, elle part de quelques préjugés et idées préconçues qui tendent à jeter bas toute lexpérience révolutionnaire du Komintern. La «critique» quelle en fait se convertit en un but en soi et vise à discréditer lexpérience révolutionnaire, historique et mondiale positive de la IIIe Internationale, et cela dans le but daffirmer les vues profondément révisionnistes des partis eurocommunistes, lesquelles sont en opposition totale avec lidéologie et la ligne politique marxistes-léninistes du Komintern tout au long de son activité révolutionnaire.
La direction du Parti Communiste chinois et Mao Tsé-toung en particulier ont eux-aussi adopté une attitude dédaigneuse et dénigrante envers le Komintern et sa politique, surtout sur la question nationale et coloniale.
Jusquà la mort de Staline, le P.C. chinois, Mao Tsé-toung et ses tenants ne sétaient pas, pour des raisons dopportunité politique, prononcés publiquement contre le Komintern et contre Staline, mais, dans les écrits de Mao Tsé-toung et dans les diverses décisions du P.C.C. antérieurs à la mort de Staline, ou bien le Komintern est complètement ignoré, ou bien indirectement toutes les défaites de la révolution chinoise sont imputées à la IIIe Internationale. Typique dans ce sens est le supplément intitulé : "Décision sur certaines questions de lhistoire de notre parti", approuvé le 20 avril 1945 par le 7e plénum élargi du C.C. du P.C.C. après son VIe Congrès. Ce document a été rédigé par Mao Tsé-toung et publié dans ses uvres choisies.
Dans lesprit de la pensée Mao Tsé-toung, cette décision offre un aperçu sur le développement général de la révolution chinoise, sur lhistoire du P.C.C., en particulier dans les années qui suivirent la défaite de la révolution en 1925-1927, jusquà lusurpation de la direction du P.C.C. par Mao Tsé-toung et son groupe en 1935. Bien quon ne sy prononce pas ouvertement contre le Komintern et Staline, cette décision comprend une critique indirecte contre eux et les accuse dêtre responsables de toutes les défaites de la révolution chinoise. Mao Tsé-toung et sa clique qualifient la ligne du Komintern de dogmatique, et les orientations marxistes-léninistes du Komintern de «clichés doutre-mer».
«Il faut en finir avec les formules toutes faites de létranger écrivait Mao Tsé-toung en octobre de1933 et soccuper un peu moins de bavardages creux et abstraits. Il faut mettre dans les tiroirs le dogmatisme et acquérir la manière et le style chinois, vivants et pleins de fraîcheur, agréables à loreille et à la vue des simples gens (40).»
Ainsi, dans un langage émaillé de sous-entendus, mais visant des objectifs clairement définis, Mao Tsé-toung et ses tenants sopposaient au Komintern et à ses orientations marxistes-léninistes en élaborant une ligne politique qui enfonçait toujours plus le P.C.C. dans lopportunisme et une activité petite-bourgeoise anti-marxiste.
La direction chinoise a repris ouvertement et sans crainte après la mort de Staline les critiques quelle avait formulées dans un langage masqué et indirect contre le Komintern et Staline avant 1953. En se prononçant surtout contre Staline, Mao Tsé-toung et son groupe visaient non seulement à rabaisser luvre de Staline et à légitimer laffirmation de la "pensée Mao Tsé-toung", mais aussi à rehausser artificiellement lautorité de Mao Tsé-toung comme un dirigeant de stature mondiale, qui naurait jamais commis derreurs et qui aurait eu toujours raison.
«Ces critiques traduisaient aussi souligne le camarade Enver Hoxha les rancurs accumulées à lencontre de Staline, à cause des observations et des critiques que celui-ci et le Komintern avaient adressées à la direction du Parti Communiste chinois et à Mao Tsé-toung, parce quils nappliquaient pas de manière conséquente les principes du marxisme-léninisme sur le rôle dirigeant du prolétariat dans la révolution, sur linternationalisme prolétarien, la stratégie et la tactique de la lutte révolutionnaire, etc... Les contradictions entre le P.C.C., dirigé par Mao Tsé-toung, et le P.C.U.S., dirigé par Staline, ainsi que les contradictions entre le P.C.C. et le Komintern, ont été des contradictions de principe sur les questions fondamentales de la stratégie et de la tactique révolutionnaires marxistes-léninistes. Ainsi, par exemple, le Comité central du P.C.C. a ignoré la thèse du Komintern sur le développement correct et conséquent de la révolution en Chine, la directive que celui-ci avait donnée pour une action conjointe de la classe ouvrière dans les villes et de larmée de libération, les thèses du Komintern sur le caractère et les étapes de la révolution chinoise, etc. (41)»
Mao Tsé-toung et sa clique ont toujours exprimé leur mépris pour le Komintern et ses délégués en Chine, les qualifiant d«ignorants», de «grossiers », et les accusant de «ne pas connaître la réalité chinoise». Voilà pourquoi affirment-ils le Parti Communiste chinois jugeait inutile laide du Komintern.
Dans son discours à la Conférence de travail élargie du Comité central du Parti Communiste chinois en janvier 1962, Mao Tsé-toung a dit :
«Ce sont les Chinois qui ont connu la Chine en tant que monde objectif, et non pas les camarades du Komintern qui soccupaient de la question chinoise. Ces camarades ne connaissaient pas ou connaissaient peu la société, la nation et la révolution chinoises. Aussi pourquoi devrait-on parler ici de ces camarades étrangers (42) ? »
«Mao Tsé-toung écrit le camarade Enver Hoxha ne fait pas mention du Komintern quand il est question des succès. Par contre, quand il sagit des défaites et des déviations du Parti Communiste chinois, de lincompréhension du cours des situations en Chine et du fait quil nen a pas été tiré de justes déductions, il en rejette la responsabilité sur le Komintern ou sur ses représentants en Chine. Lui et dautres dirigeants chinois accusent le Komintern de leur avoir fait obstacle et de leur avoir compliqué les choses dans la conduite dune lutte conséquente pour la prise du pouvoir et la construction du socialisme en Chine. Mais les faits du passé, et surtout la réalité chinoise actuelle, prouvent que les décisions et les directives du Komintern pour la Chine ont été en général justes et que le Parti Communiste chinois na pas agi en se fondant sur les principes du marxisme-léninisme, ni dans leur esprit (43).»
Les quelques livres parus en Chine et consacrés à la révolution chinoise, ne parlent que très peu du Komintern, mais ils sinspirent tous de la "pensée Mao Tsé-toung". Lhistoriographie chinoise traite le développement et la perspective de la révolution chinoise sur la base des analyses que Mao Tsé-toung a faites de cette révolution et qui sont en complète opposition avec les orientations du Komintern et la critique conséquente marxiste-léniniste de principe de ce dernier à ladresse du Parti Communiste chinois. Pour lhistoriographie maoïste chinoise le Komintern aurait soi-disant suivi une ligne erronée dans la révolution chinoise, il na pas connu la Chine et a abouti, de ce fait, à des conclusions qui ont nui à cette révolution, dont toutes les défaites sont soi-disant dues aux prises de position erronées du Komintern. Lhistoriographie chinoise actuelle tend par là non seulement à minimiser et à nier, mais aussi à déformer et à falsifier les efforts continus du Komintern tant pour la création du P.C.C. que pour sa consolidation en tant que parti politique, même si le Parti Communiste chinois na jamais pu devenir un parti révolutionnaire marxiste-léniniste véritable.
Lhistoriographie chinoise a tenté de dé