Afghanistan: des communistes aux talibans

Pendant les années 60, le roi d'Afghanistan avait bien compris les avantages de la rivalité entre les USA et l'URSS. Le premier pays construisait une route, l'autre un aéroport, mais l'Afghanistan restait indépendant appliquant à son profit une réelle politique de non-alignement. Bien sûr, cet intérêt des deux superpuissances n'était pas sans arrières pensées. Pour l'Amérique, le malain plaisir de détruire l'influence de la Grande Bretagne, leur ancienne puissance coloniale et aussi celle cherchant à contrôler la Khiber Pass; pour l'Union soviétique, réaliser l'objectif de Catherine II, englober l'Afghanistan et poursuivre afin d'obtenir un accès à l'océan Indien. L'URSS a repris la politique impériale des Romanov sous couvert d'«internationalisme prolétarien».

Hélas, usant de rivalités dans la famille royale afghane, en 1974 Zaher Shah est écarté par Daoud alors qu'il était en vacances en Italie. La spirale du malheur s'enclenche, et le parti communiste, petit groupe, applique les méthodes de coup d'état de Lénine, financé par l'URSS, et s'empare du pouvoir d'état. Les chefs du parti communiste, le PDPA, sont Karmal, un aristocrate issu de la famille royale, qui appartient au KGB, Taraki et Amine qui n'hésitent pas à commettre de nombreux assassinats, même des familles entières sont massacrées. Le nouveau régime supprime les dettes rurales et les hypothèques sur les terres, il rend l'école obligatoire pour tous, et développe toute une propagande antireligieuse.

La politique du PDPA engendre la formation de plusieurs guérillas et pour soutenir le parti communiste un traité est signé en décembre 1978, par lequel l'Afghanistan devient officiellement un « satellite non-aligné » de l'URSS. Moins d'un an plus tard, les règlements de compte se multiplient dans l'appareil d'état et du parti: Amine élimine Taraki en septembre 1979 et procède au massacre de nombreux autres membres du PC. Pour soutenir son gouvernement fantôche, Moscou envoie ses troupes en décembre 1979. Amine est éliminé et remplacé par Babrak Karmal, le laquais de l'URSS. 10 ans de guerre mêlant conflits internes et combats contre l'envahisseur soviétique mettent ce paisible pays à feu et à sang. Le délicat équilibre entre ethnies et clans, roi et chefs locaux a volé en éclats. Le progrès promis par le pays de Lénine détruit un pays magnifique et dans l'ensemble heureux.

Ce tragique épisode où le communisme, au contraire de ses promesses d'avenir radieux, n'a apporté que misère individuelle et collective. Cette entreprise perverse de subversion et de destruction n'a pas pu avoir lieu et se poursuivre qu'avec la collaboration des partis et réseaux d'influence communistes qui ont appuyés l'invasion soviétique, caché ses crimes.

Bilan: un pays brisé, 15'000 morts soviétiques, 1,5 million de morts afghans et un million de réfugiés. Autant la guerre du Vietnam souleva l'indignation de la gauche, autant celle de l'Afghanistan se déroulera dans un silence complice, la tragédie du peuple afghan ne préoccupe pas le camp progressiste. Evidemment, quand c'est l'URSS, son KGB et son Armée rouge, qui agresse un petit pays pour soutenir un gouvernement fantôche, cela tranche avec les USA, sa CIA et ses GI's.

Le Monde du 26.11.1983, deux informations cachées par les média communistes ou crypto-communistes. La première sur les déserteurs de l'Armée rouge venu pour libérer le pays et l'habituel réglement de compte dans le parti populaire démocratique afghan qui, comme d'habitude n'est ni populaire et encore moins démocratique. De plus, la terreur rouge frappe.Toujours mentir, toujours tromper, c'est la base de tout parti communiste.

A gauche, Le Monde du 26.11.1983 relate les réglements de compte interne au parti communiste. A droite, A gauche, Le Monde du 30.11.1983, 3 Afghans condamnés à mort par un tribunal révolutionnaire

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