Cinéma et propagande: Good Night and Good Luck
Curieux que le film "Good Night and Good Luck" sorte en Europe au même moment où les parlementaires du Conseil de l'Europe examinent un rapport qui condamne les crimes des régimes communistes. En 2006, 50 ans après le rapport "secret" de Krouchtchev au XXIIe congrès du parti communiste de l'Union soviétique, ce serait enfin le moment.
Pourtant, un film essaie de stigmatiser la soi-disante "chasse aux sorcières" du sénateur Mc Carthy envers les sympathisants communistes américains qui agissaient en faveur de la Russie stalinienne. Il ne s'agit donc pas de sorcières mais de réelles personnes agissant pour une puissance étrangère.
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Au délà d'une critique sur la forme de ce film en noir et blanc, évitant ainsi un décalage entre les documents d'archives et des publicités de l'époque, le réalisateur nous focalise sur un combat entre McCarthy et Murrow en effaçant le contexte, ce qui est le comble quand on prétend à une objectivité journalistique. Or c'est justement ce contexte qui permettrait de sortir de ce huis clos entre le sénateur et le journaliste de la CBS, présenté comme le fossoyeur et le défenseur des libertés civiques. Derrière une apparence de défense de la liberté, ce film se révèle être une manipulation visant à innocenter les agents idéologiques de Staline dont le régime était la négation de la liberté, de la démocratie et des droits de l'homme. |
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Le contexte aux Etats-Unis, c'était le procès des époux Rosenberg coupables, sans aucun doute, d'avoir transmis les secrets de la fabrication de la bombe atomique, celui d'Alger Hiss.

Tout cela était l'indice de l'importante influence soviétique par un réseau de divers agents contrôlés par Moscou. Cette structure d'espionnage et de manipulation se composait de:
1) Le Parti Communiste Américain, le sommet de l'iceberg et ses relais dans des organisations syndicales ou culturelles. Il a compté jusqu'à 30'000 militants.
2) Les compagnons de route, nombreux dans les milieux artistiques et chez les libéraux (mot signifiant de gauche aux USA, ce qui est drôle quand ces "libéraux" militent pour Staline qui était tout sauf un libéral).
3) Les espions agissant pour la récolte d'information sur les politiciens, la défense et sur l'économie
4) Des agents d'influence rétribués comme le journaliste Durranty couvrant la réalité soviétique d'un rideau de désinformation. Ainsi, alors que des millions d'innocents mourraient de faim suite à une pénurie organisée par le parti communiste en 1932-33, Durranty faisait des articles pour faire croire que tout allait bien en URSS.
Alors, quand Ed. Murrow, dans le film Good Night and Good Luck affirme que 99% des personnes accusées par McCarthy n'étaient pas des communistes ou des sympathisants du parti communiste américain, c'est un énorme mensonge. Savoir si c'était 33 ou 55%, impossible de l'affirmer et pourtant la réponse se trouve dans les archives soviétiques, et curieusement aucune recherche n'a été effectuée. En effet, pourquoi aucun travail de recherches n'a-t-il été effectué dans les archives soviétiques? De peur de découvrir l'ampleur du réseau soviétique aux Etats-Unis, ce qui ferait passer les présidents américains, le FBI et la CIA pour des crétins?

Le parti pris de ce film de propagande pro-communiste n'utilise pas seulement la désinformation, la falsification et l'occultation du contexte de l'époque, mais utilise le pathos touchant au ridicule. Quand Murrow parle à son équipe dans un bureau exigu pour clamer que la terreur envahit la pièce, il est comme ces crétins de gauche qui dénonce la démocratie bourgeoise alors qu'ils savent pas ce que c'est de vivre dans la terreur.
Des témoignages sur les joies de la vie (en réalité misère et terreur) dans la démocratie socialiste, il y en a eu des milliers. Parmi ceux-ci, celui de Chostakovotich, le célèbre compositeur soviétique. Ce dernier avait composé l'opéra "Lady Macbeth" sur le thème qu'il est juste d'assassiner un tyran. Staline qui assistait à la première comprit l'allusion mais, comme d'habitude, ne réagit pas en critiquant le fond de l'oeuvre mais la forme. Quelques jours, par article, le "petit père des peuples" fit savoir que la musique était dissonante. En apparence, rien de bien méchant sauf que, peu après, Chostakovotich fut convoqué par la police. Au poste, il attendit tout un vendredi après-midi. Vers le soir, on lui dit que le policier qui l'avait convoqué était parti et qu'il pouvait rentrer chez lui. Depuis cet instant, Chostakovotich le raconta après la mort de Staline à un ami, toutes les nuits, il attendait vers cinq heures du matin, que la police vienne l'arrêter. Quel honnête citoyen des Etats-Unis a-t-il vécu un tel un cauchemar? Pour les citoyens soviétiques, c'était "normal".
Un des points forts du film de Clooney, c'est l'emphase contre la prise de position de McCarthy dénonçant le danger du parti unique avec des documents d'actualité. Ce serait la preuve de la noirceur du sénateur qui serait un apprenti dictateur. Ce thème du film tombe mal car sur ce point McCarthy, président de la sous-commission des affaires antiaméricaines avait entièrement raison. En effet, et c'est un des points communs entre le communisme et le fascisme, la vie politique se limite au parti unique avec l'interdiction de toute réelle vie démocratique. Les Etats-Unis d'Amérique ne sont pas une démocratie parfaite, mais c'est mieux qu'en URSS, sauf pour les "idiots utiles" et les communistes, ce qui est le plus souvent la même chose.
Il demeure de nombreuses questions que ce film se voulant éclairant "oublie". Parmi celles-ci, pourquoi le sénateur McCarthy n'a-t-il pas utilisé, pour montrer l'emprise du parti communiste et du Komintern aux USA, les nombreux agents communistes parmi les conseillers de Franklin D. Roosevelt? Même, l'amant de la femme du président américain était communiste.
Ed. Murrow était-il un naïf, un vaniteux qui voulait se payer McCarthy ou un sympathisant communiste? A cela, George Clooney, n'y répond pas. En avril 1954, Murrow pouvait avoir le bénéfice du doute, mais George Clooney, lui, ne peut ignorer les crimes de Staline et la réalité de la vie en URSS. Une forme d'amnésie sans doute?
En résumé, un film engagé, une manière de qualifier la propagande de gauche. Si c'était de la propagande de droite, cela serait-il un film dégagé?
Un autre film de propagande de George Clooney sort en ce moment: Syriana.
Il prépare un autre sur la chasse au sorcières que fut la "Grande révolution culturelle prolétarienne" qui fait des dizaines de millions de victimes!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
6 mars 2006.