Cinéma et propagande: "Good Night and Good Luck", un film négationniste des crimes communistes
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Curieux que le film "Good Night and Good Luck" sorte en Europe au même moment où les parlementaires du Conseil de l'Europe examinent un rapport qui condamne les crimes des régimes communistes. Et cela en 2006, exactement 50 ans après le rapport "secret" de Krouchtchev au XXIIe congrès du parti communiste de l'Union soviétique!. Pourtant, un film essaie de stigmatiser la soi-disante "chasse aux sorcières" du sénateur Mc Carthy envers les sympathisants communistes américains qui agissaient en faveur de la Russie stalinienne. Il ne s'agit donc pas de sorcières mais de réelles personnes agissant pour une puissance étrangère. Jules Dassin et des quirielles d'intellectuels ont soutenu dès les années 1920 l'URSS, taisant les crimes et massacres de masse dans la "patrie des travailleurs" et se faisant ainsi complices de l'horreur soviétique, horreurs contre le peuple, en fait, les peuples de Russie. Evidemment, Georges Clooney occulte totalement la tragédie des Soviétiques, conditionnés par une telle terreur, qu'ils applaudissent le "grand bourreau des peuples", Staline. La collectivisation (la réintroduction du servage), la Grande famine de 1932-33 et autres famines, la Grande terreur de 1937-38, Clooney, il ne connaît pas! |
Le contexte totalement évacué du film de Clooney:
- Arrêtés en 1950, les époux Rosenberg ont été exécutés le 19 juin 1953. Malgré la présentation par la CIA, le 10 juillet 1995, de la grande opération secrète de décryptage baptisée du nom de code « Venona » qui incriminait les Rosenberg, ils étaient encore présumés innocents par de nombreuses personnes . Mais en septembre 2008, Morton Sobell a reconnu, dans une interview au New York Times, qu'il avait bien espionné pour l'URSS et Julius Rosenberg aussi.
- 5 mars 1953, mort officielle de Staline
- la guerre de Corée finie, guerre déclenchée par la Corée du Nord avec l'accord de l'URSS et de la Chine populaire.
- la guerre dit froide, mais chaude dans l'empire soviétique et dans les pays sous sa coupe: arrestations, procès comme celui de Prague, mises à mort, déportation, etc
Tous ces idiots utiles servant l'URSS croyant à l'image totalement fausse d'une démocratie au service des travailleurs. McCarthy leur a rendu service. Quant aux libéraux américains, aucun n'agira pour aider les peuples prisonniers de l'empire soviétique, de la Chine populaire et d'autres dictatures communistes comme Cuba.
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Au délà d'une critique sur la forme de ce film en noir et blanc, évitant ainsi un décalage entre les documents d'archives et des publicités de l'époque, le réalisateur nous focalise sur un combat entre McCarthy et Murrow en effaçant le contexte, ce qui est le comble quand on prétend à une objectivité journalistique. Or c'est justement ce contexte qui permettrait de sortir de ce huis clos entre le sénateur et le journaliste de la CBS, présenté comme le fossoyeur et le défenseur des libertés civiques. Derrière une apparence de défense de la liberté, ce film se révèle être une manipulation visant à innocenter les agents idéologiques de Staline dont le régime était la négation de la liberté, de la démocratie et des droits de l'homme. |
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Il n'y avait donc que l'aveuglement ou la connivence idéologique pour nier la réalité de l'URSS et de son action impérialiste. L'illusion de la libération de l'Europe de l'Est par l'Armée rouge et la mise en place de régimes aux ordres de Moscou (un exemple parmi d'autres, 25 février 1948: le coup de Prague communiste) s'est faite par des purges et des déportations comme dans les 3 Etats baltes, l'établissement de la terreur, des procès dont seulement quelques uns ont été médiatisés (le procès Slansky se déroulant à Prague du 20 au 27 novembre 1952).
La mort de Staline le 5 mars 1953 n'a pas changé grand chose à part des règlements de comptes au sommet de la nomenklatura et en tout cas n'empêcha la répression sanglante de l'insurrection de Berlin-Est le 17 juin 1953. Les ouvriers de RDA croyaient que "le petit père des peuples" mort, ils pourraient obtenir un peu de liberté. Une illusion tragique et même mortelle!

la répression sanglante de l'insurrection de Berlin-Est le 17 juin 1953
Le contexte aux Etats-Unis, c'était aussi le procès des époux Rosenberg coupables, sans aucun doute, d'avoir transmis les secrets de la fabrication de la bombe atomique, celui d'Alger Hiss. Quand Clooney fait son oeuvre de propagande communiste, personne, sauf les malhonnêtes, croient que les Rosenberg étaient innocents.

Alger Hiss, un des milliers parmi les espions et agents de l'URSS aux Etats-Unis d'Amérique
Tout cela était l'indice de l'importante influence soviétique par un réseau de divers agents contrôlés par Moscou. Cette structure d'espionnage et de manipulation se composait de:
1) Le Parti Communiste Américain, le sommet de l'iceberg et ses relais dans des organisations syndicales ou culturelles. Il a compté jusqu'à 30'000 militants.
2) Les compagnons de route, nombreux dans les milieux artistiques et chez les libéraux (mot signifiant de gauche aux USA, ce qui est drôle quand ces "libéraux" militent pour Staline qui était tout sauf un libéral).
3) Les espions agissant pour la récolte d'information sur les politiciens, la défense et sur l'économie
4) Des agents d'influence rétribués comme le journaliste Durranty couvrant la réalité soviétique d'un rideau de désinformation. Ainsi, alors que des millions d'innocents mourraient de faim suite à une pénurie organisée par le parti communiste en 1932-33, Durranty faisait des articles pour faire croire que tout allait bien en URSS.
Alors, quand Ed. Murrow, dans le film Good Night and Good Luck affirme que 99% des personnes accusées par McCarthy n'étaient pas des communistes ou des sympathisants du parti communiste américain, c'est un énorme mensonge. Savoir si c'était 33 ou 55%, impossible de l'affirmer et pourtant la réponse se trouve dans les archives soviétiques, et curieusement aucune recherche n'a été effectuée. En effet, pourquoi aucun travail de recherches n'a-t-il été effectué dans les archives soviétiques? De peur de découvrir l'ampleur des réseaux soviétiques aux Etats-Unis, ce qui ferait passer les présidents américains, le FBI et la CIA pour des crétins totalement incompétents?

Le parti pris de ce film de propagande pro-communiste n'utilise pas seulement la désinformation, la falsification et l'occultation du contexte de l'époque, mais utilise le pathos touchant au ridicule. Quand Murrow parle à son équipe dans un bureau exigu pour clamer que la terreur envahit la pièce, il est comme ces crétins de gauche qui dénoncent la démocratie bourgeoise alors qu'ils savent pas ce que c'est de vivre dans la terreur d'un régime communiste, régime dont ils sont complices.
Dernier mais pas le moindre des arguments: l'action de McCarthy n'a tué personne, les communistes dénoncés ont parfois perdus un emploi, dû quitter les Etats-Unis, comme Charlie Chaplin, alors que dans les procès de Moscou, les accusés, tous condamnés, étaient fusillés dans les 48 heures.
Des témoignages sur les joies de la vie (en réalité misère et terreur) dans la démocratie socialiste (Le Vertige de Guinzbourg), il y en a eu des milliers. Parmi ceux-ci, celui de Chostakovotich, le célèbre compositeur soviétique. Ce dernier avait composé l'opéra "Lady Macbeth" sur le thème qu'il est juste d'assassiner un tyran. Staline qui assistait à la première comprit l'allusion mais, comme d'habitude, ne réagit pas en critiquant le fond de l'oeuvre mais la forme. Quelques jours, par article, le "petit père des peuples" fit savoir que la musique était dissonante. En apparence, rien de bien méchant sauf que, peu après, Chostakovotich fut convoqué par la police. Au poste, il attendit tout un vendredi après-midi. Vers le soir, on lui dit que le policier qui l'avait convoqué était parti et qu'il pouvait rentrer chez lui. Depuis cet instant, Chostakovotich le raconta après la mort de Staline à un ami, toutes les nuits, il attendait vers cinq heures du matin, que la police vienne l'arrêter. Quel honnête citoyen des Etats-Unis a-t-il vécu un tel un cauchemar? Pour les citoyens soviétiques, c'était "normal".
Un des points forts du film de Clooney, c'est l'emphase contre la prise de position de McCarthy dénonçant le danger du parti unique avec des documents d'actualité. Ce serait la preuve de la noirceur du sénateur qui serait un apprenti dictateur. Ce thème du film tombe mal car sur ce point McCarthy, président de la sous-commission des affaires antiaméricaines avait entièrement raison. En effet, et c'est un des points communs entre le communisme et le fascisme, la vie politique se limite au parti unique avec l'interdiction de toute réelle vie démocratique. Les Etats-Unis d'Amérique ne sont pas une démocratie parfaite, mais c'est mieux qu'en URSS, sauf pour les "idiots utiles" et les communistes, ce qui est le plus souvent la même chose.
Il demeure de nombreuses questions que ce film se voulant éclairant "oublie". Parmi celles-ci, pourquoi le sénateur McCarthy n'a-t-il pas utilisé, pour montrer l'emprise du parti communiste et du Komintern aux USA, les nombreux agents communistes actifs parmi les conseillers de Franklin D. Roosevelt? Même, l'amant de la femme du président américain était communiste.
Ed. Murrow était-il un naïf, un vaniteux qui voulait se payer McCarthy ou un sympathisant communiste? A cela, George Clooney, n'y répond pas. En avril 1954, Murrow pouvait avoir le bénéfice du doute, mais George Clooney, lui, ne peut ignorer les crimes de Staline et la réalité de la vie en URSS. Une forme d'amnésie sans doute?
En résumé, un film engagé, une manière de qualifier la propagande de gauche. Si c'était de la propagande de droite, cela serait-il un film dégagé? Peut-être que Clooney préparerait un autre film sur la chasse au sorcières que fut la "Grande révolution culturelle prolétarienne" qui fait des dizaines de millions de victimes ou sur la Grande terreur de 1937-38? On peut toujours rêver, mais il faut constater que la vraie histoire des régimes communistes, défunts ou actuels, est ignorée par la majorité des gens, conséquence d'un complot mondial permanent: l'histoire du XXe siècle "oublie" curieusement Lénine, Staline et les autres!.
6 mars 2006.
Sur http://www.cuk.ch/articles/2902, Anne Cuneo encense le film dans un article du 7 février 2006 et intitulé George Clooney: pour la liberté de penser, liberté interdite dans tous les régimes communistes, ce qui n'a jamais dérangé l'auteur.