L'impérialisme communiste se déguise en "solidarité". Et quel progrès a engendré l'intervention des troupes cubaines: l'Angola pillée par une clique, le Congo idem sans parler de Mugabe, des millions d'Africains victimes des socialistes. Cela, évidemment, l'auteur de cet article l'oublie! De plus, Mandela n'était pas l'oie blanche qu'on a présenté, l'ANC et lui-même était des pro-communistes.
Quant au rôle de l'URSS, elle est également oubliée. C'est l'histoire semi-amnésique!
Néanmoins, ce documentaire de Jihan el-Tahri révèle le dessous des cartes dont l'activisme du duo Castro-Guevara.
Le rêve africain de Castro
CUBA - 23 septembre 2007 - par TSHITENGE LUBABU M.K.
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN23097lerveortsac0
De lexpédition de Guevara au Congo à la victoire des marxistes en Angola, trois heures dimages passionnantes sur lépopée des Cubains au sud du Sahara. Le film vient de sortir en DVD.
Première séquence: La Havane, juillet 1991. Sur un balcon, deux hommes saluent une foule de plusieurs milliers de personnes scandant des slogans, agitant banderoles et drapeaux. Lun des hommes porte une saharienne claire, lautre une tunique vert olive. Ils se regardent, complices, sourient, avant de se donner une chaleureuse accolade. Le monsieur en blanc sappelle Nelson Mandela. Pour son premier voyage à létranger depuis sa libération, en février 1989, il a choisi Cuba, où le reçoit Fidel Castro.
Deuxième séquence: les deux hommes sont dans un salon. Mandela, vêtu dune de ses célèbres chemises amples, est debout. Face à lui, assis dans un canapé, en costume-cravate, Castro. À côté, une interprète. Lancien détenu de Robben Island parle: « Avant toute chose, vous devez me dire quand vous viendrez en Afrique du Sud. Nous avons reçu la visite de tas de gens. Et vous, qui nous avez aidés à entraîner nos combattants, qui avez financé notre lutte pour quelle puisse continuer, qui avez formé nos médecins, etc., vous nêtes jamais venu chez nous »
Cest par ces moments forts que débute Cuba, une odyssée africaine, documentaire réalisé par lÉgyptienne Jihan el-Tahri. Trois heures dimages inédites, de témoignages recueillis auprès des principaux acteurs de la guerre froide et de lintervention militaire cubaine en Afrique. La première partie du film traite essentiellement des rapports du Congo avec les Cubains à travers le personnage de lArgentin Ernesto « Che » Guevara, compagnon de lutte de Castro.
Point de départ, le 30 juin 1960. Le Congo devient indépendant. À Léopoldville, aujourdhui Kinshasa, Baudouin, roi des Belges, passe le flambeau. Son discours est plus que paternaliste. Joseph Kasa-Vubu, le président congolais, lui répond avec une courtoisie forcée. Le Premier ministre Patrice Lumumba, qui nétait pas prévu au programme, sinvite à la tribune. Son allocution est une charge en règle contre la colonisation belge. Un crime de lèse-majesté.
La crise congolaise vient de commencer. Les événements senchaînent : mutinerie de la Force publique, intervention de larmée belge, sécession de la province du Katanga
Le gouvernement congolais, naïf, demande aux États-Unis de venir laider à déloger larmée belge. Mais le voyage de Lumumba à Washington est un fiasco: les Américains le trouvent « imprévisible et difficile ». Il se tourne alors vers Moscou. Le télégramme destiné à Nikita Khrouchtchev, le numéro un soviétique, tombe entre les mains du chef de lantenne de la CIA à Léopoldville. Pour les Américains, Lumumba est communiste. Il faut léliminer. Un dessein également nourri par les Belges, qui nont pas oublié loffense au roi.
À Cuba, où les barbudos sont au pouvoir depuis un an, lactualité du Congo est suivie avec beaucoup dintérêt. Parlant à la tribune des Nations unies, Ernesto « Che » Guevara évoque le «cas douloureux du Congo, unique dans lhistoire du monde moderne», qui « montre comment on peut bafouer, dans limpunité la plus absolue, avec le cynisme le plus insolent, le droit des peuples ». En 1961, Lumumba est exécuté au Katanga. Trois ans plus tard, en décembre 1964, Guevara entreprend une tournée africaine et visite les capitales considérées comme révolutionnaires: Accra, Alger, Conakry, Brazzaville
Au Congo, les lumumbistes ont pris les armes contre le gouvernement. Les Cubains décident de les soutenir. Ce sera lobjet du second voyage du Che en Afrique. En avril 1965, avec la barbe en moins et incognito, il débarque, via la Tanzanie, accompagné dune poignée dhommes, sur le front est de cette rébellion, dirigée par Gaston Soumialot et Christophe Gbenye, et dans laquelle un certain Laurent Kabila fourbit ses premières armes. En fait de combattants, les instructeurs cubains trouvent des gens mal préparés, mal entraînés, mal encadrés et sans rigueur. Au bout de quelques mois, les internationalistes nont plus quun choix : plier bagage. Adieu le Congo.
La deuxième partie du documentaire de Jihan el-Tahri est consacrée aux rapports entre Cuba et lAngola. Les premiers contacts entre les deux pays remontent à 1964, lorsque le Che rencontre à Brazzaville les dirigeants du Mouvement populaire de libération de lAngola (MPLA), qui ont été chassés de Léopoldville. Résultat de cette rencontre, Cuba envoie à Agostinho Neto, le leader du MPLA, une division entière. Mais pendant dix ans, les colonnes mixtes angolo-cubaines, qui mènent la lutte à partir du Cabinda, ne connaissent aucune avancée territoriale significative. Si bien que, en 1974, au moment où survient au Portugal la « révolution des illets », qui met fin à la dictature salazariste, le MPLA, face à ses frères ennemis du Front national de libération de lAngola (FNLA) et de lUnion nationale pour lindépendance totale de lAngola (Unita), est en position de faiblesse militaire. En novembre 1975, une chose est claire pour tous : le pouvoir reviendra à celui qui contrôlera Luanda, la capitale.
Du nord, les forces du FNLA, soutenues par larmée zaïroise, progressent vers Luanda. Du sud, celles de lUnita, appuyées par les Sud-Africains, avancent dans la même direction. À Luanda, Neto, sans moyens de défense, court le risque dêtre pris en étau. Ses ennemis ne sont plus quà 30 km de la capitale. Soudain, un éclair : il demande à Fidel Castro de voler à son secours. Le dirigeant cubain ne se fait pas prier. Il saute sur loccasion de réaliser ce quil navait pu faire au Congo. Sans en référer à Moscou, comme nous lapprend le film, il dépêche 35'000 hommes en Angola. La puissance de feu de leurs orgues de Staline est terrifiante. Cest la débandade dans les rangs du FNLA, de lUnita, chez les Zaïrois et les Sud-Africains. Le 15 novembre, Neto, victorieux, proclame lindépendance de lAngola.
Lapparition des Cubains sur la scène angolaise aura beaucoup de conséquences: lanéantissement du FNLA, la déroute de lUnita, le désarroi et linquiétude des Sud-Africains. Dautant que le Congrès américain a décidé de ne plus donner le moindre sou à la Maison Blanche pour le financement des opérations secrètes contre Luanda. Il faudra attendre 1981 et lélection de Ronald Reagan pour que la donne change. Grâce à un lobbying bien organisé par les Sud-Africains, Jonas Savimbi, le chef de lUnita, devient la nouvelle carte américaine en Angola. Puissamment armé, il tient tête à larmée angolaise et aux Cubains. Jusquà cette bataille de Cuito Canavale, en 1987, qui est un désastre pour la coalition angolo-cubaine. Castro envoie des troupes supplémentaires. Mais limpasse est évidente pour tout le monde. Il faut dialoguer.
Ainsi commence une série de négociations entre Angolais, Cubains, Sud-Africains, Américains. Au cur du débat : le retrait des troupes cubaines dAngola et de larmée sud-africaine de Namibie. Voilà comment lAfrique du Sud, affaiblie, accepte ce compromis, qui conduira à lindépendance de la Namibie et, dune certaine manière, à leffondrement de lapartheid. En 1988, les Cubains quittent lAngola. Dix mille dentre eux sont morts sur le terrain.
Jihan el-Tahri a mis trois ans pour réaliser ce film. Pourquoi ce sujet ? « Jestime que jai le droit de mapproprier lhistoire de mon continent, ma propre histoire, répond-elle. Si vous appelez cela du militantisme, pourquoi pas ? » Sa chance, cest surtout davoir rencontré des gens « contents de parler dune époque de rêve, de gloire pour eux ». Son documentaire est passionnant, même si le chapitre historique quil retrace a été particulièrement sanglant.