Le "beau" monde qui soutient la dictature castriste:
- Xavier Declercq, Directeur Mobilisation, Oxfam-Solidarité
- Perez de Cuellar, Secrétaire général des Nations unies de 1982 à 1991
- Louis Michel, Commissaire européen, a donné forme aux relations diplomatiques européennes avec Cuba.
- Marc Bossuyt a présidé la Commission des droits de lhomme des Nations unies
Ni enfer, ni paradis. Les droits humains à Cuba
Le fait quOXFAM-Solidarité publie un cahier consacré aux droits humains à Cuba peut surprendre. Nest-ce pas plutôt le domaine dorganisations comme Amnesty International ? En fait, la publication de ce cahier vise à rompre avec le débat classique et souvent superficiel qui entoure Cuba, sans pour autant fermer les yeux face aux problèmes réels.
Xavier Declercq, Directeur Mobilisation, Oxfam-Solidarité, Dossier Cuba, Date: 16-06-2007
http://www.cuba-si.ch/index.php?lang=fr&site=1&ID=316
La première partie de ce cahier offre une introduction au thème des droits humains. Quels sont ces droits ? A qui sont-ils destinés ? Comment sont-ils abordés au sein des Nations unies ? Le concept des droits humains couvre un très vaste domaine. Ces droits se retrouvent souvent au centre de lactualité lorsquil est question de peine de mort, de journalistes emprisonnés, dassassinats de syndicalistes ou de disparitions dactivistes. Mais les autres facettes de ces droits entrent rarement en ligne de compte. Quand les citoyens ont-ils loccasion de voir un reportage sur le problème de laccès à leau potable découlant des vagues de privatisations imposées par lOrganisation mondiale du commerce ou le Fonds monétaire international ? De telles thématiques cadrent rarement avec lacception que lon se fait généralement des droits humains...
Pourtant, le droit au développement existe bel et bien au sein des Nations unies. La Déclaration universelle des droits de lhomme (1948) pose comme principe de base lindivisibilité et luniversalité de toutes les catégories de droits humains. Cela signifie quune personne na pas seulement droit à la liberté dexpression, mais aussi - par exemple - à des services sociaux de base. Les Nations unies stipulent que les droits socioéconomiques doivent être garantis par les Etats. Mais en pratique, ces droits sont soumis à la loi de loffre et de la demande sur le marché international. Lobligation de respecter ces droits pâtit dun retard considérable par rapport au respect de la première génération des droits humains, à savoir les droits politiques individuels. Des organisations comme Oxfam-Solidarité, qui travaillent autour de thèmes comme lalimentation, laccès aux médicaments, à lenseignement ou à leau, inscrivent aussi leur travail au coeur du débat sur les droits humains. Il est donc logique que nous nous exprimions sur ce sujet.
La deuxième partie décrit comment Cuba sest retrouvée sous le feu des critiques internationales depuis le milieu des années 1980. Il règne depuis une grande polarisation au sein des médias et des institutions internationales, et toutes les occasions sont bonnes pour recourir au thème des droits humains à des fins politiques.
Paradoxe : Cuba se trouve sur la liste noire de la Commission des droits de lhomme des Nations unies alors que les rapports des Nations unies ne le justifient pas. Au contraire même. Perez de Cuellar, Secrétaire général des Nations unies de 1982 à 1991, a confirmé dans un rapport de 1991 que Cuba nétait pas responsable de violations flagrantes, massives et systématiques des droits humains. Mais ce constat na pas empêché que Cuba apparaisse, quelques jours plus tard, sur la liste noire. Est-ce un hasard si les Etats-Unis avaient déclaré, juste avant la remise du rapport, que ce dernier ne pourrait en aucun cas se révéler positif ?
La politisation du dossier cubain et le lien avec le thème des droits humains a fortement contribué à affaiblir de la crédibilité de la Commission des droits de lhomme des Nations unies. Lors du sommet de lONU de septembre 2005, la Commission a été réformée en un Conseil, mais le projet entourant ce nouveau Conseil des droits de lhomme a tout sauf réussi. Actuellement, les rapports de force internationaux ne sont pas à même dimposer des réformes qui pourraient conduire à davantage dindépendance.
La troisième partie livre un aperçu des organisations judiciaires cubaines. Bien entendu, dans le cadre de ce cahier, il nous était impossible de réaliser une étude approfondie sur les différents aspects ayant trait à la sécurité juridique à Cuba. Tout le monde reconnaît, et les Nations unies en premier lieu, que le respect des droits socio-économiques à Cuba est dun niveau tout à fait exceptionnel.
Cest pourquoi, dans ce chapitre, nous napprofondirons pas ce sujet, que nous considérons comme acquis par les lecteurs. Nous abordons donc dans cette partie quelques points relatifs à la première génération des droits humains : les droits politiques individuels.
La quatrième partie décrit le rôle et les pratiques des organisations de la société civile cubaine. A tous les niveaux, le contexte national et international a une grande influence sur lévolution, le respect ou la violation des droits. Cette partie fait référence à Larène de la société civile car cest à une véritable une fosse aux lions que lon a affaire dans le contexte cubain. Il suffit pour sen rendre compte de voir les millions de dollars mis à disposition des organisations non gouvernementales par le gouvernement des Etats-Unien, dans le seul but de saper le régime cubain de lintérieur.
Les questions sont nombreuses. Peut-on parler dune société civile à Cuba ? Les organisations cubaines ne sont-elles quun appendice du régime ? Dans quel contexte national et international travaillent-elles ? Les ONG internationales légitiment-elles le régime cubain ? Comment réagissent les autorités cubaines face à lexistence dune société civile ? Et quel rôle joue lUnion européenne à ce niveau ?
La cinquième partie aborde un certain nombre de thèmes controversés. Très souvent, Cuba apparaît au centre de lactualité à cause de nouvelles violations des droits humains. Ce chapitre se penche donc sur quelques-unes des accusations émises ces dernières années. Les thèmes de lhomosexualité, de la peine capitale, de laccès à Internet ou du droit à la dissidence seront traités plus en profondeur. Au final, il apparaît que Cuba nest pas un paradis, mais nest certainement pas un enfer. Les restrictions concernant les libertés individuelles et politiques sont surtout dues à une situation internationale très tendue.
Nous concluons ce cahier avec linterview de deux témoins privilégiés, Louis Michel et Marc Bossuyt. En tant que Commissaire européen, Louis Michel a donné forme aux relations diplomatiques européennes avec Cuba. Marc Bossuyt, pour sa part, a présidé la Commission des droits de lhomme des Nations unies et connaît donc cet organe mieux que quiconque.