Raul Castro organise répression et manifestation contre les "Dames en blanc", épouses de détenus politiques

Selon l'AFP le 10 décembre 2009: Un indice que le pouvoir craint une révolte populaire? D'habitude à Cuba, comme dans tous les régimes communistes, la répression quotidienne, la délation et l'intimidation suffisent à étouffer la contestation. Cuba, combien de prisonniers politiques?


Cuba : des centaines de partisans du pouvoir conspuent les "Dames en blanc"

LA HAVANE | Quelques centaines de partisans du pouvoir cubain ont conspué jeudi des épouses de détenus politiques rassemblées à La Havane pour la journée mondiale des droits de l'Homme, et empêché une autre manifestation pour laquelle une dizaine de dissidents ont été interpellés.


© AFP | Manifestation de partisans du pouvoir cubain, le 10 décembre 2009 à La Havane

AFP | 10.12.2009 | 22:17

Une quarantaine de "Dames en blanc", épouses ou proches de prisonniers politiques, ont été conspuées en pleine rue par des partisans du gouvernement de Raul Castro alors qu'elles marchaient vers le centre de la capitale pour réclamer la libération des prisonniers politiques, a constaté un journaliste de l'AFP.

"A bas les Yankees!", "mercenaires!", "la rue appartient aux révolutionnaires!", "Vive Fidel et Raul!" scandaient, le poing levé, les partisans du pouvoir aux dissidentes. Ces dernières étaient escortées par des agents en civil venus "assurer leur protection".

La veille, une manifestation semblable s'était déroulée contre les "Dames en blanc" à La Havane, sans qu'il n'y ait de blessés ou de d'arrestations.

Mais dans le quartier havanais du Vedado, une dizaine de dissidents qui s'apprêtaient également à manifester jeudi pour la journée internationale des droits de l'Homme ont été, eux, interpellés par des policiers en civil, a constaté un journaliste de l'AFP. Les policiers ont fait monter de force dans des véhicules civils les dissidents qui ont été conspués par des partisans du gouvernement, selon ce journaliste. Les interpellations de dissidents dans des circonstances semblables ne durent en général que quelques heures.

Récipiendaires du Prix Sakharov 2005 du Parlement européen, les "Dames en blanc" avaient organisé une marche non autorisée pour "demander la libération de tous les prisonniers politiques", au nombre de 200 selon la dissidence, a déclaré une de leurs leaders, Laura Pollan, dont le mari Hector Maceda purge une peine de 20 ans de prison. M. Maceda fait partie du groupe de 75 dissidents cubains arrêtés en mars 2003, dont 53 restent sous les verrous.

Les autorités cubaines considèrent les opposants comme des "mercenaires" ou des "agents" à la solde de leur ennemi déclaré, les Etats-Unis.

Fait rarissime, la télévision cubaine a rendu compte de la manifestation de jeudi de militants pro-gouvernementaux contre des "contre-révolutionnaires".

Cuba, dirigé par un parti unique, le Parti communiste, est régulièrement accusé par des ONG européennes ou américaines de bafouer les droits et libertés, notamment d'expression.

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