La face cachée du Che de Jacobo Machover
L'Humanité qui a toujours cette dictature continue sa longue désinformation au servic du régime castriste: La Face cachée du Che, ou la caricature sous le masque de lhistoire.
Un article du Temps qui noie le poisson: Quarante ans après la mort du Che, ses anciens compagnons se souviennent
La Face cachée du Che, ou la caricature sous le masque de lhistoire.
Par Patrick Bard, écrivain, photographe ((*) Auteur des Routes du Che. Éditions du Seuil, 2007.)
http://www.humanite.fr/2007-10-11_Tribune-libre_La-Face-cachee-du-Che-ou-la-caricature-sous-le-masque-de-l
Lomniprésence télévisuelle de Jacobo Machover, auteur de la Face cachée du Che, nest guère surprenante dans le climat de servilité ambiante des zélateurs dun régime pressé den finir avec les héritages de 68. Nous devons pourtant à la vérité de dénoncer limposture dun livre où la caricature avance masquée sous le visage de lhistoire [ LE LOUP QUI CRIE AU LOUP]. Dans son ouvrage, J. Machover nous décrit un Guevara tortionnaire, stalinien. Il dénonce un mythe forgé par une photographie et par laveuglement des intellectuels, particulièrement des Français. Faux. De son vivant déjà, la moindre apparition publique de lArgentin provoque des émeutes. Il suffit de revoir son intervention en Algérie, précédée dinterminables minutes dapplaudissement, pour le comprendre. [CELA NE REPOND A LA QUESTION!] Mythique, il lest alors car la révolution cubaine fait encore rêver. [A LA PLACE DU COLONEL FABIEN, ET ENCORE] Parce quil en est lambassadeur incorruptible. La complaisance française, voilà bien lautre cheval de bataille de Machover. Il accuse Pierre Kalfon de minimiser le rôle de Guevara dans les exécutions prononcées par les tribunaux révolutionnaires, alors que début 59, le Che commandait la forteresse de la Cabana, à La Havane. Faux encore. Citons Kalfon dans sa biographie du Che: « Guevara, dans son intransigeance radicale à la Saint Just, a veillé au bon déroulement des exécutions sans guère éprouver détat dâme.» Les exécutions, morceau de bravoure dun livre qui détaille par le menu les turpitudes du Dr Guevara et de M. Che savourant avec un zèle sadique le spectacle de la mort ? Le témoin de la scène sappelle Dariel Alarcon Ramirez, dit Benigno, compagnon de combat de Guevara, réfugié à Paris depuis 1996. [POURQUOI LE COMPAGNON DU "HEROS" DOIT-IL SE REFUGIER A PARIS?] Benigno est cité tout au long du livre. Sur le Congo, sur la peur que lui inspira le Che. Problème. Sil ne fait aucun doute que lhomme combattit jusquau bout aux côtés du Che en Bolivie, il napparaît sur aucune photographie, aucun rôle de la guérilla cubaine au Congo. Pour le Mexicain Paco Ignacio Taïbo II, sa présence y est plus quincertaine. Plus troublant, il y a quelque mois, jai réalisé avec Benigno un entretien filmé, enregistré, devant témoins. Il y parle de ladmiration quil a pour le Che. À qui Benigno dit-il la vérité ? Jamais au demeurant Machover ne nous éclaire sur ce qui motiva les peines capitales. Je rappellerai lépisode de cette femme de Sancti Spiritus qui, voyant des sbires de Batista abattre des enfants cachés dans un arbre, leur désigna un gamin planqué dans les branches et quils avaient négligé. Lorsque de tels individus comparurent devant les tribunaux révolutionnaires, ils ne connurent guère la clémence. Mais Guevara nexerça aucune magistrature, dans aucun tribunal. Pour en finir avec laura dintellectuel du Che, Machover lui impute les tourments infligés à Padilla, un auteur emprisonné par le régime cubain en 1971. Guevara était mort depuis quatre ans ! Lhistoire a posteriori est le péché mortel de lhistorien
Enfin vient la controverse avec Leon Felipe, grand poète espagnol exilé au Mexique, qui toujours aurait refusé de rencontrer le Che en raison de son intransigeance idéologique. Faux, encore et toujours. Guevara et Felipe se sont rencontrés, à Mexico, en 1956, devant un témoin peu suspect de complaisance, Ricardo Rojo, qui sattarde sur lanecdote des semelles également trouées des deux hommes. Elle est interminable, la liste des erreurs, allégations, exagérations de louvrage de monsieur Machover, à qui nous donnons cependant acte que nous navons à ce jour aucun indice dune quelconque divergence politique entre Castro et le Che. Lun a duré, lautre sest consumé. Nous lui donnons acte de ce que nous savions déjà par le Che lui-même. Il abattit bien Eutimio Guerra qui livrait au camp de Batista des informations sur la guérilla. Notre propre histoire, celle de la Résistance française, nous la appris. En temps de guérilla, les traîtres sont promptement jugés et exécutés. La belle révélation que voilà ! Toute mise en oeuvre de la peine de mort est un crime. Notre pays a connu suffisamment de révolutions violentes et dépurations pour réduire notre naïveté. La justice révolutionnaire peut être expéditive. Elle peut broyer, aux côtés des anciens bourreaux, dinnocentes victimes de la rumeur. Nous navons pas pour autant renoncé à 1789, ni aux acquis de la Libération. Ernesto Guevara fut homme de chair et dos, perfectible, forgé par des circonstances que nous voudrions dun autre temps. Il aima combattre. Lasthmatique appréciait ladrénaline. La modestie et lhonnêteté sont nos devoirs devant lhistoire. Replaçons celle-là dans son contexte. Celui dune époque où la France elle-même croyait aux vertus de la guillotine, où Bastien Thierry qui avait raté de Gaulle lors de lattentat du Petit-Clamart fut guillotiné. Nous avons rencontré Eduardo Torrico, membre des forces spéciales boliviennes qui combattirent le Che en 1966-1967. Nous le laisserons conclure: « Nous ne craignions pas dêtre capturés par le Che. Il avait la réputation de traiter ses prisonniers avec humanité. » Il est loin, le cool killer de Machover.
EN PLUS DE "CON COMME COMMUNISTE" NE PAS OUBLIER MENTEUR COMME UN COCO!
Quarante ans après la mort du Che, ses anciens compagnons se souviennent
Le commandant mythique avait également des facettes plus sombres, selon les personnes qui l´ont côtoyé durant la révolution Photo: Keystone
CUBA. L'image chevaleresque du commandant au béret étoilé est écornée dans un livre de l'exilé cubain Jacobo Machover. Les derniers combattants de la révolution se rappellent surtout des difficiles conditions de vie. Reportage.
Le Temps, International, Article Hector Lemieux, Santa Clara, Samedi 6 octobre 2007
http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&article=216421
«Che Guevara et Fidel Castro sont les deux faces d'une même monnaie: celle d'une sanglante utopie», écrit Jacobo Machover, dans son dernier livre, La face cachée du Che. Ce maître de conférences à l'Université d'Avignon écorche le mythe guevariste: «Innombrables sont les intellectuels qui ont chanté le Che, sans avoir lu une seule ligne de lui.» Jacobo Machover retrace sans complaisance l'itinéraire du révolutionnaire argentin. Il rapporte les mots du Che lors de son arrivée à Cuba en décembre 1956: «Me voici dans la jungle cubaine, vivant et assoiffé de sang.»
Aux débuts de la révolution, en janvier 1959, Ernesto Guevara est chargé des centaines d'exécutions d'opposants à la forteresse de la Cabana, à La Havane. «Ne faites pas traîner les procès», ordonne alors l'exécuteur en chef. En 1964, à la tribune de l'ONU, il tonne: «Nous avons fusillé; nous fusillons et nous continuerons de fusiller tant qu'il le faudra.» Si Machover ne livre pas de scoop sur le Che, ni de témoignages chocs, il explore toutes les facettes d'un personnage dont l'image a été embellie après sa mort. A Cuba, le mythe reste quasi intact et les anciens compagnons du Che se gardent bien de l'écorner.
«Il se tenait à l'écart»
Rencontre à Santa Clara, où le commandant de Fidel Castro remporta la bataille décisive de la guerre contre les troupes de Fulgencio Batista, le 29 décembre 1958. Depuis 1997, les restes du révolutionnaire tué en Bolivie le 9 octobre 1967 y reposent au cur d'un mausolée stalinien. «Le Che n'était pas un homme bavard, en tout cas pas avec nous. Le soir, lorsque nous étions dans le maquis, il repassait son uniforme ou il nettoyait ses affaires. Il se tenait à l'écart et il ne faisait jamais de grands discours», confie Narciso Tamayo, l'un des quatre derniers hommes encore en vie à avoir combattu avec Ernesto Guevara dans la région de Santa Clara.
Il est 8 heures, dimanche matin à la Casa de Los Combatientes (la maison des combattants, ndlr). Il y a là Antonio, l'ancien d'Angola, un grand Noir squelettique. Surnommé El Commandante, il sert de copieuses rasades de rhum dans des écuelles de fer cabossées. «Le Che? Tout a déjà été dit sur le Che», s'étonne Ramon Fonseca, 71 ans, un vétéran de la colonne de Fidel Castro. Une photo du Che flotte au-dessus des têtes, avec une inscription manuscrite à l'encre rouge: «La révolution se fait à travers les hommes, mais l'homme doit forger jour après jour son esprit révolutionnaire.»
Originaire de la province de Granma, Narciso Tamayo, 75 ans, a rejoint Guevara en août 1958, lorsque celui-ci a quitté la Sierra maestra avec environ 200 hommes pour envahir le reste du pays. Mayo, comme l'appellent ses amis, se souvient: «Le plus dur, c'était la faim. C'était dix fois pire que pendant la période spéciale (les années qui ont suivi la chute de l'URSS, ndlr)». Ramon Fonseca souligne: «Nous n'avions pas le droit de toucher à la nourriture des paysans, de faire des razzias. Fidel nous l'interdisait et c'était la même chose pour le Che.»
Jeunesse désabusée
Si l'ancien guérillero jure que les Cubains soutenaient la révolution, Mayo est plus modéré: «La population de Santa Clara est restée tranquille, sauf lors de la dernière bataille. Le Che était là avec dix-huit combattants. Ils ont fait dérailler le train blindé des forces de la tyrannie. La population était avec nous. Le plus dur, c'était avant.»
Ramon Fonseca se souvient de ses longues marches pendant onze mois dans la colonne de Fidel. Mayo réajuste son élégante casquette blanc et bleu: «A 25 ans, j'étais un peu plus vieux que les autres. Les combattants qui rejoignaient le Che étaient âgés de 15 ou 16 ans. Le Che nous disait: «Réfléchissez bien. Ce ne sera pas une partie de danse.» Je n'ai jamais eu peur.»
Rodrigo (nom fictif, ndlr), 79 ans, qui a aussi été aux côtés de Che Guevara, a combattu dans la colonne de Camillo Cienfuegos pendant près de cinq mois. Cet ingénieur retraité déclare: «Les soldats recevaient un salaire. Nous défendions une cause en laquelle nous croyions. Nous ne pouvions que gagner. Mon père avait une petite usine. Nous n'étions pas pauvres, mais le régime de Batista était horrible. Je me suis engagé lors des derniers mois.»
Rodrigo laisse prudemment entendre qu'il y a un fossé entre la révolution et le communisme: «Je ne suis pas communiste. Je suis révolutionnaire.» Ramon et Mayo en sont persuadés: «La jeunesse est toujours derrière la révolution. L'avenir est assuré.» Le discours est tout autre chez les jeunes. Junia (nom fictif, ndlr), 25 ans, rencontrée dans un parc ombragé de Santa Clara, est moins enthousiaste: «Il n'y a aucun avenir dans ce pays. Ma mère m'a dit: «Si un étranger te propose de t'épouser, pars! N'importe où et avec n'importe qui.» De Santiago à La Havane, ces paroles sont devenues une rengaine chez une jeunesse désabusée.