Le communisme promet un avenir radieux mais engendre le pire

Michel Contat, le paradigme de l'«idiot utile» qui a gobé tout cru le masque trompeur des psychopathes bolchéviks, tous les pires ennemis du peuple, et qui, refusant de reconnaître sa bêtise, à persisté toute sa vie et continuant à servir les bourreaux du peuple comme les frères Castro contre le peuple! Avec ses «amis» gauchistes ou communistes Michel-Antoine Burnier, Claude Goretta, Freddy Buache, etc… Et comme le communisme ne peut tenir ce qu'il a promis, tout régime communiste fonctionne par la terreur d'état, en fait du parti-état, liquidant de manière préventive toute embryon d'opposition!


L'éminence sartrienne, un Vaudois de Paris

Pour Michel Contat, l'écrivain existentialiste ne s'est pas trompé autant qu'on l'a prétendu. Et Raymond Aron n'avait pas raison sur tout.

L'Hebdo; 28.09.2006
http://www.hebdo.ch/leacuteminence_sartrienne_un_vaudois_de_paris_23909_.html

PASSION Avec Michel-Antoine Burnier, il signe à la fois le scénario d'un téléfilm, «Sartre, l'âge des passions», et le récit «Sartre, roman». Michel Audétat raconte comment, depuis un demi-siècle, l'écrivain occupe la vie de ce Lausannois de Paris.

Pour qui a fréquenté le Gymnase du Belvédère, à Lausanne, dans la seconde moitié des années 70, le nom de Michel Contat apparaissait encore nimbé de prestige. D'une volée à l'autre se transmettait l'histoire de ce professeur de français renvoyé pour cause de gauchisme, et qui s'en alla à Paris où il prit une revanche sur notre médiocrité provinciale en devenant le secrétaire de Jean-Paul Sartre. L'imagination embellissait. On se figurait Michel Contat comme une sorte de numéro 2 (ou de numéro 3, après Simone de Beauvoir) dans l'ombre immense de l'écrivain qui se révélait alors plus révolté que jamais. C'était un peu comme si le grand vent de l'Histoire avait soufflé jusque dans ces salles de classe somnolentes.

A vrai dire, la réalité est plus modeste. En 1971, il y eut bien une «affaire Contat» autour de ce jeune professeur soupçonné d'activités trotskistes que ses élèves avaient soutenu aux cris de «Contaminons l'école!». Mais il n'était pas subitement devenu le «secrétaire de Sartre»: «J'ai été engagé à la revue Les Temps modernes pour faire un travail de secrétaire de rédaction payé à la pige. Je préparais les copies, je relisais les épreuves, et je rewritais lorsque c'était nécessaire. C'était un travail plutôt dur que j'ai fait longtemps pour très peu d'argent.»

Il n'empêche: le jeune Vaudois s'installe ainsi dans le cercle des familiers; il deviendra un témoin privilégié du dernier Sartre; il connaîtra de près cet homme qui lui est toujours apparu drôle, fraternel, émouvant; et il ne cessera de travailler sur cette oeuvre profuse dans le souci premier de la faire lire.

Aujourd'hui, Michel Contat et Michel-Antoine Burnier publient Sartre, roman (lire encadré en p. 90). C'est un récit inspiré du scénario d'un téléfilm réalisé par Claude Goretta dont ils sont également les auteurs: Sartre, l'âge des passions, avec Denis Podalydès et Anne Alvaro, qui devrait être diffusé prochainement (coproductrice, la TSR n'a pas encore fixé de date, mais l'annonce pour cet automne). Le livre et le film évoquent Sartre de 1958 à 1964. De la pièce Les séquestrés d'Altona au récit autobiographique Les mots. Du retour du général de Gaulle au scandale que suscitera Sartre en refusant le prix Nobel de littérature.

En 1958, le jeune Michel Contat avait déjà adopté Sartre pour se guérir de Gide. «L'année cruciale, écrit-il dans une postface à Sartre roman, ce fut 1956. Cet été-là, allongé sur l'herbe tendre du parc Denantou, à Lausanne, la ville de ma jeunesse, je lus le Journal de Gide et je devins, à sa suite, communiste.» Mauvaise pioche: cette même année, l'armée soviétique écrasera les insurgés hongrois et la valeur du communisme sera revue à la baisse. Un texte de Sartre, Le fantôme de Staline, tombe alors à pic pour arracher Michel Contat au désespoir existentiel et politique. Sans Sartre, peut-être aurait-il opté pour un «nihilisme de bon ton» comme celui que pratique un autre Suisse de Paris, son ami l'écrivain Roland Jaccard.

Dans un délicieux récit au titre ramuzien, Paris 1959. Notes d'un Vaudois (Zoé, 2001), Michel Contat a évoqué sa rencontre inaugurale avec Sartre. C'était au temps de sa première installation à Paris, où il avait suivi son ami Michel Thévoz, futur conservateur du Musée de l'art brut à Lausanne. Tous deux potassaient alors L'être et le néant et en discutaient à perte de vue. Dans l'espoir d'apercevoir Sartre, ils s'installaient à la terrasse du café Bonaparte d'où ils guettaient la porte de son immeuble. Et, un jour, ils l'ont vu qui sortait... Contat et Thévoz se précipitent vers lui, cherchent quoi dire, restent pétrifiés: avant qu'ils aient pu articuler un mot, Sartre s'était engouffré dans un taxi.

La véritable rencontre aura lieu en 1965. Ce fut un samedi de juin, au 222, boulevard Raspail: «Une heure d'entretiens qui avait achevé de me convaincre que c'était quelqu'un de tout à fait épatant». Michel Contat était venu lui soumettre le texte de son mémoire de licence sous la direction de Jacques Mercanton: une Explication des «Séquestrés d'Altona», premier pas dans un travail de critique sartrienne qui allait prendre bientôt des directions multiples.

Michel Contat a publié avec l'universitaire américain Michel Ribalka Les écrits de Sartre. Chronologie, bibliographie commentée (Gallimard, 1970). Avec Alexandre Astruc, il a réalisé le film Sartre par lui-même (1977) où l'écrivain apparaît entouré de ses proches (Simone de Beauvoir, Jacques Lanzmann, André Gorz...). Il a dirigé l'ouvrage collectif Pourquoi et comment Sartre a écrit «Les mots». Genèse d'une autobiographie (PUF, 1996). Il s'est occupé de l'édition des Oeuvres romanesques (1982) et des Oeuvres théâtrales (2005) dans la Pléiade. Et on lui doit aussi un très bel album de photographies et de textes mêlés: Sartre. L'invention de la liberté (Textuel, 2005).

Alors, est-il devenu le sartrologue en chef? Un gardien du temple? «Parmi les sartriens, concède Michel Contat, je suis sans doute celui qui est le plus souvent sollicité pour donner son avis.» Pour le reste, il rappelle que c'est Arlette Elkaïm, la fille adoptive de Jean-Paul Sartre, qui détient les droits sur l'oeuvre: «Nous n'avons plus de relations régulières. Elle prend ses décisions seule et ne communique pas volontiers.» Michel Contat n'exerce donc que l'autorité acquise avec le temps par un travail de critique précis, méthodique et méticuleux.

Là-dessus, les sartriens d'obédiences diverses sont d'accord: ils peuvent débattre des interprétations de Michel Contat, mais ses qualités lui sont reconnues. On apprécie en outre la courtoisie chaleureuse du personnage, et ce voile d'ironie qui enveloppe ses propos. C'est un Vaudois de Paris, mais on pourrait presque trouver à son ironie légère et vaguement mélancolique quelque chose de britannique.

Sartre par la fiction

C'est un récit hybride, mi-scénario, mi-roman, dans lequel Michel Contat et Michel-Antoine Burnier (écrivain et cofondateur d'Actuel) évoquent le Sartre des années 1958 à 1964. Il y a l'écrivain qui se gave d'amphétamines pour terminer la Critique de la raison dialectique. L'intellectuel engagé qui soutient le FLN et la révolution castriste. Le voyageur qui promène sa notoriété de Rome à Venise, de Moscou à La Havane. Et l'homme à femmes qui tombe sous le charme de Lena, une interprète russe. Le livre est une réussite. Loin d'être édifiant, il parvient à problématiser Sartre par les artifices de la fiction. L'écrivain est saisi dans ses contradictions, parfois même dans sa mauvaise foi, mais aussi dans ce qu'il a encore à nous dire.

Sartre, roman. De Michel-Antoine Burnier et Michel Contat. Ed. Grasset, 297 p.

Film Denis Podalydès et Anne Alvaro tiennent les rôles des deux écrivains dans Sartre, l'âge des passions réalisé par Claude Goretta.
«Sartre était un charmeur compulsif»

Pour Michel Contat, l'écrivain existentialiste ne s'est pas trompé autant qu'on l'a prétendu. Et Raymond Aron n'avait pas raison sur tout.

Vous publiez avec Michel-Antoine Burnier un Sartre, roman qui restitue un personnage au fond très sympathique. Ne l'est-il pas un peu trop?

Nous avons écrit le Sartre que nous avons connu. Il était indiscutablement généreux, séduisant, charmant et donc sympathique. Les gens qui l'ont connu de près sont unanimes en ce qui concerne la séduction à la fois intellectuelle et affective qu'il suscitait.

Vous ne vous êtes pas laissé aveugler par ce charme?

Non, je n'ai jamais eu l'impression d'être un béni-oui-oui. Le personnage de Frédéric, que nous avons inventé, est d'ailleurs quelqu'un qui est loin d'être d'accord sur tout avec Sartre. Il est d'accord sur l'action à entreprendre pour parvenir à la décolonisation en Algérie, mais pas sur la théorisation que Sartre en fait.

Les femmes occupent une place importante dans cette vie d'écrivain. Vous ne le trouvez pas un peu macho?

Dans le livre, cela lui est reproché par la jeune Carla avec qui il entretient une relation fictionnelle, mais correspondant à des relations que je lui ai connues. Carla est presque une jeune fille d'aujourd'hui. Elle a lu Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Elle en a compris la leçon féministe, mais sans rigidité. Et elle aime jouer de son charme avec les hommes en général, et Sartre en particulier, mais sans être disposée à aller très loin dans sa relation avec lui. De son côté, Sartre était un charmeur. Je dirai même un charmeur compulsif. Il avait toujours une présence féminine à ses côtés. Sa semaine était découpée en horaires stricts où chaque femme avait son heure, son déjeuner, son dîner ou sa nuit.

Ce Sartre très entouré, au zénith de sa gloire, vous l'évoquez aussi dans des moments de grande solitude. Vous n'en rajoutez pas un peu?

Non, je ne le pense pas. Il y a deux aspects dans cette solitude. D'abord la solitude nécessaire du créateur. Sur l'insistance de Simone de Beauvoir, il avait organisé sa vie pour préserver son travail: Sartre était tellement généreux de son temps qu'il aurait eu tendance à se disperser malgré le désir de faire aboutir ses projets s'il n'y avait pas eu Simone de Beauvoir pour l'encadrer. D'un autre côté, les moments de solitude sont pour lui des moments de mélancolie. Sartre n'était pas Roquentin, le personnage de La nausée, mais il y avait du Roquentin en lui. Il éprouvait cette mélancolie profonde qu'il surmontait par l'énergie créative extraordinaire qui était la sienne.

Cette période montre aussi qu'il s'est beaucoup trompé. Sur le régime gaulliste qu'il jugeait «préfasciste», sur la révolution cubaine...

Mais il ne se trompe pas sur la décolonisation en Algérie. Et, là-dessus, Raymond Aron ne se trompe pas non plus, bien qu'ils divergent sur les moyens d'y parvenir. Sartre soutenait le FLN tandis qu'Aron faisait confiance au régime démocratique et au dialogue avec les insurgés. A mon avis, la position d'Aron était idéaliste: ce n'est pas de Gaulle qui a octroyé la paix en Algérie, comme on l'entend souvent dire.

Et sur Cuba?

Une de nos difficultés a été de savoir comment traiter Cuba. A partir de ce que la révolution est devenue? A partir de cette dictature d'un vieillard tremblotant qui tient en- core entre ses mains tout l'appareil politique et militaire? Non, ce n'était pas cela, Castro en 1960. Il représentait alors un véritable espoir pour Cuba et pour l'Amérique latine. Quelqu'un comme Sartre, pour qui le colonialisme devait être combattu où qu'il fût, ne pouvait qu'approuver une révolution qui avait renversé un régime entièrement aux ordres des intérêts commerciaux américains. J'aimerais qu'on lise Sartre pour voir qu'il n'était pas un stalinien au couteau entre les dents, qu'il n'est pas allé lécher les pieds du dictateur Castro. Non, il estime que les conditions de la vie sur terre peuvent être changées si les hommes le veulent bien. Toujours, il fait appel à cette étincelle de liberté que chacun trouve en soi, s'il veut bien la reconnaître. Et il parle du point de vue des défavorisés en estimant que ce sont eux qui disent la vérité d'une société. Cette idée, je la crois encore valide.

Vous avez passé un demi-siècle dans la compagnie intellectuelle de Sartre. Vous n'en êtes pas lassé?

Non, car c'est une compagnie peuplée de beaucoup d'autres lectures et de beaucoup d'autres fréquentations! J'ai professionnalisé une passion, c'est vrai, mais j'ai aussi fait un travail dont je me serais passé si d'autres l'avaient fait avant moi. S'il y avait eu une bibliographie complète des oeuvres de Sartre ou des éditions bien établies, j'aurais été ravi de m'en servir. Je me suis donc un peu dévoué à l'oeuvre. |

propos recueillis par ma

Michel Contat «Je n'a jamais eu l'impression d'être un béni-oui-oui.»

Retour