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Libération de la dissidente cubaine Marta Beatriz Roque
LEMONDE.FR | 23.07.04 | 09h55 MIS A JOUR LE 23.07.04 | 10h15
Elle avait été arrêtée le 20 mars 2003, avec 74 autres opposants, et condamnée en avril 2003 à vingt ans de prison pour conspiration contre l'Etat.
Les autorités cubaines ont libéré, jeudi 22 juillet, l'économiste Martha Beatriz Roque, unique femme parmi les 75 opposants arrêtés il y a seize mois. Les raisons de la libération de la dissidente, qui avait des problèmes de diabète, d'hypertension ainsi qu'une paralysie faciale en prison, ne sont pas encore connues. On ignore notamment si elle faisait l'objet d'une libération conditionnelle.
"Je remercie la communauté des exilés (Cubains installés à Miami) et la communauté internationale parce que je suis convaincue que c'est la pression sur le régime cubain qui a permis (ma libération)", a-t-elle déclaré par téléphone au Cuban Liberty Council, un groupe anti-castriste basé à Miami. "Je me battrai pour eux", a ajouté la dissidente à propos de ses compagnons emprisonnés l'an dernier avec elle.
Economiste de formation, ex-présidente de l'Institut cubain des économistes indépendants (interdit) et de l'Assemblée pour la promotion de la société civile (interdite), Marta Beatriz Roque, âgée de 58 ans, est l'une des figures de proue de la dissidence cubaine.
Elle avait été arrêtée le 20 mars 2003, avec 74 autres opposants, et condamnée en avril 2003 à 20 ans de prison pour conspiration contre l'Etat. Les verdicts étaient allés de six à 28 ans de prison. Marta Beatriz Roque est la septième personne de ce groupe à être remise en liberté depuis le mois d'avril.
GESTE DE LA HAVANE
Au total, depuis cette date, le régime castriste a libéré onze de ses prisonniers politiques - terme qu'il récuse - et ce chiffre se monte à quinze si l'on inclut quatre opposants mis en liberté conditionnelle, bien que condamnés à des peines de prison, lors du procès collectif de Ciego de Avil.
Ce geste de La Havane est apparemment destiné à calmer l'opinion internationale. La libération des opposants est notamment réclamée avec insistance par l'Union européenne, qui a gelé ses relations politiques avec Cuba aux lendemains la vague de répression du printemps 2003.
Plusieurs fois interpellée par la police politique, Beatriz Marta Roque avait déjà passé trois ans en prison de 1997 à 2000 pour "sédition", condamnée en même temps que Vladimiro Roca, Felix Bonne y Rene Gomez, qui avaient fondé avec elle le Groupe de travail de la dissidence interne, dit "Groupe des quatre".
Avec AFP et Reuters