Cuba: 1959-2009, la dictature anti-populaire continue

Car si l’on ne voit pas à Cuba cette misère si répandue dans toute l’Amérique latine”. Gustavo Kuhn devrait y aller faire un tour ou il dit cela par complaisance avec le naufrage du castrisme. “Nombre de Cubains réclament une évolution politique", ce n'est pas nouveau mais beaucoup sont en prison, comme le comité qui avait réclamé des élections… Gustavo Kuhn devrait aller interroger les survivants! Et on retrouve la consolation des Cubains survivant dans la misère et opprimé par le régime, “ailleurs, c'est pire”. C'est un des classiques des régimes communistes!

Gustavo Kuhn a oublié la rengaine de “c'est la faute au blocus, c'est la faute à l'impérialisme yankee”. Mais c'est pas grave car comme on dit: “ Hasta la victoria, siempre”!


Cuba, un demi-siècle après la révolution: «Ni un paradis socialiste ni un goulag sous les cocotiers.»

JUBILÉ | A la rencontre des Cubains et de leur quotidien, après 50 ans d’un des processus politiques les plus controversés de l’histoire contemporaine.

Tribune de Genève, Gustavo Kuhn, La Havane | 30.12.2008 | 00:00
© gustavo kuhn/2008 | Des écoliers devant le Musée de la Révolution à La Havane. Nombre de Cubains réclament une évolution politique.
http://www.tdg.ch/actu/monde/cuba-demi-siecle-revolution-paradis-socialiste-goulag-cocotiers-2008-12-29

En ce mois de décembre 2008, nombre de Cubains repeignent la façade de leur immeuble, «pour qu’il soit beau pour les 50 ans de la Révolution», le 1er janvier 2009. D’autres, comme tous les jours de l’année, «chassent» le touriste et ses devises. Histoire d’arrondir les fins de mois.

Car si l’on ne voit pas à Cuba cette misère si répandue dans toute l’Amérique latine, tout le monde s’accorde à dire que «le salaire ne suffit pas». Alors chacun se débrouille comme il peut. Pour améliorer son quotidien. «La plupart des Cubains ont un proche en Europe ou aux Etats-Unis qui leur envoie de l’argent», explique Candela, 57 ans, qui a monté sa propre affaire dans le tourisme, profitant de l’ouverture partielle du secteur. «En travaillant avec des étrangers, on vit relativement bien. Car on a accès aux pesos convertibles (la monnaie pour touristes, plus ou moins équivalente au dollar). Pour les autres par contre, c’est plus difficile.»

«La vie est dure à Cuba!» confirment deux femmes assises devant leur immeuble délabré de La Habana vieja, quartier historique et populaire de la capitale, dont une partie seulement a été restaurée. «Nous avons tous un travail, mais le salaire est misérable. Nous recevons de la nourriture, mais elle ne suffit que pour une dizaine de jours. Et au marché, les aliments sont hors de prix.» Mais même si elles se plaignent des difficultés quotidiennes, les deux Cubaines affirment vivre «mieux que les habitants des pays voisins».

Sentiments mitigés

Car si en Europe, le socialisme cubain polarise les positions idéologiques, la plupart des 11,2 millions habitants de l’île sont plus pragmatiques et mesurés. Il est ainsi courant d’entendre les Cubains se plaindre de la vie chère et critiquer le manque de libertés politiques, tout en saluant la qualité de l’éducation. Ils rappellent également avec fierté qu’ils possèdent la plus longue espérance de vie d’Amérique latine (76 ans pour les hommes et 80 pour les femmes) et que le taux de mortalité infantile du pays flirte avec celui des nations les plus riches du monde.

«Il faut arrêter de diaboliser ou d’idéaliser Cuba, estime Alvaro Gutierrez, 50 ans, professeur de la Faculté de communication de La Havane. Ce n’est ni le paradis socialiste ni le «goulag sous les cocotiers». C’est un pays comme un autre. Avec ses réussites et ses erreurs.» L’universitaire estime en revanche que Cuba a besoin de nouveaux dirigeants, plus jeunes que les Castro.

Besoin de changement

Mais il relativise les critiques contre son pays: «Ici, presque personne ne paye de loyer. La santé et l’éducation sont totalement gratuites et de qualité. Et chaque habitant reçoit de la nourriture grâce au livret de rationnement. Il ne faut pas oublier non plus que Cuba n’est pas un pays riche. On ne peut pas le comparer avec l’Europe.»

Azucena, 43 ans, employée de bureau à Trinidad, dans le centre de l’île, soutient aussi le caractère social du système: «A Cuba, les différences sont moindres qu’ailleurs. Personne n’est très riche ni très pauvre. Personne ne meurt de faim. Avec le socialisme, tout le monde a quelque chose.»

Reste que si certains affirment défendre la Révolution «jusqu’à la mort», nombre de Cubains réclament une évolution politique. A l’image de Candela: «La Révolution a apporté de très bonnes choses. Elle était nécessaire! Mais bon, ça fait cinquante ans maintenant… Nous avons besoin de changement. Mais nous ne voulons pas non plus revenir au capitalisme d’avant.»

Les jeunes, qui n’ont pas connu le «capitalisme d’avant», sont plus virulents: «Cuba est une merde! On est prisonniers de cette île! Il n’y a pas d’avenir ici», lâche Camilo, un jeune barman. «Les dirigeants vivent bien à Cuba, mais le peuple n’a rien», renchérit Hanoï, 25 ans.

Le rejet du régime n’est pas non plus l’exclusivité de la jeunesse. Osvaldo, un maçon de 50 ans, affiche clairement son opposition: «Même si vous voyez peu de policiers dans la rue et pas de militaires, Cuba est une dictature! Le simple fait qu’il y ait un parti unique et qu’un seul homme ait dirigé le pays pendant presque cinquante ans avant de passer le pouvoir à son propre frère prouve qu’il s’agit d’une dictature

Une arme à double tranchant

Suite à l’effondrement du «camp socialiste» au début des années 90, Cuba a dû revoir son système économique. L’île des Caraïbes s’est alors tournée vers le tourisme. Car le pays possède de nombreux atouts pour attirer les visiteurs: une population accueillante, des rythmes musicaux entraînants, une sécurité rare sur le continent et des plages magnifiques. L’entrée de devises étrangères a été salutaire pour le régime. Mais elle s’est aussi révélée être une arme à double tranchant. Car le tourisme a accentué les contradictions du système. Créant notamment une nouvelle «classe moyenne» qui a accès aux devises étrangères. Par ailleurs, de nombreux jeunes ne veulent plus travailler ni étudier. Car même si l’Etat leur assure un emploi, ils gagnent beaucoup plus d’argent en tournant autour des étrangers. (gk)

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