"Cuba si, Castro no" d'intellectuels et artistes, même de gauche
Soutien à Raúl Rivero et aux autres dissidents cubains emprisonnés
A Paris, à l'initiative de Reporters sans frontières et de Sin Visa

"RUPTURE ENTRE INTELLIGENTSIA DE GAUCHE ET CASTRO"


ENFIN! MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS!!!



La soirée "Cuba si, Castro no" a marqué "une claire rupture entre l'intellectualité de gauche et le régime de Castro, passant ainsi de la distanciation à la dénonciation des méthodes répressives utilisées par la dictature" écrit le correspondant à Paris du quotidien madrilène El Pais, référence de l'intelligentsia espagnole de centre gauche.

El Pais souligne que les organisateurs se sont demandé "pourquoi la gauche a tant tardé à se distancier du régime castriste et pourquoi Castro continue à être une icône pour certains".

"Selon (l'écrivain espagnol Jorge) Semprun, la veillée de Paris est le premier acte collectif d'intellectuels de gauche contre le régime castriste" écrit encore le journal madrilène.

75 DISSIDENTS CONDAMNÉS ET HUMILIÉS

En mars 2003, alors que tous les regards étaient tournés vers Bagdad, Fidel Castro emprisonnait 75 dissidents et les condamnait en avril à des peines allant de 6 à 28 ans de prison.

Ecrivains, journalistes, défenseurs des droits de l'homme, opposants rejoignaient ainsi les geôles cubaines, situées souvent à des centaines de kilomètres de chez eux. Brimés, privés de visite et humiliés, ces "traîtres contre-révolutionnaires" se sont vu depuis confirmer leurs peines.

Le poète et journaliste Raúl Rivero était ainsi condamné à 20 ans de prison lors d'un procès à huis clos qualifié de "stalinien": justice expéditive, négation du droit à la défense, témoignages d'agents infiltrés, dossiers montés depuis des mois, dépositions de voisins, accusations reposant uniquement sur des délits d'opinion.

PARIS / MADRID, mercredi 1er octobre 2003 (Reporters sans frontières / LatinReporters.com) - "Le temps est venu pour les fusils de s'agenouiller devant l'opinion publique"... Cette phrase d'un discours prometteur de Fidel Castro, en janvier 1959, était lue lundi soir à Paris par l'actrice française Catherine Deneuve, dans la salle comble du théâtre du Rond-Point. "Plus de quarante ans ont passé et le peuple est toujours agenouillé devant les fusils. Nous sommes ici pour exiger de Castro qu'il tienne ses promesses", enchaînait l'écrivain espagnol Jorge Semprun.

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Dossier Cuba Ex-militant communiste, dans la clandestinité sous Franco, et ex-ministre espagnol de la Culture à l'époque du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, Jorge Semprun a reconnu que "les occultations de la vérité sont restées longtemps l'apanage de la gauche."

Sous le slogan "Cuba si, Castro no", la soirée, présidée par Semprun, était organisée en solidarité avec le peuple cubain par l'association Sin Visa et l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières.

Des intellectuels, écrivains, journalistes et historiens (Laure Adler, Michel Broué, Louis Joinet, Eduardo Manet, Robert Ménard, Edgar Morin, Christine Ockrent, Edwy Plenel, Benjamin Stora, Fernando Savater, Zoé Valdès, ...) et des personnalités du monde des arts et du spectacle (Pedro Almodovar, Pierre Arditi, Ariane Ascaride, Catherine Deneuve, Sophie Marceau, Barbara Schulz, Yves Simon, Marisela Verena) se sont ainsi mobilisés pour rappeler la situation des droits de l'homme à Cuba et sensibiliser le public, invité à s'engager en faveur des 75 dissidents emprisonnés en mars dernier pour avoir bravé Fidel Castro.

Cristina Rivero, première des deux filles de Raúl Rivero, poète et journaliste fondateur de l'agence Cuba Press, était venue spécialement de Miami pour témoigner du sort réservé à son père, condamné à 20 ans de prison par les tribunaux castristes. Elle a invité le public à "ouvrir les yeux sur Cuba".

Le cinéaste Pedro Almodovar, pour sa part, s'est adressé au chef de l'Etat cubain : "Monsieur Castro, il y a 44 ans, le monde démocratique vous admirait pour avoir libéré le peuple cubain d'une terrible dictature. Depuis mon modeste rôle de réalisateur espagnol, je vous conseillerai de vous comporter à nouveau comme un révolutionnaire et de libérer votre peuple d'une autre dictature, celle que vous-même incarnez."

L'indignation de Pedro Almodovar est d'autant plus significative qu'il fut, en février dernier à Madrid, l'une de figures de proue des gigantesques manifestations contre la guerre en Irak organisées par la gauche politique et syndicale espagnole.

La soirée "Cuba si, Castro no" a fait le point sur la situation cubaine et sur les conditions de détention des 75 dissidents actuellement derrière les barreaux. Reporters sans frontières a proposé des actions concrètes et la création d'un comité de soutien à Raúl Rivero, emblème de la dissidence cubaine privée de parole.

Parmi les premiers membres signataires de ce comité de soutien : Laure Adler, Pedro Almodovar, Pierre Arditi, Ariane Ascaride, Philippe Augier, Michel Broué, Pascal Bruckner, Elizabeth Burgos, Daniel Cohn-Bendit, Ileana de la Guardia, Catherine Deneuve, Laurent Fabius, Romain Goupil, Michel Granger, Bernard Henri-Levy, Jack Lang, Louis Joinet, Lazaro Jordana, Bernard Kouchner, Noël Mamère, Eduardo Manet, Sophie Marceau, Robert Ménard, Carlos Monsivais, Edgar Morin, William Navarrete, Christine Ockrent, Edwy Plenel, Hugues Quester, Jean-Michel Ribes, Cristina Rivero, Alain Rossinot, Barbara Schulz, Jorge Semprun, Yves Simon, Benjamin Stora, Zoé Valdés, Marisela Verena, Christophe Girard.

Ce comité mènera différentes actions en faveur de l'ensemble des dissidents :
-publication d'un livre noir sur Cuba, présentant des documents et rapports d'organisations des droits de l'homme;
-réalisation d'un film documentaire sur l'histoire de la liberté de la presse à Cuba, avant et après 1959;
-diffusion d'une campagne de presse de sensibilisation à l'attention des touristes qui choisissent Cuba comme destination.

Reporters sans frontières interviendra auprès de l'Union européenne pour réclamer des sanctions envers les hauts responsables politiques cubains. L'organisation lance un appel pour que les médias soient plus nombreux encore à parrainer le journaliste et poète Raúl Rivero.

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