Les Khmers rouges, toujours et encore la même catastrophe que Lénine, Staline and Co

Les Khmers rouges reproduisent en accéléré les échecs de leurs prédécesseurs qui amènent à la faillite de l'économie. Et au lieu d'accuser le commanditaire de cette politique erronée, Karl Marx, ils mettent la faute sur des "saboteurs" alors que les vrais saboteurs, ce sont les dirigeants du parti communiste.

L'affirmation de Marx sur la supériorité du mode de production socialiste est FAUSSE. Combien encore de millions de morts avant de comprendre que c'est une énorme crétinerie, aussi grosse que la vanité pathologique de l'auteur du “Manifeste du parti communiste”, la genèse de l'horreur!

Tous ces mensonges pour flatter les ouvriers en leur faisant croire que la liquidation des propriétaires et des patrons leur apportera le bonheur. Mais l'“exploitation” du pire des patrons n'est rien en comparaison de celle des dirigeants communistes! Et des dizaines de millions d'ouvriers l'ont appris à leur dépens, mais la révolte n'était plus possible, tuée dans l'oeuf par les organes de répression aux services du parti uniquement!

Un autre texte de Sacha Sher qui reprend les “explications classiques” (confiscation disproportionnée, excès de « volontarisme » et d’ « impatience », défauts d’organisation, lenteurs bureaucratiques, etc.) pour excuses les crimes des dirigeants communistes. De plus, le but caché est de faire croire que la “transformation socialiste” serait positive sans ces "erreurs", alors qu'elle ne provoque toujours que la misère puis la terreur, car les dirigeants communistes attribuent cet échec à des sabotages alors qu'elle résulte de l'imposture de leur action de “transformation révolutionnaire pour accélérer le progrès social” qui aboutit à inéluctablement à son contraire.


Un mécanisme d’excès qui n’est pas nouveau en Asie communiste

La collectivisation cambodgienne suivit d’ailleurs un vieux schéma d’excès, parfois incontrôlés mais émanant du volontarisme politique de dirigeants n’envisageant aucun compromis avec la voix capitaliste ou simplement autonomiste. Les débordements ne résidaient pas tant dans une persécution ou une confiscation disproportionnée contre les propriétaires comme en Chine avant 1947, ce que l’on [va] appendre dans la conclusion de “La Chine ébranle le monde” de Jack Belden en 1951 ou au Vietnam en 1955-1956 ou en 1959-1960 , comme si le PCK avait retenu ces leçons, que dans le verrouillage total des circuits économiques. Le problème avait d’ailleurs été le même au Vietnam: le 10 décembre 1984, Vo Van Kiet regrettait dans Nhan Dan, les excès de « volontarisme » et d’ « impatience » de la transformation socialiste du Sud-Vietnam, qui avaient nui à l’efficacité économique, en négligeant la « psychologie de la production », tout autant que certaines branches économiques et l’expérience gestionnaire et technique des bourgeois industriels. Ce n’est qu’en septembre 1979 que le Comité Central du Vietnam souligna l’importance de maintenir à côté du secteur étatique, les secteurs coopératif, capitaliste privé (bourgeois nationaux) et individuel dont les potentialités n’avaient pas encore été exploitées à fond, avant de relancer la transformation socialiste et de dénoncer les nouveaux bourgeois. Pour l’agriculture aussi, le secrétariat du C.C. reconnut en 1983 que la façon dont il avait été usé de contrainte pour élargir rapidement les coopératives en 1978 (après les étapes des groupes d’entraide de cinq-dix foyers et des collectifs de production) avait fait baisser la production .

Le problème s’observe encore pour le domaine de la chasse à l’ennemi.

Dans les années soixante, au Sud-Vietnam, chez les résistants au pouvoir pro-américain, les échelons locaux des services de sécurité avaient usurpé une partie du pouvoir, manqué à leur devoir de rapporter des arrestations d’ “ennemis” ou d’ “espions”, interprété des définitions de manière élastique et ignoré plus ou moins volontairement des instructions politiques données sous forme de guides plutôt que d’ordres spécifiques. La population avait aussi été invitée à pratiquer l’espionnage. Il en résulta de nombreuses exécutions injustifiées contre des personnes supposées appartenir ou non à des catégories suspectes. L’organisation communiste du Sud semble en avoir été informée de 1969 à 1971, mais cela ne semble pas avoir eu de conséquences sur la mise en place d’organismes de sécurité locaux au Cambodge à partir de 1970. Le système cambodgien intégra les mêmes défauts d’organisation, qui se comptèrent en morts proportionnellement beaucoup plus nombreux, mais Steve Heder estime que « si la direction communiste vietnamienne avait poursuivi un programme aussi ambitieux de transformation révolutionnaire pour accélérer le progrès social avec autant de ténacité que le P.C.K., ses forces de sécurité auraient pu tuer un nombre comparable de personnes » .

Tout grand changement ou toute précipitation semble engendrer du désordre. Mais plus que d’autres Etats, les Partis-Etats prennent en main tous les outils économiques et craignent de les rendre à leurs opposants. De plus, à l’échelle d’un Etat socialiste, la part d’imperfection propre à toute grande administration aboutit à une désorganisation partielle de l’ensemble de l’économie. Le problème de l’économie révolutionnaire ne tenait pas tant à la production qu’à la distribution des biens. Le régime « khmer rouge » n’est donc pas le premier régime communiste à avoir pâti d’un manque d’expérience, d’une direction déficiente, d’irresponsabilité bureaucratique, de baisse d’émulation due au travail obligatoire, jusqu’à la déroute économique finale. Dans un système d’économie étatiste où les planificateurs sont les nouveaux rois, il n’est pas rare de voir le sommet accaparé par des idéologues au savoir pratique ou économique limité, d’anciens amis souvent, qui assimilent toute divergence de point de vue à une manipulation orchestrée par leurs adversaires. Ce phénomène de repli est amplifié avec les petits partis minoritaires arrivant pour la première fois aux commandes. Le problème de la centralisation est qu’elle ne se risque pas à être perturbée par les compétences des spécialistes et des hommes du terrain, même lorsqu’on la dit provisoire. Le peu de place laissé à un contre-pouvoir à des sanctions conduit à la négligence, à une obéissance aveugle au supérieur et à l’exacerbation des vengeances personnelles. Et au K.D., l’autocritique n’allait jamais jusqu’à remettre en cause les directives du plan concernant la vie communautaire, la collectivisation du travail et de la nourriture, l’organisation du commerce par l’Etat ou l’autosuffisance imposée aux régions. De plus, l’efficacité économique souffrit peut-être encore davantage en raison de l’allégement de l’administration: les cadres de Phnom Penh et les militaires eux-mêmes devaient s’adonner à la production agricole sur leur lieu de travail selon le principe d’autosuffisance, mais aussi, sans doute, parce que l’on jugeait démontré, avec Mao, qu’il était « inexact » de prétendre « que si les troupes participent à la production, elles ne pourront plus combattre ni s’entraîner, que si les administrations prennent part à la production, elles ne pourront plus faire leur propre travail » . Avec l’abolition de la monnaie, le régime n’avait pas besoin d’allouer beaucoup de fonctionnaires à la comptabilité et à la distribution des salaires, et pensait éviter les fuites de capitaux – et peut-être sont-ce là les raisons pour lesquelles le régime d’Heng Samrin ne réintroduisit la monnaie qu’au milieu de l’année 1980 – mais même sans cela il manquait des personnes pour planifier la production et prévoir les exportations. On sait que les transferts des produits d’une province à une autre étaient décidés en haut lieu. Il en résulta des lenteurs, des pénuries, des baisses de production, et donc davantage de tensions et de règlements de comptes locaux, sur fond de surenchère verbale contre de supposés espions et ennemis de l’intérieur à débusquer.

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