Les collabos de l'horreur, complices du génocide

Dans la rubrique “Les carnets de Phnom Penh. Le Cambodge à l'heure des procès contre les Khmers rouges” enfin une prise de position sur la complicité de Libération dans et durant le génocide! Mais le pire, c'est que si Libération a reconnu son erreur en 1985, dans les pages “Culture”, des commentaires révèlent que certains continuent à excuser les communistes khmers en 2009!


Libé, les maos et les Khmers rouges

http://cambodge.blogs.liberation.fr/2009/2009/10/lib%C3%A9-les-maos-et-les-khmers-rouges.html
Arnaud Vaulerin, 15/10/2009

"Que Libé s'excuse!" "Libération a la mémoire sélective." "Les anciens maos font tout pour oublier leur soutien passé aux Khmers rouges." "Libé n'a jamais fait son aggiornamento."

Depuis des années, systématiquement, des lecteurs, des internautes ou des personnes rencontrés lors de reportages ou d'interviews ne cessent de rappeler la Une de Libération, le 17 avril 1975 (voir ci-contre). "Le drapeau de la résistance flotte sur Phnom Penh", titrait le quotidien créé deux ans plus tôt par des militants maoïstes et la Gauche prolétarienne.

En fait, c'est surtout la Une du lendemain (voir ci-dessous) qui témoigne de la satisfaction de Libération et, rétrospectivement, fait mal. 24 heures après la prise de la capitale par les Khmers rouges, le journal titre sur les "sept jours de fête pour une libération".

Sans être présent au Cambodge, le journal rapporte que "par dizaines de milliers, les habitants de Phnom Penh sont descendus jeudi dans les avenues de la capitale pour accueillir les premières unités des forces de libération".

L'agence japonaise Kyodo, l'AFP et le correspondant du Monde, P. de Beer, sont cités pour sourcer cet article non signé en une de Libération. En ce mois d'avril 1975, le journal met surtout en exergue la colère des Etats-Unis et de Henry Kissinger, l'échec de la "doctrine Nixon" et des "mercenaires américains". Et salue, surtout, les Khmers rouges campés en "trouble-fête".

"Une guerre révolutionnaire à l'heure de la détente. Cette formule résume l'originalité et le sens profond de la lutte de libération nationale menée depuis cinq ans par le peuple camgodgien (sic) contre l'agression américaine", écrit Patrick Ruel le 17 avril.

Quelques jours plus tard, il parlera de "calomnies" pour qualifier les premières informations rapportant des cas d'exécutions et d'évacuations massives commises par les troupes de Pol Pot.

Depuis, Libération n'aurait donc rien dit sur les atrocités commises par les Khmers rouges, aurait jeté dans les poubelles de l'oubli sa sympathie passée pour les communistes radicaux du Kampuchea démocratique. Et n'aurait pas renié ses errements gauchistes et ses aveuglements sur ce chapitre très douloureux du Cambodge.

C'est peut-être séduisant aux yeux de certains, mais c'est inexact. Tardivement (sûrement), le journal a fait part  de ses erreurs et de ses égarements. C'était le 13 février 1985.

Dans un long commentaire, Patrick Sabatier revenait sur sa "déchirure". Cette année-là, le journal consacrait plusieurs pages au très beau film de Roland Joffé, la déchirure, qui sortait en salles. "A trop avoir voulu “avoir raison” de cette guerre, on s'est laissé aveugler, on n'a rien vu, rien compris- ou presque", écrivait Patrick Sabatier.

Il poursuivait. "Nombreux sont aujourd'hui les imbéciles qui peuvent ricaner de tous ceux, journalistes en premier lieu, qui ont applaudi en 1975, à la victoire des Khmers rouges. Rares sont ceux qui, à l'époque, avaient imaginé, ne fut-ce qu'une partie de ce que serait la révolution khmère rouge. Rares aussi ceux qui, dès les premiers récits de réfugiés échappés du Cambodge, ont accepté ce qui devait rapidement s'imposer - l'existence d'un auto-génocide par la combinaison de la famine, du dogmatisme imbécile et des massacres."

Ils sont peu nombreux effectivement à avoir pu témoigner de la folie exterminatrice des Khmers rouges. Comme nous l'avons indiqué à plusieurs reprises, François Ponchaud fut l'un de ceux-là. 

"Les révolutionnaires ont sans doute des choses autrement importantes à faire en ce moment que de permettre aux journalistes de faire leur travail", rapporte Sabatier en citant une de ses phrases extraites d'un article de 1975.

Dix ans plus tard, il analyse: "Les spectateurs du film (la Déchirure, ndlr) apprécieront la stupidité de l'auteur de ces lignes. Il a fallu la mort d'un ami aux mains des Khmers rouges, la rencontre avec un Pin Yathai (auteur de l'Utopie meurtrière), puis la visite des champs de la mort Khmers rouges et des camps de réfugiés en Thaïlande, au lendemain de l'invasion vietnamienne (en janvier 1979, ndlr), pour que je regarde en face la vérité de l'aveuglement qui avait été le mien comme celui d'autres. Un aveuglement qui a ses raisons, mais n'a pas d'excuse", écrivait le journaliste de Libération. Qui concluait: "Cette déchirure-là ne s'est pas cicatrisée, et elle ne le sera jamais."

Jean Lacouture, qui a également couvert les événements cambodgiens, a confié lui aussi (et il n'est bien sûr pas le seul) "avoir trop longtemps ignoré la réalité des camps des Khmers rouges", comme il l'a confié à Gilbert et Nicole Balavoine dans un livre d'entretiens publié en février par les éditions Confluences (Jean Lacouture ou le goût des autres).

Il conclut le chapitre sur le Cambodge, intitulé "Un trop long silence", par ces phrases: "Etre journaliste, c'est d'abord écrire l'histoire immédiate. L'exercice est périlleux et comporte beaucoup de risques d'erreur. La pratique responsable de ce métier implique la correction de ces erreurs et la révision des points de vue. Cela peut se faire le lendemain, la semaine ou le mois suivant. Pour moi, cela a pris parfois beaucoup plus de temps, mais je l'ai fait. Il y a eu faute professionnelle. La confession n'absout par le journaliste."

Rédigé le 15/10/2009 à 19:37 dans "Libération", Actualité, Cambodge, CETC, Cinéma, François Ponchaud, Justice, Khmers Rouges, Livres, POL POT, Vietnam | Lien permanent


Commentaires

je fais parti de ceux qui ont rappelé à plusieurs reprises la une de "Libé" et donc le soutien criminel de la goche hexagonal au regime de Pol Pot. Le journal Liberation doit exprimer ses regrets vis à vis des Cambodgiens et à commencer par Serge July. Le plus tot sera le mieux !
Rédigé par: Tom Bishop | 15/10/2009 à 21:14

Oui, je me souviens de cette époque-là... J'étais jeune instit', et j'ai eu dans ma classe des enfants cambodgiens . Ils avaient connu les camps de réfugiés en Thaïlande et les boat-people, l'enfer ne les avaient pas brisés, ils voulaient de toutes leurs forces apprendre le Français pour ne jamais retourner là-bas... J'ai toujours enseigné le Français avec passion, j'ai aimé tous mes élèves, et je garde un souvenir particulièrement ému de mes petits Cambodgiens. Au contact de mes autres élèves qui, eux, ayant eu la chance de naître en France, vivaient leur enfance dans la plus grande insouciance, ils ont de nouveau joué, ri, plaisanté, échangé les images des joueurs de foot et des vedettes de la télé... En ce qui concerne la politique, je me suis toujours méfiée des extrêmes, extrême- droite comme extrême-gauche. Je n'ai donc jamais suivi aveuglément ni les staliniens, ni les maoïstes, etc... ni l'extrême- droite. Un petit aparté; que pensez-vous de l'affaire Frédéric Mitterrand, du tourisme sexuel en Thaïlande? Un grand merci pour cet article , au plaisir de vous relire.
Rédigé par: Annie Lecomte-Billard | 15/10/2009 à 23:30

Je ne connaissais rien à cette histoire avec libe. Mettre quelques mois à l'époque pour constater des faits d'accord. Mais 10 ans ??? Inexcusable, impardonnable. 10 ans d'ignorance aveugle et volontaire. J'espère qu'ils ne considère plus la corée du nord comme un temple de la liberté...
Rédigé par: seb | 15/10/2009 à 23:32

Libé attend 35 ans pour se justifier. C'est bien tard. On attend toujours un article de Libé sur les massacres d'homosexuels pendant la révolution culturelle de Mao, ainsi que les doigts coupés au ras des phalanges pour les pianistes qui faisaient de la musique bourgeoise. On peut pardonner à Libé d'avoir attendu aussi longtemps. Je pardonne pour ma part à Heideggeer d'avoir attendu 1960.
Rédigé par: Mobylette | 15/10/2009 à 23:35

C'est vrai que depuis que Libé encense le système ultra-libéral, il est nettement plus respectable…
Rédigé par: Laszlo | 15/10/2009 à 23:55

Mais surtout comme excuse on pourrait dire que le Libé d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec le Libé première mouture. Celui de Jean Paul Sartre, celui qui considérait que " tout anti-communiste était un chien", celui qui était indépendant de tout capital financier... Et ce que ce soit pour les bons (j'ai l'impression qu'il était plus agressif contre le libéralisme et le pouvoir en place, ce qui par les temps qui courent ne nous feraient pas de mal) ou les mauvais côtés (comme ce semblant de soutien au Khmer rouges).
Rédigé par: lesterburnam | 16/10/2009 à 00:04

le Libé des années 70: pas un bon journal mais une si belle énergie!
Rédigé par: nunu | 16/10/2009 à 02:07

L enfer est pavé de bonnes intentions. Parfois le besoin de changement rend aveugle aux risques que peuvent engendrer ces changements. Il est certain que la rédaction de Libération n appréhendait pas la suite des évènements. Pas plus que tous les allemands qui ont voté pour Hitler au début des années trentes n étaient pas des monstres et n imaginaient pas la suite des évènements...

On peut, malgré tout, rester circonspect quand on lit les propos de Patrick Sabatier : "Rares sont ceux qui, à l'époque, avaient imaginé, ne fut-ce qu'une partie de ce que serait la révolution khmère rouge." Partout ou il a triomphé, le communisme en est arrivé aux meme excès. La seule véritable différence fondamentale entre l expérience communiste cambodgienne et les expériences chinoises ou russes, c'est que les khmers rouges n ont tenu que 4 ans et que leurs crimes ont pu etre démontré avant que les fosses communes ne disparaissent de la mémoire collective.
Rédigé par: Erusuov | 16/10/2009 à 04:20

10 ans, oui, vous avez raison c'est bien tardif pour se reveiller . Le coup de "on se savait pas, rare étaient ceux qui etc.." on connaît déjà . Malheureusement tout cela s'était déjà passé en Allemagne, en URSS (suppression de la NEP) et en Chine (les 100 fleurs) et on n'a jamais voulu écouter les personnes qui s'élevaient contre de tels traitements . Elles existaient et elles étaient là, elles s'appellaient Guyot, Stirner, Souvarine etc...
Rédigé par: Philippe Goudail | 16/10/2009 à 05:53

L'article démontre un peu le point de vue dénoncé. Donc, il a fallu attendre 10 ans, et 1985, pour que libe reconnaisse des massacres, connus dès le départ ou presque, et très bien documentés depuis la chute du régime en 1979 ? Et, encore, dans les pages "culture"...
Rédigé par: Corto | 16/10/2009 à 08:18

10 ans pour y voir clair, c'est un peu long, peut-être. Bien sûr, voir en 1975 autre chose qu'une révolution victorieuse à fêter aurait réclamé plus que de la lucidité... Mais dès 1979, et même avant, les informations sur les atrocités existaient. Au fait, le gouvernement américain s'est-il excusé, lui, d'avoir condamné l'invasion vietnamienne qui a tiré le pays du cauchemar?
Rédigé par: Chris | 16/10/2009 à 08:35

Le journal Liberation a eu tort de soutenir les khmers rouges en 1975 alors que les exactions etaient deja connus avant leurs entrées dans Phnom Penh. Cette critique est tuoujours d'actualites et personne ne doit commetre la meme erreur avec ... les "talibans" en Afghanistan.
Rédigé par: Tom Bishop | 16/10/2009 à 09:03

C'e'st bizarre que vous n'ayez rien su alors que la clique de polpot a été formée par le PCF durant leurs études secondaires. Parler de pratique responsable du métier de journaliste est qd même déplacé sachant qu'il est purement guidé par des idéologies... salutations
Rédigé par: thom | 16/10/2009 à 10:04

La question qu'il faut se poser aujourd'hui, c'est : et aujourd'hui ? quels sont les points aveugles de Libération aujourd'hui ? Quels sont les faits sur lesquels votre silence d' aujourd'hui nourrira vos regrets de demain ? Quelle est l'idéologie pour laquelle votre indulgence d' aujourd'hui vous empêchent de voir la réalité et les dangers à venir ? C'est en vous posant cette question que vous améliorerez votre journal.
Rédigé par: Curieux | 16/10/2009 à 10:12

Et vous oubliez le soutien de la France, des USA, de la RFA, de l'Angleterre au régime de Pol Pot. Et vous oubliez les propos de Libération contre l'intervention du viet nam qui a permis la fin du crime au Cambodge. Et vous oubliez BHL, Gluskmann et consorts, , maoistes de l'époque ...
Rédigé par: christian | 16/10/2009 à 10:50

il n'y avait que les staliniens et sa variante Mao ainsi que les idiots utiles (Lacouture) pour n'avoir pas su cela ou pour l'avoir nié en le sachant. Cependant cette offensive contre Libé relève d'une fausse-conscience contemporaine qui dans son genre s'avère aussi passablement vicelarde : la contrition comme vaccin ou comme serum. Et puis, l'orientation qu'a imprimée Joffrin à ce canard devrait rassurer les pétitionnaires de l'excuse généralisée dont il serait intéressant de savoir qu'ils sont (collectivement et individuellement) et que la liberté anonyme de dénoncer, de fustiger que permet un espace comme celui-ci ne leur accorde strictement aucune légitimité morale ou politique. Il existe une populace lyncheuse derrière la majorité des contributions ici.
Rédigé par: Et alors ? | 16/10/2009 à 11:28

Dix ans c'est beaucoup, mais mieux vaut tard que jamais. Mais il me semblerait plus éclairant d'examiner l'attitude de Libé lors de l'intervention du vietnam en 1979 qui a mis fin au génocide : A-t-elle été qualifiée de libération ou d'invasion ? J'ai l'impression que l'attitude de libé envers les Khmers rouges est avant tout dictée par "anti-vietnamisme" ou anti-communisme, ou anti soviétisme.
En tout cas par flagornerie envers les américains. ce n'est pas très glorieux.
Rédigé par: marc | 16/10/2009 à 11:50

Pour une fois Libé je compatis. J'en viendrai presque à regretter mon précédent commentaire.
Même si le sujet est sérieux, complexe et la cause juste, il n'en reste pas moins que la lecture de certains commentaires de "lecteurs" de Libé me fait plutôt penser à des anciens copains de Longuet, Madelin et Devedjian de la grande époque à barre de fer…
Eh les rigolos, si Libé est tenu par les maos coupeurs de têtes et mangeurs d'enfants, fuyez, vite fuyez, sinon vous allez finir au goulag… Eh, les rigolos, vous lisez Libé depuis combien de temps ? Cinq minutes ? Allez, retournez vous amuser en lisant vos vieux tracts d'Occident et en regardant les photos de vos "exploits" passés, ça nous fera des vacances.
Rédigé par: Laszlo | 16/10/2009 à 12:24

Toujours pareil: "plutôt avoir tord avec une pensée de gauche extrémiste (ou non d'ailleurs) que raison avec du bon sens! Il suffisait pour nos intellectuels de faire une analyse honnête des conséquences d'un enchainement révolutionnaire plutôt que d'inscrire dans la ligne "solde pour tout compte" les premiers morts de la révolution installée et triomphante. Mais la peur intellectuelle de passer aux yeux de ses pairs pour le contraire d'un homme de progrès! Cela dit mieux vaut tard que jamais!
Rédigé par: Jean-patrick Caille | 16/10/2009 à 12:30

La non-reconnaissance occidentale à l'ONU du regime de Hun Sen mis en place par les Vietnamiens n'est pas un soutien aux khmers rouges de Pol Pot et encore moins une excuse ou une tentative de faire oublier le soutien de la "goche" hexagonienne à Pol Pot.
Rédigé par: Tom Bishop | 16/10/2009 à 13:10

Libé ne s'est pas trompé seulement sur le Cambodge...souvenez vous de la couverture avec l'ayatollah Khomeini...
Rédigé par: reggio | 16/10/2009 à 13:27

L'expérience du soutien aveugle de l'Occident à Mao dans les années 60 n'avait-elle donc servi de leçon à personne ? Et pourtant l'aveuglement des maoïstes était patent ; on ne pouvait pas le mettre sur le compte d'un manque d'informations ou d'une naïveté touchante.
Rédigé par: Dave Bowman | 16/10/2009 à 13:28

L'expérience du culte aveugle de Mao dans les années 60 n'avait-elle donc servi de leçon à personne ?
Rédigé par: Dave Bowman | 16/10/2009 à 13:34

"Un mort est une tragédie. Un million de morts est une statistique" (Joseph Staline). Le fasciste, cher Libé, c'est toujours l'autre: le réac, l'ultra-libéral, la droite, quoi.
Rédigé par: Troll | 16/10/2009 à 13:43

Qui peut m'expliquer comment est-il possible qu'un dictateur ancien khmer rouge, pilleur patenté du Cambodge voir commenditaire de meurtres de syndicalistes, invité par Sarkozy, sur la tribune officielle des Champs-Elysées -14 juillet dernier- ne suscite-t-il pas une ligne dans Libération?
Un dictateur ancien khmer rouge est-il plus respectable qu'un autre dictateur.
Complaisance pour un ancien khmer rouge mis en place par les vietnamiens????????
Rédigé par: lokkta | 16/10/2009 à 14:15

Réponse à Et Alors? sur son intervention concernant La "Populace Lyncheuse". Tu as sans doute raison. Peut-être arrive le jour où les intellectuels de gauche seront poursuivis dans la rue, traqués par cette populace. Après avoir occupé la Sorbonne en 68, vanté le marxisme, détruit la famille traditionelle, promis la "Rupture avec le Capitalisme", encouragé le chantage syndical, imposé une utopie égalitaire et ruiné la France, la tension monte. On peut faire de l'utopie un mode de vie et l'imposer aux masses ignorantes. Mais à un moment, il faut passer à la caisse.
Rédigé par: Troll | 16/10/2009 à 14:22

Les khmers rouges étaient d'autenthiques résistants à une guerre étatsunienne qui avaient tué les cambodgiens par centaines de milliers. Libé avait raison de saluer leur entrée de Pnom-Penh en 1975, personne ne prédisait la suite des évenements à l'époque.
Il est plus que probable que le monde n'aurait jamais entendu parler des khmers rouges sans des personnages comme Nixon ou le prix de nobel de la paix henry Kissinger et leur extension de la guerre du Vietnam à toute l'Indochine.
Que les khmers rouges aient complétement pété les plombs après a été amplement développé depuis, mais les soutiens cambodgiens des américains et de Lon Nol ne valaient guère plus que Klaus Barbie.
Le problème est de savoir faire la part entre collaborateurs, familles de collaborateurs et simples démerdards et planqués.
Rédigé par: Lantriac | 16/10/2009 à 15:34

La révision de l'histoire est à l'oeuvre. Y compris celle de l' histoire de Libé. Le LIBE d'hier est antinomyque de celui d'aujourd'hui : il aurait soutenu la séquestrations de patrons, combattu le sarkosysme médiatique, appelé à la révolte contre la pauvreté qui gagne.
Le Libé d'aujourd'hui fait preuve d'une opposition "responsble" issue du cercle de la raison, largement capitalo-compatible :il tente d'excuser ses erreurs d'hier par ses repentances d'aujourd'hui. Celui qui tente de réviser le maoïsme en France (celui qui fonda Libé) au regard des crimes de Mao en Chine est un faussaire et un révisionniste. Au sens étymologique du terme.
Rédigé par: jean Vincensini | 16/10/2009 à 20:11

(...) - Le bombardement par les Etats-Unis des campagnes cambodgiennes (et de la piste Ho Chi Minh) ont représenté une quantité de bombes supérieures à celle larguée sur l'Allemagne, ce qui n'a pas empêché des sénateurs américains de financer des livraisons d'armes en direction de la guérilla rouge APRES la chute des Khmers Rouges par simple aveuglement revanchard anti-vietnamien. Quels sont les journalistes français qui ont enquêté sur cette histoire ?
- Oui, les Cambodgiens survivants sont redoutablement pris DEPUIS 1979, entre le soulagement d'avoir vu la fin du régime de POL POT et un sentiment de rejet viscéral des Vietnamiens dû à des centaines d'années de conflits avec les Chams, les Thais et les Viets. Et ils ne savent encore aujourd'hui PAS trancher entre les deux fléaux de cette infernale balance à phantasmes,
- J'ai eu entre mes mains de lycéen durant l'année 76 ou 77, deux coupures de presse rédigées, l'une par Le Figaro (allégant des rumeurs de massacres systématiques collectées depuis les camps de réfugiés en Thailande) et l'autre par l'Humanité (s'étranglant de fureur que son confrère puisse rapporter de tels ragots), alors que ces deux journaux ont aussi développé des positions aussi proches que celles de Libération à la chute de Phnom Penh, reflétant en fait la JOIE CERTAINE des 2 millions d'habitants réfugiés dans la capitale et qui voulaient simplement croire en une paix revenue !
(...)
Rédigé par: Cervolant | 17/10/2009 à 00:16

Toujours les memes excuses en se voilant la face ou tout simplement en faisant l'autruche en avançant l'excuse americaine. Parce que les crimes de guerres des uns n'excusent pas les crimes contre l'humanité des "khmers rouges". On peut egalement parler du triple-jeux de Sihanouk, qui a pactisé avec Pol Pot pour revenir au pouvoir et qui n'a rien fait pour arreter les massacres.
Rédigé par: Tom Bishop | 17/10/2009 à 09:07

On est en 2009 ou pas? Je vois un ensemble de commentaires qui continuent de tourner en rond, voulant une auto-flagélation continue de Libé comme les procès staliniens d'antan. Cet article est intéressant pour montrer l'aveuglement de l'époque, de voir le délai pour en sortir, pose la question de l'aveuglement d'aujourd'hui au nom d'idéologie (pas seulement de Libé): environnement, libéralisme, altermondialisme etc... ont remplacé communisme, maoisme et autres isme des années 70. Les commentaires qui demandent encore un Aggiornamento n'ont par contre aucun intérêt: il serait temps de rentrer dans le XXIème siècle.
Rédigé par: Patrick C | 17/10/2009 à 09:55

Pour ceux qui ont la mémoire sélective voir par exemple l'article du courrier international :
Mais où sont les complices des Khmers rouges ?
Au moment où le premier procès d’un ancien responsable khmer rouge s’ouvre, un spécialiste de la question s’interroge sur l’absence de certains dirigeants occidentaux, qui ont pourtant soutenu le régime de Pol Pot.
26.02.2009 | John Pilger* | The Phnom Penh Post

http://www.courrierinternational.com/article/2009/02/26/mais-ou-sont-les-complices-des-khmers-rouges

extrait : En 1979, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont imposé un embargo dévastateur à un Cambodge moribond parce que son libérateur, le Vietnam, n’était pas dans le bon camp pendant la guerre froide. Peu de campagnes orchestrées par le ministère des Affaires étrangères britannique ont atteint ce degré de cynisme ou de violence. Les Britanniques exigèrent que feu le régime du Kampuchéa démocratique conserve le “droit” de représenter ses victimes aux Nations unies. Pour déguiser ce crime, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Chine, principal allié de Pol Pot, inventèrent une coalition “non communiste” en exil, qui, en réalité, était dominée par les Khmers rouges. En Thaïlande, la CIA et la Defence Intelligence Agency entretenaient des liens étroits avec le mouvement khmer rouge. En 1983, le gouvernement Thatcher envoya les SAS, ses forces spéciales, former la “coalition” aux technologies des mines terrestres.
Rédigé par: lantriac | 17/10/2009 à 10:46

Je suis lecteur de Libération depuis le n°12 et je suis d'accord avec Patrick Sabatier sauf sur le mot auto-génocide. Lisez "Pol Pot", l'excellent livre de Philip Short. Les leaders des Khmers rouges avaient pour modèle la révolution française et étaient marqués par le boudhisme. Ce n'était pas des staliniens ni même des maoïstes. Les économistes de tous bords approuvaient le retour à la terre des Khmers pour développer une agriculture vivrière. C'est l'incompétence des cadres khmers rouges et des populations urbaines obligées de travailler la terre puis le dogmatisme fanatique qui ont été la source de crimes contre l'humanité. Douch n'était qu'un petit exécutant bien analysé dans "Le portail". C'est le procès de Khieu Samphan qui devrait être plus important. Mais au bout du compte la grande question est de savoir pourquoi les intellectuels de gauche français ont-ils été aussi longtemps aveuglés sur l'action des Khmers rouges et quelles sont les erreurs de jugements susceptibles de se reproduire dans d'autres circonstances.
Rédigé par: Jean-Yves | 17/10/2009 à 21:54

Des economistes de tout bord auraient approuvé "le retour à la terre des Khmers pour developper une agriculture vivriere" ? Ben voyons et qui sont ces economistes ? Quand aux pseudo-intellectuels autoproclamés, ils font toujours les mêmes erreurs en soutenant les memes causes. Certains consideraient meme l'ayatollah Khomeiny comme un "gandhi iranien"...ben voyons ! Et aujourd'hui, ils y en a qui soutiendraient les "talibans" ... alors que si la Coalition internationale se retire d'Afghanistan, ce sera un carnage comparable à celui des "khmers rouges".
Rédigé par: Tom Bishop | 20/10/2009 à 08:12

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