Pol Pot nie ses crimes et l'influence du marxisme

Repris du site: http://amekhmer.free.fr/khcrucial-event/2mal-cambodgien.htm. Ces informations sur l'influence communiste complète et confirme les travaux de Sacha Sher.

Curieusement, les leaders communistes “oublient” que nombres d'entre eux ont bénéficié de bourses pour étudier à Paris où ils sont devenus membres du parti communiste français et suivirent ses écoles. Pol Pot, lâchement, parle de Gandhi, de Nerhu mais pas de Karl Marx et de Lénine et même de Staline, qu'ils étudiaent au début des années 1950, quand il était étudiant à Paris.


Le Matin (Lausanne) - 29/10/1997

POL POT: L'INTERVIEW «J'ai la conscience tranquille!»

Le leader khmer rouge rompt un silence de dix-huit ans pour faire face à son passé. Coupable d'un des plus grands génocides de l'Histoire, il n'a pas un mot de regret. Effrayante rencontre.

Anlong Veng et Nate Thayer.

J'aimerais parler de la période où vous étiez au pouvoir, entre 1975 et 1979. Vous êtes accusé d'avoir dirigé un mouvement qui a tué des centaines de milliers de personnes. Le monde entier vous condamne pour cela; estimez-vous que ces accusations sont justifiées?

Pol Pot: Je vais vous répondre. Votre question n'est pas nouvelle. On la pose, et on la pose encore. J'aimerais dire d'abord que j'ai la conscience tranquille. Tout ce que j'ai fait et ce à quoi j'ai participé, c'était d'abord pour la nation et le peuple du Cambodge. Nous n'avions pas d'autre choix. Naturellement, nous devions nous défendre. Les Vietnamiens voulaient m'assassiner parce qu'ils savaient que, sans moi, ils pourraient facilement englober le Cambodge.

Le monde entier vous tient pour responsable de la mort de centaines de milliers de Cambodgiens innocents. Vous considérez-vous comme responsable de crimes contre l'humanité, contre votre propre peuple?

- Je vais répondre. Je veux le dire clairement. D'abord, j'aimerais dire que je suis venu pour combattre, pas pour tuer des gens. Maintenant encore, vous pouvez me regarder; ai-je l'air d'un barbare? J'ai la conscience tranquille. Comme je vous l'ai dit, ils (les Vietnamiens) se battaient contre nous, alors nous devions prendre des mesures pour nous défendre.

Vous avez ici une occasion historique. Vous savez bien que durant vos années au pouvoir - avec les expériences agraires, l'organisation sociale et politique, les exécutions directes de dizaines de milliers de personnes - de très nombreuses familles ont souffert. Les Cambodgiens veulent savoir si vous avez des remords, si vous reconnaissez avoir commis de très graves erreurs lorsque vous étiez au pouvoir?

- Il y a deux aspects: ce que nous avons mal fait et ce que nous avons réussi. Notre erreur, c'est d'avoir fait certaines choses contre les gens - chez nous et aussi contre l'ennemi - mais, l'autre aspect, c'est que sans notre lutte il n'y aurait plus de Cambodge aujourd'hui.

Mais ne pensez-vous pas que ces centaines de milliers de personnes qui ont souffert méritent des excuses?

-Pour les aspects mauvais de notre lutte, cela a été écrit dans le livre. C'est un témoignage pour l'Histoire.

Quel livre?

-Le juste et le faux dans le Kampuchéa démocratique». (Pol Pot fait référence à un tract politique diffusé par les Khmers rouges dans les années 1980.)

Mais il n'admet que 30'000 morts. Tous les experts indépendants reconnaissent que plusieurs centaines de milliers de personnes ont perdu la vie à cause de votre politique. C'est un fait. Lorsque vous étiez au pouvoir, des centaines de milliers de personnes sont mortes par la faute de votre gouvernement. Le reconnaissez-vous?

-Je vous l'ai dit, c'était écrit dans le livre, et je suis fatigué de parler de cela...«Tuol Sleng, Tuol Sleng, Tuol Sleng...»

Parlons de Tuol Sleng. Il existe des preuves accablantes de votre responsabilité concernant Tuol Sleng; 16'000 personnes, qui ont signé des confessions, y ont été exécutées, y compris des femmes et des enfants, suspectées d'tre des agents de la CIA, du KGB ou des Vietnamiens. Etes-vous responsable de Tuol Sleng et croyez-vous vraiment que ces 16 000 personnes, y compris les enfants, étaient des agents de l'étranger?

-J'étais au sommet. Je ne prenais que les grandes décisions sur les grands sujets. Je vais vous dire: Tuol Sleng est une mise en scène des Vietnamiens. Les gens parlent de Tuol Sleng, Tuol Sleng, Tuol Sleng, mais, lorsque vous regardez les photos, ce sont toujours les mêmes. La première fois que j'ai entendu parler de Tuol Sleng, c'tait à la radio Voice of America. Des experts disent d'ailleurs que les crânes sont plus petits que le crâne des Khmers...

Vous voulez dire que vous n'avez jamais entendu parler de Tuol Sleng avant 1979?

-Non, je n'en ai jamais entendu parler. Ces experts disaient aussi que les squelettes étaient plus vieux de dix ans...

Je dois vous dire qu'il existe des preuves scientifiques irréfutables que des milliers de personnes, des Cambodgiens, ont été exécutées à Tuol Sleng alors que vous contrôliez le pays. Personne au monde ne conteste que c'est vrai, sauf vous.

- (Pas de réponse.)o

1997 Nate Thayer--- LIRE EN PAGE 4

Pas un seul remords. Pol Pot est en train de mourir. On l'aide lentement à descendre du siège arrière d'une jeep bleue. Il se tient difficilement en équilibre sur la petite route poussiéreuse, souriant timidement et levant les mains jointes devant son visage en un geste de salut traditionnel. Il doit s'appuyer sur mon bras pour parcourir les 25 mètres qui nous séparent d'une hutte ouverte, dans une clairière taillée dans la jungle épaisse des montagnes Dongrek. Son souffle est court lorsqu'il s'assoit devant une simple table de bois. Un jeune cadre khmer rouge place devant lui, avec déférence, une bouteille d'eau en plastique. Pol Pot arrange son foulard traditionnel de paysan, les traits tirés et les yeux clignant rapidement. Il regarde tristement par-dessus la table.L'homme qui a orchestré le génocide cambodgien va donner sa première interview depuis dix-huit ans. Il a l'occasion de se mettre en paix avec son passé sanglant, de s'excuser pour un règne de quatre ans de terreur, qui a tué plus d'un million de ses compatriotes. Il refuse. La question est répétée. Veut-il s'excuser? «Non!»

Dans une interview de plus de deux heures, il ne montrera aucun remords pour les horreurs commises par son régime entre 1975 et 1978. «Dire que des millions sont morts est exagéré, affirme-t-il seulement. Il ne se montre humain que lorsqu'il parle de lui et de sa famille, de sa jeunesse, de l'origine de son idéologie, de ses problèmes de santé et des difficultés scolaires de sa fille de 12 ans. Il n'élève pas la voix et cherche même à susciter la sympathie: «Pour moi, c'est fini. Fini politiquement et fini comme être humain. En khmer, nous avons un dicton: quand vous êtes à la fois très vieux et très malade, il ne vous reste qu'une chose, mourir.»

N. T. «Les mains couvertes de sang»Pol Pot admet qu'il a donné l'ordre de tuer Son Sen, son compagnon d'armes de toujours, et 14 membres de sa famille, y compris ses petits-enfants, le 10 juin dernier: «Vous savez, pour les autres gens, les bébés et les jeunes, je n'ai pas donné l'ordre de les tuer. Pour Son Sen et sa famille, oui. Je le regrette. C'tait une erreur.» La paranoïa de Pol Pot l'a peut-être aidé à survivre comme combattant, mais elle a finalement conduit son mouvement à l'autodestruction et à une succession de règlements de comptes sanglants.C'est l'assassinat de Son Sen qui a valu à Pol Pot de se faire écarter du commandement du mouvement révolutionnaire qu'il a dirigé pendant trente-sept ans. Ta Mok, 71 ans, qui était aussi sur la liste des personnes à liquider, a capturé Pol Pot le 19 juin. Pol Pot a été condamné à la prison à vie par les siens, mais il ne sera pas livré à la justice internationale pour répondre de ses crimes contre l'humanité. Rencontré auparavant, Ta Mok, le général unijambiste surnommé le «Boucher», nouvel homme fort des Khmers rouges, accuse, fait sans précédent chez les Khmers rouges: «Les mains de Pol Pot sont couvertes de sang. Il est clair qu'il a commis des crimes contre l'humanité. Je ne suis pas d'accord avec les chiffres américains qui parlent de plusieurs millions de morts. Mais des centaines de milliers, oui.» Mais Ta Mok - dont on a retrouvé partout les empreintes à Tuol Sleng - ne veut pas livrer son ancien chef: «Je livrerai Pol Pot à la seule condition qu'il soit jugé en même temps que Hun Sen», affirme-t-il. Une condition qui a peu de chances de succès. Hun Sen, qui partageait le pouvoir au Cambodge avec un fils du roi Sihanouk, a pris les commandes du pays après un coup d'Etat en juillet dernier.N. T.

«Elève moyen» Devant les entassements d'os humains visibles aujourd'hui encore au Cambodge, héritage tangible du régime de Pol Pot, on s'interroge sur l'origine de l'horreur. Pol Pot, 72 ans, parle de son passé, notamment de son séjour en France entre 1949 et 1952, et de sa manie du secret. Je n'étais pas un mauvais élève. J'étais moyen... J'étudiais juste assez pour garder ma bourse. Le reste du temps, je lisais des livres. Je regardais les livres d'occasion en vente au bord de la Seine. Par exemple, «La grande Révolution française». En même temps, je m'intéressais au mouvement du mahatma Gandhi, en Inde. Il était bien connu et je l'appréciais beaucoup. Et ensuite Nehru... Mais ce qui m'a le plus influencé, c'était la situation au Cambodge lorsque j'y suis revenu.» Depuis mon enfance, je n'ai jamais parlé de moi-même. C'tait ma nature. J'étais taciturne. Je suis très modeste. Je ne veux pas dire aux gens que je suis chef. Je ne l'ai dit à personne, ni à mon frère, ni à ma soeur, je ne voulais pas les inquiéter.» N. T.

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