Les négationnistes des crimes commis au nom du communisme

Comment la presse couvre selon le jargon des journalistes la "libération" de Phnom-Penh par les Khmers rouges le 17 avril 1975? Petite analyse de textes pour débusquer les négationnistes des crimes commis au nom du communisme.


1) Le Temps, International, Arnaud Dubus, envoyé spécial à Phnom Penh, 14.04.05

Charnier cambodgien privatisé

Choeung Ek est l'équivalent cambodgien d'Auschwitz: un mémorial empreint de simplicité qui perpétue le terrible souvenir du génocide opéré par les Khmers rouges entre 1975 et 1979. En visitant les larges fosses où tombaient les milliers de victimes du régime ultra-radical et les bâtiments où sont entreposés leurs ossements, chacun, Cambodgien ou touriste étranger, peut ressentir la dimension hors du commun où sont entreposés de la folie meutrière qui s'est abattue sur le pays.

La suite de l'article narre la privatisation de Choeung Ek contre une rente annuelle de 15'000 dollars à l'Etat. On apprend que Chea Vandeth, secrétaire général du Conseil des ministres qui a conclu l'affaire est aussi le président du conseil d'administration de la firme japonaise qui a obtenu la concession.

Mais, pas un mot sur le fait que ce régime qualifié de "ultra-radical" était marxiste. Un exemple flagrant du négationnisme des crimes d'un régime communiste. Toujours ce refus de voir alors que le marxisme, le communisme, le socialisme, n'ont été pour le peuple que misère et terreur.


Libération consacre une série d'articles sur le Génocide

1) «Le Cambodge malade de son passé», écrit par le même Arnaud Dubus qui fait l'envoyé spécial de plusieurs quotidiens. Après avoir lu et relu cet article, s'il parle une fois de "régime meurtrier", il n'y a aucune mention qu'il était communiste, ni de l'appelation en vigueur de marxiste-léniniste, expression utilisée pour se démarquer des révisionnistes soviétiques.

2) «Ne rejetons pas l'humanité chez le bourreau», déclaration de François Bizot, ethnologue, emprisonné dans un camp khmer rouge en 1971. Selon lui, Douch, un des bourreau en chef "tuait pour une idéologie", ce qui était vrai mais pourquoi ne pas rappeler que cette idéologie, c'était le marxisme. Encore un trou de mémoire!

3) "Nul n'imagine une Allemagne où Goering et Speer couleraient des jours tranquilles en Bavière, où les victimes des camps devraient vivre côte à côte avec leurs bourreaux." Voici comment Patrick Sabatier commence son article titré «Amnésie». Si ce journaliste de Libération stigmatise l'amnésie des massacres du régime des Khmers rouges, il est lui aussi frappé par une autre amnésie, encore plus répandue, le négationnisme des crimes communistes, car aucun moment il ne rappelle que l'idéologie du régime de Pol Pot, c'était le marxisme.

Le 16 avril 2005, Le Temps publie une page complète (page 11) dans la rubrique Eclairages sous le titre "Les Cambodgiens ont soif de justice pour guérir d'une violence indicible". Cet article d'Arnaud Dubus rappelle les blessures et les souffrances des survivants à travers quelques destins de survivants dont:
- Oun Pho, une paysanne de 57 ans paraissant beaucoup plus que son âme et dont la vie à basculé dans la douleur depuis qu'un jour de 1978, des soldats khmers rouges ont emmené son mari qu'elle n'a jamais revu.
- Chun Sakon, retraité de l'enseignement, dont le frère aîné, chef d'une coopérative, a été assassiné en 1974 par les Khmers rouges, et qui porte encore la souffrance de cette disparition. Témoignage très utile parce qu'il révèle que la politique de terreur a commencé bien avant la "libération" de Phnom-Penh. Elle n'est donc pas conséquence de l'ivresse de la victoire.

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