Un ancien exécutant Khmer rouge écroué au tribunal du génocide

L'ancien directeur d'un centre de torture Khmer Rouge, Kang Kek Ieu, alias Duch, a été inculpé mardi de crimes contre l'humanité et écroué par un tribunal cambodgien parrainé par l'ONU.

Nouvelles en continu, Le Temps, Mardi 31 juillet 2007, Agences

Duch, dont le vrai nom est Kang Kek Ieu, gérait la prison Tuol Sleng, dans le centre de la capitale cambodgienne Phnom Penh. Ancien lycée, la prison était devenue un centre de torture où 16 000 hommes, femmes et enfants ont subi les pires atrocités avant d'être exécutés.

Duch était déjà détenu depuis 1999 dans une prison militaire. Mais son transfert et sa récente inculpation marque l'étape la plus concrète dans la mise en place de la juridiction internationale qui doit juger les rares anciens hiérarques encore en vie.

Près de deux millions de personnes ont trouvé la mort sous le régime de Pol Pot, entre 1975 et 1979. Le dictateur avait fait régner la terreur au Cambodge, supprimant les écoles, transférant des millions de personnes à la campagne et éliminant tout opposant. Pol Pot est décédé en 1998.

Eventuel procès en 2008

Après des années d'atermoiements, le tribunal spécial, qui réunit des magistrats cambodgiens et étrangers sous le parrainage des Nations unies, a indiqué mi-juillet qu'il examinerait les dossiers de cinq suspects en vue d'une éventuelle comparution à un procès qui devrait avoir lieu l'année prochaine.

La liste n'a pas été rendue publique mais Nuon Chea, plus ancien haut responsable du régime de Pol Pot, a confirmé qu'il faisait partie des personnes visées. Il a nié les crimes de génocide. Khieu Samphan, l'ancien chef d'Etat du régime Khmer, a lui aussi récemment assuré ne pas être coupable. Serait également visé l'ancien chef de la diplomatie Khmer, Ieng Sary.

L'avocat de Duch, Kar Savuth, a assuré de l'innocence de son client, qui aurait agi "sous des ordres oraux venus d'en haut", selon lui. "Il n'avait pas l'autorité d'arrêter ou de tuer quiconque", a ajouté l'avocat.

Le tribunal du génocide cambodgien a finalement été mis en place en juillet 2006, avec la prestation de serment des juges. Il aura fallu huit ans de négociations entre Phnom Penh et les Nations unies et encore de nombreux litiges portant sur des questions de procédure qui avaient opposé pendant des mois les magistrats cambodgiens et étrangers.

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