Le réseau de désinformation crypto-communiste en Suisse
Le réseau: la BPU fait une exposition sur Lénine, ce qui génère une série sur Lénine par la RSR liée avec un documentaire sur la TSR, et quelques articles dont celui de "La Liberté" qui donne la parole à l'écrivain Michel Buenzod, auteur de «Moi Lénine» (Ed. Cabédita, 1999). On y trouve la mauvaise foi habituelle de tout communiste!
Quelques extraits:
- Mais ce n'était pas encore le régime des fiches... critique acerbe la démocratie bourgeoise helvétique, mais silence sur l'état anti-démocratique érigé par Lénine.
- Christoph Blocher, la cible d'une gauche qui a soutient Cuba et autres régimes contraires aux Droits de l'Homme.
- Une véritable révolution ne se décrète pas par en haut. Sans blague! le coup de force d'octobre 1917 a été une opération ordonnée par Lénine.
- La Suisse, pays impérialiste. Sans comparaisons avec l'impérialisme de Lénine qui fonde l'Internationale communiste, fait envahir l'Ukraine, l'Arménie, lance l'Armée rouge contre la Pologne. De 1920 à l'Afghanistan
- Le souvenir des crimes de Staline a obscurci l'image de Lénine. Normal, sans Lénine pas de Staline.
- Etc. De la pure propagande pour Lénine, le fossoyeur de la démocratie russe.
HISTOIRE VIVANTE
Les dossiers de "La Liberté"
http://www1.laliberte.ch/pratique/pr_dossiers_02.cfm?id=569
Avant de rentrer en triomphateur en Russie, Lénine (au centre) à vécu de longues années d'exil, dont sept ans en Suisse où il s'est préparé à la révolution. DR / WWW.LENINE.CH
L'impossible Révolution suisse
Lénine · Le père de la Révolution russe a vécu près de sept ans en Suisse. S'il n'a pas obtenu d'insurrection prolétarienne dans notre pays, il y a laissé de nombreuses traces idéologiques.
Propos recueillis par Pascal Fleury
Vladimir Ilitch Oulianov, alias Lénine, s'est préparé en bonne partie à la Révolution russe à partir de la Suisse. Séjournant à plusieurs reprises à Genève, Berne et Zurich entre 1895 et 1917, il s'y est montré très actif, donnant des conférences, éditant des journaux, manifestes et tracts, côtoyant les représentants de la gauche helvétique. Il a même été membre du Parti socialiste zurichois. L'écrivain Michel Buenzod, auteur entre autres de «Moi Lénine» (Ed. Cabédita, 1999), évoque le passage en Suisse de ce personnage qui a marqué le monde moderne. Cet enseignant retraité est membre de la rédaction de «Gauchebdo», hebdomadaire du Parti suisse du Travail-POP.
Lénine a vécu pendant près de sept ans au total en Suisse. Pourquoi a-t-il choisi notre pays comme refuge?
Michel Buenzod: - Lénine est venu à Genève en 1895 et en 1900 pour y rencontrer le théoricien marxiste russe Georges Plékhanov et d'autres réfugiés politiques de son pays. Plus tard, après avoir échappé de peu, en Finlande, à la police du tsar, il est retourné chez nous pour des séjours de plus longue durée. Sa motivation principale était constamment d'être proche des groupes sociaux-démocrates russes réfugiés. La Suisse était alors, en principe, une terre d'asile. Ce qui n'empêchait pas les autorités de garder l'oeil ouvert sur les activités de la gauche helvétique. Mais ce n'était pas encore le régime des fiches...
Quels rapports entretenait Lénine avec la gauche helvétique?
Lénine avait des contacts avec les dirigeants du Parti socialiste suisse (tels Grimm, Naine, Graber père ou Golay), notamment lorsque, en 1915, il participe à l'organisation de la conférence pour la paix de Zimmerwald, en Suisse centrale. Au milieu de la Première Guerre mondiale, la gauche socialiste demandait en effet à tous les peuples participant au conflit de cesser les combats. Lénine a tenté de rallier à ses idées pacifistes les socialistes suisses, mais il a dû faire preuve, dit un témoin de l'époque, d'une «patience angélique à l'égard des camarades suisses»!
Comment se fait-il qu'il n'ait jamais été inquiété par la police suisse, alors qu'il donnait des conférences et diffusait ses idées révolutionnaires?
Il est vrai qu'il a donné de nombreuses conférences dans notre pays. Comme tous les étrangers, il était surveillé. Ainsi, en 1905, alors qu'il va rejoindre la première Révolution russe, la police de Genève signale son départ avec... un mois de retard. Il faut dire que Christoph Blocher n'était pas encore à la tête du Département de justice et police...
Lénine n'a pas réussi à convaincre ses «camarades» suisses d'une insurrection prolétarienne. Pourquoi?
Sur le plan théorique, Lénine a observé une attitude très critique à l'égard des dirigeants réformistes dont il jugeait la position opportuniste. Par contre, il ne s'est jamais mêlé de la politique active suisse. En 1917, avant de retourner en Russie où il conduira la Révolution à la victoire, il écrivait, dans une lettre d'adieu aux ouvriers suisses: «Nous avons toujours été réservés, surtout dans les questions du mouvement suisse dont l'étude exige un long travail dans le mouvement local.» C'est dire qu'il n'estimait pas avoir à jouer un rôle direct dans la politique helvétique. Du reste, quand, en 1918, la grève générale éclata, Lénine avait quitté la Suisse.
Pensez-vous qu'une révolution suisse aurait pu avoir lieu, si les thèses léninistes avaient pris racine dans notre pays?
Non. Une véritable révolution ne se décrète pas par en haut. Elle est le résultat d'une situation sociale caractérisée par une exploitation insupportable des travailleurs, y compris des classes moyennes, et à laquelle ceux-ci refusent de se soumettre.
Quel héritage a laissé Lénine à la gauche helvétique en 1917?
L'héritage de Lénine ne concerne pas seulement la Suisse, mais le combat mené par la classe ouvrière partout dans le monde. Il a développé le marxisme dans ce qu'il a appelé l'époque de l'impérialisme. Ce dernier n'est pas seulement ni même nécessairement militaire. Il est l'expression du rôle grandissant joué par les facteurs financiers dans l'économie.
»A l'aube du XXe siècle, Lénine avait déjà compris que le capital financier dominerait le globe. La mondialisation contemporaine est une éclatante démonstration de l'exactitude des idées qu'il a développées. Lénine disait d'ailleurs que, dans ce sens, la Suisse, où les banques et les assurances tiennent en main les leviers de commande, est un pays impérialiste. Aujourd'hui, cette vérité saute aux yeux des moins avertis.
Que reste-t-il aujourd'hui en Suisse du passage du père de la Révolution russe?
En Suisse comme ailleurs, ses traces sont profondes, même après la disparition de l'Union soviétique. Bien qu'affaiblis dans cette période où semble triompher l'ultralibéralisme, des partis de la gauche combative, qui ne se reconnaissent pas dans les positions réformistes, existent presque partout. Le souvenir des crimes de Staline a obscurci l'image de Lénine. La propagande de la droite et de l'extrême droite ne cesse d'entretenir cette confusion. Pourtant, à la fin de sa vie, en 1923, alors qu'il était gravement malade, Lénine mettait en garde son parti contre Staline qu'il jugeait «trop brutal».
»Le Parti du travail-POP, qui a rejeté sans concession depuis un demi-siècle le stalinisme, adopte des méthodes d'analyse inspirées de Lénine. Mais celles-ci ne sont pas des recettes. Elles n'ont de valeur que si elles tiennent avant tout compte des réalités politiques du pays. I
Sept années d'exil à Genève, Berne et Zurich
Après quatorze mois de prison et trois ans de déportation en Sibérie pour militantisme marxiste, Lénine quitte la Russie en 1900 pour lancer, de l'étranger, le journal de lutte «Iskra» (L'Etincelle). Dès la fin avril 1903, il s'installe durablement à Genève, avec sa femme Nadejda Kroupskaïa et sa belle-mère. Les exilés habitent une maisonnette du quartier de Sécheron puis un modeste appartement mieux centré. C'est là, raconte l'historien Maurice Pianzola1, que «Lénine prépara le 2e Congrès du Parti ouvrier social-démocratique de Russie, qui fut en fait le vrai congrès de fondation de ce parti».
Lénine fréquente régulièrement la Bibliothèque publique et universitaire de Genève, est membre de la Société de lecture, donne des conférences, développe un atelier typographique avec d'autres réfugiés russes, rencontre des compatriotes à la Brasserie Landolt. En décembre 1904, il fête l'Escalade avec ses camarades bolcheviques. «Nous étions comme des enfants. Et Lénine! Comme il riait!», racontera plus tard un participant. En octobre 1905, Lénine rejoint Saint-Pétersbourg en pleine révolution, mais doit vite déchanter et à nouveau s'exiler. En 1908, il se retrouve à Genève pour une année: «C'est triste, le diable m'emporte, de rentrer dans cette maudite Genève, mais rien à faire!», écrit-il alors. Ce qui ne l'empêche pas d'apprécier «la culture générale et les extraordinaires commodités de vie» de la ville, de même que les promenades alpestres.
Pendant la Première Guerre mondiale, Lénine se réfugie à nouveau en Suisse, d'abord à Berne, puis à Zurich. C'est à Berne, ville «paisible et endormie», qu'il développe ses «Thèses sur la guerre». Il appelle les soldats à tourner leurs armes non pas contre leurs frères ouvriers ou paysans, mais contre les gouvernements impérialistes et la bourgeoisie.
En 1916, Lénine emménage chez un cordonnier à Zurich. Il assiste aux assemblées du Parti socialiste et apporte son soutien à l'aile gauche du parti, estimant que la Suisse est un Etat impérialiste lié aux autres puissances par de multiples attaches financières. En avril 1917, il dira sa reconnaissance aux ouvriers suisses, leur adressant une lettre d'adieu juste avant de rejoindre la Révolution russe dans un wagon bénéficiant de l'extraterritorialité. PFY
1 «Lénine en Suisse», Maurice Pianzola, Ed. Librairie Rousseau, 1965. Une brochure «Lénine à Genève» vient d'être publiée en 2005 par la Bibliothèque publique et universitaire de Genève (BPU) à l'occasion de l'exposition «Quand Lénine était lecteur à la BPU», à voir jusqu'au 8 avril 2006 à la BPU, promenade des Bastions, à Genève.
Le goût de l'immortalité
Incarnation du mythe du père de la Révolution russe, la momie de Lénine trône toujours dans le mausolée de la place Rouge, à Moscou. Une équipe de télévision, menée par Xavier Villetard, s'est penchée sur ce semblant d'immortalité voulu par Staline, alors que l'idée n'aurait jamais effleuré le héros du peuple. Le documentaire «Forever Lénine», à voir dimanche et lundi sur TSR 2, raconte qu'en 1924, un laboratoire d'Etat, contrôlé par les services secrets soviétiques, a été chargé de mettre au point un procédé de conservation pour Lénine. La recette: tremper le corps dans 240 litres de glycérine, 110 kg d'acétate de potassium, 150 litres d'eau et 2% de chlore de quinine en guise de désinfectant. Le laboratoire a utilisé des doublures biologiques de Lénine pour faire ses tests. Dans les années 50, la scabreuse officine tourne à plein régime, momifiant divers chefs d'Etat communistes. La dernière commande officielle date de 1994, avec le dictateur coréen Kim Il-Sung. Depuis, ce sont les nouveaux riches russes qui, paraît-il, seraient assoiffés d'éternité. PFY