Labyrinthe: mensuel pour les lettres et les arts
et l'URSS

Octobre 1944, une équipe (Giacometti, Balthus
) fait publier "labyrinthe" consacrée aux lettres et aux arts. Se voulant refléter les artistes anciens et ceux de son temps, on y trouve sans arrêt: Aragon, Eluard, Picasso, Elsa Triolet, Sartre, Malraux, tous des communistes ou des compagnons de route. Comme par hasard, le numéro 15 parle de Paul Langevin, communiste et élément moteur dans le mouvement de la paix, au service de l'Union soviétique. De plus, certains numéros contiennent des textes apologétiques sur les écrivains ou la constitution de 1936 avec des nouvelles des Amis de l'URSS. C'est le modèle standard conçu au début des années 1920 par Willy Münzenberg pour la presse du Komintern, mêlant un emballage neutre pour instiller la propagande de l'Internationale communiste!

No 4 Maurice Ducommun décrit "Le rôle de l'écrivain en URSS" en commençant par Maïakovsky, en oubliant son suicide, de même que les écrivains censurés et liquidés: Boulgakov, Sergueïev-Tsenki, Ehrenbourg, Ivan Kataïev, Boris Pilniak, Anna Akhmatova, etc.et ceux qui ont compris comment servir le régime pour rester vivant avec le réalisme socialisme, du pur mensonge au service du parti, en fait de Staline!

Dans "Labyrinthe", QUE des belles images sur l'URSS
Maurice Ducommun nous fait la réclame de "La constitution soviétique" grâce à une plaquette de l'association Suisse-URSS
en oubliant la Grande terreur de 1937-38. Une amnésie de l'hémisphère gauche sans doute! Et les millions de victimes terrorisées, arrêtées, déportées ou fusillées?
Isabelle Rüf, Le Temps du 9 avril 2009, à l'occasion d'une exposition au Musée Rath, fait une interview Jean Starobinski qui regrette certains articles de propagande pour l'URSS de Staline, en refusant de voir que cette utopie, c'était le goulag stalinien.
Dans le no 15, un certain Pol Quentin? fait le "Tour d'horizon de la littérature soviétique"
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Toujours dans le No 15, sous le titre 19 avril 1943 -19 avril 1946, un article "psycho-analyse de l'antisémitisme" par Vladimir Jankélévitch, en mémoire du ghetto de Varsovie: Il y a trois ans prenait glorieusement fin cette tragédie, la plus effrayante de notre histoire, et sans doute de l'histoire. De six cent mille Juifs que la nazisme avait emmurés dans la famine, l'épidémie, dans les pires souffrances, les survivants, en tout une quarantaine de milliers, osaient lui imposer l'acte de dénouement, sur elle tirer eux-mêmes le rideau de flamme et de sang de la révolte. Rappelons ce mois d'avril-mai où, séparé, abandonné d'un monde resté sourd au dernier appel qui lui parvint, du fond de l'abîme, le Ghetto de Varsovie prit conscience de lui-même, et où la "race des seigneurs" essuya des humilations la plus retentissante. Sans un mot sur l'holocauste, et cela en 1946? |