Exercices dhistoire Octobre rouge : révolution ou coup dEtat ?
Jean-Benoît Clerc et Patrick Minder, sur le site tacite.ch* posent enfin cette question "Octobre rouge: révolution ou coup dEtat ?" et répondent par les points de vue de Marc Ferro et Domenico Losurdo. Malheureusement, les spécialistes cités, Marc Ferro et Domenico Losurdo, escamotent le "wagon plombé" qui a permis à Lénine de revenir de Zürich fin mars 1917 grâce à l'Allemagne impériale avec de l'argent pour fomenter un coup d'état! En fait ces deux historiens font partie de l'internationale des complices de Lénine, falsifiant l'Histoire en toute connaissance de cause. En conséquence, les informations qui sont données pour répondre à la question posée ne permettent pas d'y répondre, ce qui fausse totalement la valeur de cet exercice.
Quant au texte de Marc Ferro, reproduit ci-dessous, en plus de nombreuses contre-vérités, des affirmations telles que "la confiance dans la scientificité de lanalyse bolchevik", montre sous l'apparence frauduleuse, cet "historien" est intoxé par la propagande bolchevik qu'il continue de répandre et qu'il est, ipso facto, un complice important dans la négation des millions de victimes du régime bolchevik qui fit, en 5 ans plus de 10 millions de morts, la majorité par la famine de 1922. Or ces victimes sont en majorité des ouvriers, des paysans, des gens du petit peuple, ce qui démontre que Lénine, comme tous les dirigeants communistes, était un ennemi du peuple. Se faire encore aujourd'hui le complice de cette mortelle imposture entraîne une complicité
Comme vous le savez, l'horreur ne fit qu'augmenter sous le règne de Staline, qui, sans le coup d'état d'octobre et l'établissement par le sang et dans les larmes de la dictature contre le prolétariat par Lénine, n'aurait pas pu commettre tant d'assassinats.
*http://www.tacite.ch/doc/Histoire%2520(site)/Ressources/Exercices/20e%2520siecle%2520I/PMRevcoupEtat1917_2007.pdf
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A tacite.ch
Messieurs,
Jean-Benoît Clerc et Patrick Minder, sur votre site posent la question "Octobre rouge: révolution ou coup dEtat ?" et répondent par les points de vue de Marc Ferro et Domenico Losurdo. Malheureusement, les deux spécialistes cités, Marc Ferro et Domenico Losurdo, escamotent le "wagon plombé" qui a permis à Lénine de revenir de Zürich fin mars 1917 grâce à l'Allemagne impériale qui fournit de l'argent pour fomenter un coup d'état! En fait ces deux historiens font partie de l'internationale des complices de Lénine, falsifiant l'Histoire en toute connaissance de cause tout en méprisant les millions de victimes innocentes du bolchévisme.
En conséquence, les informations qui sont données pour répondre à la question posée ne permettent pas d'y répondre, ce qui fausse totalement la valeur de cet exercice.
Quant au texte de Marc Ferro, reproduit ci-dessous à partir de l'INhumanité*, en plus de nombreuses contre-vérités, des affirmations telles que "la confiance dans la scientificité de lanalyse bolchevik", montre que sous l'apparence frauduleuse de son expertise, cet "historien" est intoxé par la propagande bolchevik qu'il continue de répandre et qu'il est, ipso facto, un complice dans la négation des millions de victimes du régime bolchevik qui fit, en 5 ans plus de 10 millions de morts, la majorité par la famine de 1922. Or ces victimes sont en majorité des ouvriers, des paysans, des gens du petit peuple, ce qui démontre que Lénine, comme tous les dirigeants communistes, était un ennemi du peuple. Se faire encore aujourd'hui le complice de cette mortelle imposture entraîne la complicité avec les commanditaires et la mépris pour les victimes.
* http://www.fonjallaz.net/Communisme/Appareil%20ideologique/RevRus/Marc%20Ferro.html
Comme vous le savez, l'horreur qui avait déjà atteint des sommets sous Lénine, ne fit qu'augmenter sous le règne de Staline, qui, sans le coup d'état d'octobre et l'établissement par le sang et dans les larmes de la dictature contre le prolétariat par Lénine, n'aurait pas pu commettre tant d'assassinats. A la veille de l'invasion allemande, le régime soviétique avait par la déportation, la fusillade, la faim, le travail forcé, le poison et le désespoir, tué plus de 25 millions d'être humains (6 fois la population de la Suisse de l'époque). Tant de sang, tant de larmes, de souffrances pour le peuple caché par une utopie en fait meurtrière!
Tout en restant à votre disposition, et dans l'attente de vos nouvelles, je vous prie d'agréer mes meilleures salutations.
Julien Fonjallaz
PS Aujourd'hui près du quart de l'humanité subit un régime communiste!
Article paru le 30 avril 2004. Votre journal a 100 ans. Vers des futurs d INHumanité
http://www.humanite.fr/2004-04-30_Medias_-1917-la-revolution-d-Octobre
1917 : la révolution dOctobre
Le moment révolutionnaire est lévénement par excellence, celui qui change le cours de lhistoire. Mais comment ? La portée de la révolution russe doctobre 1917 rend lenquête dautant plus complexe pour lhistorien. Contre ceux qui lont envisagée comme une nécessité inscrite dans les lois intangibles de lhistoire, dautres ont voulu y voir leffet dun obscur " complot " bolchevik. Comment labordez-vous ?
Marc Ferro. Cette vieille thèse du complot, tout comme lidée que 1789 ou la Révolution de février serait le fait des francs-maçons, na pas de sens. Avant les journées dOctobre, les bolcheviks avaient la majorité au congrès des soviets. Cela suffisait pour détenir le pouvoir, car le gouvernement provisoire du modéré Kerenski (issu de la révolution de février 1917 - NDLR) navait plus dautorité [SANS BLAGUES]. Or, Lénine pressent quen se contentant dun pouvoir fondé sur une majorité dans les soviets, il sera obligé de composer avec des non-bolcheviks, par exemple avec des mencheviks de gauche, avec des socialistes révolutionnaires (SR) et des anarchistes. Il lui faut donc ajouter une mise supplémentaire, ce sera linsurrection armée qui conférera une légitimité par la violence. Mais Lénine était sorti du bois dès le premier congrès des soviets en juin où, avec derrière lui cent cinq bolcheviks sur mille élus, il avait affirmé : " Nous sommes prêts à prendre le pouvoir. " Cette assertion avait suscité des éclats de rire, car les révolutionnaires, quels quils fussent, étaient démocrates, et nimaginaient pas quun seul parti minoritaire puisse prendre le pouvoir. Même les bolcheviks Zinoviev et Kamenev étaient scandalisés.
Coup de poker ou provocation de la part de Lénine ?
Marc Ferro. Ni coup de poker, ni provocation, mais confiance dans la scientificité de lanalyse bolchevik. Lénine part dune conviction : le pouvoir doit appartenir à ceux qui incarnent la classe ouvrière, agent de lhistoire, donc des marxistes, et parmi eux ceux dont lanalyse a révélé leur science du déroulement historique. Cette scientificité est à mes yeux la clé de tout. Ensuite il faut savoir manouvrer. Linsurrection doctobre est un petit coup dÉtat, opéré essentiellement par des soldats devenus bolcheviks, mais elle nest pas à proprement parler un coup dÉtat militaire comme le prétendait mencheviks et SR. Dautant quà lintérieur de ce coup dÉtat, sen trouve un deuxième, minuscule : le soviet de Petrograd, au cour du congrès des soviets, était depuis septembre présidé par Trotski. Celui-ci aurait donc dû mener linsurrection. Or, cest un comité révolutionnaire provisoire, créé pour loccasion, qui est chargé dopérer au nom du soviet de Petrograd. Trotski nen est donc plus le meneur. Cela est un peu manipulé par Lénine qui, dans ses ordres de mission des premiers jours, signe " président du comité révolutionnaire provisoire ", ce quil na jamais été. Cette signature dessaisit le soviet de Petrograd, donc Trotski, du rôle dagent principal de linsurrection. Le tout ressemble à des poupées russes : en gros, il y a les soviets qui de toute façon devaient avoir le pouvoir ; à lintérieur le soviet de Petrograd qui devait être lagent dune prise du pouvoir par la force, puis le comité révolutionnaire provisoire de Petrograd qui se substitue au soviet de Petrograd pour dessaisir le gouvernement Kerenski. Ma formule serait la suivante : il y avait un gouvernement de Kerenski qui navait plus dÉtat, et en face un État, composé des soviets, qui navait pas de gouvernement. Ce gouvernement sera le parti bolchevik.
Un des enjeux de votre travail a été, dans la tradition de lÉcole des Annales, denvisager la révolution dOctobre en quittant loptique purement " événementielle ". 1917 nest pas une " année zéro ", et même à travers octobre se manifeste des continuités, celles de mécanismes de fond qui travaillent la société.
Marc Ferro. Le succès de la révolution dOctobre ne vient pas seulement den haut en effet. Jen ai découvert le double foyer : celui des organisations, des partis, des syndicats ou des comités dusine, sorte de contre-pouvoirs virtuels face au gouvernement, et celui, par en bas, des soviets (ou comités), qui sétaient créés un peu partout et qui se sont eux-mêmes solidifiés et bureaucratisés, très tôt, dès avril 1917. Dans chaque quartier, il y avait un comité de quarante à cent personnes, vers lequel les gens convergeaient pour demander un logement ou le paiement dune pension. Au bout dun certain temps, certains membres du comité, mieux informés, connaisseurs des dossiers, sont devenus permanents, se sont bureaucratisés. Le jour où Lénine organise linsurrection, il lui faut des relais : ce seront ces responsables des comités de quartier. Ils ne sont pas forcément bolcheviks mais ont tout à perdre si la révolution échoue. La révolution dOctobre est le résultat dune bureaucratisation par le haut, lorsque le parti va éliminer les autres partis, contrôler les syndicats et le mouvement coopératif, et dune bureaucratisation par en bas, où toute cette poudrière de petits comités va se rallier à linsurrection pour ne pas perdre la légitimité acquise dans laction. Cette rencontre donne naissance aux apparatchiks, ces gens den bas, ouvriers ou paysans - dès 1930, on dénombre 40 % de paysans dans la direction des soviets - qui vont monter dans lappareil dÉtat. Cest ce que jai appelé la " plébéianisation du pouvoir ".
Cette " plébéianisation " pose deux questions, celle de la " bureaucratisation " que vous étudiez dans Des soviets au communisme bureaucratique (2) et qui apparaît comme un mouvement commençant avant Staline ; et dautre part la question de limplication populaire, autour notamment du programme " la paix, la terre aux paysans, tout le pouvoir aux soviets ". Peut-on la mesurer ?
Marc Ferro. La plébéianisation du pouvoir samorce dès février et mars 1917. Dans tel soviet, déjà trois ouvriers, un pope et un syndicaliste décident dattribuer tel appartement vide à une famille dorphelin de guerre. En octobre, le parti bolchevik reconnaît ces comités comme son antenne, cest alors que la greffe sopère entre les bureaucraties par le haut et le bas. Plus tard, le régime soviétique na pas offert à la classe ouvrière un destin par lequel louvrier serait devenu patron ou aurait été bien payé, mais lui a permis de monter dans léchelle sociale et de peupler lappareil dÉtat. Cest par là que sest réalisée lidentification entre le parti et la classe ouvrière. Quant à ladhésion des masses à la révolution, on peut parfaitement la mesurer, en donnant le nombre de Soviets de la capitale et de la région qui ont participé à linsurrection, soit plusieurs centaines, ce qui est vraiment massif. Pour la terre les paysans sétaient servis tout seuls, sans connaître les programmes des SR ou des bolcheviks, mais Lénine assume leurs actes. Avant octobre, les fraternisations dans larmée pour mettre fin à la guerre, les grèves dans les usines pour de meilleurs salaires, tout cela colle aux besoins des classes populaires. Cette adéquation rend compte de la popularité de Lénine et des bolcheviks.
Vous décrivez comment la révolution dOctobre sinfiltre jusque dans le quotidien : des étudiants dictent au professeur le programme dhistoire, des ouvriers inculquent le nouveau droit du travail à leurs patrons, des enfants demandent à lécole à apprendre la boxe, tout cela déborde des plans et des lois de lhistoire.
Marc Ferro. Lénine juge quil faut laisser aller le flot de la révolution, véritable retournement, comme dans un carnaval où les pauvres prennent la place des riches. Mais comme les ouvriers, un peu, et surtout les paysans et les soldats ont un ressentiment terrible à lencontre des classes dirigeantes, se produisent des massacres contre les possédants, en particulier les propriétaires terriens, les officiers et ceux qui sont opposés à la radicalisation de la révolution. Zinoviev est épouvanté. Or, Lénine lui répond en 1918 quil serait lâche darrêter un mouvement après lavoir encouragé.
Pour certains auteurs, octobre 17 est le moment du basculement révolutionnaire dans la violence. Le lien est alors établi avec une terreur stalinienne, telle quelle apparaît dans le Livre noir du communisme, qui serait ici en germe. Est-ce exact de votre point de vue ?
Marc Ferro. Il y a de la violence dès février. Puis la violence monte de plusieurs crans, pour autant que se manifeste une résistance aux progrès de la révolution. À partir du moment où les propriétaires terriens font traîner la réforme agraire, que lon attend interminablement larrêt de la guerre, ou que les patrons disent ne pas avoir dargent et que les augmentations narrivent pas, quand de surcroît on réprime ceux qui protestent contre ces lenteurs, alors la violence se développe, mais elle nest pas purement bolchevik. Ce qui est purement bolchevik, cest de ne rien faire pour la freiner, alors que les partis politiques traditionnellement la canalisent. À propos de terreur, il ne faudrait tout de même pas oublier la terreur blanche, celle de la contre-révolution, contemporaine dune violence rouge qui est venue den bas. Par en haut, il y eut en outre une terreur particulière, celle menée contre les autres partis politiques. Mais ce nest que lorsque Staline va lexercer à lintérieur même du parti bolchevik que lon va véritablement prendre conscience de lextension de la terreur.
Tout ce quécrit Nicolas Werth sur le goulag est juste, mais si on identifie le régime soviétique au goulag, comme tend à le faire Stéphane Courtois, comment rendre compte de la défense héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale? Hormis un certain nombre de nationalités, la masse des Russes sest battue. Est-ce tabou de dire cela ? On comprend mieux les raisons de cette adhésion si lon considère la réalité comme jessaie de le faire: pour un paysan qui est condamné au goulag, ce nest pas Staline qui lenvoie, cest un autre paysan qui la dénoncé dans le soviet local, les soviets étant à 50 % paysans. Des gens ont été dénoncés et chassés de leur village par dautres parce quils avaient trois vaches et queux nen avaient quune. Pour cette raison les victimes du goulag nattribuent pas le goulag seulement à Staline. Un parallèle peut être fait avec la France de 1907, quand sur ordre de Clemenceau larmée fusille des paysans du Languedoc insurgés. Cela ne les a pas empêchés de faire la guerre en 1914. Car ceux qui leur tiraient dessus étaient leurs frères, leurs cousins ou leurs voisins qui étaient entrés dans larmée parce que ruinés par quelque réforme agraire ou mauvaise récolte. En Russie, cest cela en grand. Ces victimes ne sont pas seulement victimes du régime mais victime de la société, qui fonctionnait largement sur la dénonciation. De même François Furet dans le Passé dune illusion traite du régime, mais il nest question nulle part de la société. On retombe ainsi dans cette autre illusion que lhistoire est entièrement menée par les leaders politiques.
Entretien réalisé par David Zerbib
(1) La Révolution de 1917, Albin Michel, réédition 1997.
(2) Marc Ferro, Des soviets au communisme bureaucratique, coll. " Archives ", Gallimard, Paris, 1980.
Marc Ferro
Historien français, Marc Ferro est né en 1924 à Paris. Après des études d'histoire, il se spécialise dans celle de la Russie et de l'Union soviétique. En 1989, il débute sa série «Histoire parallèle» à la télévision française, qui durera plus d'une décennie. Il a publié nombre d'ouvrages, notamment «La Grande Guerre 1914-1918», «La Révolution de 1917», «Une Histoire sociale de la Révolution russe», «Cinéma et Histoire», «Nicolas II: le dernier des tsars», «La Colonisation: une histoire globale», «Les Origines de la perestroïka», «Le Choc de l'islam», «Cinéma, une vision de l'Histoire», «Le livre noir du colonialisme», «Les individus face aux crises du XXe siècle. L'Histoire anonyme», «Revivre l'histoire», «Le ressentiment dans l'Histoire».