Evguénia S. Guinzbourg
LE VERTIGE (Kroutoï marchout), Le Seuil
Libéré par et emprisonnés par Lénine.
Selon Wikipédia.
Inquiétée dès 1935, chassée de son poste à l'Université puis exclue du Parti, elle sera arrêtée le 15 février 1937. Après de longs mois d'instruction dans les prisons de Kazan et de Moscou, elle est condamnée en août 1937 à 10 ans de réclusion en cellule d'isolement pour « activité trotskiste contre-révolutionnaire ». Elle effectue les deux premières années de sa peine dans la prison politique de Iaroslavl ; en 1939 sa condamnation sera commuée en dix ans de travaux forcés à la Kolyma, au camp d'Elguen. Envoyée au goulag, elle sera libérée en 1947. Elle devra cependant attendre jusqu'en 1955 pour être réhabilitée, à la faveur du relatif « dégel » suivant la mort de Staline.
Elle écrit ses mémoires à partir de 1959. Le premier livre, intitulé "Le Vertige" et sous-titré "Chroniques des temps du culte de la personnalité", relate le début de son calvaire jusqu'à son arrivée à la Kolyma. La suite est racontée dans le second livre, "Le Ciel de la Kolyma". C'est grâce au samizdat que ses écrits ont été diffusés clandestinement en URSS, avant d'être publiés en Occident à la fin des années 1960.
Lieux de détention:
- Arrêtée le 15 février 1937, elle est enfermée au sous-sol de la Direction Régionale du NKVD à Kazan (Tatarstan), rue du Lac Noir, où elle restera durant 3 mois;
- En avril 1937, elle est transportée à la Boutyrka de Moscou;
- puis la prison Lefortovo en attente de son procès qui aura lieu en août 1937: 10 ans de détention en cellule d'isolement, avec retrait des droits civiques pendant cinq ans;
- 2 ans d'isolement à Iaroslav. Sa peine est commuée en travaux forcés;
- le 7 juillet 1939, elle arrive au camp de transit de Souzdal à Vladivostok;
- Evguénia embarque dans le "Djourma" pour la Sibérie en 1939. L'hiver 1939-40 étant particulièrement rude, elle effectue des travaux de bonification à une température de - 40°C. En 1940, la "réparatrice" Véra, pour la récompenser d'un don, lui donne un peu de répit : on lui confie un travail à l'hôtel Magadan pendant un mois. Ensuite, elle est envoyée comme plongeuse au réfectoire masculin, au service du chef Achmet.
- En compagnie des autres personnes de la même accusation, elle est envoyée dans le sovkose d'Elguen, dans la taïga, dont le nom signifie "mort" en iakoute. Les prisonnières arrivent le 4 avril 1940.
- Elle est ensuite assignée comme infirmière à la maison d'enfance, donc sauvée dans un premier temps.
- Elle est libérée en 1947.
NB: A ceux qui penseraient que cette horreur serait la faute à Staline, les isolateurs existaient en 1921, déjà, du temps de Lénine (qui n'était pas au courant?)
MANUMIA Nabat Elisabethgrad (Ukraine)
de http://militants-anarchistes.info/spip.php?auteur2
Manumia était membre de la Jeunesse anarchiste du Nabat à Elisabethgrad. Il fut plusieurs fois arrêté par la Tchéka. En 1921 il était à lisolateur politique de Karkhov avec dautres membres de la Jeunesse anarchiste dont Ephyme et Judas Ridman. On ignore ce quil est devenu par la suite.
Ciliga cite aussi les isolateurs de Tcheliabinsk, Iaroslav, et Souzdal.
D'autres sources mentionnent l'isolateur politique de Verkhné-Ouralsk
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Extraits: «Vova, le fils de Nadiejda Derkovskiïa. Vova est né en 1915 dans la cellule d'une prison tsariste. Ses parents, tous deux socialistes révolutionnaires, se trouvaient, à part deux ou trois courtes périodes, en prison depuis 1907. En février 1917, ils furent remis en liberté et Vova, qui avait alors deux ans put voir Pétrograd, la ville natale de sa mère. Mais en 1921, ils ont été à nouveau déportés et son père est mort à Solovki.» En juillet 1939, Evguénia quitte la prison de Iaroslav pour le wagon no 7 qui va la conduire au camp de concentration. «La cellule 3, côté nord, c'est bien fini. Le train roule vers l'Est, vers les camps de concentration, Les travaux forcés, quelle bénédiction!» Page 170 en bas. Les wagons portent la mention "Outillage spécial". Après un mois de torture (la faim et la soif), elles arrivents à Vladivostock. «Lorsque le train s'arrêta, il faisait nuit. De nombreux gardiens nous attendaient aux portes des wagons; c'étaient les hommes à qui Solovei devait confier son troupeau. Des bergers allemands aboyaient et bondissaient. [ ] Je ne vois pas! Je ne vois rien! Mes yeux! Donnez-moi la main, je ne vois rien! Qu'est-ce qui se passe? Sauvez-moi! Je suis devevenue aveugle! L'héméralopie avait frappé un tiers des voyages du wagon 7.» |