Vassili Grossman
Oeuvres
Robert Laffont (2006) 1152 pages

Durant les années 1930, Vassili Grossman fut un auteur à succès payé par Staline pour chanter les louanges du monde nouveau qui naissait en URSS et du son génial chef. Pendant la guerre patriotique, avec une bonne conscience stalinienne, cet écrivain devient journaliste et publie "Stalingrad, choses vues" et "Le peuple est immortel".
Tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu'au jour où «Staline mourut. Sans qu'aucun plan l'eût prévu, sans instruction des organes directeurs, Staline mourut sans ordre personnel du camarade Staline. Cette liberté, cette fantaisie capricieuse de la mort contenait une sorte de dynamite qui contredisait l'essence la plus secrète de l'Etat. Le trouble s'empara des esprits et des coeurs .»
Il rédigea alors "Vie et Destin" pour informer, comprendre et faire son examen de conscience, sans complaisance, de larbin de Staline.
La peur du parti et de son chef, c'est le début de la sagesse: «Oui, il avait passé sa vie à s'incliner, à obéir, à avoir peur, peur de la faim, peur de la torture, peur du bagne sibérien. Mais, il avait éprouvé aussi cette crainte particulièrement basse: celle de n'avoir plus que des oeufs de saumon à la place de caviar. Et ses rêves de jeune homme, ses rêves du temps du communisme de guerre s'étaient mis au service de cette crainte vile. Il fallait surtout ne pas avoir de doute, voter sans se retourner, signer. Oui, il avait eu peur pour sa peau, et c'est cette peur qui avait nourri ses convictions.»
L'homme nouveau soviétique, un mouton terrorisé
De Jaubert,. hélas la référence perdue.