En annexe, un article typique de l'amnésie de gauche: pourquoi ce "génie" ne va-t-il pas à Moscou? Depuis qu'il a compris que Gorki avait été liquidé en 1936! Brecht requérant d'asile
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"Le ventre est encore fécond d'où est sorti la bête immonde" (Berthold Brecht). La bête immonde? Hitler ou Staline ? Et pourquoi pas les deux? Bertolt Brecht (RDA) Prix Staline pour la paix (1954) Brecht: du passé de gauche, faisons table rase! Suisse 2007: certains pas dégoûtés célèbrent «le porte-drapeau d'un système condamné, le communisme». Allez dire aux Tibétains, Cubains, Chinois, Coréens du Nord et Vietnamiens, que le communisme est condamné? Comme le disait Revel: du passé de gauche, faisons table rase! Quant aux victimes actuelles des régimes communistes, elles peuvent compter sur la solidarité de ces grands progressistes! |
Aujourdhui luvre et lhomme sont encensés à tel point que Brecht demeure une icône de la propagande des gens qui, de manière frauduleuse, se considèrent comme progressistes: soutenir et servir le bourreau du peuple au lieu du peuple, c'est l'imposture tragique! Pour réussir dans cette entreprise de lavage de cerveau, ils doivent occulter la réalité de la vie de Brecht pour ne prendre que certains aspects qui sont montés en épingle afin de mieux cacher les zones dombre.
Il ne sagit ici de se livrer à une analyse exhaustive de son uvre dun point de vue littéraire, mais de confronter la légende quon persiste à nous imposer en dépit de ses trop nombreuses distortions avec la vie réelle de Berthold Brecht. Né le 10 février 1898 à Augsburg, ce dramaturge connut les faveurs du public jeune, et son "Opéra de quat'sous" lui donna une renommée internationale dès la fin des années 1920. Son succès fut-il déjà dû en partie au pouvoir dinfluence du parti communiste allemand (Deutsche Kommunist Partei DKP) à ne pas confondre avec le DAP (Deutsche Arbeiter Partei), le parti de Hitler? Mais ce qui est certain est que le DKP et le Komintern mirent leurs appareil de propagande pour vendre, dans le monde entier, Berthold Brecht. Il n'est pas le seul à avoir servi l'URSS, Staline et son Komintern en l'échange de publicité à son oeuvre vantée mondialement par l'orchestre de la propagande rouge: Wells, Thomas Mann, Picasso, etc
Au printemps 1933, la lutte fratricide entre le DKP et le DAP vira au paroxysme après avoir souvent collaboré, et Hitler fit ce que Lénine fit aux autres partis russes, il les liquida. Une des étapes de ce règlement de compte fût lincendie du Reichstag, événement mise en scène pour mettre dans des camps de concentration la mouvance communiste. Et pour échapper à cette rafle, Berthold Brecht senfuit en Finlande le 28 février 1933, le lendemain de lincendie. Là-bas, il publie "La résistible ascension dArturo Ui", interprétation de la prise de pouvoir de Hitler qui est la version littéraire de la position du Komintern sur lincendie du Reichstag, le Livre brun. Brecht travaille pour son commanditaire, Staline et sa pièce fait partie, avec le livre Brun de l'action du Komintern. Dans "La résistible ascension dArturo Ui", Fish pseudo de Marinus van der Lubbe, l'incendiaire présumé, y est caricaturé en un débile profond.
On ne peut alors que comprendre et partager sa haine viscérale dHitler, mais, comme le démontre larticle en annexe Bertolt Brecht face à ses diffamateurs du Monde diplomatique de février 1998, année du centième anniversaire de sa naissance, je pose comme toute personne démocrate la question suivante: lutter contre la peste brune pour se faire le complice actif de la peste rouge, est-ce vraiment progressiste, vocable pris comme étant du côté du peuple ? Et subsidiairement, Berthold Brecht mérite-t-il dêtre loué comme une sorte génie à la fois littéraire et social alors quil fût le valet de ceux qui écrasaient par la terreur et le sang les peuple russe ou allemand. A ce propos, rappelons que lors de la révolte des ouvriers de Berlin-Est (1953) étouffée par les chars, il écrivit à Walter Ulbricht, le dirigeant communiste de la République non Démocratique Allemande, une lettre se terminant par: Je tiens à exprimer en ce moment ma solidarité avec le Parti socialiste unifié . Solidaire oui mais, hélas, pas avec le peuple allemand !