Yvonne BOVARD Une violoniste déportée en Sibérie

Mais Daniel Kunzi ne dit pas tout: Yvonne Bovard était mariée à un agent communiste expulsé de Suisse après l'émeute provoquant une fusillade le 9 novembre 1932, à Genève. Ce Marc Chalks aura vu sa femme arriver à Moscou en 1936 et pour travailler comme lui à Radio Moscou. Selon le «Bulletin de Chantre» qui demandera, en vain à «Suisse-Urss», des nouvelles de Chalks, ce dernier aurait été envoyé au goulag, dans un camp dont on ne revient jamais, le paradis des communistes.

La mise en scène: l'art de mettre dans la lumière certains faits tout en faisant de l'ombre pour d'autres, un art qui rejoint trop souvent celui de la tricherie! Rien à attendre d'un trotskiste!


Selon la réalisation de Daniel Künzi. Interview en français, allemand et russe.
Production et réalisation: Daniel KÜNZI dkunzi@worldcom.chVidéo Betacam SP 55 minutes environ Copyright: 1998

Bovard un des Suisses au goulag

Parmi les millions de victimes du stalinisme déportées en Sibérie, on compte des milliers d'étrangers. De Genève, Yvonne Bovard se rend en URSS en 1936, elle travaille à Radio Komintern où elle s'occupe des émissions enfantines en langue étrangère. Elle rencontre le compositeur Serge Prokoviev, le chef d'orchestre Ernest Ansermet, etc.

Bien que non affiliée au parti communiste, elle se fait arrêter en 1940 et condamner à huit ans de camp, ensuite elle est expédiée en Asie centrale, à Ieniseïsk, pour un exil définitif!

Les bords du Ieniseï, un des plus grand fleuve de Russie qui se jette dans l'Océan glacial arctique, constituent depuis le temps des tsars une terre d'exil, Lénine et Staline y furent envoyés. A l'époque stalinienne, on estime que plus de 250'000 personnes furent déportées le long du fleuve. Yvonne Bovard survécut à Ieniseïsk, malgré la faim et le froid (jusqu'à -56 degrés centigrade), elle rentrera en Suisse après la mort de Staline. Elle a toujours refusé de parler publiquement de sa déportation, afin de pas nuire à ses ami(e)s restés en Russie. Elle est morte en 1984.

L'ouverture des archives de l'ex-KGB, ainsi que la découverte de la correspondance de cette suissesse, nous permettent de connaître précisément son odyssée. Deux de ses amies, l'une à Moscou, l'autre à Genève, nous décrivent le caractère d'Yvonne Bovard. Deux historiens de Genève et Krasnoïarsk, nous replacent dans le contexte du stalinisme et de la guerre froide.

Une autre réalisation de Daniel Kunzi illustre les camps en URSS: "Après le goulag, Mieczyslaw Falkowski: un destin". Cette intéressante réalisation est visible dans le cadre de l'exposition "goulag: le peuple des zeks", Musée d'ethnographie de Genève, Annexe de Conches, jusqu'au 2 janvier 2005. Seule bémole, si on parle des victimes on oublie totalement les bourreaux!

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