Chostakovitch dévoile son coin de paradis

Extrait d'un article de Luca Sabbatini (Tribune de Genève du samedi 7 février 2004) qui rapporte les propos de Mathilde Reichler sur Chostakovitch et son paradis… en oubliant Staline!!! Une preuve que, comme le démontre Peter Huber, l'ombre de Staline plane sur la Suisse, et même toujours en 2004!


Chostakovitch dévoile son coin de paradis
Opérette du compositeur russe, «La merisaie» s’installe au Casino-Théâtre dès dimanche.

TdG, Luca Sabbatini, Samedi 7 fevrier 2004

Moscou, années 50. On bâtit un nouveau quartier "modèle" en grande pompe. A Tcheriomouchki, la vie sera en tout point agréable. Un vrai petit "coin de paradis", du moins selon la propagande soviétique, qui inspire à Chostakovitch une opérette. Sans être une œuvre majeure du compositeur russe, elle révèle un aspect méconnu de sa personnalité. On peut la découvrir dès dimanche en création suisse et en français au Casino-Théâtre, grâce à une équipe aussi jeune qu’enthousiaste.

"Chostakovitch a toujours été intéressé par la musique légère", rappelle Mathilde Reichler (photo), musicologue genevoise de 27 ans qui s’est attelée à la mise en scène de La merisaie. "Il savait écrire dans tous les genres." S’il est passé à la postérité pour ses compositions sérieuses -deux opéras, quinze symphonies et autant de quatuors à cordes -, Dimitri Chostakovitch est également l’auteur de charmantes pièces de danses pour orchestre de jazz ou de variété, dont une valse devenue célèbre il y a quelques années grâce à une pub télé!

A la gloire des ouvriers

Soucieux de s’exprimer sans tomber sous le couperet de la censure, Chostakovitch glissait dans ses œuvres importantes des éléments autobiographiques, sous forme cryptée. Que penser de cette Merisaie composée à la gloire des ouvriers qui construisirent Tcheriomouchki? Faut-il y voir un réel enthousiasme du musicien pour l’exploit des travailleurs ou une tentative de gagner les faveurs du régime? "On ne connaît pas ses motivations réelles", note Mathilde Reichler. "Ce qui est sûr, c’est que dans l’après-guerre de nombreux logements moscovites étaient délabrés, voire insalubres. La construction d’un nouveau quartier ne pouvait qu’être perçue favorablement."

A la fois représentative de son époque et d’un aspect méconnu du génie de Chostakovitch, La merisaie reprend vie à Genève

"La merisaie - Un coin de paradis à Moscou", de Dimitri Chostakovitch,

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