L'Entente Internationale contre la IIIe Internationale

“Genève et la grande peur du rouge”… par un rouge!

Ecrire cela XXIe siècle est une honte, du pure négationnisme des crimes staliniens, paroxysme de l'horreur en URSS durant les années 1930. C'est le paradigme de l'«anti-fascisme pro-stalinien» qui permit au “grand bourreau des peuples” d'assassiner par la collectivisation forcée masquée en “dekoulakisation” durant les années 1930-31, puis par la Grande famine de 1932-33 (Holodomor en Ukraine) et ensuite la Grande terreur de 1937-38, crimes de masses qui liquidèrent plus de 15 millions de Soviétiques; et sans compter la répression quotidienne et la censure, toute critique du régime communiste pouvant entraîner la déportation et/ou la mort, tant le réseau de délateurs était étendus!

Evidemment, on retrouve les pratique coutumières pour dénigrer et faire diversion:

  1. oublier, par exemple, Léon Nicole et le Travail, qui étaient larbins de Moscou, au service d'une puissance étrangère, fait indéniable et par conséquent qu'il ne faut surtout pas mentionner;
  2. toujours trouver des liens avec la droite nationaliste, capitaliste et même fasciste. C'est la méthode de l'amalgame qui permet de focaliser, par des attaques ad hominem, et faire ainsi diversion sur des faits établis, indéniables, mais gênants: cibler des calomnies sur la personne en évitant de critiquer ses arguments;
  3. toujours oublier l'horreur soviétique, ces dizaines de millions de gens dont la vie a été brisées!
  4. parler des magnifiques réalisations dans l'édification du socialisme, mirages ou chimères, alors que les ouvriers des usines ou des champs visent misérablement, travaillent comme des bêtes, pour des salaires de misères, au contraire des membres de la bourgeoisie rouge!

Selon Vincent Monnet, qui ne manque pas l'occasion de salir Georges Lodygensky par une phrase assassine basée sur des calomnies: “Lodygensky s’envole quant à lui vers le Brésil pour s’adonner à la traque des «éléments subversifs»” Ainsi donc, il n'y aurait pas d'élements subversifs alors que le Komintern disposait d'organisations légales et ayant pignon sur rue (le parti communiste «suisse», Suisse-Urss, le Secours rouge international, etc.), des clandestines et de nombreux agents d'influence dans les média, les écoles et même dans des partis socialistes.

Ainsi, le Département d’histoire de l'Université de Genève autorise et stipendie deux stalinens, Michel Caillat et Vincent Monnet, et leur permet d'enseigner et à répandre le négationnisme des crimes soviétiques. Est-ce de l'incompétence ou de la falsification de parler de la création de l'Entente Internationale contre l'Internationale communiste en occultant le procès Conradi, comme le fait Caillat?

En fait, tout est à reprendre, tant la réalité historique est souillée par des propagandistes bolchéviques masqués en historien, abusant le public par un titre universitaire dévoyé.


Campus N° 79 à http://www.unige.ch/presse/campus/pdf/c79/rhistoire.pdf.

Genève et la grande peur du rouge

Entre 1924 et 1950, la ville de Calvin a abrité le siège de l’Entente internationale anticommuniste.Une organisation mal connue dont Michel Caillat, assistant de recherche au Département d’histoire, a décrypté les rouages.

On cite souvent Genève pour ses organisations internationales ou son rôle pionnier sur le plan humanitaire. On sait en revanche moins que la ville du bout du lac fut également à l’avant-garde de la lutte contre le régime soviétique. De 1924 à 1950, elle a en effet abrité le siège de l’Entente internationale anticommuniste(EIA),une structure fondée par l’avocat et homme politique ThéodoreAubert, avec le concours du représentant à Genève de l’ancienne Croix-Rouge impériale russe, Georges Lodygensky. Leur but:lutter contre toute forme de subversion de gauche, à commencer par la IIIe Internationale et le régime soviétique.

Assistant de recherche au Département d’histoire, Michel Caillat s’est penché sur le destin de cette organisation dans le cadre d’un projet copiloté par les Universités de Genève et de Lausanne et soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique. Il a présenté ses premiers résultats dans le cadre d’un colloque intitulé «Mythes, réseaux, milieux, formes et cultures de l’anticommunisme en Suisse des origines à nos jours», qui s’est tenu à l’Université ouvrière de Genève du 10 au 12 novembre 2005.

Un solide réseau

Fervent conservateur issu d’une vieille famille huguenote, Théodore Aubert recrute d’abord parmi ses pairs. Dès mars 1924, il convainc les banquiers Gustave et René Hentsch, puis le colonel Alfred Odier – directeur du Bureau du chiffre de l’état-major de l’armée suisse – de rejoindre l’organisation. Plusieurs membres du Comité international de la Croix-Rouge, pour le compte duquel Aubert a travaillé à la fin du premier conflit mondial, apparaissent également parmi ses cadres. Dirigé par Edouard Chapuisat, un ami personnel d’Aubert, le Journal de Genève n’hésite pas non plus à se jeter dans la mêlée et, en septembre 1924, un accord fait du quotidien l’organe quasi officiel de l’Entente.

A l’étranger, les soutiens de l’EIA se recrutent surtout au sein des milieux représentant les intérêts de grands groupements économiques. Le gouvernement dictatorial espagnol de Primo de Rivera subventionne également le Bureau de l’EIA, comme le fera le régime fasciste italien après la guerre d’Ethiopie. Des contacts fructueux sont par ailleurs établis avec l’Antikomintern, une officine de propagande dépendant du Ministère de la propagande du Dr Gœbbels. Enfin, des liens sont avérés avec des bureaux de renseignement dirigés par d’anciens agents appartenant aux services secrets, tant français que britanniques. «Il est très difficile de savoir jusqu’à quel point qui savait quoi, explique Michel Caillat, mais il ne fait pas de doute que les renseignements circulaient.» C’est d’ailleurs le but premier du système. Organisée sur un mode similaire à l’Internationale communiste, l’EIA se veut d’abord et surtout un groupe de pression destiné à persuader l’élite politique des pays européens de s’engager dans une grande coalition internationale contre le communisme.

Les motifs de cette hostilité irréductible envers les bolcheviques sont légion: le discours antimilitariste, les déclarations sur l’émancipation des peuples colonisés, l’égalitarisme, l’émancipation des femmes ou la laïcisation de la société sont en effet perçus par Aubert et les siens comme autant de menaces pour la civilisation occidentale. Sans parler de la crainte d’une révolution mondiale que les membres de l’EIA s’obstinent à croire imminente. A tort, car le projet n’est plus à l’ordre du jour depuis longtemps.

Aveuglée par des œillères idéologiques, l’EIA s’avère incapable de le comprendre. Pas plus qu’elle ne voit se dessiner le changement tactique opéré par les Soviétiques dès 1934 en vue de créer un front commun de la gauche contre le fascisme.

Aveuglement fatal

Une incapacité à prendre en compte la réalité – dans le même temps, Hitler est décrit comme «un personnage extrêmement sage, mesuré, pas agressif dans ses attitudes et ses propos, toujours maître de lui-même» – qui finira par coûter cher à l’Entente. En dépit de la sacro-sainte alliance contre les rouges que réclame l’organisation, la Seconde Guerre mondiale consacre la montée en puissance de l’Union soviétique. Intégrée au camp des vainqueurs en 1945, celle-ci jouit désormais d’un prestige considérable. Dans ces conditions, il devient de plus en plus difficile pour la Suisse officielle de continuer à cautionner les activités d’une organisation telle que l’EIA, dont Berne obtient la dissolution en novembre 1950, après qu’Aubert ait tenté en vain de déplacer le siège de son organisation aux Etats-Unis.

Lodygensky s’envole quant à lui vers le Brésil pour s’adonner à la traque des «éléments subversifs».

Vincent Monnet

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