1971: la répression se renforce en URSS en usant de l'internement psychiatrique; Soljetitsyne écrit au KGB; rapprochement Chine-Etats-Unis et le dilemne de l'Union soviétique; Tchécoslovaquie: 3 ans après l'invasion; toujours les pénuries et le manque de logement en URSS et dans les satellites; Guinée, procès bidonné et massacres
; et toujours l'espionnage soviétique
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 2, 24 février 1971, page 1
Opération 1 + 1 [
] Si nos moyens sont relativement modestes, nous croyons néanmoins pouvoir fournir à nos lecteurs des informations rarement - sinon jamais - publiées ailleurs
[ndlr: en comparaison des appareils de propagande du PCUS et du PCC et leurs filiales, les moyens du BEP sont insignifiants!]
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 2, 24 février 1971, page 2
Une page d'Histoire: La fondation du Parti communiste de Suisse par Laurent Bondallaz [ndlr: Une erreur à corriger, la conférence de fondation du Komintern ne rassemblait qu'une poignée d'individus, moins de 60, dont un seul était véritablement délégué par son parti.] [
] Le début de la scission.
![]() |
Peu après la fondation de l'Internationale communiste, soit le 12 juillet 1919, la direction du Parti socialiste suisse décida de recommander l'adhésion à la IIIe Internationale. La session extraordinaire du parti eut lieu les 16 et 17 août 1919 à Bâle. La question de l'adhésion fit naître une importante scission. La faction pour l'adhésion, représentée principalement par Welti et Humbert-Droz, remporta 318 voix contre 147 pour la faction contre, représentée surtout par Huggler et Graber. Ainsi, les centristes, comme la gauche, avaient voté pour, tandis que la droite du PSS votait contre. Il fut alors décidé, en septembre 1919, de soumettre la question à une votation au niveau des sections du parti. Les résultats furent les suivants: pour l'adhésion, 8'722 voix, contre l'adhésion, 14'612 voix. |
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 2, 24 février 1971, page 3
Une page d'Histoire: La fondation du Parti communiste de Suisse par Laurent Bondallaz. [
] La fondation. Après la session décisive de décembre 1920, les «nouveaux communistes» s'allièrent aux «anciens communistes» et fondèrent les 5 et 6 mars 1921, à Zürich, le «Parti communiste de Suisse, section de l'Internationale communiste». La session zurichoise rassembla 145 délégués de l'ancienne gauche socialiste et 28 délégués des «anciens communistes», qui représentaient ensemble 6'356 membres inscrits. Ces représentants devaient prendre position quant aux statuts, au programme pratique du parti et choisir un organe directeur. L'élection à la centrale donna le bureau directeur suivant: Welti (président), Kündig, Sulzbacher, Rosa Grimm, Hanschin, Herzog, Platten, Maag et Humbert-Droz.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 3, 24 mars 1971, page 1
De Staline à Brejnev. Prisonniers politiques. Selon les indications publiées par «Samizdat» et reprises par le journal «La Pensée russe» paraissant en langue russe à Paris, le nombre de prisonniers politiques en Union soviétique doit se situer aux environs du million. On possède à présent des listes dont il ressort que parmi ces prisonniers, se trouvent un grand nombre d'étudiants et de lycéens, peu de membres du Parti, mais davantage des Jeunesses communistes (Komsomol). Il 'sagit d'étudiants qui travaillent de jour et étudient le soir. Le nombre des camps connus est de 202.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 3, 24 mars 1971, page 2
Valeurs suisses dignes d'être défendues, commentaire de Christian Brugger. On se demande parfois ce qui, dans notre pays, vaut la peine d'être défendu. A chacun sa réponse: les uns diront le Cervin, les autres s'esclafferont «rien!», ou encore la «Landsgemeinde» et les derniers vous diront qu'il est scandaleux que la maison où habitait Lénine, à Zimmerwald, doive faire place à une bureau de poste
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 5, 26 mai 1971, page 1
Allemagne de l'Est: démontage d'un élément préfabriqué. Le 25 avril 1945, après avoir passé 7 ans à Moscou en tant que chef du Département politique du Parti communiste allemand en exil et avoir écrit, de 1939 à 1941, plusieurs articles en faveur du pacte germano-soviétique, Walter Ulbricht revient à Berlin dans la foulée des conquérants soviétiques. Véritable «élément préfabriqué» par ses maîtres de Moscou, il prend alors en main les rênes du pays. Voir en page 12 les circonstances dans lesquelles il quitte, en partie, la scène politique est-allemande. [ndlr: l'accusation de gouvernement fantôche est toujours à sens unique, et même inique!]
Le sort des opposants politiques en URSS. En Union soviétique: un contestataire est un aliéné. C'est ce que rapporte, en détails, un un citoyen soviétique qui vraisemblablement utilise le pseudonyme de Serge Razoumny, auteur d'un texte «paru» au Samizdat, éditions «à compte d'auteur» d'un genre particulier et circulant sous le manteau en Union soviétique, et parvenu aux Editions Possev, Munich. Pour ne rappeler qu'un cas récent: Jaurès Medvedev, le biologiste soviétique, avait été arrêté au mois de mai 1970 après qu'un de ses ouvrages interdit en URSS eut été édité en Occident. Il avait été interné dans un hôpital psychiatrique. Les académiciens Sakharov et Kapitza étaient intervenus pour obtenir sa libération et Alexandre Soljénitsine avait, à cette occasion, dénoncé l'internement dans ces asiles de «gens sains et libres d'esprit».
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 1
Le mur. «Je comprends par votre question qu'il y a en Allemagne occidentale des gens qui désirent que nous mobilisions les maçons de la RDA pour ériger un mur [ndlr: le mur de la honte tiendra encore 18 ans!]
Soljénitsine: lettre au KGB. «Pendant de nombreuses années, j'ai supporté en silence les manoeuvres illégales de vos employés
Je ne me tairai pas plus longtemps.» Ainsi s'exprime Alexandre Soljenitsyne dans une lettre qu'il a récemment adressée à Youri Andropov, le chef de la police secrète soviétique (KGB). L'écrivain s'y plaint
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 2
Chine-Etats-Unis: les incidences d'un rapprochement.par Jacques Lefert. L'été 1971 demeurera dans les annales comme particulièrement chaud sur le plan politique. Tentative de coup d'Etat au Maroc, coup d'Etat au Soudan et reprise en main de la situation par El Nemeiry, les tragédies au Pakistan et en Irlande, l'annonce d'un prochain voyage de Nixon en Chine, enfin la crise monétaire internationale, pour mentionner les événements principaux.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 3
Chine-Etats-Unis: les incidences d'un rapprochement par Jacques Lefert. [
] De plus, les Chinois accusent les Américains d'être les auteurs et les promoteurs de cette renaissance du militarisme japonais. [
] Le dilemne de l'Union soviétique. Washington est également engagé avec les Russes dans des entretiens d'une grande importance. Certains indices (entretiens sur l'astronautique, conversations SALT, accord sur Berlin) n'ont pu échapper aux Chinois qui doivent en conclure que les rapports russo-américains ne se sont pas détériorés ces derniers temps. [ndrl: Lefert, en conclusion de son article, parle d'une rencontre Nixon-Mao comme surprenante et fascinante, mais la trahison du Sud-Vietnam causera plus de 3 millions de morts en Indochine, bien plus que les bombardements américains stigmatisés par la gauche, la mort de ces 3 millions d'êtres humains par les régimes communistes du Vietnam, du Cambodge et du Laos sera «oubliée», ces victimes comme ceux condamnés à l'exil totalement abandonnés par les «champions de la solidarité». De plus, l'ouverture du commerce d'exportation à la Chine communiste sera une aubaine pour ce pays et une catastrophe fatale pour les Etats-Unis!]
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 5
Point de vue. L'Union soviétique a-t-elle un avenir? par Valery Tarsis. C'est une question que l'on est en droit de se poser. Car la conscience occidentale comprend en général par «révolution» un processus politique devant de gré ou de force mener à une société socialiste telle que les communistes la comprennent. Aussi invraisemblablement que cela puisse paraître, plusieurs siècles après la fin du Moyen Age, l'Union soviétique est parvenue à projeter dans le monde une sorte d'image d'existence éternelle. [ndlr: 20 ans avant la faillite de l'Union soviétique et l'écroulement de son empire, Valery Tarsis pose la bonne question!] Le rôle des «Samizdat». La Mouche de Valery Tarsis, Ed. de la Table ronde, 1963.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 6
L'Union soviétique a-t-elle un avenir?.par Valery Tarsis. [
] Libéralisation souhaitée
L'«establishment» soviétique ne peut plus ignorer le mouvement Sakharov. Certaines personnes n'excluent même pas la possibilité que M. Sakharov préside un jour un gouvernement. On doit toutefois se demander ce que le peuple soviétique en retirerait; et les plus sceptiques disent que les adeptes de Sakharov sont des technocrates qui se souvient fort peu de la véritable liberté, celle de l'esprit. Il est intéressant de relever que Mikhailo Mikhailov, essayiste yougoslave qui a purgé plusieurs années de prison
Tchécoslovaquie: 3 ans après l'invasion par Christian Brugger. Dès qu'au lendemain du 21 août 1968 les Soviétiques eurent repris la situation en main, ils prétendirent que l'intervention des forces des 5 Etats du Pacte de Varsovie avait eu lieu «sur l'invitation des communistes honnêtes et en vertu du principe de l'assistance internationale». Pendant plus de deux ans, il ne s'est trouvé personne en Tchécoslovaquie pour avaliser ouvertement cette thèse. Aucun «communiste honnête» ne voulait lier son nom à cette opération, pas plus que les Soviétiques n'ont d'ailleurs jamais donné les noms de ces «héros» qui devraient cependant être fiers d'avoir sauvé - in extremis - leur patrie.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 7
Tchécoslovaquie: 3 ans après l'invasion par Christian Brugger [
] Vasil Bilak. A l'époque, Bilak jurait pourtant qu'il approuvait sincèrement Dubcek et ses innovations. Mais en décembre 1970, lors du plénum du CC, Bilak déclarait: «Nos alliés ne sont pas venus de leur propre initiative, mais à l'appel de toutes les couches de la population». (Radio Prague, 18.12.1970).
Pologne: la crise du logement. Un des problèmes sociaux actuels les plus brûlants en Pologne est celui du manque de logement et de leur exiguïté. La critique sur ce sujet n'est pas seulement autorisée, mais elle est même officielle.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 8
Guinée: un tragique royaume d'Ubu?.par Laurent Bondallaz. Le 22 novembre 1970, Radio-Conakry annonçait que la République démocratique du Guinée avait été victime d'une tentative de débarquement, tentative organisée principalement par des mercenaires portugais. L'accusation s'était ensuite étendue à la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne fédérale et même le Vatican: Mgr Tchidimbo, représentant prétendument la «cinquième colonne vaticane», ayant été parmi les premières victimes de la grande purge qui suivit la tentative de débarquement. Pourtant, déjà à ce moment-là, la version des événements, telle qu'elle avait été diffusée par Radio-Conakry, avait été loin de convaincre tout le monde, même si la Guinée avait alors bénéficié d'un courant quasi général de sympathie du fait que, comme l'écrivait alors Claude Guignard dans la «Gazette de Lausanne», «
le Portugal, avec sa politique coloniale, est, en Afrique, une brebis galeuse contre laquelle on réunit facilement une unanimité
».
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 7, 8 septembre 1971, page 9
Guinée: un tragique royaume d'Ubu?.par Laurent Bondallaz. [
] Réquisitoire contre Sékou Touré. Toutes ces déclarations fracassantes permettent au président Sékou Touré de maintenir une tension permanente et de se débarrasser des fonctionnaires dont a peur. D'autre part, le chef d'Etat guinéen, en donnant au peuple, en pâture, des accusés à juger, évite ou tente de se faire juger lui-même. Cependant, les lamentables «confessions» que diffuse, depuis plusieurs semaines, la «Voix de la Révolution», constituent un implacable réquisitoire contre le régime guinéen. De deux choses l'une en effet. Ou ces autocritiques sont fausses et ont été obtenues par des moyens indignes, tels que tortures physiques ou morales: dans cette hypothèse, le régime qui a recours - systématiquement ou non - à de telles méthodes est jugé. Ou ces confessions sont vraies, ou, à tout le moins, contiennent un fond de vérité. Dans ce cas, que faut-il penser d'un chef d'Etat qui, en douze ans de pouvoir absolu, disposant au départ d'un capital de confiance populaire considérable, n'a pu trouver dans tout le pays et durant si longtemps pour le servir que des traîtres, des prévaricateurs, des concussionnaires, des assassins en puissance. [ndlr: Bondallaz rappelle le passé de Touré et ses stages de formation communiste en France et en Tchécoslovaquie, mais n'arrive pas à l'essentiel: l'incompétence de Sékou Touré incapable de tenir ses promesses et qui use de purges pour faire diversion sur sa propre malhonnêteté!]
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 1
Numéro spécial. La Guerre politique. Ce numéro contient de nombreux extraits de La bombe atomique et l'avenir de l'homme de Karl Jaspers.
En photo, un troupeau d'«idiots utiles» manipulés par des groupes de crapules qui se disputent le leadership, les moutons portant leur icones, tous des porteurs de haine et des meurtriers de masse présentés comme des sauveurs de l'humanité! Dès le début l'imposture, la manipulation et la mauvaise foi!
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 2
Guerre politique et sauvegarde de la démocratie: Une contribution à l'étude des conflits. Deux motifs sont à l'origine de ce numéro spécial: - d'une part, l'intensification de la guerre politique, qui oblige chacun de nous à se préoccuper davantage des forces s'exerçant en politique internationale; - d'autre part, la recherche dans le domaine des conflits mondiaux, recherche axée principalement sur les opérations militaires. Cette investigation systématique doit s'étendre aux opérations de belligérance politique. En effet, ces dernières années ont été fertiles en crises politiques dans tous les continents. [
] La guerre politique est-elle une guerre? Cette question est d'autant plus indiquée que la guerre politique ne fait que peu usage de moyens militaires, moyens dont l'utilisation définit généralement l'état de guerre.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 3
La guerre politique est-elle une guerre? (suite de la page 2) Cette question est d'autant plus indiquée que la guerre politique ne fait que peu usage de moyens militaires, moyens dont l'utilisation définit généralement l'état de guerre. Ce concept habituel de «guerre» est néanmoins assez éloigné de la signification contemporaine du terme «guerre». Il n'est pas inutile de rappeler ici ce que disait Clausewitz à propos de la guerre: «Faire la guerre, c'est forcer l'ennemi à accepter notre volonté, par la violence.» [ndlr: cet article reflète la trop influence de Clausewitz, modèle de Napoléon Bonaparte et autres, alors que depuis longtemps, Sun Tzu démontre dans L'art de la guerre que la manipulation, la désinformation, le bourrage de crânes, la confusion, sont des armes pour vaincre sans les armes. L'ouvrage, Le docteur Knock montre comment un individu peut imposer pacifiquement sa volonté et faire que la vie d'un canton tourne autour de sa personne!] [
] La guerre politique est une guerre idéologique. Tant que l'indépendance économique était grande et l'indépendance spirituelle minime, l'usage de la force prenait une forme militaire. Un conflit ne contenait alors que peu ou pas d'éléments idéologiques, c'est-à-dire que les idées n'y jouaient qu'un rôle secondaires. [ndlr: faux, la conquête musulmane des VIIe et VIIIe siècles ont été faites au nom de dieu et d'un soi disant progrès social, comme le fit aussi l'expansion du protestantisme dès le XVIe, Napoléon conquérait l'Europe pour répandre l'esprit de la révolution, etc.]
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 4
La Guerre politique. Lorsque le conflit est ainsi devenu essentiellement idéologique, tous les domaines en sont affectés: le conflit englobe tous les champs de l'activité humaine. Il devient invisible. Celui qui l'objet d'une agression psychologique (ou idéologique) ne peut plus s'y soustraire en l'ignorant qu'il ne peut éviter la conquête militaire en jetant bas les armes. [
] Les antagonistes en présence. Une analyse des antagonistes de ce conflit s'impose, tout en gardant à l'esprit de qui a été énoncé plus haut, à savoir que le développement économique mène à une dépendance croissante et le développement intellectuel à une affranchissement grandissant.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 5
La Guerre politique. [
] Retenons toutefois ces trois premières conclusions: 1) les démocraties règlent pratiquement tous leurs conflits par voie juridique; 2) les dictatures tendent à régler leurs conflits par des moyens militaires [ndlr: et POLICIER, la terreur!] 3) les conflits entre démocraties et dictatures ont surtout lieu sous forme de guerre politique. Démocratie et dictature. «Démocratie» signifie souveraineté du peuple, soit un système qui permet aux majorités populaires de prendre les décisions importantes et laisse à l'Etat le soin de les mettre en vigueur. La volonté du peuple n'aspire pas à ce qui ne lui semble pas nécessaire. Il faut donc que les besoins ressentis par une majorité populaire soient évidents pour que l'on puisse les reconnaître comme tels. Gauche et droite. «Gauche» et «droite» appartiennent à la terminologie politique courante. Nous les utilisons ici dans un contexte bien défini. Les dictatures de gauche, tout en utilisant des moyens totalitaires qui les apparentes aux dictatures de droite
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 6
La Guerre politique. [
] Mais les dictatures motivées par des considérations de politique étrangère retiendront toute notre attention, en raison de leur agressivité politique et de leur tentative de domination mondiale par des moyens idéologiques. Ces dictatures visent avant tout - et inévitablement - renforcer le pouvoir de l'Etat.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 7
La Guerre politique. La stratégie est l'ensemble des moyens mis en oeuvre pour atteindre l'objectif final; la tactique est l'ensemble des moyens mis en oeuvre pour atteindre les objectifs intermédiaires qui conduiront à la victoire. La stratégie est donc, par définition, rigide. La tactique, en revanche, sera souple, les objectifs intermédiaires pouvant être modifiés selon les exigences du moment. [
] Principale condition: l'incertitude. Des structures sociales intactes, telles que la loyauté du peuple envers son gouvernement, la stabilité politique, la cohésion nationale, un consentement spontanément accordé sur les problèmes communautaires essentiels, constituent la force de la démocratie qui, en tant que société ouverte, serait le plus faible dans les systèmes politiques sans ce consentement. Pour mener une guerre politique contre la démocratie, l'agresseur doit tout d'abord créer un climat propice. Dans ce but, il exploite les tensions et les faiblesses de son adversaire
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 8
La Guerre politique. [
] Soulignons que les dictatures, en plus de leurs propres agents, peuvent toujours bénéficier du coucours d'un certain nombre de personnes crédules, qui ne comprennent ni les motifs objectifs, ni les effets politiques pris dans leur ensemble. [ndlr: les «idiots utiles» de Lénine] Affaiblissement de l'ennemi. Par de subtils moyens, la dictature tente de convaincre les tièdes de se déclarer neutres et, si possible, de devenir, des sympathisants. Quant à ceux qui ont opté pour la résistance, la dictature adopte à leur égard des moyens directs pour les tenir en échec ou les éliminer. Parmi les moyens indrects: l'infiltration d'agents et/ou de sympathisants dans les institutions du pays. Leur tâche sera d'espionner ou de créer un climat de confusion, notamment s'ils ont la possibilité de prendre des décisions au sein d'organes administratifs; la subversion, tendant à empêcher ou à paralyser le fonctionnement normal de l'Etat. Le résultat d'une subversion efficace est en fait le sabotage. Le sabotage économique peut être mis au compte de la subversion, car il fait partie de l'ensemble des méthodes qui ont pour objectif d'affaiblir l'ennemi. [
] Convaincre les neutres. Cette opération se fait habituellement par deux méthodes: d'une part directement par les organes de propagande de l'agresseur et d'autre part, indirectement, par une désinformation, consciente ou non, pratiquée par des organes d'information indépendants. [
] Une désinformation est efficace lorsqu'elle produit un décalage du jugement ou une «conscience sélective». L'homme devient la proie d'une confusion qui le mène à juger de manière différente des phénomènes semblables, ou à assimiler des phénomènes dissemblables à des valeurs équivalentes. Prenons comme exemple les condamnations qui ont frappé, d'une part, les écrivains Daniel et Siniavsky et d'autre part, l'écrivain grec Theodorakis. Cette dernière condamnation agita bien davantage les esprits en Occident que ne le firent les deux autres qui étaient pourtant bien plus sévères. Des condamnations «analogues» ont été jugées à contresens par l'opinion publique occidentale. Quant à des phénomènes essentiellement différents, tels que a répression nécessaire au maintien de l'ordre en démocratie et les mesures totalitaires en dictature, ils sont souvent considérés comme équivalents. Prenons un autre cas: le massacre de My Lai, au Vietnam, est une exception due à une défaillance humaine. Le terrorisme vietcong, par contre, procède d'une principe et a valeur de règle.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 9
La Guerre politique. Encadrer les sympathisants. Cette partie du système est permanente. Il existe, en général, un parti de dimensions restreintes, mais de discipline rigide. S'il est frappé d'interdit, il se reconstitue dans la clandestinité. Ce parti n'a pas pour seule tâche de former les cadres nécessaires aux travaux d'agitation et de propagande; il doit aussi examiner les possibilités de former des organisations de masses. C'est la raison pour laquelle les cadres du parti s'entourent d'une série d'organisations, généralement sans grande importance, dont les buts sont d'ordre cuturel, sportif, social, parfois commercial ou scientifique. Ces organisations sont constituées de façon à exercer une vaste influence dès les circonstances sont propices [ndlr: et à recruter des membres!] . [
] Protéger la démocratie. Le lecteur pourrait ainsi conclure qu'il faudrait par exemple: Interdire 1) le parti communiste et les organisations de front commun 2) tout contact avec les états communistes; 3) toutes les publications de la nouvelle gauche; 4) toute critique qui vise nos autorités; 5) toute mise en question du système démocratique. [
] L'usage de la violence. Un exemple: les mouvements d'une jeunesse extrémiste décidée à utiliser la violence contre notre Etat.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 10
La Guerre politique. Dangers et interdits. Il ne fait pas de doute que la grande majorité des gens considère l'existence d'extrémistes prêts à la violence comme un danger. Les extrémistes ont dépassé le stade de secte qui se contenterait de déclarations théoriques
.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 11
La Guerre politique.Ligne de conduite objective. Comme nous l'avons déjà indiqué, les problèmes qui se posent actuellement sont de plus en plus complexes. Alors qu'au XIXe siècle, le citoyen était compétent pour prendre certaines décisions
[
] Pour clarifier cette idée de «ligne de conduite objective», imaginons l'allocution suivante adressée au peuple par un ministre.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 12
La Guerre politique. [ndlr: les auteurs du BEP sont d'un angélisme dangereux et même suicidaire face à des organisations bolchéviks qui n'hésitent pas à liquider dès que possible leurs opposants, fusse le peuple entier!]
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 8, 6 octobre 1971, page 13
La Guerre politique.Comment protéger la démocratie? Tentons enfin d'esquisser la base spirituelle qui pourra fournir une solide assise à la démocratie; une base qui tiendra compte des éléments de la guerre militaire et de ceux de la guerre politique.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 9, 10 novembre 1971, page 1
Révolution hongroise: les dernières heures racontées par le commandant militaire de Budapest.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 9, 10 novembre 1971, page 2
Qu'est-ce que le samizdat?.L'arbre vert du Samizdat fleurit dans son propre climat
Voilà ce qu'écrivait Natalia Belinkova dans un article consacré au «Samizdat» dans «Le Monde» du 18 juin 1971 Pourquoi ce dépit face à la réaction du reste du monde envers ce phénomène politico-littéraire? [
] Ne pas avoir la mémoire courte. L'Union soviétique se comporte toujours comme si l'Occident n'avait pas de mémoire, ce qui, malheureusement, est trop souvent le cas. Qui a donc oublié la condamnation, le 21 août 1970, d'Olga Yoffé, étudiante en économie, âgée de 20 ans: séjour illimité dans un hôpital psychiatrique. Sa «maladie mentale» n'était autre que «activités antisoviétiques». Qui donc a oublié la lettre d'Alexandre Volpine à Alexandre Soljenitsyne
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 9, 10 novembre 1971, page 5
Albanie: Enver Hodja, un meurtrier de masse comme tous les dirigeants communistes.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 9, 10 novembre 1971, page 6
Bela Kiraly, les dernières heures de la révolution hongroise. Trois ans après la mort de Staline, au cours de l'été 1956, la Hongrie entamait le processus de déstalinisation (dans le sens voulu par les Soviétiques: en renversant le dictateur Rakosi). Mais l'automne vit ce processus s'accélérer rapidement et se diriger vers une émancipation sociale. Lorsque la direction du parti (sous Gerö) et la police secrète (l'A.V.H.) décidèrent de faire front à ce développement, ce fut,. le 23 octobre, le début de la révolution. Le 24, Imre Nagy constituait un gouvernement. Et Janos Kadar prenait la direction du Parti communiste le 25 octobre. La direction de ce Parti se ralliait à la révolution placée par ailleurs sous sa direction, bien que le gouvernement ait annoncé, le 30 octobre, l'abolition du système du parti unique.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 9, 10 novembre 1971, page 7
Bela Kiraly, les dernières heures de la révolution hongroise. Un espoir déçu. Quelques heures après mon entretien avec ces ministres, le 3 novembre au soir, la délégation hongroise arrivait à Tököl, afin d'y discuter avec les représentants du Kremlin du retrait des troupes soviétiques.
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 9, 10 novembre 1971, page 8
Bela Kiraly, les dernières heures de la révolution hongroise. Les combattants pour la liberté. Bien sûr, les combattants pour la liberté n'avaient pas attendu d'ordre militaire pour diriger leurs fusils sur les assaillants. Une interdiction de tirer leur serait-elle même parvenue qu'ils n'en auraient pas tenu compte. Quand une grande puissance engage ses forces contre un petit pays, la vie de chacun n'est-elle pas de toute façon en danger?
Bulletin d'études politiques, 2e année, No 9, 10 novembre 1971, page 9
Omniprésent et perpétuel: l'espionnage soviétique. La liste des affaires d'espionnage découvertes en 1970, à Rome, Londres, Bruxelles, etc.