Face au communisme Dr Georges Lodygensky
Rappel: à la page 224, dans le chapitre sur le procès Conradi, Aubert se montrait de plus en plus horrifié par le bolchevisme qu'il connaissait désormais à fond, une attitude présomptueuse, car l'EIA passera à côté de nombreux faits tellement monstrueux, qu'Aubert sera incapable de comprendre. Néanmoins, Son idée fixe demeurait l'acte d'accusation irréfutable contre le communisme anti-religieux et inhumain. ce qui est tout à fait vrai!
Chapitre II: L'Entente Internationale contre la IIIe Internationale: ses origines, sa constitution, ses débuts
Suite au procès Conradi, le Dr Lodygensky fait la liste des articles injurieux et haineux de la presse bolchévique, repris évidemment par l'organe du parti communiste suisse, section du Komintern, Drapeau rouge, contre Me Aubert et le gouvernement suisse. Il y eut toutefois parmi les protestations quelques non commmunistes qui estimaient ce verdict injustifiable, les inculpés ayant omis de regretter leur acte. Aubert leur répondit dans le Journal de Genève du 25 novembre 1923, dans les termes suivants:
A tous ceux qui désapprouvent le verdict de Lausanne, je pose simplement ces questions: qu'ont-ils tenté eux-mêmes jusqu'à ce jour pour délivrer le peuple russe de son martyre et de ses bourreaux? Que comptent-ils faire? Qu'a fait l'Europe et que fait l'Europe en présence de cette tâche sacrée? En paroles, elle condamne le bolchevisme; en fait elle accueille ses représentants. Il ne suffit pas de condamner le mal. Il faut le combattre. Il faut le combattre. Tant qu'on ne l'a pas combattu, il est prématuré de désapprouver le verdict courageux des jurés vaudois.
1er octobre 2008: Le Présidium de la Cour Suprême de Russie a reconnu que les répressions contre le tsar Nicolas et sa famille comme injustifiées et a décidé de les réhabiliter. Il ne reste plus, à cette cour de justice qu'à condamner, à titre postume, les commanditaires et les assassins. Ce qui obligerait à effacer les rues, les villes, les oblasts qui portent encore le nom des commanditaires des meurtriers, Lénine et Sverdlov!
Eh bien, la gauche socialiste et communiste suisse continue au XXIe sont indignation contre ce verdict, en dépis de la connaissance de la monstruosité des crimes de Lénine, la bête immonde du XXe siècle, avec tous ses émules, Staline, Mao, Pol Pot
Aux pages 236 et suivantes, le Dr Lodygensky raconte la naissance de l'Entente Internationale contre la IIIe Internationale, dont le nom deviendra l'Entente Internationale Anti-komintern (EIA). Au début du 1924, en taisant la mort de Lénine, Lodygensky pense que le moment n'est-il pas venu de constituer, sur le plan international, un vaste mouvement contre le bolchevisme, et Aubert ne se sentait-il pas appelé à lancer ce mouvement? L'intéressé répondit: Mon cher Docteur, j'ai l'impression que vous ne réalisez pas assez la portée de votre suggestion et de ce qu'elle exigerait de moi si je l'acceptais. Vous devez comprendre que si je me chargais de cette tâche, mon existence en serait bouleversée. Je devrais probablement abandonner ma carrière d'avocat que j'aime et qui assure le bien-être de ma famille. Il s'agit là d'une grande oeuvre, à laquelle il faudrait se consacrer entièrement. Je vous demande donc 3 jours de réflexion.
A la date convenue, Aubert me déclara qu'il ne pouvait se dérober à une tâche qu'il considérait aussi noble qu'indispensable.
La note 117 du bolchéviste Caillat: L'initiative, rappelons-le, en avait été prise avant la grève générale [la création de l'Union civique suisse]. L'avocat, qui considérait la grève comme le résultat de l'ingérence de Moscou
une façon de nier cette ingérence, but d'un réseau d'historiens suisses, faisant partie de l'I3C, l'Internationale des complices des crimes communistes regroupant marxistes-léninistes et trotskistes.
Au contraire du Komintern, organisation hiérarchique dont le chef, Zinoviev avait été nommé par Lénine, une fois que le congrès de fondation présidé par Fritz Platten, fut terminé, l'EIA était démocratique et privée. De plus, elle ne disposait pas comme le Komintern de bâtiments et d'argents volés au peuple russe.
Le 13 mars 1924, au domicile d'Aubert, au Crêt-de Champel, la première réunion des participants au Comité de l'Entente Internationale contre la IIIe Internationale, 5 ans, presque jour pour jour, après la fondation du Komintern. Sont présents selon les archives (No 280-10/6): Théodore Aubert, sa femme Anne, Gustave Hentsch (banquier), sa femme Marguerite, Marc Cramer (chimiste et secrétaire de l'Union civique romande), Anatole Lieven (prince letton) et le Dr Lodygensky. La mémoire de ce dernier y met également le colonel Alfred Odier qui rejoindra le bureau le 16 avril 1926, Frédéric Dominicé (directeur de l'Union financière de Genève) qui fera partie du comité de l'EIA plus tard, actif dans la récolte des fonds, mais rarement dans celle du Bureau.
La mise sur pied à Paris d'une conférence constituante de l'Entente Internationale contre la IIIe Internationale fut une tâche difficile. Aubert, Lodygensky et d'autres prennent contact avec leurs connaissances et ceux qui les avaient soutenus lors du procès Conradi. Elle se tint à Paris les 23 et 24 juin 1924, dans les locaux de l'Union de la Propriété bâtie grâce à l'appui de Jean Larmeroux, son président.
Le texte de la résolution figure dans le «Procès-verbal de la Séance du 23 juin 1924», Archives EIA. Et le deuxième jour, après que le premier, les participants firent un exposé de la situation dans leurs pays respectifs , concernant l'action subversive communiste et l'action des organisations anticommunistes, Aubert proposa la résolution suivante:
Considérant que la civilisation moderne et les institutions de chaque pays se trouvent en butte à des attaques constantes de groupements subversifs, qui, placés sur le plan international, visent à leur destruction; considérant qu'au premier rang de ces groupements subversifs figure la IIIe Internationale, l'Assemblée décide de constituer une ENTENTE INTERNATIONALE destinée à combattre leur action sur le plan international et à défendre les principes d'ordre, de famille, de propriété et de patrie.
Dans son discours de clôture, Aubert insista sur la nécessité de dévoiler sans relâche l'action subversive communiste et d'entreprendre courageusement une contre-offensive bien organisée. Quel beau voeu pieux!
On a un peu l'impression de Don Quichotte s'attaquant à des moulins, sauf que la terreur rouge des bolchéviques et ses millions de victimes sont, hélas, bien réels. Quant à l'appareil du Komintern, imbriqué par celui de la Tchéka-GPU-NKVD, il comptera des milliers de fonctionnaires et des millions d'activistes!
L'EIA s'installe au début dans les locaux de l'Union civique à la rue de l'Hôtel-de-Ville.
Une anecdote: en sortant de la conférence, les participants passent devant le cinéma Aubert, devenu Aubert-Palace, 5 Rue Beaux Arts (Paris VIe) qui montrait un film anticommuniste, film assez rare!
Grand meeting contre les persécutions policières
pas en URSS

Drapeau Rouge 5 mai 1924