L'Entente Internationale contre la IIIe Internationale
La menace communiste en Suisse. Discours prononcé par Théodore Aubert à l'Assemblée organisée par l'Union Nationale, le 25 octobre 1935, au Victoria Hall à Genève, à l'occasion des élections fédérales.

BGE Gf 3232/4
Page 1: Le Travail, faute d'arguments meilleurs, a tenté de placer la lutte électorale sur le terrain de la guerre éthiopienne; je lui rappelai qu'il s'agit les 26 et 27 octobre prochains, non de l'Italie et de l'Ethiopie, mais de la Suisse! Je ne suis ni fasciste, ni hitlérien, je suis un citoyen suisse qui entend collaborer à la réforme politique de son pays en s'inspirant des qualités les plus solides de son pays en s'inspirant des qualités les plus solides du tempérament, des moeurs et des traditions de notre peuple. Cela me suffit.
Et puisque le Travail veut faire de la démagogie antifasciste, je lui répondrai que l'Italie fasciste est la première grande puissance avec laquelle les Soviets ont repris les relations diplomatiques, une des premières dont ils ont sollicité et obtenu des crédits commerciaux.
[ndlr: Faux! C'est avec l'Allemagne suite au Traitéde Rapallo (16 avril 1922). A noter que l'arrivée au pouvoir d'Hitler ne changea rien aux importants échanges économiques entre l'Allemagne et l'Union soviétique qui seront croissants jusqu'en juin 1941!]
Je rappelerai encore au Travail que l'URSS a sollicité sans doute et accepté en tout cas le patronage de l'Italie fasciste pour sa candidature à la Société des Nations. [ndlr: contre la Suisse, cf. discours de Motta] L'indignation des Soviets contre la guerre éthiopienne apparaît comme singulièrement hypocrite quand on sait qu'ils livrent à l'Italie fasciste le pétrole qui alimente les tanks et les avions dirigés contre les Abyssins. L'URSS ravitaille aussi l'armée italienne en blé, et cela au préjudice de la population russe.
[ndlr: à propos, qui a acheté et payé les 6 millions de tonnes de blé exportés par l'URSS durant la Grande famine de 1932-33, Holodomor en Ukraine?]
Le Travail a continué à faire de la démagogie en m'accusant sans le moindre motif à l'appui, d'être rendre visite à Rosenberg à Berlin. C'est faux, mais je tiens par contre pour fort vraisemblable que Nicole et Dicker soient en rapports avec le Rosenberg qui est secrétaire adjoint soviétique à la Société des Nations.
Ceci dit, il convient que j'expose les raisons pour lesquelles j'ai accepté la candidature que l'Union Nationale a bien voulu me proposer.
Depuis douze année, je combats quotidiennement contre l'Internationale communiste. Il m'était donc interdit, en présence de la situation que je vais vous décrire, de me dérober aux sollicitations de l'Union nationale lorsqu'elle m'a demandé d'être candidat au Conseil national.
Ce n'est point la cause d'un parti que je dois défendre à Berne; ma tâche est de lutter contre la quadruple offensive marxiste. C'est dans ce but que l'Union nationale s'est adressée à moi et, lorsque je lui ai répondu que je ne pouvais être q'un candidat hors parti parce que je voulais continuer à travailler avec tous les partis nationaux, elle a immédiatement accepté. Cette largeur patriotique honore l'Union nationale.
Un tour d'horizon est nécessaire avant de parler de la Suisse. Si on compare l'Europe politique de 1935 à celle de 1925, on constate qu'au cours de cette décade les partis communistes ont été déclarés illégaux dans la presque totalité des pays de l'Est, puis du centre du continent.
Qu'est-ce que cela veut dire sinon que les nations qui les peuplent ont rejeté définitivement le poison bolchévique? Et n'est-il pas significatif
Page 2: Lénine avait su reconnaître et apprécier la situation stratégique de la Suisse, excellent observatoire, base parfaite pour agir en France, en Allemagne, en Autriche, en Italie. Nous ne devons jamais oublier que Lénine a été notre hôte; il s'était mis sous la protection de nos lois; il avait eu le loisir alors d'observer notre pays, de tirer des déductions de sa situation et il s'était préparé à jouer le rôle de l'homme qui assassine celui qui l'a recueilli. Il ne s'en fit pas faute quand l'occasion s'en présenta en novembre 1918. Une des premières "tâches" pour employer un mot cher aux communistes, que s'imposa le dictateur soviétique fut de nous envoyer la mission Berzine qui devait chercher à jeter dans la guerre civile le pays, démocratique et non tsariste, qui lui avait accordé l'hospitalité alors qu'il était proscrit. Nos soldats l'en empêchèrent aux prix de
Page 3: Dans cette crise déjà, le Parti socialiste, sous la conduite de Grimm, avait comploté avec Moscou [ndlr: et avec Berlin, ce qui permit à Lénine son retour dans son wagon doré!] contre nos libertés et il avait montré ainsi quel changement radical s'était opéré en lui, puisquede légalitaire il était devenu révolutionnaire. La faillite du plan monstrueux du Comité d'Olten lui rendit quelque sagesse ou tout au moins quelque prudence; il s'écarta des communistes; mais cette rupture n'était ni définitive ni complète. Assez vite par l'intermédiaire d'un autre réfugié politique, les accointances entre Moscou et les socialistes purent être renouées. Ce réfugié politique, que vous connaissez tous, a su trouver beaucoup d'avantages dans les lois démocratiques que Moscou voulait détruire en 1918: une protection efficace, une nouvelle nationalité, nous ne dirons pas un nouveau patriotisme; et sans doute aussi quelques ressources, puisque nous le voyons logé aujourd'hui dans une des maisons les plus fastueuses de Genève. Pourtant, à l'instar de Lénine, il n'a de cesse qu'il ait transormé en un bagne soviétique le pays trop hospitalier qui l'a reçu.
[ndlr: il s'agit de Dicker, qui a reçu le statut de réfugié politique pour des raisons incompréhensibles et qui servit Lénine et Staline avec son complice Léon Nicole, mettant le parti socialiste genevois au service de la tyrannie sanglante des bolchéviques!