Le paradigme du "grand" homme: Bonaparte dit Napoléon (Nabot Léon)

Napoléon, encore encensé aujourd'hui par les manuels scolaires qui parlent du code civil (dit de Napoléon), des grandes victoires (les défaites parfois mentionnées), de la soi-disante défense de la "grande" Révolution française imposée à la pointe du fusil, mais taisent une entreprise de vol et de racket à l'échelle européenne. Et l'épilogue de l'«épopée» napoléonienne: la France de 1815, meurtrie (mutilés, veuves et orphelins par dizaines de milliers), ruinée (sauf la "noblesse" de l'empire et autres profiteurs) et occupée (les cosaques à Paris au bistro)! Quant aux familles de ceux qui en sont morts, celles des millions de victimes dans toute l'Europe, de Lisbonne à Moscou, les représailles en Espagne et ailleurs, on oublie, de même que les blessés et autres estropiés. Cette opération de lavage de l'Histoire fonctionne toujours "à fond les manettes". Aujourd'hui, Busch, père et fils, ont justifié deux guerres contre l'Irak par la "nécessité" d'y apporter la démocratie.


Combien de morts, de veuves et d'orphelins a provoqué la campagne de Russie?

Cette intoxication de peuples entiers fonctionne, car le narcissisme mégalomane des "grands" hommes trouvent trop souvent un écho dans la société. Ces mythomanes réussissent, en trouvant une complicité active dans leurs futures victimes parce qu'elles ont mordus à l'hameçon. Et quand vient le moment de payer l'addition, ces complices se taisent, honteux de s'être laissés corrompre par le "grand" homme qui leur avait promis "monts et merveilles" et qui avait su flatter leur vanité. Et ce n'est pas nouveau, les peuples adorent les démagogues qui les font rêver comme en ce moment, Hugo Chavez, dictateur du Vénézuéla, qui confond sa poche et celle de l'Etat.

Le problème, c'est que souvent cela tourne le mal. Alors, il faut occulter certains faits, mettre en évidence d'autres, même s'ils sont insignifiants, comme une diversion, bref, laver l'Histoire. D'autres ont imaginé que cela n'était pas un lavage, mais un habillage! Pas faux, car cette falsification de la réalité use autant de faux, de désinformations et d'omissions.

Un exemple parmi des milliers d'autres, les Editions Atlas font la promotion en mars 2004 d'un ouvrage richement illustré intitulé "les plus belles victoires de Napoléon". On y vante "l'homme qui a fait la grandeur de la France" en 7 chapitres chronologiques allant de 1796, première campagne d'Italie, à 1814, campagne de France.


Est-ce de l'histoire ou de la propagande, de l'information ou de la désinformation? Curieuse façon de raconter l'histoire en n'en retenant que le clinquant, la gloire tout en occultant la tragédie de millions de victimes, civiles ou militaires, que Napoléon a causé, de la péninsule ibérique à Moscou. On oublie également les 50'000 suisses qui ont péri dans les guerres napoléoniennes au profit de l'Acte de médiation. Bien sûr, au début le premier consul a fait la guerre pour se faire un nom et apporter des butins, ce qui a enchanté peut-être la majorité du peuple français, mais quand de nombreuses familles ont perdus un ou plusieurs proches, que les rues étalaient les éclopés et que les troupes russes occupaient Paris, le bilan n'était plus aussi reluisant. C'était le moment de payer les pots cassés! Combien d'années a-t-il fallu pour payer la folie des grandeurs de Buonaparte dit Napoléon? En plus, en bradant la Louisiane, ce soi-disant génie signait le déclin de l'influence française en Amérique et dans le monde.


Tableau de Goya sur les activités des troupes napoléonnienne en Espagne (1814)

Cette propagande en faveur de Napoléon ne date pas d'aujourd'hui, pensons à la brosse à reluire maniée avec dexterité par les écrivains romantiques du XIXe, mais qu'elle garde encore aujourd'hui un tel poids stupéfie! Il n'y a pas photo: Napoléon a ruiné la France et il faudra des décennies pour qu'elle remonte la pente.Quant aux larmes des victimes, elles ne sont mentionnées que chez Blazac. Ainsi, quand un historien français publia un ouvrage qualifiant l'exilé de St-Hélène de "petit chacal", on se déchaîna contre lui. Les collabos de Napoléon qui mit l'Europe à feu et à sang pour "libérer" les peuples, comme G. W. Bush en Irak. Toujours les mêmes mensonges avalés par les mêmes imbéciles!

Enfin, pour ceux qui aiment les chiffres, consulter la carte de Charles-Joseph Minard (1781-1870) décrivant les pertes dévastatrices de la Grande Armée au fil de la campagne de Russie: les pertes civiles sont, comme d'habitude, omises, car le peuple on s'en fout!

Dans un article de Christian Lecomte (Le Temps du 16 mai 2009), présente les travaux de recherches du Musée militaire vaudois sur les 4'200 soldats vaudois qui servirent dans les armées de Napoléon Bonaparte. Et à nouveau, on oublie les questions de fonds: combien de morts et de mutilés, combien de veuves et d'orphelins…

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